
Par Catherine Massaut, ancienne magistrate
La Roumanie est-elle devenue le laboratoire de la dictature européenne ?
La question semble légitime car en effet, après une première annulation du premier tour des élections présidentielles roumaines au mois de novembre dernier, qui donnait à Calin Georgescu une avance telle (23% de voix) que le second tour (qui devait se dérouler le 6/12 suivant) eût été nécessairement gagnant pour lui.
Le dimanche 9 mars 2025, la Commission électorale roumaine a rejeté la candidature de Calin Georgescu à l’élection présidentielle de mai prochain.
Le mardi 11 mars 2025, le candidat souverainiste Georgescu a été définitivement interdit d’être candidat à l’élection présidentielle alors qu’il est donné gagnant encore plus largement à environ 45 % des voix ce qui est inédit et autorisait peut-être son élection comme chef d’État au premier tour.
Un souverainiste qui veut sortir de l’UE, de l’OTAN et de l’OMS. Un anti-covidiste, un homme de paix.
C’est un Scandale effroyable, sous la pression de l’UE, et notamment d’Emmanuel Macron, au cœur de ce coup d’État.
La Cour Constitutionnelle roumaine sous la vigilance de la CEDH
Me Alexandre Gignache interviewé par la journaliste Clémence Houdiakova dans « la matinale » de « Tocsin » développe concrètement sur le plan juridique le déroulement de cette affaire gravissime.
La « motivation » ubuesque de la Cour Constitutionnelle roumaine
L’auteur de ces lignes s’associe totalement aux conclusions de Maître Alexandre Gignache, dans cette triste affaire qui révèle, si besoin était, la face hideuse de l’union européenne. (Cf. Entretien de Maître Alexandre Gignache, « la matinale », de Tocsin, 12/03/2025).
Pour rappel, l’élection présidentielle roumaine s’est tenue au mois de novembre 2024 dernier, la cour constitutionnelle roumaine a annulé le premier tour de cette élection le 6 décembre 2024, motif pris d’une soi-disant ingérence étrangère, notamment via le réseau TikTok ; à noter qu’il semblerait que la décision ne soit pas encore publique.
Ainsi que je l’ai expliqué dans un article précédent, il s’est avéré que la prétendue ingérence étrangère – donc forcément russe – n’était autre qu’interne.
En toute hypothèse, les faits rapportés relèvent que la cour a annulé ce premier tour sur la base de notes de renseignements roumains dont elle fait sa motivation d’annulation. Dès lors, il ne s’agit pas véritablement d’un jugement mais d’une prise de contrôle des juges qui se contentent de corroborer une « note » transformée ipso facto en « jugement ».
La Cour Constitutionnelle s’est autosaisie en se fondant sur cette note de renseignements roumains dont il n’est pas confirmé qu’elle avait été publiée et a annulé l’élection.
En Droit, dans ce cas de figure, il est un principe d’un retour au Statu Quo Ante c’est-à-dire littéralement » comme les choses étaient avant « , ou » en l’état des choses qui existaient auparavant » autrement dit on revient à la situation initiale et l’élection présidentielle a été rapportée au mois de mai 2025.
La commission électorale de la cour a été saisie une seconde fois pour invalider la nouvelle candidature du candidat, et lui-même a fait un second recours devant la cour, donc suite à cette nouvelle décision de la commission électorale, la Cour Constitutionnelle a décidé le 11 mars dernier d’écarter la candidature du candidat qui était largement donné vainqueur par tous les sondages.
La motivation de ce rejet a été publiée dans « le monde » la veille à 23h : « soupçon d’ingérence… ». La commission électorale a écarté la candidature de Calin Georgescu du fait que ce dernier ne remplissait pas les conditions de la légalité, car » il y a eu infraction aux règles démocratiques d’un suffrage honnête et impartial ».
Autrement dit la cour explique et justifie son rejet ainsi que suit : Traduisons : la cour refuse votre candidature car vous avez commis une infraction aux règles d’un suffrage honnête et impartial parce que j’ai moi-même décidé sur la base de notes de renseignements généraux roumains (dont la matérialité de la preuve n’est pas rapportée et encore moins son contenu publié, soit dit en passant) que la campagne précédente était entachée d’une ingérence extérieure présumée.
