TRIBUNE – David Lisnard à Saint-Raphaël, l’élan vers un récit national

TRIBUNE – David Lisnard à Saint-Raphaël, l’élan vers un récit national

lediplomate.media — imprimé le 15/07/2026
David Lisnard à Saint-Raphaël
Capture d’écran

Par Pierre Sassine

Le meeting de lancement de campagne de David Lisnard à Saint-Raphaël, la semaine dernière, marque une étape dans la séquence présidentielle du candidat. Pour transformer cette dynamique en force de qualification, il ne suffit pas de dénoncer l’État bureaucratique : il faut raconter la France que cette droite veut servir.

À Saint-Raphaël, David Lisnard a confirmé une ligne de liberté, d’autorité et de responsabilité : critique de l’étatisme, refus du conformisme, défense des communes, volonté de restaurer un État recentré sur ses missions essentielles. Ce discours mérite d’être pris au sérieux, non comme un simple moment militant, mais comme l’ouverture possible d’une séquence présidentielle.

Car 2027 ne sera pas seulement une bataille de programmes. Ce sera une bataille de qualification. Dans un paysage où le Rassemblement national occupe une place centrale, où la gauche radicale conserve sa capacité de mobilisation, et où le bloc central cherche à survivre à Emmanuel Macron sous d’autres formes, la droite de liberté et de responsabilité ne peut plus se contenter d’exister. Elle doit redevenir une force capable d’atteindre le second tour.

Or une qualification suppose une capacité d’agrégation. Elle exige de parler à des électorats dispersés : droite classique, macronistes déçus, électeurs protestataires soucieux de stabilité, élus locaux, classes moyennes, familles préoccupées par l’école. C’est ici que David Lisnard peut trouver une voie singulière : porter un diagnostic sur l’État, tout en lui donnant une profondeur nationale.

Saint-Raphaël, un point d’appui

Depuis plusieurs années, David Lisnard porte une critique cohérente de l’affaiblissement français. L’État s’est étendu partout, mais il s’est affaibli dans l’essentiel. Il prétend tout régir, mais il peine à assurer ses missions fondamentales. Il multiplie les normes, les procédures et les injonctions, mais il recule trop souvent sur l’école, la sécurité, la justice, la transmission, l’autorité et la liberté concrète des citoyens.

Ce diagnostic parle au pays réel : maires, entrepreneurs, familles, élus locaux, citoyens qui voient grandir l’écart entre la France administrée et la France vécue. Il parle à ceux qui ne supportent plus cette situation paradoxale : un État partout présent, mais trop souvent absent là où il devrait être fort.

Saint-Raphaël est donc un point d’appui. La droite ne manque pas de sensibilités, d’élus, de réseaux ni même d’idées. Elle manque surtout d’un axe capable de les faire converger. Sans cet axe, chacun restera dans son couloir, avec ses fidélités, ses prudences et ses calculs. Et pendant que chacun expliquera pourquoi il a raison, la deuxième place se jouera ailleurs.

Pour redevenir présidentielle, la droite doit transformer une cohérence intellectuelle en force électorale. L’expérience municipale de David Lisnard, sa nouveauté dans le paysage de la politique nationale française, son attention aux communes et son langage de responsabilité lui donnent ce rapport concret au réel qui peut devenir un atout majeur.

De l’État à réparer à la France à raconter

Une présidentielle ne se gagne pas seulement avec un bon diagnostic de l’État. Elle se gagne avec une capacité à raconter le pays.

La France n’est pas seulement une administration à alléger, un budget à redresser, une dépense à contenir ou une norme à simplifier. Elle est un vieux et beau pays libre, dépositaire d’une histoire, d’une langue, d’une culture politique, d’une certaine idée de la dignité humaine, de la liberté, de l’assimilation, de la laïcité, de l’universel et de la transmission.

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C’est cette France qu’il faut raconter.

