
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Les discussions préliminaires entre Pékin et Kuala Lumpur pour implanter une raffinerie de terres rares en Malaisie constituent un tournant : la Chine, premier raffineur mondial, envisagerait de transférer une partie de sa technologie, jusqu’ici interdite d’exportation, afin d’accéder aux 16 millions de tonnes estimées de gisements malaisiens et de contrer l’australienne Lynas, principal concurrent hors Chine.
Un triangle stratégique
Les États-Unis accélèrent la création de chaînes d’approvisionnement alternatives : Washington propose prises de participation et contrats d’achat anticipé aux sociétés australiennes de lithium, cobalt et terres rares, pendant que Canberra prépare une réserve stratégique à partager avec Londres et Washington. Pékin, de son côté, cherche à verrouiller l’Asie du Sud-Est en offrant son savoir-faire mais uniquement via des entreprises publiques, pour protéger ses secrets industriels.
Opportunités et risques
Pour la Malaisie, le projet promet des investissements massifs et la rare capacité de combiner technologies chinoises et occidentales, mais il soulève des enjeux environnementaux et réglementaires. Kuala Lumpur interdit déjà l’exploitation dans les forêts protégées et l’exportation de minerai brut afin de préserver ses ressources. La raffinerie devrait traiter terres rares légères et lourdes, essentielles aux véhicules électriques, éoliennes, smartphones et équipements militaires, mais dont certains éléments restent très rares.
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Un enjeu géo-économique majeur
Si l’accord aboutit, Kuala Lumpur deviendrait un maillon stratégique de la rivalité sino-américaine, pesant sur les filières de l’énergie propre et de la défense. Pour Pékin, ce serait une brèche dans l’isolement technologique qu’elle s’était imposé ; pour Washington, un signal d’alarme : l’Indo-Pacifique pourrait renforcer son intégration industrielle avec la Chine, compliquant les ambitions américaines de diversification
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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