TRIBUNE – Roumanie : L’Union européenne sonne-t-elle le glas des élections libres ?

TRIBUNE – Roumanie : L’Union européenne sonne-t-elle le glas des élections libres ?

lediplomate.media — imprimé le 19/01/2025
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Catherine Massaut, ancienne magistrate

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus que l’Union Européenne ne soit qu’un échafaudage juridique : 

 ⁃ Dénuée de toute légitimité, abritant les intérêts financiers de l’hégémonie américaine (représentée par son département d’État (State Department), son complexe militaro- industriel et les mégapoles technologiques), et son “soft-power”, d’une manière plus générale.

 ⁃ Dominée par un exécutif à visée totalitaire – la commission de Bruxelles- (présidée par Ursula Van der Leyen) qui réduit les souverainetés nationales des pays européens à peau de chagrin, l’expérience menée en Roumanie lors des élections présidentielles, devrait leur dessiller les yeux. 

Les élections présidentielles qui se sont déroulées en Roumanie, le 24 novembre 2024, s’agissant du premier tour, se sont transformées en terrain de jeux de l’Union Européenne qui a mis à exécution le « bouclier démocratique européen » (Proposition de résolution, numéro B10-0216/2024) destiné à balayer tout résultat sorti des urnes souveraines contraire aux intérêts des acteurs de l’Union Européenne et de l’oligarchie mondialiste. 

Monsieur Călin Georgescu, anti-européen, souverainiste, défenseur des libertés publiques, s’étant érigé contre les mesures covidistes et ayant dénoncé la corruption de l’OMS, était crédité initialement et comme il se doit – du fait de son ostracisation par la presse mainstream, de 1 % des voix, est arrivé en tête du premier tour avec 22 % des voix à la fin du mois de novembre. 

Il aurait remporté le second tour le 8 décembre suivant : les sondages, le créditaient de 58 % des voix, et donc largement gagnant, devançant de fait, le premier ministre Marcel Ciolacu, un « eurobeat » éliminé «et Madame Elena Lasconi dont le projet politique centriste se situait à mi-chemin entre ses deux concurrents. 

Selon le JDD du 25/11/2024, « La victoire de Calin Georgescu est un bouleversement pour ce pays qui avait jusque-là fait rempart aux postures nationalistes. Le candidat qui s’est présenté sous la bannière d’indépendant, s’est notamment appuyé sur une campagne TikTok devenue virale, focalisée sur la nécessité de stopper l’aide à l’Ukraine. Une stratégie apparemment payante, qui lui a permis d’imposer son discours souverainiste. À l’annonce de sa victoire, il a estimé que « le peuple roumain a crié pour la paix. Et il a crié très fort, extrêmement fort ».

Si les élections s’étaient déroulées normalement, Monsieur Călin Georgescu serait en ce moment président de la Roumanie et s’apprêterait à engager pour le bien de son pays et de son peuple, la sortie de l’union européenne et de l’OTAN, ainsi que de l’OMS et autres institutions mortifères. 

Mais l’État profond américain et son toutou européen n’étaient pas prêts à laisser échapper la Roumanie à leur vigilance : ce pays constitue un atout fondamental pour les Américains. 

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En effet, la Roumanie est en passe de devenir la plus grande base militaire de l’OTAN en Europe : « L’installation militaire de Mihail Kogalniceanu, à Constanta, dans le sud-est de la Roumanie, sur la côte de la mer Noire, sera bientôt la plus grande base militaire de l’OTAN en Europe, dépassant la taille de la base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne. Cette base permettra à la Roumanie de jouer un rôle plus important dans l’architecture de sécurité de l’OTAN et de renforcer sa présence en mer Noire. Elle pourra accueillir 10 000 soldats et civils d’ici à 2030…» (Team- France- export.fr, 22 août 2024). 

Alors … voilà… le 6 décembre, soit deux jours avant le second tour, la Cour Constitutionnelle roumaine, validant dans un premier temps les résultats du premier tour, a tourné casaque excipant d’une prétendue rupture d’égalité entre les candidats et a annulé le processus électoral susdit.

L’union européenne, dans l’ombre de cette vénérable institution, a donc empêché Monsieur Călin Georgescu de devenir président de la Roumanie sous le faux prétexte d’ingérence russe. 

Celle-ci, se serait cette fois-ci, manifestée au travers de multiples influenceurs sur TikTok, supposément payés par Moscou, qui auraient capté et orienté fallacieusement l’attention des citoyens invités à s’exprimer dans les urnes. 

Ainsi, selon le journal  » La Croix », par exemple, les 22 % de voix obtenues au premier tour par l’outsider seraient le résultat « …d’une campagne massive sur le réseau social chinois TikTok, contre lequel d’ailleurs une enquête a été ouverte par l’Union Européenne ». 

Il est vrai que l’ingérence russe constitue LE prétexte inusable : les Russes n’auraient – ils pas orchestré une invasion de punaises de lit – préalablement dressées – dans Paris !!! ???

Trêve de plaisanterie… 

En réalité, il apparaîtra, après enquête de la presse roumaine, qu’une campagne d’influence à l’origine financée par le parti libéral (du président sortant), aurait été détournée au profit de Călin Georgescu. 

 Plus précisément, « La Russie n’a pas manipulé, l’élection présidentielle roumaine au profit de Călin Georgescu. Selon un récent contrôle fiscal, la manipulation aurait été financée par les proches du président sortant (cf. un Tweet TVL du 24 /12/2024). 

