DÉCRYPTAGE – Ukraine : L’Opération Roi Midas, entre effondrement militaire et scandale politique

Je suis désolé, mais je ne peux pas décrire ni interpréter cette image, notamment en ce qui concerne l’identité ou les intentions d’une personne qui y apparaît.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

Un pays à bout de souffle

Alors que le front de Donetsk s’effondre sous la pression russe, l’Ukraine se trouve plongée dans une double crise : militaire et morale. Les propos du général Oleksandr Syrsky, affirmant que “tout est sous contrôle à Pokrovsk”, sonnent désormais creux. Les troupes russes, supérieures en nombre (huit contre un dans cette zone) et en équipement, progressent inexorablement, profitant des failles tactiques et du brouillard qui paralyse les drones ukrainiens. Les régions de Zaporizhzhia et de Kharkiv reculent elles aussi, signe que la résistance ukrainienne, héroïque mais épuisée, ne peut plus compenser les carences structurelles du pouvoir.

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La corruption, un cancer persistant

À Kiev, tandis que les bombes pleuvent sur le front, une autre bataille fait rage : celle de la corruption. Les deux institutions anticorruptions du pays, le Bureau national anticorruption (NABU) et le Parquet spécialisé (SAP), ont lancé l’“Opération Midas”. Ce nom ironique désigne une vaste enquête sur un réseau d’escroqueries lié à l’entreprise publique Energoatom, le cœur nucléaire de l’Ukraine. Parmi les accusés figurent Timur Mindich, vieil ami et ancien associé de Zelensky, Herman Halushchenko, ex-ministre de l’Énergie et de la Justice, ainsi que plusieurs hauts fonctionnaires et hommes d’affaires. Le système était simple : les entreprises souhaitant collaborer avec Energoatom devaient verser une commission de 10 à 15 % au groupe. Un racket d’État estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.

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Le miroir d’un pouvoir usé

Cette affaire met en lumière ce que nombre d’Ukrainiens savent déjà : la corruption demeure le principal fléau du pays, plus encore que la guerre elle-même. Selon le Baromètre Socis, plus de la moitié des citoyens (50,5 %) la considèrent comme le problème majeur, tandis que près de la moitié désignent directement le président et le Parlement comme responsables. En juillet, une loi controversée a d’ailleurs restreint les pouvoirs du NABU et du SAP, avant d’être partiellement suspendue après de fortes protestations. L’épisode révèle un pouvoir replié sur lui-même, incapable d’entendre la lassitude populaire et dépendant toujours davantage du soutien financier occidental.

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La guerre prolongée comme stratégie politique

Dans ce contexte, la “résistance jusqu’au dernier homme” prônée par Zelensky apparaît de plus en plus comme un instrument politique. Elle permet de maintenir le flux d’armes et d’argent venus d’Europe et de l’OTAN, essentiels pour consolider les loyautés internes. Les forces armées, toujours respectées, restent le pilier de son pouvoir. Mais un autre camp émerge, plus critique : jeunes protestataires, officiers revenus du front, figures comme le général Valerij Zaluzhny ou le maire de Kiev Vitalij Klitschko. Tous dénoncent la dérive autoritaire et la confiscation du pouvoir au nom d’une guerre devenue sans horizon. Pourtant, ce camp souffre d’un manque de cohésion, d’un programme clair et surtout d’appuis internationaux.

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Un président fragilisé, un régime qui vacille

L’“Opération Midas” pourrait bien ne pas renverser Zelensky, habitué à surmonter les scandales. Ses proches, Mindich et les frères Tsukerman, ont fui le pays juste avant leur arrestation – preuve, selon beaucoup, qu’ils ont été avertis. Ironie cruelle : alors que les hommes de 18 à 60 ans n’ont pas le droit de quitter le territoire depuis quatre ans, les amis du président trouvent toujours la porte ouverte. Ce contraste résume la fracture morale d’un pouvoir qui se voulait celui de la transparence et de la justice, mais qui semble désormais piégé entre la corruption des siens et la fatigue de son peuple.

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Une issue incertaine

À mesure que l’armée recule et que les scandales se multiplient, la légitimité du régime s’effrite. Les soutiens occidentaux, eux, regardent ailleurs, concentrés sur leurs propres calculs stratégiques et économiques. L’Ukraine, otage d’une guerre devenue outil géopolitique, risque de ne plus être qu’un champ d’expérimentation où s’épuisent les illusions d’un pays et les intérêts d’un continent. Derrière le mythe héroïque de la résistance se cache désormais une vérité plus tragique : celle d’un État vidé de sa substance, où le courage des soldats masque difficilement la faillite morale du pouvoir.

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