DÉCRYPTAGE – Israël, la guerre de l’ombre contre l’Iran et la nouvelle géographie de l’encerclement

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Azerbaïdjan, Irak, Émirats arabes unis et Somaliland deviennent les arrière-bases invisibles du conflit
L’information selon laquelle Israël aurait déployé des forces spéciales, des agents du Mossad et des infrastructures militaires clandestines en Azerbaïdjan, en Irak, aux Émirats arabes unis et au Somaliland pendant la guerre contre l’Iran n’est pas un simple détail opérationnel. Elle confirme une transformation profonde de la stratégie israélienne : la guerre contre Téhéran ne se mène plus seulement depuis la Méditerranée orientale, depuis les cieux syriens ou à travers des opérations clandestines à l’intérieur du territoire iranien. Elle se mène désormais sur un arc géographique beaucoup plus vaste, qui enveloppe l’Iran par le nord, l’ouest, le sud et le sud-est.
La carte est plus importante que l’opération elle-même. L’Azerbaïdjan, l’Irak, les Émirats arabes unis et le Somaliland ne sont pas des lieux choisis au hasard. Ce sont les pièces d’un réseau. Le premier permet d’exercer une pression directe sur le flanc nord de l’Iran, au contact de l’Azerbaïdjan iranien et de la ville de Tabriz. Le deuxième ouvre le front occidental, fragile et ambigu, où la souveraineté irakienne reste traversée par les milices, les influences étrangères et la présence américaine. Les Émirats représentent l’arrière-base technologique, logistique et défensive du Golfe. Le Somaliland, enfin, offre un point d’appui africain utile pour les projections aériennes à longue distance vers la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’océan Indien.
Nous ne sommes pas face à des épisodes isolés. Nous sommes face à la construction d’une ceinture opérationnelle.
La profondeur stratégique israélienne hors d’Israël
Israël a toujours souffert d’une limite structurelle : le manque de profondeur territoriale. C’est un pays petit, exposé, entouré d’hostilités historiques, contraint de fonder sa sécurité sur la supériorité technologique, le renseignement, la dissuasion nucléaire non déclarée, la rapidité opérationnelle et l’alliance américaine. Contre l’Iran, cependant, ce modèle rencontre un problème évident : la distance.
Frapper l’Iran n’est pas frapper Gaza, le Liban ou la Syrie. Cela signifie traverser des espaces aériens complexes, neutraliser des défenses, garantir le ravitaillement, prévoir la récupération des pilotes, disposer d’un renseignement en temps réel, mener la guerre électronique, s’appuyer sur des bases relais et sur des corridors secrets. Pour cette raison, Israël a besoin d’une profondeur stratégique extérieure. Ne pouvant l’obtenir sur son propre territoire, il la construit par des réseaux clandestins, des accords informels, des présences couvertes et des coopérations de renseignement.
L’Azerbaïdjan devient ainsi un atout fondamental. Sa position au nord de l’Iran permet à Israël de s’approcher du cœur du territoire iranien sans partir nécessairement de la Méditerranée. La proximité avec Tabriz n’est pas un détail géographique : Tabriz est une ville stratégique, industrielle, symbolique, ethniquement sensible, située dans une zone où la dimension azérie peut devenir aussi un levier psychologique et politique. Pour Téhéran, la présence israélienne aux abords de cette frontière est un cauchemar stratégique.
Si des opérations de drones, de collecte de renseignement et d’élimination ciblée ont réellement été menées depuis des positions dans le sud de l’Azerbaïdjan, le message est clair : Israël ne veut plus seulement frapper l’Iran à distance. Il veut pouvoir pénétrer sa profondeur, la surveiller, la perforer, la déstabiliser.
L’Azerbaïdjan entre pétrole, armes et double jeu
Bakou nie toute implication. C’est normal. Aucun État frontalier de l’Iran ne peut admettre ouvertement qu’il accueille des opérations israéliennes contre Téhéran sans s’exposer à des représailles politiques, militaires ou hybrides. Mais les relations entre Israël et l’Azerbaïdjan sont connues depuis des années et reposent sur une base très concrète : pétrole, armements, renseignement, technologie.
