
Par Imen Chaanbi
À cheval entre le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan, le Baloutchistan est une région à la fois riche en ressources naturelles, cruciale sur le plan géostratégique, et profondément marquée par l’instabilité politique. Largement ignorée sur la scène médiatique internationale, cette province est pourtant le théâtre d’un conflit complexe mêlant séparatisme, islamisme radical, luttes ethniques et rivalités géopolitiques. Dans ce contexte, comment comprendre le rôle stratégique du Baloutchistan dans les rapports de force entre puissances régionales et quelles perspectives de stabilisation envisager ?
Histoire et revendications
D’une superficie de 947 000 km², le Baloutchistan[1] s’étend sur trois États : à l’est, la province pakistanaise du Baloutchistan ; à l’ouest, la province iranienne du Sistan-et-Baloutchistan ; au nord, certaines régions afghanes. Cette partition imposée a nourri de profondes revendications identitaires. La population, hétérogène, comprend principalement des Baloutches, majoritairement sunnites de rite hanéfite, mais aussi des chiites, des chrétiens et des indous[2]. On estime à 15 millions le nombre de Baloutches dans le monde, dont plus de 6 millions au Pakistan, 1,5 million en Iran et 100 000 en Afghanistan.
Au XIXe siècle, le peuple baloutche vivait sous l’autorité du Khanat de Kalat, vassal de l’émir afghan[3]. La région a ensuite été divisée par la ligne Goldsmid, officialisant la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan sous la pression du Shah de Perse[4]. Lors de la partition de l’Inde et du Pakistan en 1947, le Khan de Kalat proclame l’indépendance. En 1948, le Pakistan annexe la province, entraînant une série de révoltes[5]. Depuis, la province a connu plusieurs cycles de rébellion, notamment dans les années 1970, puis à partir de 2004, portés par des leaders comme Nawab Akbar Khan Bugti.
En 1948, les troupes pakistanaises entrent dans le Baloutchistan, malgré l’opposition de certains responsables politiques baloutches[6]. Le Pakistan impose alors la loi martiale dans la région. En réaction, le mouvement nationaliste baloutche, influencé par l’idéologie marxiste, commence à revendiquer la création d’un État indépendant[7]. Plusieurs soulèvements armés éclatent successivement en 1958[8], 1962, puis au cours des années 1970. À cette époque, le Président Bhutto rejette toute forme d’autonomie du gouvernement provincial du Baloutchistan[9].
En 1988, une trêve de 25 ans fut signée, mais l’insurrection rebondit en 2004, menée par des leaders comme Nawab Akbar Khan Bugti[10]. Leurs revendications incluaient l’autonomie politique, le partage équitable des ressources naturelles et la fin de la militarisation de la province. Depuis 2008, le gouvernement pakistanais a pris le contrôle de la province et a imposé un contrôle sur les différents mouvements politiques baloutches.
Aujourd’hui encore, plusieurs groupes se réclament soit d’une autonomie régionale, soit d’une indépendance complète, face à un État pakistanais accusé de marginaliser la population baloutche[11].
Bien que le gouvernement pakistanais ait instauré un plan d’amnistie en 2015 pour apaiser les tensions, le Baloutchistan reste en proie à une recrudescence de la violence, notamment en raison de l’activisme terroriste et des activités illicites de contrebande.
Islamisme et terrorisme : Les instruments d’une guerre par procuration
Le conflit a progressivement pris une dimension ethnico-religieuse, l’islamisme radical étant instrumentalisé par les États pour affaiblir les mouvements séparatistes.
En Iran, les Baloutches sunnites sont minoritaires dans la province du Sistan-Baloutchistan à majorité chiite. Le Shah Pahlavi, dans le but de mettre un terme aux rébellions menées par les chefs tribaux baloutches, a procédé à l’intégration administrative des Baloutches au sein de la province du Sistan-et-Baloutchistan, aux côtés des populations sistanies chiites et persanophones. Cette stratégie visait à diluer les revendications identitaires, dans un contexte où le discours marxiste et indépendantiste, porté notamment par le mouvement Baloch Raji Zrombesh menaçait la stabilité du régime monarchique[12].
