REPORTAGE – Iran : Internet coupé, la rue ensanglantée

REPORTAGE – Iran : Internet coupé, la rue ensanglantée

lediplomate.media — imprimé le 11/01/2026
Internet coupé, la rue ensanglantée
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Tina Rahimi

Alors que des manifestations d’ampleur secouent plusieurs villes d’Iran, le gouvernement de la République islamique a décidé, à partir du 8 janvier, de couper l’accès à Internet. Ce choix, loin d’être inédit, s’inscrit dans une pratique désormais bien rodée du pouvoir. Il constitue un signal glaçant : réduire les rues au silence, étouffer l’information et agir hors de tout regard.

Il ne s’agit en rien d’une décision technique ou circonstancielle, mais d’une stratégie délibérée de répression. En plongeant le pays dans un silence numérique quasi total, les autorités cherchent à faire taire les voix dissidentes, à effacer les images et à bloquer toute circulation indépendante de l’information. L’objectif est limpide : réprimer, frapper, tuer si nécessaire, sans témoins ni comptes à rendre.

La coupure d’Internet devient ainsi un instrument central de la machine répressive : une arme destinée à censurer la réalité, à isoler la population et à étouffer les protestations, pendant que la violence d’État se déploie à l’abri de toute surveillance nationale et internationale.

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Le 9 janvier, cette stratégie a franchi un nouveau seuil. Des messages ouvertement menaçants visant les manifestants ont été diffusés à grande échelle. Un message attribué au Guide suprême de la République islamique a été envoyé sur les téléphones portables et relayé par les médias locaux. Il était accompagné d’images prétendument prises dans les rues, montrant des manifestants tués, dans le but manifeste de semer la panique et d’instiller la peur. Or, ces contenus se sont révélés falsifiés et manipulés.

Les images diffusées présentent notamment des rues volontairement mises en scène comme désertes, ainsi que de faux témoignages évoquant des attaques contre des biens privés, tels que des véhicules incendiés. Dans les faits, ces voitures appartenaient aux forces de répression et aux agents du régime. Une fois encore, le pouvoir tente d’inverser les rôles : criminaliser les manifestants, se poser en victime, et dissimuler la violence qu’il exerce. Cette fabrication d’une narration mensongère vise à terroriser la société iranienne tout en brouillant la perception de la communauté internationale.

La République islamique est même allée jusqu’à couper l’électricité dans certaines zones urbaines afin d’empêcher l’utilisation d’Internet par satellite, notamment via Starlink, mis à disposition par Elon Musk. Selon de nombreuses informations relayées sur les réseaux clandestins, certains manifestants ont tenté de se procurer des générateurs électriques pour contourner ces coupures et maintenir un accès minimal à l’information.

Le peuple iranien a déjà vécu un scénario similaire lors de la répression sanglante de novembre 2019. À l’époque, une coupure quasi totale d’Internet avait plongé le pays dans l’isolement. Une différence cependant : l’accès aux sites hébergés à l’intérieur du pays, intégrés au prétendu « réseau national d’information », n’avait pas été interrompu, permettant au régime de préserver son propre canal de propagande.

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Après l’ordre donné par le Conseil suprême de sécurité nationale d’imposer une coupure d’Internet d’une semaine en novembre 2019, la République islamique a déclenché l’une des répressions les plus violentes et les plus meurtrières de son histoire contemporaine. Dans ce silence numérique imposé, les forces de sécurité ont agi hors de toute visibilité, sans images ni témoins pour documenter l’ampleur des crimes.

Le 20 janvier 2020, l’agence Reuters révélait, en citant trois responsables du ministère iranien de l’Intérieur, qu’environ 1 500 personnes avaient été tuées lors de ces manifestations, dans près de 190 villes à travers le pays. Un chiffre glaçant, devenu le symbole d’une stratégie désormais récurrente : couper Internet pour couper la vérité, et réprimer dans l’ombre.

En Iran, la coupure et la déconnexion d’Internet équivalent à l’obstruction d’une artère vitale de communication pour un peuple en lutte. Privée de ce lien essentiel, la société est plongée dans un silence oppressant et une ignorance dangereuse, créant les conditions dans lesquelles la vie de milliers d’innocents peut être gravement menacée. Cette stratégie n’est pas une simple mesure de contrôle : elle est un outil de domination politique, destiné à isoler les citoyens, à briser les solidarités et à étouffer toute forme de résistance ou de témoignage.

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