L’Azerbaïdjan fournit à Israël une part importante de ses besoins énergétiques. Israël, en échange, a livré à Bakou des systèmes d’armes avancés, des drones, des technologies militaires, des instruments de surveillance et des capacités qui ont joué un rôle important dans les conflits du Haut-Karabakh. Ce n’est pas une alliance idéologique. C’est une convergence stratégique.
Bakou a besoin de technologie militaire, de soutien politique et de canaux vers Washington. Israël a besoin d’énergie, d’accès au Caucase, de pression sur l’Iran et d’un partenaire musulman chiite mais hostile à Téhéran. C’est une géométrie presque parfaite. L’Azerbaïdjan peut se présenter comme une puissance régionale autonome, un pont entre le monde turc, Israël, les États-Unis et les monarchies arabes. Israël peut utiliser Bakou comme plateforme discrète pour surveiller l’Iran septentrional.
La Turquie entre également en jeu. L’Azerbaïdjan est étroitement lié à Ankara, et Ankara entretient avec Israël une relation oscillante, faite de tensions publiques et de convergences souterraines. Le couple Turquie-Azerbaïdjan représente pour l’Iran une pression géopolitique croissante le long du Caucase méridional. Si l’on y ajoute la présence israélienne, le tableau devient explosif.
Pour Téhéran, le Caucase n’est plus seulement une frontière nord. C’est un front de vulnérabilité.
L’Irak comme espace disputé
La présence de structures secrètes israéliennes en Irak, si elle était confirmée, aurait une signification encore plus délicate. L’Irak est officiellement un pays souverain, mais il est traversé par des présences américaines, des milices pro-iraniennes, des intérêts turcs, l’influence kurde, des fragilités institutionnelles et des lignes de fracture confessionnelles. C’est le lieu où la profondeur stratégique iranienne rencontre la présence militaire américaine et l’ambition israélienne de frapper les réseaux régionaux de Téhéran.
Israël a intérêt à surveiller depuis l’Irak les mouvements des milices chiites, les routes de transfert d’armes, les connexions entre l’Iran, la Syrie et le Liban, les corridors logistiques vers le Hezbollah. Pour Téhéran, l’Irak est la grande arrière-base occidentale, le pont vers le Levant. Pour Israël, c’est un espace à pénétrer pour briser la continuité stratégique de l’axe iranien.
L’armée irakienne nie l’existence de bases ou de forces non autorisées. Là encore, la dénégation est inévitable. Bagdad ne peut pas admettre une présence israélienne sans provoquer une crise intérieure dévastatrice. Les milices pro-iraniennes auraient alors un argument parfait pour attaquer le gouvernement, frapper les intérêts occidentaux et se présenter comme les défenseurs de la souveraineté nationale. Mais cette impossibilité même de reconnaître publiquement certaines présences fait de l’Irak un terrain idéal pour la guerre couverte.
Le problème est que toute opération israélienne menée depuis l’Irak contre l’Iran risque d’enflammer tout l’équilibre irakien. Téhéran pourrait répondre non seulement contre Israël, mais aussi contre les bases américaines, les infrastructures énergétiques, les objectifs kurdes, les intérêts occidentaux et le gouvernement central. En ce sens, l’Irak demeure une poudrière géopolitique : trop important pour être neutre, trop fragile pour supporter la pression de tous.
Les Émirats et la normalisation armée
Le rôle des Émirats arabes unis est peut-être le plus révélateur de la nouvelle phase moyen-orientale. Après les Accords d’Abraham, Abou Dhabi est devenu l’un des principaux interlocuteurs arabes d’Israël. Mais la normalisation n’est pas seulement diplomatique ou commerciale. Elle est aussi militaire, technologique et informationnelle. La présence présumée de troupes israéliennes, de systèmes de défense aérienne et même de composants liés au Dôme de fer aux Émirats indique que la relation est allée bien au-delà de la photographie officielle des accords.
