
Par Angélique Bouchard
WASHINGTON, D.C. – Face à une intensification dramatique des frappes russes contre des cibles civiles en Ukraine, dont un hôpital de maternité dans la région de Kharkiv, le président Donald Trump a confirmé jeudi soir un accord inédit avec l’OTAN visant à accélérer les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine, financées intégralement par les alliés européens.
Lors d’un entretien téléphonique avec NBC News, Trump a dévoilé un montage logistique et financier inédit, scellé lors du sommet de l’OTAN le mois dernier à La Haye.
« Nous envoyons des armes à l’OTAN, et l’OTAN paie 100 % de ces armes », a déclaré le président.
« Ensuite, l’OTAN transmet ces armes à l’Ukraine. Ce sont les Européens qui financent, et nous, on livre. »
Trump n’a pas précisé quels types d’armements étaient concernés ni les pays impliqués dans la manœuvre, mais plusieurs capitales européennes ont signalé leur volonté de racheter des armements américains pour les transférer à Kyiv, contournant ainsi les limites politiques internes du Congrès américain.
« C’est une stratégie astucieuse : on arme l’Ukraine, mais ce sont les alliés qui règlent l’addition », commente un haut conseiller de la Maison-Blanche.
« Cela évite les blocages budgétaires tout en maintenant la pression sur Moscou. »
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L’Allemagne passe commande de PATRIOTS supplémentaires
Jeudi, le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé à la Conférence de Rome sur la reconstruction de l’Ukraine que Berlin était prête à acheter des batteries Patriot américaines pour les mettre à disposition de Kyiv.
« Nous poursuivons notre engagement pour la défense de l’Ukraine, notamment par des acquisitions stratégiques directes », a-t-il affirmé.
Le président Trump a également renouvelé ses critiques virulentes envers Vladimir Poutine, exprimant une exaspération grandissante face à l’intransigeance russe.
Les tensions diplomatiques atteignent un nouveau seuil alors que la Russie a lancé dans la nuit de jeudi une série de frappes sur l’ensemble du territoire ukrainien, faisant au moins 9 morts et 42 blessés, dont plusieurs femmes dans un hôpital de maternité à Kharkiv.
« Des femmes en travail, des femmes après opération… La Russie cible la vie, même là où elle commence à peine », a déploré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
OTAN : Une entente sur l’armement pour l’Ukraine
À peine revenu du New Jersey après avoir marqué dans la discrétion le premier anniversaire de l’attentat qui a failli lui coûter la vie en Pennsylvanie en 2024, le président Donald J. Trump entre dans sa 26e semaine à la Maison-Blanche avec un agenda électrisant. Au menu : une rencontre cruciale avec le secrétaire général de l’OTAN, une déclaration qualifiée de « majeure » sur la Russie, et un sommet stratégique en Pennsylvanie sur l’intelligence artificielle et l’indépendance énergétique.
Le président Trump accueille Mark Rutte, le nouveau secrétaire général de l’OTAN, pour une série de réunions au sommet à Washington, prévues lundi et mardi. À ses côtés figurent le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le secrétaire d’État Marco Rubio, figures centrales de la diplomatie trumpienne.
L’objet principal de ces discussions : la vente d’armes américaines à ses alliés de l’OTAN pour approvisionner davantage l’Ukraine, toujours confrontée à l’invasion russe déclenchée en février 2022.
« Dans les jours à venir, vous verrez un flux record d’armement pour aider l’Ukraine à se défendre », a déclaré le sénateur républicain Lindsey Graham sur Face the Nation (CBS) dimanche.
« Une des plus grandes erreurs de calcul de Poutine est d’avoir sous-estimé Trump. »
Rutte, qui avait salué Trump en juin aux Pays-Bas comme un « leader ferme sur le Moyen-Orient » (le qualifiant même de “daddy” dans une anecdote captée hors micro), semble prêt à s’aligner sur l’approche plus offensive du président américain en matière de sécurité collective.
« SI TU FAIS ÇA, JE RASE MOSCOU » : TRUMP aurait menacé Poutine d’une frappe nucléaire en 2024, révèle un livre choc
Alors que les tensions montent entre la Maison-Blanche et le Kremlin, un nouveau livre explosif révèle que le président Donald Trump aurait explicitement menacé Vladimir Poutine de frapper Moscou si la Russie envahissait l’Ukraine. La déclaration, faite à des donateurs en 2024 selon les auteurs, illustre un tournant brutal mais assumé dans la doctrine Trumpienne : la dissuasion par l’imprévisibilité.
