ANALYSE – L’Europe en état de guerre permanente

Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen lors d’une cérémonie officielle à Paris, entourés de drapeaux européens et de militaires, illustrant l’Europe en marche vers une défense commune.

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

L’Union européenne ne se limite plus à anticiper des crises, elle les inscrit désormais dans ses institutions et dans la vie quotidienne des citoyens. Avec la Preparedness Union Strategy, Bruxelles a posé les bases d’une société en mobilisation permanente. Derrière l’anecdote embarrassante de la commissaire Hadja Lahbib présentant un kit de survie maladroit, se cache une transformation profonde : l’Europe se prépare à la guerre comme si elle faisait déjà partie de son avenir immédiat.

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La France et l’Allemagne en première ligne

À Paris, une circulaire du ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux de se préparer à accueillir entre 10 000 et 15 000 soldats blessés en l’espace de quelques mois. Des structures provisoires sont envisagées près des gares, aéroports et ports afin d’assurer le rapatriement médical de militaires étrangers. L’hôpital civil redevient ainsi un maillon de l’arrière-front.

Berlin va encore plus loin. Son plan-cadre de défense civile prévoit des scénarios extrêmes : combats urbains dans la capitale, destruction d’infrastructures, voire évacuation complète de la ville. Les hôpitaux allemands seraient transformés en centres militaires, dotés de personnel formé aux blessures de guerre, amputations et traumatismes causés par les explosions. À cela s’ajoute la réintroduction d’un service national obligatoire sous forme de questionnaires imposés aux jeunes hommes et facultatifs pour les femmes, afin de constituer un vivier de 100 000 recrues d’ici 2030.

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Une économie qui bascule vers le militaire

Ces évolutions trouvent leur traduction dans les budgets. Selon le Sipri, l’Allemagne est devenue en 2024 le premier pays européen en matière de dépenses militaires avec 88,5 milliards de dollars, dépassant le Royaume-Uni. La frontière entre industrie civile et industrie militaire s’efface progressivement, grâce à l’essor des investissements dual use. C’est le signe d’une bascule vers une véritable économie de guerre, sur le modèle du complexe militaro-industriel américain.

Les grandes manœuvres de l’OTAN, telles que Griffin Lightning ou Hedgehog, en sont l’illustration opérationnelle. Des dizaines de milliers de soldats polonais, baltes et alliés y simulent une invasion russe, habituant les sociétés européennes à concevoir l’affrontement comme inévitable.

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La stratégie de la peur

Le signal envoyé est clair. À Moscou, il s’agit de montrer que l’Europe devient le bouclier avancé de l’OTAN. À Washington, il s’agit de prouver que les Européens sont prêts à assumer le poids du front oriental. Mais ce calcul crée un cercle vicieux : plus on prépare la guerre, plus on rend probable sa concrétisation. La Preparedness Union Strategy n’est pas seulement un plan de protection, elle est aussi un cadre politique qui installe la guerre comme horizon.

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Le coût social et politique

Derrière cette logique, le prix à payer est immense. Une société en état d’alerte permanent voit ses institutions civiles absorbées dans la logique de sécurité. Les hôpitaux deviennent militaires, les jeunes citoyens des recrues potentielles, les services publics des relais de mobilisation. La démocratie se réduit à un silence imposé par l’urgence.

C’est sans doute là le véritable legs d’Ursula von der Leyen et de dirigeantes comme Kaja Kallas : avoir façonné une société de guerre, où la peur et la mobilisation constante deviennent des instruments de gouvernance. L’Europe ne se prépare pas seulement à défendre son territoire, elle apprend à vivre dans un état de siège mental et politique qui risque de durer plus longtemps qu’un conflit réel.

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