Après la révolution iranienne de 1979, l’Ayatollah Khomeini adopte une approche différente vis-à-vis des sunnites : il encourage les mawlawi (érudits religieux sunnites) et cherche à faire de Zahedan[13] un centre religieux pour l’islam sunnite, comparable à Qom pour les chiites.
Cette tentative de « cooptation religieuse », fondée sur la reconnaissance des spécificités confessionnelles des Baloutches, n’a toutefois pas réussi à désamorcer les velléités indépendantistes. Des mouvements tels que le Balochistan People’s Party (BPP) ou le Balochistan United Front-Iran (BUF-Iran) ont poursuivi leur lutte pour l’autonomie. La province reste d’ailleurs le théâtre régulier d’attaques terroristes, attribuées notamment au groupe armé Baluchistan United Front (BUF), accusé d’enlèvements de touristes étrangers.
Au Pakistan, le président Zia-ul-Haq a cherché à effacer toute forme d’identité baloutche et pachtoune dans la province du Baloutchistan. Pour cela, il supprima les gouvernements locaux et remplaça les autorités traditionnelles par des fonctionnaires pakistanais. Son objectif était aussi de faire disparaître les langues locales en imposant un enseignement assuré uniquement par des instituteurs pakistanais. Parallèlement, une politique nataliste fut instaurée, consistant à marier des jeunes filles locales à des ressortissants pakistanais pendjabis, dans le but d’accroître la population pakistanaise, et de réduire la proportion des ethnies baloutches et pachtounes dans la région.
En dépit de ces politiques, aucune identité islamique pakistanaise homogène ne s’est véritablement imposée. Les communautés baloutche et pachtoune ont développé leurs propres mouvements nationalistes, parfois armés. Parmi eux figure le Baluch Raaji Agoi Sangar (BRAS), organisation qualifiée de terroriste par les autorités pakistanaises. Celle-ci dénonce ce qu’elle perçoit comme une colonisation orchestrée par l’État central : accaparement des terres, exploitation des ressources naturelles au détriment des populations locales, destruction progressive de la culture baloutche et militarisation massive de la région.
Le Baluch Raaji Agoi Sangar (BRAS) regroupe trois groupes séparatistes baloutches : l’Armée républicaine du Baloutchistan (BRA), l’Armée de libération du Baloutchistan (BLA)[14] et le Baloutchistan Liberation Front(BLF). Ces militants opèrent principalement dans le sud-ouest du Baloutchistan, le long de la mer d’Oman, près de la frontière iranienne, ainsi que le long des frontières avec l’Afghanistan, avec des bases notamment à Kandahar. Le BRAS collabore avec des groupes comme l’État islamique Khurasan (IS-K)[15], Lashkar-e-Jhangvi (LeJ) et Jaish al-Adl. Leurs attaques visent en priorité les projets économiques chinois et les bases militaires pakistanaises. La communauté chiite locale est aussi une cible fréquente de ces groupes.
Pour faire face à ces mouvements insurgés, le gouvernement pakistanais mène une lutte intense contre ce qu’il qualifie de terrorisme, s’appuyant sur ses services de renseignement (ISI) et des forces paramilitaires telles que le Frontier Corps. Cette stratégie de répression inclut des méthodes controversées, notamment la politique dite du « Kill and Dump »[16].
Cette situation géopolitique complexe alimente une méfiance persistante entre les puissances régionales. Le Pakistan accuse régulièrement l’Iran de fournir un appui à certains groupes affiliés au BRAS, tandis que Téhéran reproche à Islamabad de tolérer, voire de soutenir, des organisations comme Jaish al-Adl ou les talibans afghans, actifs à la frontière irano-pakistanaise. Parallèlement, des groupes salafistes présents en Afghanistan bénéficieraient, selon certaines sources, du soutien indirect des États-Unis et du Royaume-Uni, dans le cadre de jeux d’influence plus larges dans la région.
