DÉCRYPTAGE – Le Venezuela à la croisée des chemins : Entre héritage chaviste et reconstruction démocratique

Par Imen Chaanbi
Depuis plus de deux décennies, le Venezuela s’enfonce dans une crise multidimensionnelle mêlant effondrement économique, autoritarisme politique et criminalisation progressive de l’État. Entre l’utopie déchue du « socialisme du XXIᵉ siècle » de Hugo Chávez et la dérive répressive de Nicolás Maduro, le pays est passé du statut de puissance pétrolière régionale à celui d’État failli. L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro[1] en janvier 2026 rompt le statu quo et ouvre une fenêtre de transition historique. La question centrale demeure : comment reconstruire un État dont les fondations ont été remplacées par des intérêts étrangers et des réseaux criminels ?
De l’ère Chavez à la crise actuelle, cette analyse explore le poids des alliances étrangères et les trajectoires possibles pour le pays.
L’héritage Chaviste et la crise Maduro : de l’âge d’or à l’État failli
La chute vénézuélienne trouve son origine dans une illusion de prospérité durable. Sous Hugo Chávez, le pays a bâti un État-providence[2], financé par une rente pétrolière représentant jusqu’à 90 % des recettes publiques. Le pays connaitra une croissance économique permettant ainsi la diminution du taux de pauvreté et du chômage. Pourtant, ces progrès reposaient sur des bases instables. La dépendance au pétrole et la hausse annuelle de la dette envers la Russie et la Chine fragilisaient l’économie [3].
À la mort de Chávez en 2013, Nicolás Maduro hérite d’un modèle déjà condamné. Incapable de le réformer, il précipite l’effondrement économique et social du pays. En effet, le PIB est passé de 372 milliards de dollars en 2012 à seulement 82,77 milliards de dollars en 2025. Cette chute reflète non seulement l’effondrement des revenus pétroliers, mais aussi l’incapacité de l’État à diversifier l’économie et à gérer sa dette.
L’hyperinflation, résultat de la monétisation massive du déficit public et de la perte de confiance dans la monnaie nationale, a détruit le pouvoir d’achat et fragilisé le tissu social[4]. La production pétrolière de PDVSA[5] a chuté de 3,1 millions à environ 1 million de barils par jour, en raison de la corruption[6] et des sanctions internationales. Cette baisse a renforcé la dépendance du pays à l’aide extérieure.
Par ailleurs, ces crises économiques ont provoqué un désastre humanitaire. En effet, depuis 2020, près de 20 % de la population vénézuélienne, soit environ 7 millions de personnes, vit à l’étranger en raison de la crise humanitaire[7]. Cette situation est le résultat de l’insécurité alimentaire, de l’hyperinflation, qui rend les produits de première nécessité hors de portée.
Entre 2019 et 2021, plus de 6,5 millions de Vénézuéliens ont souffert de faim, dont 41 % de malnutrition aiguë, tandis que la production agricole a chuté de 50 %. Les inégalités sociales se sont aggravées, avec l’apparition de « bolibourgeois[8]» millionnaires tandis que 60 % des habitants de Caracas vivent dans des bidonvilles. Le Venezuela connaît désormais le troisième taux d’homicide le plus élevé au monde. Malgré les politiques de réduction de la violence mises en place sous Chávez et poursuivies par Maduro, la criminalité, le trafic de drogue, la traite des êtres humains et l’exploitation des mineurs restent hors de contrôle.
Privé de légitimité populaire, le régime substitue la souveraineté démocratique par une architecture de survie autoritaire, fondée sur l’armée, des milices, des cartels de drogue et des alliances étrangères. Le Venezuela devient alors un État failli fonctionnel, maintenu sous perfusion par des puissances extérieures et des réseaux criminels.
Influence étrangère et enjeux géopolitiques : le rôle stratégique de l’Iran et de la Russie
Le Venezuela ne constitue pas seulement un enjeu national. Il s’est imposé comme un pivot stratégique pour des puissances[9] cherchant à contester l’influence américaine en Amérique latine.
L’Iran au Venezuela : entre réseaux asymétriques et projection clandestine
L’alliance entre le Venezuela et l’Iran ne date pas d’hier, mais elle s’est consolidée sous Hugo Chávez à travers des accords politiques et économiques[10]. Cette coopération est avant tout stratégique. Le Venezuela bénéficie d’un soutien politique, technologique et logistique, tandis que l’Iran obtient un point d’ancrage en Amérique latine[11].La création d’une entreprise mixte entre PDVSA et Petropars, ainsi que la remise en état de la raffinerie d’El Palito, illustrent cette collaboration. Elle permet également à l’Iran de fournir du carburant au Venezuela en période de pénurie. En échange, le Venezuela fournit à l’Iran des minéraux tels que la bauxite, l’or et le minerai de fer, à des conditions avantageuses.
