
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie). Membre du comité des conseillers scientifiques internationaux du CF2R.
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche marque un tournant crucial pour l’Afrique du Nord, une région déjà caractérisée par des tensions politiques et des conflits non résolus. Sa précédente administration a eu un impact significatif sur le Maghreb, comme en témoigne la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, liée à la normalisation des relations entre Rabat et Tel Aviv. Cette décision a exacerbé les relations déjà tendues entre l’Algérie et le Maroc, poussant la région vers une compétition géopolitique de plus en plus intense.
Le soutien américain au Maroc semble destiné à s’intensifier avec la nomination de Marco Rubio au poste de secrétaire à la Défense. Rubio, connu pour sa proximité avec Rabat et ses positions critiques envers l’Algérie, pourrait renforcer davantage l’appui américain au royaume de Mohammed VI, aggravant les frictions régionales. L’Algérie, déjà sous pression pour ses achats d’armements russes, risque de se retrouver de plus en plus isolée, d’autant plus avec l’imminente expiration de son mandat en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Au Sahara occidental, le conflit de basse intensité entre le Front Polisario et les forces marocaines se poursuit sans solution claire. La nomination de Said Chengriha, chef d’état-major algérien, au poste de ministre délégué à la Défense souligne le rôle central des militaires dans la politique algérienne, rendant le dialogue encore plus complexe. Pendant ce temps, la Tunisie, de plus en plus dépendante du soutien économique et diplomatique d’Alger, se trouve dans une position de subordination, aggravée par l’échec des négociations avec le Fonds monétaire international.
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La Libye reste la plus grande inconnue. Les divisions internes continuent de miner la stabilité du pays, malgré des signes de rapprochement avec l’Algérie, comme en témoigne la proposition tripolitaine d’un nouveau regroupement régional. Cependant, les ambitions des fils de Khalifa Haftar et un retour à une politique américaine moins diplomatique pourraient replonger le pays dans le conflit. Lors du premier mandat de Trump, le soutien à Haftar s’est avéré une erreur stratégique, alimentant la guerre civile et affaiblissant davantage le processus de paix.
La Mauritanie, quant à elle, maintient une position d’équilibre, évitant de compromettre ses relations avec Rabat. Cette approche prudente reflète la complexité géopolitique du Maghreb, où chaque mouvement risque de bouleverser des équilibres fragiles.
Les tensions ne se limitent pas à l’Afrique du Nord. La crise dans la mer Rouge et la guerre civile au Soudan ajoutent un niveau supplémentaire d’instabilité, tandis que le projet du barrage éthiopien sur le Nil Bleu place l’Égypte face à des choix difficiles. Le rapprochement entre Ankara et Le Caire, bien que prometteur, est soumis à des pressions régionales qui traversent la Méditerranée et la Corne de l’Afrique.
Avec Trump à la tête des États-Unis, le risque d’escalade est élevé. Sa préférence pour les dirigeants autoritaires, comme Abdel Fattah al-Sissi, pourrait alimenter les conflits latents et favoriser des solutions brutales. Dans ce contexte, l’Afrique du Nord est confrontée à une nouvelle période d’incertitude, où les tensions géopolitiques, les rivalités régionales et les fragilités internes convergent, menaçant davantage la stabilité de l’ensemble de la région.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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