Ce n’est donc pas un fait qui est imputé au candidat lui-même, il s’agit d’un fait d’une ingérence extérieure – ce qui n’est apparemment pas le cas – qu’il n’existe aucun indice, aucune preuve, de ce que le candidat lui-même ait nui aux règles démocratiques d’un suffrage honnête et impartial.
Par conséquent, c’est au motif de sa propre « décision » précédente – non publiée à l’heure où j’écris ces mots – que la Cour considère que Calin Georgescu ne respecte pas les conditions de sa propre légalité et qu’il se trouve en infraction aux règles démocratiques de la légalité d’un suffrage honnête et impartial.
Il s’agit là vraiment d’un raisonnement circulaire, qui n’offre aucune issue et qui signe la percée de la dictature au plan institutionnel.
Et l’avocat d’enfoncer le clou : « Comme j’ai (c’est à dire la Cour) annulé une élection au motif d’ingérence étrangère, je considère que vous ne respectez pas les règles démocratiques d’un suffrage honnête et impartial et donc vous ne remplissez pas les conditions de légalité pour être candidat et donc votre candidature est écartée » (cf. Supra).
Ce raisonnement est absolument délirant et complètement lunaire. Il manifeste une atteinte extrêmement grave aux principes démocratiques de base, étant rappelé ici que la démocratie, est par essence, le choix du peuple.
En réalité, la Cour constitutionnelle roumaine a suivi la décision de la Commission électorale roumaine et de la CEDH.
Calin Georgescu est donc définitivement exclu de la course à la présidence.
La CEDH ou la duplicité des « juges » européistes
Une autre procédure éclairée sur l’atmosphère ambiante déstabilisante et tyrannique des juges : Saisie d’un recours du candidat sur la question de savoir si les soutiens de TikTok était un motif suffisant pour annuler une élection à la veille d’un second tour, la CEDH se déclare incompétente et rejette le recours au motif extravagant qu’elle ne garantit les élections libres au corps législatif et non pas au corps exécutif.
Elle se base sur l’article 3 de la Convention Européenne des droits de l’homme qui évoque effectivement la liberté des élections législatives.
« Dans sa décision, la Cour estime que « compte tenu de la structure constitutionnelle de la Roumanie », et conformément à sa jurisprudence, un candidat à l’élection présidentielle ne peut se prévaloir des dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme qui protègent les élections des membres du Parlement. Elle a donc écarté sa requête. » (cf. « Le temps », 6 mars 2025). La Cour souligne que selon la Constitution roumaine, le Parlement est la seule autorité législative du pays, et que le président, s’il est en « interaction » avec le corps législatif, « n’est pas pour autant un élément de celui-ci ». Elle rejette ainsi la requête de Calin Georgescu, qui s’appuyait sur une disposition visant à protéger les membres du corps législatif et ne s’applique donc « pas à l’élection du chef de l’État ». Elle écarte les autres griefs présentés par le candidat « d’extrême droite » pour « défaut de fondement », estimant que ces arguments ne se rattachent pas à des droits protégés par la Convention. La décision de la CEDH est définitive. Dans une procédure d’urgence, fin janvier, elle avait déjà rejeté une précédente requête de Calin Georgescu portant sur les mêmes faits » (cf. » Le Temps » infra).
Faisant litière de ses interprétations habituellement extensives des textes en matière de garantie des droits et libertés, en se référant le plus souvent à l’esprit des dispositions, elle s’en tient ici à une interprétation rigoureusement restrictive (à la lettre), en excluant du champ d’application de cet article 3 l’élection présidentielle. En statuant ainsi – soit sur la recevabilité – elle s’évite de statuer sur le fond à savoir : Est-ce qu’une ingérence sir tik tok qui ne s’inquiète que la jeunesse ait vraiment un motif suffisant et légitime pour annuler des élections.
Ceci bien sûr pour des raisons géo-politiques plus larges, à la faveur – et sous la pression – de l’UE qui voyait d’un mauvais œil lui échapper un pays qui se serait soustrait à la coercition européenne si le souverainiste Calin Georgescu était élu.
Mais ce n’est pas tout.
