TRIBUNE – Nouvelle-Calédonie : Plutôt l’article 74 que la création d’un État dans l’État

Par David Saforcada
Dans la torpeur estivale, un accord « historique » a été signé à Bougival pour redéfinir le statut de la Nouvelle-Calédonie. Il promet la naissance d’un « État intégré à la France », avec nationalité calédonienne à la clé. Les mots sont pesés, mais le projet, lui, est lourd de conséquences.
Derrière le vocabulaire diplomatique se cache un choix dangereux : celui d’abandonner les fondements de notre République une et indivisible au profit d’un bricolage institutionnel inédit et instable.
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Une entorse à l’unité républicaine
Parler d’« État intégré », c’est déjà s’éloigner du cadre républicain. Un État, même « intégré », suppose une autonomie de niveau constitutionnel, avec sa propre nationalité, ses propres institutions, son système électoral. Cela s’appelle, en d’autres lieux, une confédération ou une association — pas une République une et indivisible.
Créer une nationalité calédonienne séparée, fût-ce sans renoncer à la nationalité française, c’est institutionnaliser la différence entre les citoyens. C’est introduire un précédent grave : demain, d’autres territoires pourront-ils, eux aussi, revendiquer leur nationalité, leur État interne, leur drapeau et leur présidence locale ?
L’article 74, solution claire et éprouvée
Et pourtant, une solution existe. Elle est dans notre Constitution : l’article 74, qui encadre le statut des collectivités d’outre-mer à statut particulier. Ce cadre permet une autonomie politique réelle, adaptée à la diversité des territoires, sans pour autant fracturer la République.
La Polynésie française en bénéficie depuis 2004. Elle vote ses propres lois, administre ses affaires locales, dispose d’un large pouvoir d’adaptation. La Nouvelle-Calédonie pourrait entrer dans ce cadre, avec un statut sur-mesure. Pas besoin de créer un État bis.
Un accord aux allures de chantage historique
L’accord de Bougival, dans sa forme, n’est pas l’expression apaisée d’un compromis, mais le résultat d’un rapport de force : entre l’exaspération des loyalistes, la lassitude de l’État, et la radicalisation de certains indépendantistes. Il vient clore un processus – celui de l’Accord de Nouméa – en offrant l’apparence de l’indépendance sans oser l’assumer.
Ce faux-semblant est dangereux. Il fige les différences identitaires, il alimente les logiques communautaires, et surtout, il échappe au débat démocratique national, puisqu’il prétend inscrire un modèle inédit dans la Constitution sans passer par une consultation populaire en métropole.
La République n’est pas un puzzle
On ne découpe pas la République à la carte. On ne fait pas de la Constitution un laboratoire de sociologie post-coloniale. On ne crée pas un État dans l’État sous prétexte de solder l’histoire. La mémoire coloniale mérite mieux que des rafistolages institutionnels.
Offrons à la Nouvelle-Calédonie un avenir serein, stable, respectueux de son identité – mais dans un cadre lisible et universel. C’est exactement ce que propose l’article 74 : autonomie sans sécession, liberté locale sans rupture nationale.
La République, pour rester vivante, doit savoir être souple sans se renier. L’article 74 est la voie de la raison. L’accord de Bougival est celle de l’ambiguïté permanente.
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David Saforcada, est un ancien militaire des Troupes de Marine, formateur dans les métiers de la sécurité privée et membre de plusieurs associations souverainistes et patriotes. Il est actuellement Secrétaire général du Centre d’Études et de Recherches sur le Bonapartisme et Président du mouvement, L’Appel au Peuple.