Dans l’ouvrage 2024: How Trump Retook the White House and the Democrats Lost America, publié mardi dernier, les journalistes Josh Dawsey (Wall Street Journal), Tyler Pager (New York Times) et Isaac Arnsdorf (Washington Post) détaillent les coulisses de la reconquête présidentielle de Trump. Parmi les révélations les plus explosives : un avertissement personnel à Poutine, prononcé devant des donateurs.
« J’étais avec Poutine et je lui ai dit : “Vladimir, si tu fais ça, on va raser Moscou. Je te le dis, je n’ai pas le choix.” », a confié Trump selon un enregistrement audio partagé à CNN.
« Il pensait que j’étais fou. Il ne m’a cru qu’à 10 %. Mais 10 %, c’est tout ce dont vous avez besoin. »
L’ancien président aurait adressé un message similaire au président chinois Xi Jinping, concernant Taïwan : « Si tu entres à Taïwan, je rase Pékin », aurait-il prévenu.
Cette stratégie brutale s’inscrit dans ce que les proches de Trump appellent sa doctrine de « paix par la force » (peace through strength), réactivée dès son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025.
« Comme le président Trump l’a répété à maintes reprises, la Russie n’a jamais osé envahir l’Ukraine lorsqu’il était en fonction », a rappelé Anna Kelly, porte-parole de la Maison-Blanche, dans une déclaration à Fox News Digital.
« Cela n’est arrivé que sous Biden. Aujourd’hui, grâce à Trump, l’Amérique est de nouveau le leader du monde libre. »
Si la Maison-Blanche n’a pas confirmé l’authenticité de l’enregistrement, plusieurs sources affirment qu’il circulait déjà dans les cercles diplomatiques dès l’automne 2024. Le message, volontairement brutal, visait à envoyer un signal clair à Moscou : toute escalade se heurterait à une riposte américaine écrasante.
Pour JD Vance, vice-président et soutien stratégique de Trump à la Maison-Blanche, cette doctrine de dissuasion « agressive » est l’un des rares leviers efficaces sur Poutine.
« Ce que Trump a dit à Poutine, personne d’autre n’aurait osé le dire », a-t-il affirmé lors d’un échange tendu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche la semaine dernière.
« Et c’est peut-être ce qui forcera enfin Moscou à écouter. »
À Moscou, aucune réaction officielle n’a été émise, mais des conseillers du Kremlin ont laissé filtrer, anonymement, qu’une telle rhétorique « témoigne de la nervosité américaine face à l’échec de Kyiv sur le terrain ».
Russie : Une annonce sous haute tension
Le président Trump a confirmé qu’il s’apprête à faire une déclaration « majeure » concernant la Russie en début de semaine.
« Je suis déçu par la Russie, mais nous verrons ce qui se passe dans les prochaines semaines », a-t-il confié à NBC la semaine dernière. « Je pense que je ferai une annonce très importante lundi. »
Selon des sources internes proches du dossier, cette annonce pourrait être liée à un changement de posture diplomatique, voire à un ultimatum stratégique adressé à Vladimir Poutine, alors que les pressions internes s’intensifient au Congrès.
« Depuis des mois, Trump tend la main à Poutine. Il a laissé la porte ouverte. Mais cette porte est sur le point de se refermer », a prévenu Lindsey Graham.
« Nous sommes à un tournant de l’invasion. »
Ce retour de flamme politique intervient dans un climat international instable. Moscou a intensifié ses frappes, notamment une attaque nocturne meurtrière contre une maternité à Dnipro, tandis que le Congrès prépare un train de sanctions économiques renforcées.
« Trump veut contraindre Poutine à négocier, mais il est prêt à frapper fort s’il le faut. On s’oriente vers un message clair : c’est maintenant ou jamais », affirme une source proche du Conseil de sécurité nationale.
Alors que les États-Unis s’apprêtent à livrer une nouvelle vague d’armes et que Trump reprend la main sur le narratif international, l’axe Moscou-Pékin pourrait bien entrer dans une nouvelle phase de confrontation ouverte avec Washington.
