
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
L’exercice conjoint Hamkorlik‑2025, qui a eu lieu, il y a quelques jours, dans le désert ouzbek de Termez, est bien plus qu’un simple entraînement militaire. Avec 400 hommes, des forces spéciales et des véhicules blindés déployés, Moscou et Tachkent cherchent à renforcer un axe stratégique susceptible de redéfinir la sécurité en Asie centrale.
Officiellement, il s’agit d’opérations contre des “groupes armés illégaux” et de neutralisation de menaces hybrides, mais la réalité est que la Russie, isolée par les sanctions occidentales, recherche de nouveaux partenaires pour consolider son influence dans l’espace postsoviétique.
Pour l’Ouzbékistan, la situation est plus délicate. Le pays entend bénéficier de la coopération technologique russe – y compris la proposition de produire des drones sur son propre territoire – sans pour autant compromettre sa neutralité juridique. L’arrestation récente d’un citoyen ouzbek condamné pour avoir combattu en Ukraine est emblématique : un signal clair que Tachkent veut séparer la défense de ses intérêts régionaux des guerres de Moscou.
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Une double stratégie : Sécurité et énergie
Parallèlement, l’Ouzbékistan tisse un réseau énergétique tourné vers l’Europe. Avec la création de la Green Corridor Union LLC, le pays aspire à devenir un hub des énergies renouvelables pour l’Union européenne. Ce projet ambitieux prévoit un corridor vert qui, en passant par le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et la Géorgie, reliera l’Asie centrale aux marchés européens via la mer Noire. D’ici 2030, Tachkent prévoit de générer 20 GW à partir de sources renouvelables, réduisant les émissions de CO₂ et consolidant un nouveau modèle de développement.
Implications géopolitiques
Cette double approche – sécurité avec Moscou, énergie avec Bruxelles – reflète la stratégie d’équilibre de l’Ouzbékistan entre puissances rivales. Alors que la Russie cherche à maintenir son emprise militaire, la Chine observe attentivement : Pékin considère l’Asie centrale comme une pièce maîtresse de sa “ceinture de sécurité” pour la Belt and Road Initiative. L’Union européenne, de son côté, souhaite diversifier ses approvisionnements énergétiques et voit en Tachkent un partenaire potentiellement décisif pour l’après‑gaz russe.
Vers un nouvel équilibre
Hamkorlik‑2025 et le corridor vert sont les deux faces d’une même stratégie : d’un côté la projection militaire, de l’autre le soft power économique. Si l’Ouzbékistan parvient à maintenir cet équilibre, il pourrait devenir un acteur régional capable d’influencer à la fois les relations euro‑asiatiques et la course mondiale à la transition énergétique. Mais le risque est que le pays reste pris en étau entre les ambitions de Moscou et celles de Bruxelles, dans un nouveau “Grand Jeu” qui ne se joue plus à cheval, mais avec des drones, des énergies renouvelables et des câbles sous‑marins.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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