Dans la foulée Calin Georgescu a donc été arrêté manu militari le 26 février dernier à Bucarest alors qu’il s’apprêtait à déposer le dossier de sa candidature pour le nouveau scrutin qui était prévu les 4 et 18 mai 2025. Trouble à l’ordre constitutionnel, troubles à l’ordre public, création d’une organisation à caractère fasciste, fausses déclarations des sources de financements de sa campagne électorale.
Placé sous CJ (contrôle judiciaire), Il a été notamment interdit de se manifester sur quelque réseau que ce soit pendant les trois mois suivants soit le temps imparti pour la prochaine campagne du fait du report des élections.
« On a vu tout le système roumain agir de façon préventive pour le neutraliser, pour l’empêcher de faire campagne, de se représenter » (cf. Gregor Puppink « Roumanie, élection annulée. La CEDH ferme les yeux » ECLJ, 8 mars 2025).
La CEDH a dit en définitif que ce problème électoral ne la concernait pas, qu’il ne ressortait pas de sa compétence.
La CEDH et à sa suite la Cour Constitutionnelle a donc considéré que la procédure déférée devant chacune d’elle concernant le corps exécutif, elles ont fait application de la règle proposée et ont rejeté la requête du candidat.
Mais ce faisant et a contrario la CEDH déclare, notifie et atteste par ce « jugement » que les élections ne sont pas libres… preuve supplémentaire du marasme vertigineux dans lequel l’union européenne est plongée…
En réalité, ce qui compte, ce sont les élections du mois de mai prochain, en espérant que le candidat socialiste, favori de l’union européenne, devienne le chef de l’État roumain.
Donc on fait revoter les Roumains car » il y a des stratégies européennes qui sont beaucoup plus importantes que le respect du vote en Roumanie donc on prend les moyens dont on dispose pour empêcher qu’un potentiel chef d’État dans l’UE, ne soit aligné sur les positions de Trump et aussi celles de Poutine. … la CEDH est un organe politique et non strictement juridictionnel. … » (Grégor Puppink).
La position de la CEDH dans cette affaire apparaît d’autant plus sulfureuse qu’Il est un fait que non seulement elle pourrait avoir une position différente dans une autre affaire similaire – selon les intérêts en cause – mais au surplus qu’elle aurait dû harmoniser plus tôt ses textes et inclure dans l’article 3 la liberté de toute forme d’élection au suffrage universel incluant bien sûr la présidentielle.
( https://youtu.be/maDCsUmSy7c?si=NHlEso_ZE1PMcXn- )
En définitive, cet excellent juriste explique qu’aux yeux des juges de la CEDH (dont le tiers sont issus des rangs de la constellation sorosienne) que les intérêts stratégiques majeurs ne doivent pas être entravés par les peuples qui porteraient au pouvoir un individu dont les idées n’iraient pas dans le sens de la supranationalité européenne.
J’ai inséré plus haut la vidéo de l’interview de Georges Puppink qui explique dans le détail les raisons des tensions voire des affrontements entre les peuples – en particulier dans les Balkans- et leurs élites inféodées à Bruxelles.
Selon Gregor Puppink, la CEDH a d’évidence rendu une décision politique. (« Roumanie élections annulées. La CEDH ferme les yeux. » Cf. ECLJ officiel du 6 mars 2025).
Chacun l’a compris : la CEDH « donne le la » et la Cour Constitutionnelle transcrit la décision de l’instance européenne au plan national.
Le peuple propose, Bruxelles dispose voire dépose, guidée par ses seuls intérêts et parfois même par des intérêts qui la dépassent, mais dont elle se fait le relai servile.
Maître Alexandre Gignache cite un politologue roumain : « Les démocraties ont toujours reconnu qu’il fallait parfois prendre des mesures exceptionnelles… pour sauvegarder la démocratie ».
La réalité est là, devant nos yeux ébahis : la Roumanie a pris des mesures exceptionnelles pour « sauvegarder la démocratie » en torpillant la démocratie et ses élections libres.
À lire aussi : EUROPE – Roumanie : Entre coup d’État fantôme et ombres russes
Le rôle d’Emmanuel Macron
Florian Philippot et Josefina Pascal, sont respectivement chef de parti politique souverainiste français et journaliste indépendante roumaine. Cette dernière a été interviewée par Clémence Houdiakova dans «Tocsin » du 13 mars 2025. Tous deux se sont penchés sur l’ingérence manifeste et inacceptable du président français et les trésors de manipulation qu’il a déployés pour exclure Calin Georgescu – donné gagnant, à l’a vu – de la course à la présidence de son pays.
