
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
L’annonce de Donald Trump a fait l’effet d’un coup de tonnerre : les États-Unis détiennent désormais 10 % du capital d’Intel, l’un des piliers historiques de l’industrie américaine des semi-conducteurs. Une participation estimée à près de 11 milliards de dollars, obtenue — selon Trump — sans que Washington n’ait déboursé un seul centime. Le nom de Lip-Bu Tan, dirigeant respecté du secteur, est brandi comme le garant d’une transaction qui, aux yeux de l’ancien président, représente une victoire éclatante pour l’Amérique et pour Intel.
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Un geste économique et politique
Derrière la rhétorique triomphale, l’enjeu est clair : la réaffirmation de la souveraineté américaine dans un secteur devenu le cœur battant de l’économie numérique et militaire mondiale. Les semi-conducteurs ne sont pas de simples composants : ils structurent l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, les réseaux de communication et la puissance militaire. En s’octroyant une part directe dans Intel, Washington cherche à se donner un levier de contrôle stratégique sur une entreprise dont l’avenir conditionne celui de l’ensemble de l’économie nationale.
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Le calcul stratégique
Cette annonce intervient dans un contexte où la rivalité technologique avec la Chine atteint des sommets. Pékin investit massivement dans son industrie des puces, et Taïwan — centre mondial de la production avancée — reste une poudrière géopolitique. Pour les États-Unis, la maîtrise de la chaîne de valeur des semi-conducteurs n’est plus seulement une priorité industrielle, mais une exigence de sécurité nationale. Détenir une part d’Intel, c’est garantir que les décisions stratégiques de l’entreprise ne puissent s’éloigner trop des intérêts de Washington.
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Conséquences géoéconomiques
L’impact dépasse les frontières américaines. Les alliés européens, déjà fragiles sur ce terrain, risquent d’accentuer leur dépendance vis-à-vis des États-Unis. L’Europe tente de se doter d’une « souveraineté technologique », mais l’avance américaine, renforcée par ce type d’opérations, souligne le déséquilibre. Quant aux marchés asiatiques, ils liront dans ce geste la volonté américaine de verrouiller le secteur, au moment même où la Chine multiplie les investissements publics et les partenariats industriels pour rattraper son retard.
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Un symbole de l’ère des guerres économiques
En fin de compte, l’annonce de Trump illustre la logique qui domine désormais la scène mondiale : les grandes puissances ne se contentent plus de réguler les marchés, elles en deviennent actrices directes. L’État entre au capital des champions nationaux, non seulement pour sécuriser des emplois ou des recettes fiscales, mais pour peser dans une guerre économique planétaire où la technologie vaut autant qu’une armée.
Intel, hier symbole de la Silicon Valley triomphante, devient aujourd’hui l’étendard d’une Amérique qui veut reconquérir sa suprématie technologique par tous les moyens, y compris en brouillant les frontières entre secteur public et privé.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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