Les Émirats ont un objectif clair : se protéger de l’Iran sans dépendre exclusivement des États-Unis. Ils veulent la technologie israélienne, le renseignement israélien, la défense aérienne israélienne, les capacités israéliennes de surveillance. Israël, de son côté, a besoin de bases logistiques, d’un accès au Golfe, d’une coopération avec les appareils arabes et d’une profondeur opérationnelle vers l’Iran.
C’est une convergence fondée sur la peur commune de Téhéran.
Mais là encore le risque est évident. Les Émirats veulent contenir l’Iran, pas nécessairement entrer dans une guerre ouverte avec lui. Abou Dhabi a construit sa puissance sur le commerce, la finance, les ports, la logistique, l’attraction des capitaux et la stabilité perçue. Une guerre régionale détruirait une partie de cet avantage. C’est pourquoi les Émirats jouent une partie subtile : coopérer avec Israël sans se transformer ouvertement en base anti-iranienne ; se rapprocher de la défense israélienne tout en maintenant des canaux économiques et diplomatiques avec Téhéran.
C’est la diplomatie typique des puissances marchandes : acheter de la sécurité auprès de tous, vendre de la stabilité à tous, éviter de payer jusqu’au bout le prix politique de ses choix.
Le Somaliland, pièce africaine de la guerre contre l’Iran
Le Somaliland est la pièce la plus surprenante, et peut-être la plus significative. Une république autoproclamée, privée d’une reconnaissance internationale large, située à un emplacement stratégique entre la mer Rouge, le golfe d’Aden, la Corne de l’Afrique et l’océan Indien. Si Israël y a réellement établi une position militaire secrète utile aux vols à longue distance vers l’Iran, la signification est double.
D’un côté, Israël construit un arrière-pays africain pour les opérations profondes, le ravitaillement, les escales techniques, la surveillance maritime et la projection vers l’océan Indien. De l’autre, le Somaliland obtient une occasion extraordinaire de sortir de l’isolement diplomatique. Le soutien ou la reconnaissance israélienne aurait une valeur énorme pour Hargeisa : légitimation politique, accès à la technologie, sécurité, investissements, attention américaine.
Pour Israël, soutenir le Somaliland n’est ni un geste humanitaire ni un caprice diplomatique. C’est un choix géostratégique. La Corne de l’Afrique est désormais l’une des zones les plus militarisées de la planète : bases étrangères, routes commerciales, présence chinoise à Djibouti, intérêts turcs, émiratis, saoudiens, qataris, américains, russes. Celui qui contrôle le passage entre la mer Rouge et l’océan Indien conditionne le trafic entre l’Europe et l’Asie. Et après la crise des Houthis, plus personne ne peut considérer cette portion maritime comme une simple périphérie.
Le Somaliland devient donc à la fois une pièce de la stratégie israélienne contre l’Iran et de la compétition globale sur les routes maritimes.
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La guerre contre l’Iran comme système régional
Le plus important est que la guerre contre l’Iran n’apparaît plus comme une confrontation bilatérale entre Israël et l’Iran. Elle devient un système régional. Israël construit des points d’appui au nord, à l’ouest, au sud et le long des routes africaines. Il utilise drones, forces spéciales, renseignement, défense aérienne, bases couvertes, alliances informelles, pays non pleinement alignés. Il cherche à contraindre l’Iran à se défendre sur plusieurs fronts, en dispersant ses ressources, son attention et ses capacités de réponse.
C’est la logique de l’encerclement opérationnel.
L’Iran, de son côté, a construit pendant des décennies sa propre ceinture : Hezbollah au Liban, milices chiites en Irak, présence en Syrie, liens avec les Houthis au Yémen, réseaux palestiniens, capacités balistiques et drones. Israël répond en construisant une contre-ceinture : Azerbaïdjan au nord, Kurdistan et Irak à l’ouest, Émirats dans le Golfe, Somaliland sur le flanc maritime, coopération avec les États arabes normalisés, soutien américain, supériorité technologique.
