ANALYSE – Brésil-Chine : Un accord historique sur le chemin de fer bio-océanique

Le président chinois et le président brésilien discutent devant une voie ferrée symbolisant le corridor ferroviaire bio-océanique, projet stratégique reliant l’Atlantique au Pacifique dans le cadre de la coopération Chine-Brésil.
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

Le gouvernement brésilien et la Chine ont signé un accord de coopération pour lancer une série d’études sur la construction d’un corridor ferroviaire bio-océanique qui reliera la côte atlantique du Brésil au port de Chancay, sur la côte pacifique du Pérou.

Ce projet, considéré comme stratégique pour les relations entre l’Amérique latine et l’Asie, prévoit la création d’une grande infrastructure ferroviaire capable de transformer la logistique régionale et de faciliter le commerce international, en particulier avec les marchés asiatiques.

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L’accord a été signé par le ministère brésilien des Transports et l’Institut de planification et de recherche économique du China State Railway Group, l’agence d’État chinoise chargée d’évaluer la faisabilité technique, économique, sociale et environnementale du projet. Les autorités brésiliennes ont décrit ce mémorandum comme une étape cruciale dans le renforcement de la coopération bilatérale dans le secteur des transports, en soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’un geste formel mais du début d’un parcours partagé visant à réduire les distances géographiques et à renforcer les liens entre deux pays qui partagent une vision stratégique à long terme.

Selon le ministère des Transports, l’objectif principal du projet est de repositionner le Brésil dans le paysage logistique mondial, en améliorant l’accès aux marchés asiatiques et en favorisant des avantages économiques et environnementaux. L’initiative devrait offrir un avantage concurrentiel en particulier pour les exportations agricoles et minières provenant de l’intérieur du Brésil, qui doivent actuellement faire face à des coûts et des délais élevés pour atteindre les ports atlantiques et, de là, les destinations asiatiques.

Le chemin de fer traverserait les États brésiliens de Bahia, Mato Grosso, Rondônia et Acre, avant de se connecter au port de Chancay, situé à environ 70 kilomètres au nord de Lima, au Pérou. Ce port est déjà en phase avancée de construction grâce à un investissement de 3,5 milliards de dollars de la société d’État chinoise Cosco Shipping, dans le cadre de l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie.

Au Brésil, une partie importante du corridor est déjà en cours de développement à travers deux projets ferroviaires majeurs : la Ferrovia d’Intégration Ouest-Est (FIOL), qui relie Ilhéus, dans l’État de Bahia, à l’arrière-pays productif, et la Ferrovia d’Intégration Centre-Ouest (FICO), qui s’étendra jusqu’à Lucas do Rio Verde, dans le Mato Grosso. De là, l’itinéraire international rejoindra les infrastructures routières existantes, permettant une connexion directe avec le Pérou via les routes BR-364 et BR-317 au Brésil et l’autoroute IRSA Sur côté péruvien.

Ce projet représente l’une des ambitions infrastructurelles les plus importantes du continent sud-américain et puise sa force dans la coopération économique déjà engagée avec la Chine. Le Pérou a adhéré en 2019 à l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie, après avoir signé en 2009 un accord de libre-échange avec la Chine. Le Brésil, pour sa part, considère Pékin non seulement comme son principal partenaire commercial mais aussi comme un interlocuteur stratégique au sein du groupe des BRICS.

La ministre brésilienne de la Planification et du Budget, Simone Tebet, a souligné que le corridor ferroviaire ne simplifiera pas seulement le commerce avec les pays asiatiques mais rapprochera également les économies sud-américaines. Elle a affirmé que cette infrastructure apportera des avantages directs aux territoires traversés, en favorisant le tourisme et en améliorant le flux des marchandises vers le Pacifique et l’Atlantique.

La signature du mémorandum d’entente est intervenue à l’issue de négociations entamées en avril, lorsqu’une délégation chinoise avait visité le Brésil pour examiner des projets stratégiques dans le domaine des transports.

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