Une nouvelle approche diplomatique ? Rubio rapportera à Trump un concept inédit pour la paix en Ukraine
Alors que Donald Trump impose une ligne plus agressive face à la Russie, une nouvelle garde rapprochée façonne les contours d’une stratégie de sécurité nationale atypique, fondée sur la force dissuasive, la guerre indirecte et l’agenda “America First” appliqué au théâtre mondial. Trois figures émergent comme piliers de cette doctrine : Marco Rubio, J.D. Vance, et Pete Hegseth.
Le secrétaire d’État Marco Rubio, sénateur faucon devenu homme-clé de la diplomatie trumpienne, opère en coulisses une diplomatie parallèle avec Moscou, en dialogue avec Sergueï Lavrov.
« Ce n’est pas une garantie de paix, mais c’est un concept que je vais présenter au président », a-t-il confié après sa rencontre en marge du sommet de l’ASEAN, le 10 juillet.
A Kuala Lumpur, en Malaisie, dans un climat de tensions croissantes et d’exaspération manifeste de la Maison-Blanche face à l’attitude du Kremlin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tenu jeudi un entretien d’une heure avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge du sommet de l’ASEAN. À la sortie de la réunion, Rubio a évoqué un « nouveau concept diplomatique » qui pourrait, selon lui, ouvrir une voie alternative pour mettre fin à la guerre russo-ukrainienne, sans pour autant garantir la paix.
« Je pense qu’il s’agit d’une approche nouvelle et différente », a déclaré Rubio à la presse malaisienne à l’issue de la rencontre, le 10 juillet.
« Je ne la qualifierais pas de garantie de paix, mais c’est un concept que je vais présenter au président. »
Si aucun détail précis n’a été rendu public, plusieurs diplomates présents en coulisses ont confié à que les échanges auraient porté sur un gel conditionnel des hostilités, accompagné d’un mécanisme multilatéral de supervision sécuritaire impliquant la Turquie et l’Inde comme puissances tierces.
Trump, lassé de Poutine, change de ton
Ces révélations interviennent alors que le président Donald Trump a haussé le ton contre Vladimir Poutine, qualifiant ses manœuvres récentes de « bull–– » lors d’une réunion de Cabinet à Washington.
« Trump est déçu et frustré que la Russie n’ait pas montré plus de flexibilité », a expliqué Rubio.
« Il a fait des efforts. Il a tendu la main. Mais il attend des résultats. »
Le président américain a également nié avoir autorisé la suspension partielle des livraisons d’armes à Kyiv décidée par le Pentagone début juillet, affirmant qu’il n’en avait « jamais signé la validation ».
Selon un proche de la Maison-Blanche, le président Trump aurait également réitéré en privé une menace ancienne : en cas de nouvelle offensive majeure, « bombarder Moscou » serait « une option sur la table ». Une posture déjà évoquée dans le livre Trump: Back in Command, récemment publié par Regnery Publishing.
Une initiative RUBIO-LAVROV sans illusions
Rubio, prudent, n’a pas révélé la teneur exacte de la réponse de Lavrov. Il a cependant laissé entendre que des idées concrètes avaient été échangées, notamment autour de corridors humanitaires et de cessations localisées des hostilités.
« Il y a eu quelques échanges humanitaires… Notre objectif reste de mettre fin à cette guerre », a-t-il déclaré.
« Nous avons besoin d’une feuille de route. Nous avons partagé quelques idées à ce sujet. »
Le secrétaire d’État a également souligné que le président Trump avait maintenu des lignes de communication actives avec le Kremlin, contrairement à son prédécesseur :
« Trump mérite un immense crédit pour avoir osé parler à Poutine. Quand d’autres dirigeants ont évité le dialogue, lui, il est resté engagé. »
Il s’agissait de la deuxième rencontre directe entre Rubio et Lavrov depuis l’entrée en fonctions de l’ancien sénateur de Floride comme chef de la diplomatie américaine. Une source diplomatique de haut niveau, sous couvert d’anonymat, s’est dite « prudemment sceptique » :
« Lavrov manie l’ambiguïté avec art. Mais Rubio est intelligent et déterminé. Il ne reviendra pas à Washington les mains vides. »
À Washington, le Conseil de sécurité nationale examine déjà les implications d’une initiative diplomatique alternative portée par Rubio, tandis que le président Trump prépare de nouvelles sanctions économiques contre les secteurs stratégiques russes, ainsi qu’un renforcement du soutien militaire à l’Ukraine dans les jours à venir.
