ANALYSE – Israël cherche un second souffle diplomatique en Afrique

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stratégie chinoise pour le contrôle de la mer Rouge
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Olivier d’Auzon

Le 5 mai 2025, le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Sa’ar, rencontrait à Addis-Abeba son homologue éthiopien Gedion Timothewos. Une visite officielle discrète mais révélatrice d’un tournant stratégique dans la politique étrangère israélienne, à un moment où l’État hébreu cherche à recomposer ses alliances face à son isolement croissant dans les enceintes multilatérales.

Une relance calibrée face à l’érosion diplomatique

Depuis la fin de 2023, Israël subit une pression internationale accrue, en particulier à l’ONU, où plusieurs résolutions critiques sur la guerre à Gaza ont vu un soutien africain plus affirmé aux positions palestiniennes. La suspension temporaire du statut d’observateur d’Israël à l’Union africaine en 2024 a marqué un signal d’alerte. Selon Africa Intelligence (13 mai 2025), le ministère israélien des affaires étrangères a revu sa stratégie africaine, en recentrant ses efforts sur les capitales perçues comme ouvertes à une coopération technique bilatérale plutôt qu’un soutien politique public.

L’Éthiopie comme tête de pont d’une stratégie bilatérale

Le choix de l’Éthiopie est significatif. Membre influent de l’Union africaine, partenaire historique d’Israël, Addis-Abeba offre une plateforme diplomatique essentielle. Les discussions ont porté, selon les communiqués officiels, sur la coopération dans les domaines de la gestion de l’eau, de l’irrigation agricole, et de la cybersécurité. Israël propose une approche axée sur l’innovation, présentée comme dépolitisée et mutuellement avantageuse.

Cette logique bilatérale s’étend à d’autres États africains avec lesquels Israël entretient des liens plus discrets mais opérationnels. Toujours selon Africa Intelligence, des échanges sont en cours avec le Rwanda, le Kenya et la Côte d’Ivoire. Ces pays sont identifiés comme prioritaires pour l’installation de projets pilotes dans les secteurs de l’agriculture de précision et de la formation technologique.

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Entre partenariats techniques et lignes rouges diplomatiques

Le repositionnement d’Israël en Afrique se heurte néanmoins à plusieurs obstacles. Les États africains membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ou historiquement alignés sur la cause palestinienne, comme l’Algérie, l’Afrique du Sud ou le Sénégal, restent fermement opposés à une normalisation visible des relations. Le positionnement africain au sein des institutions multilatérales demeure instable : certaines délégations soutiennent Israël sur des initiatives techniques, tout en rejetant ses démarches diplomatiques sur le plan politique.

Israël adopte donc une approche dite de « neutralité opérationnelle » : éviter les revendications politiques explicites et concentrer ses efforts sur les bénéfices concrets pour ses interlocuteurs. Cela se traduit notamment par le financement de formations agricoles, de programmes de gestion des ressources hydriques, et la mise à disposition de solutions technologiques adaptées aux réalités locales.

Une concurrence diplomatique accrue

Le contexte africain ne joue pas nécessairement en faveur d’Israël. Les États du Golfe, la Chine, la Turquie, mais aussi la Russie, ont considérablement accru leur influence sur le continent au cours des dix dernières années. Ces acteurs proposent souvent des offres plus larges, combinant financement, infrastructures et absence de conditionnalité politique. Face à eux, Israël tente de se différencier par son expertise technique et sa réactivité dans les projets à échelle réduite.

Mais cette différenciation ne suffira pas si elle n’est pas accompagnée d’une gestion plus cohérente de son image internationale. Plusieurs observateurs soulignent que les bénéfices à court terme de l’innovation ne compensent pas, aux yeux de certains gouvernements africains, les coûts diplomatiques associés à un rapprochement visible avec Israël.

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