
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Entre défense des institutions et accusations de “Deep State” : Un collectif né de la défiance
Formé durant le premier mandat de Donald Trump, The Steady State regroupe d’anciens hauts responsables du renseignement et de la sécurité nationale américaine – CIA, FBI, Département d’État, Pentagone, DHS et autres agences. Leur objectif affiché : défendre l’indépendance et la compétence des institutions face à ce qu’ils considèrent comme des décisions déstabilisatrices de l’administration Trump. Loin d’un simple cercle d’anciens collègues, le groupe s’est mué en acteur public, s’exprimant ouvertement contre certaines orientations de la Maison Blanche, notamment en matière de nominations et d’épuration au sein des agences fédérales.
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Une indépendance revendiquée, une opposition assumée
Officiellement, le collectif se dit “apolitique”. Dans les faits, ses interventions ciblent principalement les décisions de Trump : remplacement de cadres expérimentés par des fidèles dépourvus de savoir-faire spécifique, mise à l’écart de figures jugées indépendantes, politisation des missions de renseignement. Le 9 août 2025, The Steady State a publié une lettre ouverte signée par plus de 300 anciens responsables, dénonçant les récentes purges à l’FBI et apportant son soutien à la candidate démocrate Abigail Spanberger en Virginie, perçue comme modérée et attachée à la stabilité institutionnelle.
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Des méthodes de pression politique assumées
L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large : occuper l’espace médiatique, mobiliser les réseaux d’anciens agents et influencer directement le débat politique. Le soutien à Spanberger illustre cette volonté de peser sur les élections, avec l’idée de placer au Congrès des personnalités jugées aptes à défendre l’indépendance des agences. Le groupe multiplie les alertes sur les risques que ferait courir, selon lui, l’affaiblissement de l’expertise interne, allant jusqu’à évoquer un avantage potentiel offert à la Russie et à la Chine.
Un passé qui nourrit la polémique
Les détracteurs rappellent que certains membres auraient signé, en 2020, la lettre des 51 anciens du renseignement qui qualifiait l’affaire de l’ordinateur portable de Hunter Biden de possible opération russe – une prise de position depuis largement contestée. Sur les réseaux sociaux, des figures pro-Trump accusent The Steady State d’être une excroissance du “Deep State”, cherchant à saper la légitimité d’un président élu. Ces critiques pointent un manque de transparence sur la composition exacte du groupe et sur les liens passés de ses membres.
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Confrontation ouverte avec la Maison Blanche
Les tensions se sont accrues après la nomination par Trump de personnalités controversées à des postes clés, comme Tulsi Gabbard à la tête du renseignement national – un choix jugé inexpérimenté et aux affinités géopolitiques ambiguës. The Steady State a vu dans ces nominations un signal d’alarme sur la politisation des fonctions stratégiques. Le collectif redoute que cette orientation, combinée à des licenciements massifs et à un gel des recrutements, ne vide les agences de leurs compétences, au détriment de la sécurité nationale.
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Un champ de bataille élargi
Le conflit dépasse la seule question des nominations. Il touche au rôle même des agences de renseignement dans un système démocratique : doivent-elles obéir aux priorités du président en place, ou conserver une continuité opérationnelle indépendante ? Pour The Steady State, céder sur ce principe, c’est ouvrir la voie à un appareil sécuritaire malléable, susceptible de servir des intérêts politiques ponctuels plutôt que l’intérêt national.
Une influence à double tranchant
En entrant pleinement dans le jeu politique, le collectif prend le risque de renforcer l’image que ses adversaires projettent : celle d’un réseau d’initiés cherchant à préserver ses privilèges. Cette perception pourrait fragiliser sa capacité à convaincre au-delà du cercle des opposants à Trump. Néanmoins, pour ses partisans, son action reste essentielle pour alerter sur ce qu’ils perçoivent comme une érosion dangereuse des garde-fous institutionnels.
Vers une polarisation accrue
À l’approche des élections, The Steady State semble décidé à amplifier ses actions : soutiens ciblés à des candidats, campagnes médiatiques, lettres ouvertes. L’enjeu n’est pas seulement la protection des agences de renseignement, mais la définition même de leur rôle dans l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis. Cette bataille, engagée sur le terrain politique, risque de renforcer la polarisation autour de la sécurité nationale, transformant l’appareil du renseignement en enjeu partisan au cœur de la campagne.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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