Vers un choc commercial mondial ? Le sénat accélère sur les sanctions massives contre la Russie avec l’appui de Trump
Long repoussé pour des raisons de procédure, le projet de loi de sanctions économiques les plus sévères jamais envisagées contre la Russie revient en force au Sénat, avec cette fois le soutien actif du président Donald Trump. Ce tournant marque un changement net de ton de la Maison-Blanche à l’égard de Vladimir Poutine, désormais considéré comme « un obstacle à la paix » par les deux camps du Congrès.
Le projet de loi, porté par le sénateur républicain Lindsey Graham (Caroline du Sud) et le démocrate Richard Blumenthal (Connecticut), prévoit l’instauration de tarifs douaniers pouvant atteindre 500 % sur tout pays continuant à acheter des produits énergétiques russes : pétrole, gaz, uranium, etc.
« L’objectif est de frapper au cœur le financement de la machine de guerre russe », a expliqué Graham.
« Et ça commence par asphyxier ses principaux clients : la Chine, l’Inde et quelques membres hésitants de l’UE. »
Alors qu’il s’était montré plus flexible ces derniers mois, le président Trump semble désormais aligné avec le Congrès sur la nécessité de frapper fort.
« Le président voit bien, comme nous tous, que Poutine nous manipule », a déclaré Blumenthal.
« Il prolonge le conflit, bombarde les civils, kidnappe des enfants… Il ne veut pas la paix, il veut dominer. »
Lors d’un Conseil des ministres récent, le président Trump avait déjà lâché une déclaration cinglante :
« On se prend beaucoup de bull–– de la part de Poutine. Ses paroles ne veulent plus rien dire. »
Un amendement de “clause de dérogation” a été introduit dans le texte afin de donner au président une certaine marge de manœuvre diplomatique, ce qui semble avoir facilité l’adhésion de l’exécutif.
« Le président pense que ce projet peut être utile. Il m’a dit qu’on allait le lui faire signer avant la pause d’août », a précisé Graham.
« On a 85 co-signataires au Sénat. On va aller jusqu’au bout. »
Une ligne de fracture au sein du camp Républicain
Malgré le soutien massif, certains républicains comme le sénateur Rand Paul (Kentucky) dénoncent un texte « économiquement suicidaire ».
« Ce n’est pas un projet de sanctions contre la Russie. C’est un projet de blocus mondial », a-t-il accusé.
« On va imposer 500 % de taxes à nos partenaires qui commercent avec Moscou ? On va couper tous les liens commerciaux avec la Chine ? C’est une folie. »
Paul prévient que certaines économies européennes restent encore dépendantes du gaz russe, notamment en Europe centrale et orientale. Le projet pourrait donc entraîner des ruptures d’approvisionnement et des tensions diplomatiques secondaires.
Le chef de la majorité au Sénat John Thune (Dakota du Sud) a confirmé vouloir mettre le texte à l’agenda d’ici la fin juillet, tout en restant prudent sur la date du vote final.
« C’est un message important à envoyer maintenant. C’est un levier que nous devons activer », a-t-il déclaré.
Le projet bénéficie déjà du soutien du président de la Chambre, Mike Johnson (Louisiane), mais la question de son impact systémique sur l’économie mondiale – notamment sur les marchés de l’énergie et les devises – reste en débat au sein des commissions techniques.
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Une doctrine du risque calculé ? Une opposition modulable, au service d’un agenda politique
Donald Trump, qui s’était jusque-là abstenu de toute implication directe dans le conflit, semble désormais revenir à une stratégie de confrontation psychologique, fondée sur l’imprévisibilité et la pression maximale. Son message est simple : « touchez à nos alliés, et vous en paierez le prix fort. »
La position de Trump vis-à-vis de Poutine semble donc moins idéologique qu’opérationnelle. Le président joue sur deux tableaux :
À usage interne, il se montre fort, imprévisible, offensif – fidèle à l’image qu’attend son électorat de 2020 et 2024.
À usage externe, il ménage des canaux informels avec Moscou, se réserve des marges de manœuvre diplomatiques, et évite une implication militaire directe.
C’est en cela que l’opposition à Poutine reste tenable, mais relève avant tout d’une stratégie d’équilibriste, et non d’un renversement doctrinal profond. À la différence de Biden, qui prônait la défense inconditionnelle de l’Ukraine, Trump prône une paix rapide, avantageuse pour les États-Unis, et potentiellement humiliante pour Poutine. Il est prêt à punir, mais aussi à négocier – dans l’unique but de remporter une victoire politique à haute valeur symbolique.