Emmanuel Macron est au cœur de cette vaste manipulation électorale par son effraction intolérable dans les affaires internes de la Roumanie.
Calin Georgescu l’a clamé dans sa première déclaration sur son compte X le 11 mars dernier : » Aujourd’hui, les maîtres ont décidé : pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité pour les roumains » en référence d’ailleurs à la devise française « … (F. Philippot) » vive la France et Bruxelles ! Vive leur colonie appelée la Roumanie », alors que l’Amérique redevient grande, l’Europe et la Roumanie – sous dictature – sont des redevenus petites et corrompues. Notre indifférence et celle de nos partenaires se paieront, avec l’âme de ces personnes écrasées dans ces moments-là, mais je vous assure que les choses ne resteront pas comme ça. Le mal du système ne nous vaincra pas, le mal ne nous vaincra pas, nous sommes la Roumanie… merci… vive la France et Bruxelles ! Vive leur colonie appelée la Roumanie ».
Quand il parle de la France, c’est le Président Macron qui est visé. (Vidéo de Florian Philippot du 12 mars 2025 sur Youtube).
Il existait déjà des soupçons très forts sur l’implication de E. Macron qui se manifestaient selon diverses modalités.
En effet, le 5 mars 2025, le site juridique officiel de la Cour Constitutionnelle roumaine affiche que l’ambassadeur de France en Roumanie, Nicolas Barnérias, a rencontré le président de la Cour Constitutionnelle roumaine, Marian Enach, le juge qui a annulé les élections en Roumanie.
L’entrevue a portée sur la promotion de « l’ordre constitutionnel et la promotion de la démocratie et des valeurs occidentales » et c’est le même Marian Enach qui, le 11 mars 2025, est venu annoncer le rejet de l’appel de Georgescu, « à l’unanimité » souligne-t-il.
Pourquoi le président français s’obstine-t-il ? Florian Philippot explique : » il se trouve qu’il a envoyé beaucoup de soldats en Roumanie, la France est très présente militairement pour l’Otan contre la Russie en Roumanie puisque depuis le 28 février 2022, s’est déroulé » la mission Aigle » de l’OTAN et la France est la
» nation cadre « .
La mission Aigle est le nom donné au déploiement en Roumanie, par les forces de l’OTAN en réaction de l’invasion de l’Ukraine, par la Russie en 2022.
Depuis le 28 février 2022, dans le cadre de la mission Aigle, la France a donc déployé en Roumanie un bataillon d’alerte de la force de réaction rapide de l’Otan, devenu multinational depuis le 1er mai 2022 afin d’empêcher une extension de la guerre.
« En réaction à l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine, la France a lancé, sous court préavis, la mission AIGLE en Roumanie, confirmant son statut d’allié fiable, crédible et solidaire au sein de l’Alliance. Elle est composée d’un ”Multinational Battlegroup” dont la France est « nation-cadre », d’un système de défense sol-air MAMBA, d’un détachement du génie et d’un élément de soutien national (ESN). Coordonnées par un élément préfigurateur d’un état-major de Brigade interarmes (BFCE). La mission AIGLE comporte également un Centre de management de la défense dans la 3e dimension (CMD 3D) ainsi qu’un escadron de chars Leclerc .
Et les faucons européistes (planqués à Bruxelles) veulent augmenter la présence française (un millier de soldats dont déjà sur place) en Roumanie.
A cet égard, « Le Monde » titre en 2024 : « OTAN « Pour ancrer la France à l’est, nous appelons à renforcer notre présence militaire en Roumanie ».
Dans une tribune du quotidien du soir, « Les partenariats de la France avec les pays d’Europe orientale doivent être renforcés pour contrer la Russie, plaident Pierre Haroche et Romain Le Quiniou, spécialistes de l’Europe centrale ». (publié cf. Le Monde.fr 17/12/2024 à 7 h).
