
Par David Saforcada
L’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse en France remet sur le devant de la scène une question fondamentale : comment protège-t-on réellement notre agriculture ?
- Devant un virus peu mortel, face auquel plus de 95 % des animaux infectés survivent, les autorités ont pourtant choisi l’abattage massif de troupeaux entiers, plutôt qu’une mise en quarantaine et une vaccination ciblée.
- Cette stratégie s’explique officiellement par la préservation du statut sanitaire international de la France car un pays qui vaccine en préventif est considéré comme “infecté”, ce qui bloque certaines exportations. Autrement dit, pour ne pas perdre notre crédibilité commerciale, nous acceptons de tuer des animaux qui auraient survécu.
- Cette situation pose une question simple et brutale, Sommes-nous en train de sacrifier notre agriculture à une logique bureaucratique et commerciale qui oublie le bon sens, l’éthique et l’intérêt national ?
Une contradiction flagrante
On explique aux éleveurs français que vacciner serait économiquement suicidaire, car cela ferait perdre à la France son statut sanitaire. Mais dans le même temps, l’Union européenne signe ou prépare des accords commerciaux, comme celui avec le Mercosur, autorisant l’entrée de viandes et de produits agricoles :
- Produits sous des normes sanitaires moins strictes,
- Avec des règles de bien-être animal incompatibles avec nos propres obligations,
- Issus de modèles écologiques infiniment plus permissifs que les nôtres.
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L’agriculture traitée comme une marchandise parmi d’autres
Le cœur du problème est là : l’agriculture est aujourd’hui gouvernée par des règles commerciales héritées d’un monde qui n’existe plus. Dans cette vision libérale :
- Un litre de lait est assimilé à une tonne d’acier,
- Un kilo de bœuf est traité comme un smartphone assemblé à l’autre bout du monde,
- Une exploitation agricole est un acteur soumis à la seule loi du prix mondial.
- Or l’alimentation n’est pas une marchandise ordinaire. Elle touche :
- À la sécurité alimentaire,
- À la santé publique,
- À la stabilité sociale,
- À l’indépendance nationale,
- À l’aménagement du territoire,
- À la préservation des savoir-faire.
Pourquoi une “exception agricole” est légitime
La France a su défendre, au niveau international, ce que l’on appelle l’exception culturelle : le cinéma et l’audiovisuel ne sont pas soumis aux seules lois du marché, afin de préserver une production nationale face à la domination étrangère.
Or chacun peut constater aujourd’hui que cette protection permet, parfois, de financer une production abondante de films médiocres, sans grand rayonnement ni véritable utilité stratégique. Dans le même temps, notre agriculture, pourtant porteuse d’un patrimoine unique :
- De terroirs inégalés,
- De races bovines, ovines et caprines d’exception,
- De traditions gastronomiques reconnues mondialement,
- D’un savoir-faire vivant et transmis,
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Ce que serait une véritable exception agricole
Reconnaître l’exception agricole, ce serait enfin admettre que l’alimentation relève du domaine stratégique, au même titre que l’énergie ou la défense. Cela permettrait :
- D’imposer des clauses miroir strictes aux importations,
- De vacciner raisonnablement nos troupeaux sans sanction commerciale,
- De garantir un prix plancher protecteur aux producteurs,
- De construire de véritables stocks alimentaires stratégiques,
- De préserver les filières d’élevage menacées,
- De faire prévaloir la qualité, la traçabilité et le respect environnemental sur la logique du “moins-cher”.
De la gestion de crise à l’aveuglement stratégique
La dermatose nodulaire n’est pas un simple épisode sanitaire, elle est un révélateur :
- De notre dépendance aux règles commerciales internationales,
- Du sacrifice consenti par les éleveurs au nom d’équilibres abstraits,
- De l’impossibilité politique de sortir d’un modèle dépassé.
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Le vrai débat
Le sujet n’est pas la dermatose. Le sujet n’est pas la vaccination. Le sujet n’est même pas l’abattage. Le vrai débat est celui-ci “Souhaitons-nous que l’agriculture française reste un pilier de notre souveraineté, ou acceptons-nous qu’elle devienne une simple variable d’ajustement des accords de libre-échange ?”
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Si nous acceptons de protéger notre cinéma par une exception culturelle, il est temps de reconnaître que ce que nous mangeons mérite autant, sinon davantage, d’être protégé que ce que nous regardons sur les écrans.
L’exception agricole n’est pas un caprice idéologique, elle est une nécessité stratégique, sanitaire, écologique et sociale. Refuser de la mettre en œuvre, c’est continuer à :
- Sacrifier nos éleveurs,
- Désindustrialiser nos campagnes,
- Dépendre de productions étrangères moins vertueuses,
- Fragiliser notre sécurité alimentaire.
- De la dermatose nodulaire à la souveraineté alimentaire, un même constat s’impose « Tant que l’agriculture sera traitée comme une simple marchandise, la France restera vulnérable » !
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David Saforcada, est un ancien militaire des Troupes de Marine, formateur dans les métiers de la sécurité privée et membre de plusieurs associations souverainistes et patriotes. Il est actuellement Secrétaire général du Centre d’Études et de Recherches sur le Bonapartisme et Président du mouvement, L’Appel au Peuple.