Les tensions ont débouché sur des affrontements directs. Ainsi, le 18 janvier 2024, le Pakistan a mené des frappes aériennes en territoire iranien contre des militants séparatistes, en réponse à des attaques iraniennes dans la province pakistanaise du Baloutchistan[17].
Parallèlement, les tensions indo-pakistanaises exacerbent davantage l’instabilité régionale. New Delhi accuse régulièrement Islamabad de soutenir, armer et former des groupes terroristes opérant dans le Jammu-et-Cachemire, l’imputant directement à plusieurs attaques contre des cibles civiles et militaires sur son territoire. Islamabad rejette ces allégations et retourne l’accusation, dénonçant ce qu’elle qualifie de « guerre hybride » menée par l’Inde.
Selon les autorités pakistanaises, New Delhi financerait des mouvements séparatistes baloutches ainsi que d’autres groupes actifs dans les zones sensibles du Gilgit-Baltistan et du sud-ouest pakistanais, dans le but de fragiliser l’État et de remettre en cause son intégrité territoriale.
Les conflits interétatiques, sur fond de nationalisme religieux, se doublent d’un jeu dangereux d’instrumentalisation de groupes armés non étatiques. Au-delà des conflits politiques, la province du Baloutchistan reste un enjeu stratégique important, notamment en raison de ses ressources naturelles.
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Une région riche en ressources : Entre développement et « colonisation économique »
Le Baloutchistan est une province particulièrement riche en ressources naturelles. On y trouve d’importants gisements de pétrole, de gaz naturel[18], d’acier, de cobalt, de charbon, d’aluminium, d’uranium et de chromite[19]. Les réserves d’or de la région sont également considérables, estimées à près de 412 millions de tonnes. Leur exploitation est actuellement assurée par des entreprises étrangères, notamment la société canadienne Barrick Gold et la société chinoise Saindak Metals Ltd.
Outre ses ressources, le Baloutchistan occupe une position géostratégique de premier ordre. Situé à la sortie du Golfe arabo-persique, il offre un accès direct à l’Afghanistan et, au-delà, à toute l’Asie centrale. Dans le contexte actuel marqué par l’insécurité maritime, notamment les attaques des Houthis en mer Rouge, cette voie maritime prend une importance croissante pour les puissances régionales et les grandes routes commerciales internationales.
Dans le cadre de sa stratégie des Nouvelles routes de la soie, la Chine a largement investi dans le développement du port en eau profonde de Gwadar, situé au Baloutchistan. Ce projet vise à faire de la région une zone économique spéciale destinée à devenir un carrefour logistique majeur, reliant la province chinoise du Xinjiang à l’océan Indien[20]. Ce corridor sino-pakistanais permettrait de réduire d’environ 10 000 kilomètres les distances de transport vers l’Europe et d’acheminer plus rapidement les hydrocarbures vers la Chine.
Par ailleurs, Pékin avait déjà construit la route du Karakoram dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, un axe stratégique qui se prolonge aujourd’hui via le réseau routier pakistanais. Deux grands axes le complètent : l’un à l’ouest de l’Indus (de Peshawar à Gwadar), l’autre à l’est du fleuve (de Lahore à Karachi). Dans cette logique d’intégration, la Chine et le Pakistan envisagent aussi de construire des lignes ferroviaires reliant le Xinjiang au Baloutchistan.
Le Baloutchistan se trouve également sur le tracé du projet de gazoduc TAPI[21], destiné à acheminer le gaz naturel du Turkménistan vers l’Inde en traversant l’Afghanistan et le Pakistan. Cette position renforce considérablement l’importance énergétique et stratégique de la région, en la plaçant au cœur des enjeux d’approvisionnement et des rivalités géopolitiques en Asie centrale et du Sud.
Du point de vue des États-Unis, la construction du port de Gwadar, capable d’accueillir des navires militaires, marque une étape dans l’expansion militaire progressive de la Chine dans le Golfe. Ces inquiétudes ont été ravivées lors de la visite du président chinois Xi Jinping à Islamabad en avril 2015, au cours de laquelle un accord de coopération stratégique sino-pakistanais a été signé.
