
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Le 13 mai 2025, la Maison-Blanche a annoncé un accord historique avec l’Arabie saoudite pour la vente d’armes d’une valeur d’environ 142 milliards de dollars, qualifié par l’administration Trump de plus grand pacte de coopération en matière de défense jamais conclu.
Cet accord, signé lors de la visite du président Donald Trump à Riyad, marque un moment crucial non seulement pour les relations bilatérales entre Washington et le royaume saoudien, mais aussi pour la redéfinition des équilibres géopolitiques au Moyen-Orient.
Un accord sans précédent
Le paquet comprend des contrats avec plus d’une douzaine d’entreprises américaines, principalement dans les secteurs de la défense aérienne et antimissile, ainsi qu’un partenariat entre le ministère saoudien de l’Intérieur et le FBI. La Maison-Blanche a décrit l’accord comme « transformateur », soulignant son potentiel pour consolider une « nouvelle ère d’or » dans le partenariat entre les deux pays. La présence de figures majeures du monde des affaires américain, telles qu’Elon Musk, Sam Altman, Stephen Schwarzman et Larry Fink, lors du déjeuner officiel à la Cour royale saoudienne, souligne l’importance stratégique de l’événement, qui dépasse le simple cadre militaire.
L’accord s’inscrit dans le cadre de la Saudi Vision 2030, le plan ambitieux dirigé par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour diversifier l’économie saoudienne et réduire sa dépendance au pétrole. Elizabeth Dent, chercheuse au Washington Institute for Near East Policy, a suggéré que l’accord pourrait inclure un accord nucléaire civil entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, un projet longuement discuté et récemment dissocié de la perspective d’une normalisation entre Riyad et Israël. Ce développement pourrait renforcer la position de l’Arabie saoudite en tant que puissance régionale, mais soulève des questions sur ses implications pour la stabilité de la région.
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Les ombres d’un voyage controversé
La visite de Trump en Arabie saoudite, première étape d’une tournée incluant le Qatar et les Émirats arabes unis, a été accompagnée de choix qui ont suscité des débats. La décision de ne pas inclure Israël dans l’itinéraire, malgré les liens étroits entre Trump et l’État hébreu lors de son premier mandat, a été interprétée comme le signe d’une approche plus transactionnelle. Elliott Abram, du Council on Foreign Relations, a observé que cette exclusion reflète une stratégie qui semble négliger les préoccupations israéliennes, privilégiant des négociations avec des acteurs tels que l’Iran, les Houthis et les pays du Golfe.
De plus, la déclaration de Trump selon laquelle il accepterait un jet de luxe d’une valeur de 400 millions de dollars offert par le Qatar a suscité des critiques bipartisanes aux États-Unis. Des législateurs démocrates et républicains ont exprimé des préoccupations concernant les implications légales et constitutionnelles d’un tel geste, qui pourrait être perçu comme un conflit d’intérêts ou une violation des normes éthiques.
Un Moyen-Orient en transformation
L’accord avec l’Arabie saoudite s’inscrit dans un contexte régional complexe. Lors de son séjour à Riyad, Trump participera à un sommet du Conseil de coopération du Golfe, où seront abordées des questions cruciales telles que la recherche d’une solution à la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza et la possibilité d’un accord nucléaire avec l’Iran. Ces discussions s’annoncent délicates, l’Iran ayant, selon des sources récentes, averti l’Europe de « conséquences irréversibles » en cas de réimposition de sanctions. Parallèlement, le Hamas semble avoir entamé des contacts avec les États-Unis pour négocier la libération d’un otage israélo-américain, tandis que Zelensky a déclaré qu’il ne participerait aux pourparlers d’Istanbul qu’en présence de Poutine, soulignant les tensions mondiales qui s’entrelacent avec les dynamiques moyen-orientales.
Perspectives et interrogations
L’accord sur les armes avec l’Arabie saoudite représente une étape significative pour renforcer l’axe entre Washington et Riyad, mais il soulève également des questions sur l’avenir du Moyen-Orient. Le choix de Trump de privilégier les relations avec les pays du Golfe, apparemment au détriment d’Israël, pourrait redessiner les alliances régionales, tandis que l’hypothèse d’un accord nucléaire civil avec les Saoudiens ajoute un élément supplémentaire de complexité. Sur le plan intérieur, les décisions de Trump, comme l’acceptation du cadeau qatari, risquent d’alimenter des controverses qui pourraient compliquer son agenda.
Dans un monde où les crises s’entrelacent et les alliances se redéfinissent, le voyage de Trump au Moyen-Orient apparaît comme une tentative de réaffirmer le rôle des États-Unis en tant qu’acteur central, mais aussi comme un test de sa capacité à naviguer dans les complexités d’une région en constante transformation. Reste à voir si cette « nouvelle ère d’or » annoncée par la Maison-Blanche sera synonyme de stabilité ou de nouvelles tensions.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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