Nous sommes face à deux profondeurs stratégiques opposées.
La profondeur iranienne est terrestre, milicienne, idéologique, asymétrique. La profondeur israélienne est technologique, aérienne, informationnelle, diplomatique, couverte. L’une repose sur des réseaux d’acteurs non étatiques et des alliances politiques. L’autre sur des accords secrets, la supériorité du renseignement et l’accès à des plateformes extérieures.
C’est la véritable guerre du Moyen-Orient contemporain : non pas la guerre déclarée, mais la guerre des profondeurs.
La vulnérabilité iranienne
Pour Téhéran, cette information est extrêmement grave, car elle confirme une vulnérabilité structurelle : l’Iran est vaste, profond, montagneux, difficile à envahir, mais de plus en plus pénétrable par les airs, les frontières et les réseaux internes. Drones, satellites, capteurs, sabotages, infiltrations, dispositifs d’écoute, opérations spéciales et renseignement humain rendent moins sûr un espace que l’Iran a toujours considéré comme une garantie.
Le problème n’est pas que la profondeur iranienne ait disparu. Le problème est qu’elle ne suffit plus. L’Iran peut absorber des coups, disperser ses infrastructures, réagir par ses alliés régionaux et ses missiles. Mais si Israël parvient à installer des capteurs près des frontières, à mener des opérations depuis des territoires voisins, à éliminer des responsables du renseignement des Gardiens de la révolution, à utiliser des bases dans des pays officiellement tiers, alors Téhéran doit revoir toute sa doctrine de sécurité.
Le problème n’est pas seulement militaire. Il est politique. Cela signifie que l’Iran n’a pas réussi à empêcher Israël de construire des relations opérationnelles dans des espaces que Téhéran considère comme vitaux. Cela signifie que l’isolement iranien n’est pas seulement économique, mais aussi diplomatique. Cela signifie que certains pays voisins préfèrent courir le risque de la colère iranienne pour obtenir des avantages d’Israël, des États-Unis ou des monarchies du Golfe.
C’est une défaite stratégique plus subtile qu’une bataille perdue.
Le risque pour Israël
Mais Israël prend aussi des risques énormes. La multiplication des bases couvertes et des opérations secrètes augmente sa capacité à frapper l’Iran, mais elle accroît également le risque d’escalade incontrôlée. Si Téhéran considère que l’Azerbaïdjan accueille des opérations israéliennes, il peut frapper le territoire azéri, alimenter des tensions ethniques, soutenir des réseaux hostiles à Bakou ou déstabiliser le Caucase. S’il soupçonne une présence israélienne en Irak, il peut activer les milices contre les bases américaines ou les intérêts occidentaux. S’il voit les Émirats comme une plateforme israélienne, il peut frapper des infrastructures énergétiques, portuaires ou financières. S’il identifie le Somaliland comme arrière-base militaire, il peut étendre la confrontation à la mer Rouge et à la Corne de l’Afrique.
Autrement dit, plus Israël internationalise sa guerre secrète contre l’Iran, plus il expose ses partenaires à des représailles. Tous ces partenaires ne veulent pas payer le prix d’une guerre ouverte. Beaucoup veulent coopérer dans l’ombre et nier à la lumière du jour. Ils veulent les bénéfices de la protection israélienne et américaine, mais pas les conséquences d’une alliance militaire pleinement assumée contre l’Iran.
C’est la limite structurelle du réseau israélien : il fonctionne tant qu’il reste couvert, partiel, niable. Mais s’il devient trop visible, il peut se transformer en problème politique pour les gouvernements mêmes qui l’accueillent.
La nouvelle guerre économique du Moyen-Orient
La dimension économique est décisive. Israël ne construit pas ce réseau uniquement pour des raisons militaires. Il le construit pour défendre et renforcer une nouvelle architecture régionale fondée sur l’énergie, les technologies, la défense, les routes commerciales, les ports, les corridors et la normalisation arabe.