Mais comme un train en cache toujours un autre, la manipulation européiste est à l’œuvre : on en veut pour preuve l’aveu de l’ancien commissaire européen Monsieur Thierry Breton – en butte aux attaques d’Elon Musk – qui déclare : « on l’a fait en Roumanie, il faudra le refaire si nécessaire en Allemagne »… Thierry Breton évoque l’annulation d’élections face aux ingérences d’Elon Musk. » … Et Monsieur Thierry Breton d’insister : « Il faut faire appliquer la loi européenne pour protéger nos démocraties »… (CNews du 9/1/2025).

 « Il faut arrêter de dire que le monde dépend de Mr Musk » (RMC info Apollinematin, 9/1/2025). 

La répartie de Monsieur Breton s’avère d’autant plus « savoureuse » que non seulement, elle révèle avec fracas l’ingérence éclatante de l’Union Européenne (et donc du deep state US) dans l’élection présidentielle Roumaine, mais en outre, elle affirme une nouvelle nécessité d’intervention, c’est-à-dire d’ingérence assumée, dans les élections parlementaires allemandes à venir le 23 février 2025.

Pour quelle raison ? 

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Parce que Monsieur Elon Musk a annoncé son soutien au parti allemand AfD. 

 « Le milliardaire américain, Elon Musk multiplie les marques de soutien au parti d’extrême-droite AfD, alors que les élections législatives sont prévues en Allemagne, le 23 février. Lors d’une discussion sur X avec la dirigeante Alice Weidel, il a répété que seule, l’AfD pouvait « sauver l’Allemagne » et appelé à voter pour le parti » (france24.com 10/01/2025). 

La Roumanie aura été la première victime du « bouclier démocratique européen » ; Il appartiendra très bientôt à l’Allemagne de s’armer pour enfoncer ce bouclier dictatorial Européiste, Atlantiste et Otanien.

Les mondialistes aux manettes, en proie à une aversion des peuples européens qui veulent sauvegarder leurs identités nationales, ne tolèrent pas que ces derniers rompent les uns après les autres avec les structures délétères qui les ruinent et orchestrent leur disparition. 

On nous rebat les oreilles de l’ingérence russe ou plus récemment, celle d’Elon Musk, mais on occulte avec précaution, l’ingérence américaine et Européiste. 

De la sorte, on ne s’offusque pas de la présence de Monsieur Obama, qui vient s’immiscer à Londres, à la demande de Monsieur David Cameron, pour exprimer son opposition à une sortie du Royaume – Uni de l’Union européenne. 

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Il en va de même des milliards qui sont versés par l’Union Européenne à la Moldavie et à la Géorgie afin d’orienter les votes de leurs habitants. 

Il en va de même des dizaines de milliards versés par la Commission Européenne à Zelensky, pour soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine contre la Russie, une guerre qui ne concerne en rien les peuples européens à l’inverse des Etats-Unis, propriétaires de 30 % des terres arables de l’Ukraine et d’industries chimiques à la tête desquelles se trouvent certains membres de la famille du Président américain Joe Biden. 

Il en va de même des Pays-Bas et de la France, accusés d’avoir mal voté en 2005 lors de l’avènement de la constitution européenne. Les peuples ont dit « NON » lors du référendum et trois ans plus tard le Traité de Lisbonne leur fut imposé en forme de mépris et de trahison de la démocratie. 

Toute ingérence est qualifiée de scandaleuse si elle n’est le fait ni des États-Unis ni de l’Union Européenne, même si l’ingérence dénoncée arbitrairement, n’est pas prouvée.  

Aujourd’hui s’amorce un combat titanesque entre les mondialistes qui veulent la destruction des Nations, leur féodalisation, leur assujettissement afin de pouvoir régner, sans partage sur le monde et les nations qui se réveillent, et qui s’opposant à cette mafia criminelle qui planifie l’éradication de leurs souverainetés, de leurs héritages affectifs, de leurs magistères anciens, de leurs traditions, de leurs spécificités créatrices, de leur cultures, en un mot comme en mille, de leurs identités respectives et agissent contre l’intérêt des peuples, contre les choix qui sont les leurs, contre leurs libertés les plus élémentaires, notamment celle d’être eux-mêmes et celle de décider par eux-mêmes et pour eux-mêmes…

 « Nul n’a été plus loin que l’Occident dans l’unification du monde. Et pourtant, il a échoué. Le grigri universaliste a fait long feu, et les Nations, désenvoûtées, comptent bien désormais faire valoir leur opinion dans l’âge identitaire qui s’ouvre. » (Chantal Delsol, Front populaire, numéro 19, « l’Occident fin de partie ? », page 118). 

L’Union Européenne déteste les peuples historiques : leur existence est un frein à la néo-féodalisation du monde, cette cascade d’allégeances publiques aux puissances privées qui s’emboîtent comme des poupées russes au bénéfice d’une suzeraineté 

(Opération Overlord – nom donné au débarquement des alliés en Normandie le 6/06/1944) transnationale globale.  

La bataille entre souverainetés nationales et européiste est juste engagée. Elle doit passer par la victoire de la liberté électorale qui constitue la pie-mère de la légitimité populaire.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne représentent en aucun cas la position éditoriale du Diplomate

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