« Lors de son discours de Bratislava, en mai 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, a enclenché le mouvement en reconnaissant que la France aurait dû écouter davantage les pays d’Europe centrale et orientale, qui s’étaient les premiers inquiets de la menace russe. Depuis, notre pays a affiché des positions de plus en plus proches de la ligne de fermeté vis-à-vis de Moscou prônée par les représentants du flanc est, que ce soit sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ou sur l’idée que l’envoi de troupes en Ukraine ne devait pas être tabou. »( cf. Le Monde infra).
Alors bien évidemment, dans un tel contexte, l’accession à la présidence de la Roumanie de Calin Georgescu devenait problématique puisqu’il s’inscrivait en contre de la politique belliciste européiste contre la Russie en défendant vigoureusement la PAIX en Ukraine et la suppression d’envois d’armes à l’Ukraine sachant que le combat était désespéré et qu’agir ainsi ne pouvait que générer plus de morts inutiles de jeunes hommes.
C’est l’émergence soudaine et fracassante de cet homme de paix dans les élections dont s’agit qui a déclenché plus avant l’implication de E. Macron. « Georgescu était le verrou pour empêcher le déploiement de la guerre en Russie », souligne F. Philippot. (YouTube infra).
Le journal roumain Daily Roumanie mentionne sans ambages :
» la voie est donc ouverte à l’UE et à l’OTAN pour utiliser la Roumanie dans une guerre contre la Russie comme elles l’ont toujours voulu « .
Tout est dit.
« Et la France de Macron est particulièrement bien positionnée en étant « nation cadre », ajoute Florian PHILIPPOT.
Macron n’aurait pas pu déployer « sa politique » belliciste si Georgescu avait été élu. Il fallait donc faire barrage, l’éliminer.
Mais là n’est pas la seule raison.
Macron parle depuis longtemps de la Roumanie dans ses discours. A propos des prétendues ingérences russes notamment, qui n’ont jamais été prouvées, et en donnant libre cours à la parole publique de Thierry Breton : « on l’a fait en Roumanie, on le refera en Allemagne si nécessaire ou ailleurs… ».
Mais pas que…
Il existe également l’application du BDE (Bouclier Démocratique Européen), créé en janvier 2025 par la commission présidée par Nathalie Loiseau, députée macroniste.
Et cette rencontre du 5 mars abordée plus haut entre le diplomate français et le Président de la Cour Constitutionnelle roumaine laisse augurer une orchestration commune de la chute de Calin Georgescu.
Macron est le plus engagé dans cette défense européenne contre une agression russe qui n’existe que dans son esprit européiste délirant, à contre sens des réalités.
Vladimir Poutine l’a pourtant dit et répété clairement avec des mots choisis et précis qui ne sont pas ceux de l’auteur de ces lignes : En substance, l’invasion de l’Europe ne l’intéresse pas. Il a d’autres « chats à fouetter » et accessoirement un traité paix à négocier et signer.
Mais l’histrion Macron, atteint d’un hubris démesuré à l’égal de son narcissisme halluciné et de sa psychopathologie mythomaniaque, ce qui n’est plus un secret pour personne et dont chacun se rit dans toutes les chancelleries, veut occuper l’espace, comme au théâtre quand il avait 14 ans. Il veut être le chef, le premier de cordée à mener cette guerre insensée – car elle rayerait la France et son peuple de la carte du monde -, il veut exister aux yeux du monde puisqu’il n’est plus rien en France et qu’il se sait haï du peuple français.
Quoi de mieux qu’une bonne guerre pour conserver le pouvoir et contourner l’élection présidentielle de 2027 ?
Quoi de mieux qu’une bonne guerre pour masquer toutes ses trahisons, forfaitures, ses détournements d’argent public, sa corruption, sa veulerie, voire sa singulière voire illégale situation matrimoniale ?
Quoi de mieux qu’une bonne guerre pour devenir à l’issue le président de l’UE ?
Tout est possible dans cet esprit malade et embrumé par les substances illicites dont il n’est plus un secret qu’il en fait bon usage, à l’instar de nombre de ses « mignons » collaborateurs.
À lire aussi : TRIBUNE – Roumanie : L’Union européenne sonne-t-elle le glas des élections libres ?
Le peuple roumain n’était pas dupe
La prolongation de ce premier coup d’État était prévisible : mais, après le premier coup d’État qui annulait le premier tour des élections présidentielles, l’espoir était encore là, celui de voir sa voix entendue lors du rapport des élections, parce qu’il croyait en la puissance des institutions du pays incarnées en l’espèce, par la Cour Constitutionnelle .