Les populations baloutches ne perçoivent aucune retombée économique ou sociale concrète des grands projets d’infrastructures menés dans leur région. La main-d’œuvre employée provient majoritairement de Chine et d’autres provinces pakistanaises, laissant la communauté baloutche en marge du développement économique. Pour de nombreux analystes, ces projets traduisent une forme contemporaine « d’impérialisme économique », mise en œuvre par Islamabad sous couvert de coopération sino-pakistanaise.
Malgré les déclarations officielles de l’Ambassade de Chine, affirmant que le China-Pakistan Economic Corridor[22] bénéficierait à l’ensemble du territoire pakistanais, y compris les zones occidentales comme le Baloutchistan, ces assurances n’ont pas suffi à apaiser les tensions.
Au sentiment de dépossession économique s’ajoute désormais la crainte d’un déséquilibre démographique, lié à l’installation croissante de citoyens chinois dans la région.
Malgré les mesures sécuritaires les travailleurs chinois sont régulièrement ciblés par les séparatistes, illustrant le profond rejet local de ce projet économique[23].
Perspectives pour le Baloutchistan : Entre tensions, résistances et espoirs
En 2025, le Baloutchistan reste une région instable, tiraillée entre conflits, rivalités géopolitiques et projets de développement. Plusieurs scénarios sont possibles : un effondrement durable, une stabilisation progressive ou une intégration réussie.
Vers l’enlisement et la fragmentation ?
Dans ce scénario sombre, la situation au Baloutchistan se détériore rapidement. Les tensions historiques refont surface avec une intensité nouvelle. Des groupes séparatistes comme le Front de libération du Baloutchistan (BLF) ou l’Armée de libération du Baloutchistan (BLA) gagnent en influence, renforcés par des dynamiques régionales favorables et le soutien discret d’acteurs étrangers[24]. Leurs attaques deviennent plus fréquentes et plus ciblées, visant non seulement les forces pakistanaises, mais aussi les infrastructures stratégiques du China-Pakistan Economic Corridor (CPEC), en particulier le port de Gwadar.
Face à cette montée en puissance, Islamabad réagit avec fermeté. L’armée intensifie sa présence et adopte une posture sécuritaire de plus en plus rigide. Dans les zones rurales comme urbaines, les témoignages de civils se multiplient : arrestations arbitraires[25], disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires. La peur devient omniprésente, et beaucoup de familles vivent désormais dans la crainte de perdre des proches.
Gwadar, autrefois présenté comme une vitrine du progrès, se transforme en cible. Les projets sont sabotés, les investisseurs prennent leurs distances, et les promesses de développement s’éloignent. Progressivement, l’État central perd le contrôle de larges portions du territoire, remplacé par des milices locales ou des réseaux informels.
À la frontière avec l’Iran, la situation se tend. Des escarmouches éclatent, les accusations fusent entre Téhéran et Islamabad, aggravant une instabilité déjà explosive. Dans ce climat, les espoirs de paix s’amenuisent, et la province, isolée, s’enfonce dans une profonde crise sociale et économique. Le spectre d’une partition de facto devient une réalité tangible pour beaucoup d’observateurs.
Entre tension maîtrisée et statu quo incertain
Ce scénario, plus nuancé, voit le conflit persister mais sans basculer dans une guerre ouverte. La violence n’a pas disparu : attaques sporadiques, sabotages, tensions ethniques. Mais une présence militaire renforcée autour des infrastructures du CPEC permet de contenir les débordements. Pour les populations locales, la vie reste marquée par l’incertitude. Les progrès économiques sont réels mais inégalement répartis. Certains villages bénéficient d’écoles ou de cliniques nouvelles, mais la majorité des Baloutches continuent de se sentir marginalisés, exclus des décisions et des bénéfices.
À l’échelle régionale, les relations entre le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan restent tendues mais pragmatiques. Un dialogue discret permet d’éviter l’escalade[26]. Des patrouilles frontalières conjointes sont mises en place, même si la contrebande, les trafics et les tensions communautaires persistent.