Au-delà des aspects économiques, l’alliance s’étend au domaine sécuritaire et politique via le Hezbollah, présent au Venezuela depuis plusieurs années. L’organisation aurait développé des activités financières et criminelles, notamment dans l’exploitation aurifère de la mine d’El Callao[12]. Certains membres sont locaux, convertis à l’Islam[13] sous l’influence de leaders liés à Chávez. Cela illustre la capacité du Hezbollah à s’intégrer dans le tissu social et politique vénézuélien. Cette présence offrait au régime Maduro un levier de sécurité et de financement, tout en renforçant l’influence politique et diplomatique de l’Iran et du Hezbollah[14] en Amérique latine.
Pour les États-Unis, ce réseau constitue un risque stratégique majeur car il combinerait diplomatie parallèle, infiltration clandestine et contrôle indirect de ressources économiques. L’alliance Venezuela-Iran-Hezbollah[15] illustre ainsi la complexité de la transition vénézuélienne, où enjeux internes et pressions internationales se mêlent étroitement.
La Russie : principal allié et garant politico-militaire
La Russie est devenue le principal allié stratégique du Venezuela. Ce rapprochement, initié par Hugo Chávez pour contrer « l’axe du mal » et l’« impérialisme américain »[16], a permis à Caracas de bénéficier de technologies militaires russes et de prêts financiers destinés à combler la dette nationale.
Sous Nicolás Maduro, cette alliance s’est consolidée. Moscou a reconnu son élection contestée, offrant au régime une légitimité diplomatique cruciale. En retour, Maduro a réaffirmé son alignement total avec Vladimir Poutine. Dans la continuité de Chávez, qui avait reconnu l’indépendance de l’Ossétie du Sud en 2008, Maduro reconnaît à son tour les entités sécessionnistes de Lougansk et Donetsk, s’alignant sur la doctrine russe de remise en cause de l’ordre territorial international. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Russie fournit un appui logistique et des conseils militaires aux autorités vénézuéliennes.
En contrepartie, le paiement s’effectue hors des circuits financiers classiques, notamment par un accès privilégié aux ressources minières vénézuéliennes.
Le vide de pouvoir et la légitimité politique en 2026
L’arrestation de Nicolás Maduro en 2026 agit comme un détonateur. Elle ouvre une phase de transition où la question centrale devient celle de la légitimité du pouvoir. Candidat consensuel de l’opposition et considéré comme le vainqueur légitime de l’élection présidentielle face à Maduro, Edmundo González Urrutia[17] incarne une présidence de transition « légaliste », susceptible de rallier l’administration, une partie des forces armées et la communauté internationale.
Aux côtés de González Urrutia, María Corina Machado devrait jouer un rôle central dans le leadership politique. Sa vision repose sur quatre piliers : restaurer les institutions, privatiser certains secteurs sous contrôle, attirer à nouveau les géants du pétrole et mettre fin au pouvoir des réseaux criminels.
Scénarios Prospectifs : quel avenir pour le Venezuela après la chute de Maduro ?
La chute brutale de Nicolás Maduro ouvre une phase de transition à haut risque, dont l’issue dépendra de la capacité des forces locales à restaurer le contrôle de l’État et à neutraliser les réseaux criminels et étrangers.
Transition et gouvernance démocratique
Dans ce scénario, Edmundo González Urrutia accède à la présidence de transition, avec le soutien politique de Maria Corina Machado. L’objectif central est de restaurer l’État de droit et de relancer l’économie, notamment via le retour des majors pétrolières (Chevron, ExxonMobil) pour moderniser l’infrastructure énergétique. Cette transition inclut également un désarmement progressif des groupes armés, combiné à des programmes de réintégration et de cooptation pour limiter les risques de violences internes.
Une stabilité du pays permettrait le retour des investisseurs étrangers et une production pétrolière estimée à 1,5 millions de bbl/j. Par ailleurs, les réfugiés et déplacés pourraient retourner au Venezuela si la situation sécuritaire et politique s’améliore.