La démocratie serait-t-elle respectée par la tenue de nouvelles élections propulsant probablement Georgescu à la présidence ou les institutions jouaient-elles contre le peuple dans l’intérêt de puissances étrangères ?
Mais c’était sans compter avec « l’establishment », l’UE et en particulier la France qui, par l’intermédiaire de Macron ont interféré dans ces élections pour bloquer toute chance de Calin Georgescu de se porter candidat car ils savaient qu’il allait gagner cette élection.
Macron a joué un rôle particulier selon la journaliste roumaine Josefina Pascal interviewée par Clémence Houdiakova le 13 mars 2025 sur Tocsin : » …. non seulement le 5 décembre dernier le président français a publié une vidéo dans laquelle il a ouvertement soutenu l’adversaire de Georgescu, Elena Lasconi, membre du parti soutenu par Soros en Roumanie qui est libéral mais aussi marxiste… (la ligne politique de l’establishment mondialiste), mais en outre son interférence est allée jusqu’à publier une nouvelle vidéo le lendemain 6/12, jour des élections dans laquelle » il le qualifiait de menace pour la Roumanie et pour la sécurité européenne » : si ce n’est pas une ingérence étrangère directe, je ne sais pas ce que c’est… » ( Josefina Pascal cf. YouTube infra).
Et la journaliste de poursuivre :
« Plus tôt, en 2024, Elena Lasconi a rendu visite au ministre français des affaires étrangères et a eu avec lui une conversation bizarre… elle a en fait demandé au ministre des affaires étrangères français d’intervenir dans les élections et de protéger les élections de l’ingérence russe. Mais comment pouvait-elle savoir, bien avant les élections, qu’il y aurait une ingérence russe ? Il n’y a actuellement aucune preuve de ce que la campagne de Georgescu était financée partiellement ou totalement par la Russie, et que cette dernière s’apprêtait à saper, au niveau de l’État, la démocratie. Mais elle se serait apparemment déjà préparée à ce scénario et aurait demandé une aide étrangère pour les élections. Comment cette aide a-t-elle été fournie ? Nous ne pouvons que spéculer. Nous pouvons penser que cette aide a été fournie par des interférences directes ou indirectes en manifestant leur soutien politique….
» Mais ce qu’il y a de plus choquant est le fait que le diplomate français en Roumanie a rendu visite à deux juges de la cour constitutionnelle le 5 mars dernier, quelques jours avant que Georgescu soit interdit de se porter candidat ; le président et un autre juge clairement à l’opposé des idées politiques de Georgescu. Ils ont parlé de limiter les messages en ligne et de protéger la démocratie pendant les élections.
» Il y a donc eu une réunion au plus haut niveau diplomatique sur le point de savoir comment devait se dérouler les élections.
Quelques jours plus tard, Calin Georgescu était banni…
» Le président Macron a beaucoup parlé, ces derniers temps, de la Roumanie, de ses élections, et de l’ingérence russe, dont il fallait se méfier. Il est le seul chef d’État à s’être manifesté de la sorte : nous n’avons vu aucun autre dirigeant, s’intéresser autant à nos élections. Nous n’avons vu ni Trump, ni Méloni, ou même Poutine, parler directement de Georgescu et des élections en Roumanie de cette manière.
» Surtout dans le contexte géopolitique actuel, alors que Donald Trump tente d’établir la paix en Ukraine en négociant évidemment avec son homologue russe.
» C’est donc un moment très fragile que Bruxelles essaie, je crois de saboter. Car elle a ses propres intérêts, notamment financiers, pour maintenir cette machine à sous et cette… disons… Je ne sais pas quelle boucherie se déroule en Ukraine… ». (Cf. Josefina Pascal YouTube infra).
Les éléments se recoupent, les versions de l’histoire convergent même si chacun a une approche qui n’a pas été soulevée par l’autre et c’est bien naturel entre une journaliste roumaine qui vit au plus près des faits qu’elle relate et un chef de parti politique souverainiste profondément investi depuis des années dans la libération de la France de ses chaînes européistes et qui s’adresse chaque jour à tous ceux qui veulent l’écouter… et ils sont des milliers !