La bureaucratie ne fait pas seulement perdre du temps. Elle étouffe une énergie nationale, décourage les initiatives, infantilise les citoyens, dépossède les élus de terrain, transforme la responsabilité en procédure. Mais ce qu’elle étouffe n’est pas une abstraction : c’est une manière française de vivre, d’entreprendre, de transmettre, de décider et d’habiter un territoire.

Il ne s’agit donc pas seulement de dire : réparons l’État. Il faut aussi dire pourquoi nous voulons le réparer, au service de quel pays et de quelle promesse française.

Un peuple ne se remet pas en mouvement uniquement parce qu’on lui promet moins de normes ou moins de dépenses. Il se remet en mouvement parce qu’on lui rappelle ce qu’il est, ce qu’il a reçu et ce qu’il peut encore transmettre. Le pays attend une parole qui tienne ensemble la civilisation et la gestion, l’autorité et la liberté, l’enracinement et la responsabilité.

Un récit commun pour une droite de qualification

Pour atteindre le second tour, la droite ne peut pas additionner des sensibilités, des appareils, des réseaux ou des colères dispersées. Elle doit offrir une raison commune de se rassembler. Cette raison ne peut pas être uniquement tactique. Une candidature de qualification ne peut pas se réduire à faire barrage ou à éviter un scénario redouté. Elle doit donner aux électeurs le sentiment qu’ils participent à un relèvement.

La formule pourrait être simple : l’autorité sans l’arbitraire, la liberté sans le désordre, la rupture sans le saut dans l’inconnu.

Mais pour que cette formule devienne une force, elle doit s’inscrire dans une histoire. La droite de gouvernement doit retrouver la capacité de dire quelle France elle veut servir : non une France abstraite, réduite à des indicateurs économiques, mais une France vécue, celle des communes, des familles, des métiers, des écoles, des paysages, des frontières, des libertés publiques, des héritages transmis et des responsabilités assumées.

David Lisnard dispose déjà d’éléments précieux : une critique cohérente de l’étatisme, une expérience de terrain, un langage de responsabilité, une attention aux communes, une défense des libertés, une volonté de restaurer l’autorité publique. Ces éléments peuvent devenir une proposition nationale, à condition de les inscrire dans un récit.

Non un récit artificiel, plaqué sur la campagne comme un slogan. Mais un récit enraciné dans cette idée simple : la France est un vieux et beau pays libre que l’on ne relèvera pas en l’administrant davantage, mais en lui rendant confiance, responsabilité, autorité et souffle.

Saint-Raphaël n’est donc pas un aboutissement. C’est un point d’appui. La bataille de 2027 ne sera pas seulement une bataille de candidatures. Elle sera une bataille de qualification, donc d’agrégation.

La droite ne redeviendra pas présidentielle en se contentant de dénoncer la crise. Elle le redeviendra si elle parvient à dire quelle France elle veut servir. David Lisnard a le diagnostic, la méthode municipale et l’intuition du pays réel. Il lui revient désormais de porter ces éléments à leur pleine dimension présidentielle : non seulement réparer l’État, mais raconter la France que cet État doit servir.

Car la France n’est pas seulement un État à débureaucratiser. C’est un vieux et beau pays libre qu’il faut raconter pour pouvoir le réveiller.

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Pierre Sassine

Pierre Sassine

Pierre Sassine, né en 1967 au Liban, est un chrétien patriote engagé au sein de la diaspora libanaise.
Témoin des profondes mutations politiques de son pays, il développe très tôt un attachement aux valeurs de liberté et de souveraineté.
Installé en France, il s’implique activement dans la défense des causes libanaises et dans la promotion d’une vision démocratique et pluraliste du Liban.
Son engagement se manifeste à travers sa participation à divers débats publics, ses échanges avec les institutions et son implication dans les initiatives citoyennes.
Son parcours reflète la détermination d’un patriote résolument attaché à l’héritage spirituel et culturel du Liban.
Il occupe aujourd’hui le poste de Représentant du « Forum des Cèdres » en France et auprès de l’Union européenne.

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