Le Baloutchistan devient alors une zone grise : ni pacifiée, ni totalement en guerre. Une province sous haute surveillance, où les frustrations grondent, mais où le pire est, pour l’instant, évité.
Vers une réconciliation durable ?
Dans ce scénario porteur d’espoir, un tournant politique s’opère. Sous l’impulsion d’acteurs internationaux[27]et d’un changement d’orientation à Islamabad, des réformes profondes sont mises en place. Pour la première fois depuis des décennies, les autorités pakistanaises tendent la main aux Baloutches. Une autonomie provinciale élargie est instaurée, la langue et la culture baloutches sont officiellement reconnues, et les revenus issus des ressources naturelles commencent enfin à profiter aux communautés locales à travers un fonds de développement provincial.
Des figures modérées issues des anciens mouvements séparatistes sont intégrées au dialogue national. Dans les villes comme Zahedan, Turbat ou Gwadar, on assiste à une baisse nette des violences. Des jeunes qui, autrefois, n’avaient d’autre horizon que la clandestinité, retrouvent l’espoir grâce à des programmes d’éducation, d’emploi et de participation politique. Les projets du CPEC, longtemps perçus comme une menace, sont repensés pour mieux inclure les populations locales. Les écoles, les hôpitaux, les routes ne sont plus seulement des vitrines, mais de réels instruments de transformation.
Sur le plan régional, une coopération inédite s’installe entre le Pakistan, l’Iran et l’Afghanistan, notamment sur la gestion des frontières. Le terrorisme n’a pas disparu, mais il est désormais marginalisé. Et c’est par les urnes, les assemblées et les médias que les revendications s’expriment.
Le Baloutchistan, longtemps synonyme d’instabilité, devient un carrefour stratégique entre l’Asie du Sud et l’Asie centrale, symbole d’un avenir possible fondé sur la réconciliation et le développement partagé.
Ces trajectoires dépendront en grande partie de la volonté politique du gouvernement pakistanais, de l’évolution des relations régionales, notamment avec l’Iran, et du rôle des grandes puissances, comme la Chine et l’Inde. La mobilisation et l’inclusion des populations locales dans ces dynamiques seront également décisives. Sans cela, la tentation indépendantiste ne pourra être contenue, et le Baloutchistan continuera d’être une poudrière menaçant la stabilité de toute l’Asie du Sud-Ouest. Entre le spectre de la fragmentation et celui d’une paix durable, le Baloutchistan demeure une énigme géopolitique où se jouent de lourds enjeux pour la stabilité de toute la région.
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[1] Le Baloutchistan couvre 44 % du territoire pakistanais et abrite 6 % des 241 millions d’habitants du pays.
[2] Analyse publiée au sein de la Revue de l’Observatoire géostratégique de Genève- Imen Chaanbi
[3] Arbitrage faisant suite au Traité de Paris.
[4] À la suite de la rupture du Traité de Gandamak, l’Émir afghan cédera les régions de Quetta, Pishin, Harnai, Sibi et Thal Chotiali aux anglais. Les Britanniques ont pris le contrôle du Bolann Pass dans le sud-est de Quetta du Khan de Kalat.
[5] Lors de la partition du territoire le 15 août 1947, entre l’Inde et le Pakistan ; le Khan de Kalat proclama son indépendance à la différence des trois autres états qui accepteront d’être annexés au Pakistan.
[6] Le Baloutchistan : un enjeu stratégique pour les puissances régionales- Imen Chaanbi, Observatoire géostratégique de Genève.
[7] Premier conflit officiel entre le Pakistan et les mouvements nationalistes.
[8] Nawab Nowroz Khan prendra les armes en résistant au « One Unit Policy » décrété en 1958. Il déclara la guerre contre le Pakistan mais lui et ses partisans seront arrêtés pour haute trahison et incarcérés à la prison d’Hyderabad.
[9] Le Président décrétant la loi martiale, Khair Bakhsh Marri formera le front de libération du peuple baloutche.
[10] En dépit de l’accord, Le Président Pervez Musharraf multipliera les projets de constructions au Gwadar parmi lesquels plusieurs bases militaires dans la région.