La ligne Trump face à la Russie n’est ni soumission, comme l’accusent certains de ses détracteurs, ni guerre froide 2.0, comme le redoutent ses partisans les plus radicaux. Elle est transactionnelle, tactique, asymétrique, et vise un objectif précis : montrer que seule l’Amérique de Trump peut obtenir des résultats face à Moscou, sans envoyer un seul soldat sur le terrain.
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Roland Lombardi, directeur de la rédaction du Diplomate média, décrypte cet épisode ainsi : « Ne nous y trompons pas. La récente « brouille » entre Donald Trump et Vladimir Poutine, très médiatisée et abondamment disséquée par les commentateurs de plateaux, de nouveau au bord de l’orgasme voyant que la guerre en Ukraine va se poursuivre, relève davantage du théâtre kabuki que de la véritable rupture géopolitique. Deux acteurs, chacun dans son rôle, chacun avec son texte — mais jouant au fond la même pièce. Certes, Trump, toujours aussi impatient et pragmatique, est visiblement agacé par le jeu de Poutine, qui gagne du temps en Ukraine, conforté qu’il est par la dynamique favorable des opérations sur le terrain. Mais le président américain doit composer avec une pression extraordinaire, autrement plus redoutable que celle venue de Moscou ou de Pékin : celle de ses véritables ennemis de l’intérieur — les “États profonds” washingtoniens, ce marigot de bureaucrates, de hauts gradés, de lobbies et de think tanks idéologisés, qui vivent en symbiose (ou sont aux ordres ?) avec le complexe militaro-industriel. On l’a bien vu avec le dossier iranien, où Trump — pourtant critique virulent des aventures militaires — a dû plier, à contrecœur, face aux pressions de cette nébuleuse belliciste, mais en s’en sortant avec une pirouette géopolitique dont lui seul a le secret. Son retour en politique n’échappe pas à cette logique : pour espérer gouverner et atteindre ses objectifs, mieux vaut donner pour l’instant des gages aux faucons du Pentagone et aux marchands d’armes qu’à ses propres électeurs. D’où cette soudaine « volte-face » ukrainienne. Trump accepte — en façade — de fournir des armes à Kiev. Mais attention : pas sur le dos du contribuable américain, non. Cette fois, ce sont les Européens, les éternels dindons de la farce, qui paieront l’addition. Et tant pis si les caisses de certaines chancelleries ressemblent déjà à un vieux tiroir de bistrot vide un dimanche soir… Quant à son fameux « ultimatum » de 50 jours adressé à Moscou, il s’agit surtout d’un écran de fumée, une manœuvre tactique pour rassurer le complexe militaro-industriel (l’ennemi le plus puissant et le plus dangereux pour Trump) et donner quelques os à ronger à ses ennemis internes. Il ne faut pas s’y tromper : pour Trump, l’ennemi principal n’est ni le Kremlin, ni les mollahs, mais bel et bien Pékin. Et dans cette perspective stratégique, la Russie reste une pièce potentiellement détachable du camp chinois. L’objectif ultime reste donc le même : détacher Moscou des griffes de Xi Jinping, ou du moins l’en éloigner suffisamment pour créer une nouvelle donne. En attendant, le message à Poutine est clair : « tu as 50 jours. Pas un de plus. Finis le travail en Ukraine, consolide tes gains, fais vite et bien, parce que si je reviens, on parle sérieusement. De la Chine. Et là, mon vieux, il faudra que tu choisisses ton camp ». En somme, on assiste à un classique de la Realpolitik à la Trump : un mélange d’improvisation théâtrale, de tactique brutale et de cynisme assumé. Comme disait Audiard : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Mais ici, les cons, ce sont ceux qui prennent tout ça au premier degré »…
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Diplômée de la Business School de La Rochelle (Excelia – Bachelor Communication et Stratégies Digitales) et du CELSA – Sorbonne Université, Angélique Bouchard, 25 ans, est titulaire d’un Master 2 de recherche, spécialisation « Géopolitique des médias ». Elle est journaliste indépendante et travaille pour de nombreux médias. Elle est en charge des grands entretiens pour Le Dialogue.