Pour conclure, on retrouve la société orwellienne : la guerre, c’est la paix. La vérité c’est le mensonge…Et la démocratie, ce n’est pas les élections libres.
Il est intéressant de noter que ces deux coups d’États électoraux – le second (évincement de Georgescu) s’inscrivant dans la ligne droite du premier (annulation des élections et leur rapport) se déroulent dans le même temps où JD Vance, vice-président américain fraîchement installé, fait un discours historique lors de la conférence de Munich le 14 février 2025, à l’adresse des européens dans laquelle il déplore le recul flagrant des libertés et le mépris des désirs des peuples.
Ainsi il avait déclaré : « …Ce qui m’inquiète, c’est la menace qui vient de l’intérieur. Le retrait de l’Europe de certaines de ses valeurs les plus fondamentales : des valeurs partagées avec les États-Unis d’Amérique. ….
Et avait conclu : » Comme l’a dit un jour le pape Jean-Paul II, à mon avis l’un des plus extraordinaires défenseurs de la démocratie sur ce continent ou sur tout autre, « n’ayez pas peur ». Nous ne devons pas avoir peur de nos citoyens, même lorsqu’ils expriment des opinions qui ne sont pas celles de leurs dirigeants. ».
Cette allocution montre à quel point l’UE, sur le plan politique et géopolitique, se trouve à contre-courant des évolutions mondiales, des valeurs et des nouvelles alliances, qui la déstabilisent en provoquant la fuite en avant de ses dirigeants, ancrés dans l’État profond américain.
Ce « deep state » est littéralement pilonné par la nouvelle administration américaine aux commandes en sorte qu’une partie de ses membres – par crainte d’être arrêtés aux États Unis- est venus se réfugier à Bruxelles et tente, de concert avec la commission européenne, contre vents et marées, de poursuivre son plan destructeur des nations européennes afin de les fédérer et de les contrôler.
On le constate particulièrement aujourd’hui car l’histoire s’accélère, où l’UE et sous l’impulsion du « président » Macron, l’Europe maintient à front renversé sa position belliciste contre la Russie qui n’est en aucune mesure une menace existentielle pour l’Europe tandis que se déroulent à Ryad les pourparlers sur la paix concernant la guerre en Ukraine, entre la Russie, les USA, la Chine et l’Ukraine.
L’Europe est devenue, du fait de son incompréhension des nouvelles stratégies géopolitiques qui se mettent en place, et à raison de la poursuite de sa folle idéologie mondialiste (génératrice pour certain(e)s gratifications sonnantes et trébuchantes), persona non grata dans les affaires du monde.
À lire aussi : ANALYSE – Roumanie : le chaos électoral et le rôle caché des États-Unis
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne représentent en aucun cas la position éditoriale du Diplomate
#Roumanie, #DictatureEuropeenne, #CalinGeorgescu, #ElectionsRoumanie, #CoupDEtat, #MacronGate, #CEDH, #UnionEuropeenne, #Souverainisme, #Geopolitique, #FraudeElectorale, #JusticeEuropéenne, #ManipulationElectorale, #MacronIngérence, #TikTokElection, #CourConstitutionnelleRoumaine, #ElectionAnnulee, #DictatureBruxelles, #RoumanieLibre, #OTAN, #OMS, #UE, #CEDHScandale, #LibertéDesPeuples, #DemocratieEnDanger, #Roumanie2025, #CalinPrésident, #DictatureInstituée, #DroitsDesPeuples, #ElectionPrésidentielle, #MacronRoumanie, #SorosNetwork, #MissionAigle, #DeepState, #Tocsin, #GregorPuppink, #JosefinaPascal, #FlorianPhilippot, #SouverainetéNationale, #DémocratieConfisquée, #JusticeSousPression

Catherine Massaut a été simultanément avocat à la Cour d’appel de Paris et collaboratrice de prestigieux cabinets d’avocats près la Cour de cassation, spécialisée en matière criminelle.
Elle a complété son parcours professionnel judiciaire par l’exercice de la profession de magistrat affectée à des postes très variés de subsitut du procureur et de juge du siège en matière civile embrassant un vaste domaine de compétences.
Actuellement à la retraite, elles contributrice pour Le Diplomate.
