
Par Olivier d’Auzon
Le 9 mai 2025, au cœur des sables brûlants du Sahel, à des milliers de kilomètres de Téhéran, un ballet diplomatique discret mais stratégique s’est joué à Niamey…
Un homme en uniforme, le Général de Brigade Ahmad Rezaei Radan, patron des Forces de Sécurité iraniennes, a traversé les dunes et les frontières pour s’asseoir à la table du pouvoir nigérien. En face de lui, le Ministre d’État chargé de la sécurité intérieure, représentant une junte militaire en quête de partenaires face à un isolement croissant. L’objet de la rencontre ? Une alliance sécuritaire inédite entre deux États aux trajectoires politiques aussi différentes que leurs latitudes.
Le Niger, orphelin de son lien sécuritaire traditionnel avec les puissances occidentales, notamment la France et les États-Unis, cherche désormais à diversifier ses partenaires, quitte à s’aventurer vers des puissances non-alignées sur l’agenda atlantiste. Téhéran, de son côté, saisit l’opportunité d’un vide laissé par les chancelleries européennes pour poser un pied prudent mais calculé dans le pré carré francophone.
L’Iran, encerclé par les sanctions, mais jamais à court d’agilité diplomatique, avance ici un pion dans une région où la Russie, la Chine et la Turquie redessinent déjà la carte des influences.
La création d’un comité d’experts bilatéral sur les questions de sécurité n’est pas un simple détail technocratique : c’est une manière discrète de bâtir une architecture de coopération sécuritaire, dans une région livrée à la guerre asymétrique, aux trafics transfrontaliers, et aux convulsions djihadistes.
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Derrière les formules de politesse diplomatique, se cache une réalité géopolitique crue : l’Iran veut être présent là où l’Occident recule.
Téhéran n’a pas oublié que la sécurité est l’arme des puissances qui aspirent à la longévité. En investissant le champ sécuritaire du Sahel, il lie un intérêt tactique (contrer l’isolement et sécuriser ses routes d’influence) à un enjeu stratégique : élargir son réseau d’alliés dans le monde musulman, y compris en Afrique subsaharienne.
Cette dynamique n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un réalignement global : celui de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui affirme sa souveraineté contre la logique des interventions extérieures, et celui de l’Iran, qui, en contournant les circuits diplomatiques classiques, multiplie les partenariats Sud-Sud, de Caracas à Bamako.
Alors que la poussière du désert retombe sur les pistes de Niamey, une question demeure : jusqu’où l’Iran est-il prêt à s’impliquer dans la sécurité du Sahel ?
Et quelle sera la réaction des puissances régionales et internationales face à ce nouveau jeu d’échecs sahélien où les cavaliers viennent de plus en plus d’Orient ?
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Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).