L’Azerbaïdjan fournit du pétrole et reçoit des armes. Les Émirats offrent des plateformes financières, logistiques et technologiques. Le Somaliland ouvre un possible couloir sur la mer Rouge et le golfe d’Aden. L’Irak reste le cœur des connexions terrestres entre l’Iran, la Syrie et la Méditerranée. Tout est lié : guerre, énergie, renseignement, logistique, commerce, reconnaissances diplomatiques.
L’objectif israélien est de réduire la liberté stratégique de l’Iran et, en même temps, de s’imposer comme puissance technologique et militaire indispensable dans les systèmes de sécurité régionaux. Israël vend défense aérienne, renseignement, cybersécurité, drones, systèmes anti-drones, surveillance, capacités de frappe de précision. La menace iranienne devient aussi un marché. Plus l’Iran apparaît dangereux, plus la demande de sécurité israélienne augmente.
C’est la guerre économique à l’état pur. La menace produit la demande. La demande produit la dépendance. La dépendance produit l’influence politique.
Le message aux États-Unis
Le réseau israélien envoie aussi un message à Washington. Israël veut montrer qu’il n’est pas seulement un allié à protéger, mais une plateforme opérationnelle capable d’organiser une coalition informelle contre l’Iran. À un moment où les États-Unis oscillent entre le désir de réduire leur exposition directe au Moyen-Orient et la nécessité de contenir Téhéran, Israël se présente comme un multiplicateur de puissance.
Le message est simple : donnez-nous une couverture politique, des ravitaillements, du renseignement stratégique et une liberté d’action ; nous pouvons faire le travail sale que Washington ne veut pas assumer ouvertement.
Mais là encore, la situation est ambiguë. Les États-Unis peuvent tirer avantage des capacités israéliennes, mais ils craignent d’être entraînés dans une guerre régionale décidée par d’autres. Chaque opération israélienne trop audacieuse peut produire une riposte contre des bases américaines, des navires américains ou des alliés américains. Le réseau israélien augmente la pression sur l’Iran, mais peut aussi réduire le contrôle américain sur l’escalade.
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La guerre invisible est déjà régionale
La présence présumée d’Israël en Azerbaïdjan, en Irak, aux Émirats arabes unis et au Somaliland montre que la guerre contre l’Iran a désormais dépassé ses frontières traditionnelles. Ce n’est plus seulement une guerre de raids, de sabotages, d’assassinats ciblés et de cyberopérations. C’est une guerre de géographie. Israël cherche à construire une profondeur stratégique hors de son propre territoire. L’Iran cherche à conserver sa profondeur régionale à travers des réseaux armés et des alliances asymétriques. Les États tiers cherchent à obtenir des avantages sans être emportés par les représailles.
Le Moyen-Orient, le Caucase et la Corne de l’Afrique deviennent ainsi un théâtre unique.
L’Azerbaïdjan n’est plus seulement le Caucase. C’est le flanc nord de l’Iran.
L’Irak n’est plus seulement l’après-guerre américaine. C’est le corridor disputé entre Téhéran et ses ennemis.
Les Émirats ne sont plus seulement finance et logistique. Ils sont une plateforme de la sécurité anti-iranienne.
Le Somaliland n’est plus seulement une question somalienne. C’est un point d’appui dans le nouveau conflit sur les routes de la mer Rouge.
La guerre entre Israël et l’Iran ne se mesure donc pas seulement aux missiles lancés ou aux drones abattus. Elle se mesure aux bases qui n’existent pas officiellement, aux accords que personne ne confirme, aux aéroports utilisés une seule fois, aux capteurs installés le long d’une frontière, aux navires qui changent de route, aux gouvernements qui nient ce qu’ils ont probablement autorisé.
Telle est la nouvelle grammaire du conflit : dénégation, profondeur extérieure, guerre économique, infrastructures couvertes, alliances informelles.
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