Instabilité politique et sécuritaire
Si la transition échoue à reprendre le monopole de la violence, l’héritage chaviste et la criminalisation sous Maduro se conjugueraient pour maintenir un climat d’instabilité. Sous Chávez, des groupes armés idéologisés étaient chargés de protéger les institutions et d’assurer la répression en cas de crise. Ces forces constituent également un bras armé parallèle, destiné à prévenir toute rébellion interne des forces armées. Au niveau régional, cette « guérilla populaire » joue un rôle de médiateur entre les marchands d’armes et les FARC[18], et sert de levier d’influence du pouvoir vénézuélien dans les zones frontalières.
Cette structure a évolué vers une criminalisation totale. De nouveaux groupes armés sont apparus, spécialisés dans la protection du transit de drogue. Le Cartel de los Soles[19], impliquant des hauts gradés de l’armée et soutenu par des proches du pouvoir, assure une source de revenus parallèles pour le régime. En contrepartie, narcotrafiquants et guérillas offrent une protection au clan Maduro.
Bien que le Venezuela ne produise pas de cocaïne, la DEA[20] estime que plus de 200 tonnes de drogue transitent chaque année par le pays vers les États-Unis et l’Europe, notamment via la triple frontière. Washington accuse le régime de narcoterrorisme, fusionnant criminalité organisée et stratégie politique.
L’impact attendu de cette situation pourrait se traduire par plusieurs effets négatifs. Tout d’abord, des sabotages des infrastructures et des réseaux économiques sont possibles, compromettant le fonctionnement des secteurs stratégiques. Ensuite, des tensions armées localisées pourraient survenir dans les villes et les zones frontalières, compromettant la sécurité des populations. Enfin, ces tensions pourraient freiner les investissements étrangers et accroître le risque d’escalade militaire, limitant ainsi le développement économique et la stabilité régionale.
Effondrement de l’État et intervention de l’armée américaine
Dans ce scénario, l’État central pourrait s’effondrer, laissant le contrôle du territoire aux cartels et aux milices locales. Le pays connaîtrait alors un contrôle territorial fragmenté, où l’autorité serait exercée de fait par ces groupes armés, et non par les institutions officielles. Une crise humanitaire généralisée pourrait émerger, affectant gravement la population. Par ailleurs, le pays risquerait de devenir un terrain d’influence étrangère, propice aux trafics transnationaux et à l’exploitation de ses ressources par des acteurs externes.
Dans ce contexte, les États-Unis pourraient intervenir, invoquant la Doctrine Monroe[21], qui légitime la protection de leurs intérêts dans ce qu’ils considèrent comme « leur pré-carré naturel ». Cette intervention pourrait également s’inscrire dans la logique de la théorie du “Big Stick”[22], visant à utiliser la force pour stabiliser une région considérée comme stratégique. Elle a pour objectif de prévenir toute menace pesant sur la sécurité américaine et ses partenaires régionaux. Ainsi L’administration Trump pourrait justifier une intervention en invoquant la défense des intérêts stratégiques des États-Unis, la protection des investissements américains et la lutte contre les narcotrafiquants.
Le Venezuela se trouve ainsi à un carrefour historique. L’arrestation de Nicolás Maduro a brisé le verrou autoritaire, mais la reconstruction exigera bien plus qu’un changement de dirigeants. Elle dépendra de la capacité à démanteler les réseaux criminels, neutraliser les ingérences étrangères et restaurer un État de droit légitime. Faute de contrôler le trafic de drogue et les groupes armés, la reconstruction du pays sera fragile et incomplète. Le pays risque alors de s’effondrer et de rester divisé dans une instabilité permanente[23].
Pour autant, dans un contexte de rejet croissant de l’impérialisme américain, cette instabilité pourrait paradoxalement favoriser un sursaut identitaire régional[24]. Ce néo-bolivarisme, axé sur l’unité latino-américaine, s’oppose radicalement aux interventions extérieures. L’ambition de Bolívar, une Amérique libre de toute tutelle étrangère, redeviendrait alors le pivot central de la reconstruction politique[25].
[1] Les États-Unis ont capturé Nicolás Maduro, et son épouse lors d’une attaque de grande le 3 janvier 2026, Exfiltrés par les forces américaines, ils seront jugés pour narcotrafic et violation des sanctions pétrolières.
[2] Le « socialisme du XXIe siècle » permettra l’instauration d’un « état- providence » où des programmes sociaux seront financés par l’État (logement, école, santé…) et, ce grâce aux pétrodollars.
[3] Le Président vénézuélien empruntera des milliards de dollars à la Russie et à la Chine accentuant ainsi l’endettement du pays.
[4] En 2021 le taux d’inflation avait atteint 686,4% – le pays est sorti du cycle de l’hyperinflation mais connait un taux d’inflation assez important.
[5] PDVSA- Petróleos de Venezuela SA.