[11] D’un côté, il y a les mouvements autonomistes tels le Parti National Baloutche, le Front Uni de Libération du Baloutchistan et le Front National Baloutche. De l’autre côté, les indépendantistes représentés par le parti républicain Baloutche et le Mouvement National Baloutche (BNM) revendiquent la cession de la province et, une plus juste répartition des richesses sur le territoire.
[12] Ce mouvement était considéré comme la première organisation de résistance nationale baloutche.
[13] Ville majoritairement sunnite du Sistan-et-Baloutchistan.
[14] Le 6 mai 2025, le BLA a revendiqué l’attentat à Machh qui tua sept soldats pakistanais.
[15] Le 15 avril 2025, l’État islamique Khorasan (ISKP) a revendiqué l’attaque à Mastung qui avait tué trois policiers et blessé 20 autres près de Quetta.
[16] Selon les organisations de défense des droits de l’homme, cette méthode consiste à faire « disparaître des opposants, souvent retrouvés plus tard exécutés dans des fosses communes ou au bord des routes ». Cette situation alimente les tensions et renforce le ressentiment local.
[17] Le 26 août 2024, le Front de Libération du Baloutchistan (FLB) a mené une série d’attaques coordonnées dans sept districts de la province, baptisées « Opération Hereof ».
[18] Réserves de gaz 25.1 trillions cubic dont 19 trillions sont au Baloutchistan (Zone de Sui).
[19] Le gouvernement pakistanais avait découvert les réserves en minières en 1952.
[20] D’un montant de plus de 40 milliards, le CPEC vise à créer un corridor entre Gwadar et Kashgar au Xinjiang, un aéroport international, une zone franche de 900 hectares ainsi que divers projets d’infrastructures et de logistiques.
[21] Le projet TAPI (Turkmenistan–Afghanistan–Pakistan–India) est un gazoduc stratégique visant à transporter du gaz naturel depuis les vastes réserves turkmènes du champ de Galkynysh vers l’Afghanistan, le Pakistan, puis l’Inde. Long d’environ 1 800 kilomètres, ce gazoduc est conçu pour livrer annuellement 33 milliards de mètres cubes de gaz, participant ainsi à la diversification énergétique de l’Asie du Sud.
[22] CPEC.
[23] Le gouvernement pakistanais a renforcé la sécurité des installations, tout en fournissant des moyens humains (armée, forces spéciales).
[24] Qu’il soit réel ou supposé.
[25] Selon les organisations de défense des droits de l’homme- https://www.firstpost.com/opinion/global-watch-how-pakistani-death-squads-are-carrying-out-kill-and-dump-mission-in-balochistan-13476252.html.
[26] Un dialogue parfois poussé par la Chine ou d’autres puissances.
[27] La Chine est soucieuse de préserver ses investissements.
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Mrs Imen Chaanbi est consultante internationale en géopolitique et veille stratégique auprès des cabinets 5WE Consulting et Strategik IA. Cette experte passionnée par l’Afrique a contribué à la réalisation de projets dans plusieurs pays : Libye, Tchad, Niger, Cameroun, Maroc, Algérie, Tunisie, Togo, Bahreïn ou Arabie Saoudite.
Diplômée de la Sorbonne en droit des pays arabes et en droit des affaires internationales, elle est capable d’identifier, d’analyser les phénomènes géopolitiques et de maîtriser l’ensemble des enjeux politiques et diplomatiques liés aux phénomènes de la mondialisation.
Membre du collège académique au sein de l’Observatoire Géostratégique de Genève, cette conférencière intervient régulièrement auprès d’Instituts académiques et de Think Thank pour évoquer les enjeux géopolitiques, géoéconomiques et sécuritaires du continent africain. Considérée comme l’une des spécialistes des questions libyennes, elle a été la première française à intégrer l’Académie Internationale de Janzour. Elle par ailleurs rédigé les premiers ouvrages relatifs au marché libyen.
Secrétaire exécutive au sein de l’Organisation non gouvernementale Médiateurs Internationaux Multilingues, Imen Chaanbi est aussi auditrice à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale.
