ANALYSE – Ares Leaks : Cyber-espionnage et guerre de l’information contre l’Iran et la Russie

Hacker encapuchonné opérant dans une salle sombre devant des écrans affichant les drapeaux de l’Iran et de la Russie, symbolisant le cyber-espionnage, la guerre de l’information et les fuites de données sensibles.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

Apparu sur la scène internationale en 2023, le groupe de cybercriminalité Ares Leaks s’est progressivement imposé comme un acteur-clé de la guerre de l’information contemporaine. Ce collectif mystérieux, dont les origines restent floues, a d’abord ciblé les services secrets iraniens, publiant en juin 2025 près de 20 photos de prétendus membres du renseignement de Téhéran. Quelques mois plus tôt, en avril, Ares Leaks mettait en vente des données sensibles du FSB russe, pour des montants allant jusqu’à 120 000 dollars.

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L’État profond exposé sur la place publique

L’approche du groupe est claire : frapper là où les régimes autoritaires pensent être invisibles. En s’attaquant à l’Iran et à la Russie, Ares Leaks ne vise pas seulement à embarrasser les autorités. Il cherche à affaiblir leurs appareils sécuritaires en exposant leurs agents, leurs méthodes, leurs structures. Une opération psychologique en bonne et due forme, menée à l’ère des données ouvertes et du journalisme d’investigation distribué.

Géopolitique du sabotage numérique

L’Iran, déjà ciblé par d’autres opérations comme Stuxnet ou les campagnes de disinformation liées au Mossad, subit aujourd’hui une guerre hybride plus diffuse, dans laquelle les cyberattaques brouillent la ligne entre guerre et paix. Quant à la Russie, les fuites du FSB pourraient indiquer une déstabilisation interne ou une guerre secrète menée par des services concurrents. Dans les deux cas, la souveraineté numérique devient un champ de bataille décisif.

Un acteur non-étatique, ou une extension des rivalités étatiques ?

La vraie question reste : qui est derrière Ares Leaks ? Groupe de hacktivistes indépendant ? Prolongement non déclaré d’un service occidental ? Le niveau de précision des fuites, la temporalité stratégique et la couverture médiatique laissent penser à un savoir-faire professionnel, peut-être instrumentalisé dans un contexte de guerre d’influence globale.

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Vers une ère post-secrète

Dans un monde de plus en plus interconnecté, les réseaux informels peuvent désormais frapper les centres du pouvoir étatique. Ce qui était jadis le monopole des services secrets devient, par le truchement du numérique, une compétence partagée. Et dans cette nouvelle ère, la confidentialité devient un luxe que même les puissances militaires ne peuvent plus s’offrir.

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