[6] La mauvaise gestion administrative et financière de la PDVSA a conduit aux premières sanctions américaines. L’objectif étant de sanctionner les actes de corruption des proches du pouvoir au sein de la PDSVA. Les malversions et les détournements des fonds auraient représenté 11 milliards de dollars.
[7] Organisation membre au Venezuela, Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).
[8] Personnes qui se sont enrichis sous le gouvernement chaviste. « Socialisme qui a produit des millionnaires ‘est un socialisme qui a produit des milliardaires très puissants, majoritairement des fonctionnaires du gouvernement ou des partisans de celui-ci, et ils constituent actuellement l’un des principaux soutiens de l’exécutif » sociologue Colette Capriles, de l’université Simon Bolivar.
[9] Imen Chaanbi, Les prochaines élections au Venezuela : entre espoirs et inquiétudes imen chaanbi observatoire géostratégique de genève, Lettre de l’Observatoire Géostratégique de Genève, Décembre 2023.
[10] Le président et son homologue vénézuélien Nicolas Maduro a signé 19 accords bilatéraux sur les communications et les technologies de l’information, l’énergie, le transport maritime, l’enseignement supérieur, l’agriculture, la médecine, les échanges culturels et la coopération minière
[11] La bauxite, l’or et le minerai de fer.
[12] La distribution de passeports à ses membres en échange de protection militaire.
[13] Les membres composants le Hezbollah ne sont pas tous des arabes chiites car certains sont natifs du Venezuela ou de la Colombie donc non musulmans de naissance[13]. La majorité de ces membres sont issus de la tribu Wayuu. Sous l’influence de son leader Teodoro Darnott[13], ancien membre du parti de Hugo Chavez, ces derniers se sont convertis à l’Islam.
[14] À noter que le Hezbollah dispose de plusieurs cellules en Amérique latine dont le groupe Assad Barakat au Paraguay et au Brésil.
[15] Profitant de l’alliance Iran-Vénézuéla, certains membres du Hezbollah ont pu s’installer dans le pays et, développer leurs activités. Selon les Etats-Unis, la plupart des activités seraient criminelles (trafic de drogue, contrebande, fraudes financières…).[15]
[16] La Russie ayant reconnu l’élection de Maduro, celui-ci a réitéré son soutien à Vladimir Poutine « toujours le Venezuela, toujours la révolution chaviste avec Poutine, avec la Russie, avec le peuple russe ».
[17] Lors de l’élection présidentielle du 28 juillet 2024, le président sortant Nicolás Maduro a été déclaré vainqueur par le Conseil national électoral, avec environ 52 % des voix contre 43 % pour son principal rival Edmundo González, selon les chiffres officiels.
[18] Forces armées révolutionnaires colombiennes.
[19] Le cartel de los soles sert de facilitateur pour le mouvement de la cocaïne colombienne, qui passe par le Venezuela, à destination des marchés internationaux.
[20] Drug Enforcement Administration est une agence fédérale américaine d’application de la loi dépendant du département de la Justice des États-Unis, chargée de lutter contre le trafic et la distribution de drogues aux États-Unis.
[21] La Doctrine Monroe est une politique américaine proclamée en 1823 par le président James Monroe. Elle stipule que toute intervention des puissances européennes dans les affaires des pays des Amériques serait perçue comme une menace directe aux États-Unis. En pratique, elle vise à préserver l’hémisphère occidental des ingérences extérieures et à affirmer la sphère d’influence américaine sur le continent.
[22] La théorie du “Big Stick” a été formulée par le président Theodore Roosevelt et résume le principe : « Parlez doucement et portez un gros bâton ». Elle consiste à préférer la diplomatie, mais à se tenir prêt à utiliser la force militaire si nécessaire pour défendre les intérêts nationaux.
[23] Le pays pourrait ainsi basculer d’un État capturé vers une fragmentation durable, source d’instabilité chronique.
[24] Avec les BRICS, il y a une dynamique géopolitique globale où le « Sud Global » conteste l’hégémonie occidentale. La déclaration de Kazan est le texte final adopté lors du XVIᵉ sommet des BRICS, tenu à Kazan, en Russie, du 22 au 24 octobre 2024. Ce document, officiellement intitulé « Strengthening Multilateralism for Just Global Development and Security », réaffirme l’engagement des pays du groupe à renforcer la coopération politique, économique, financière et culturelle entre les États membres, tout en promouvant un ordre international plus juste, équitable et représentatif.
[25] Simón Bolívar : « L’Amérique est destinée à être libre et indépendante, et aucune puissance étrangère ne doit l’asservir ».
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