DÉCRYPTAGE – La revanche du Dragon : La Chine fait-elle plier Trump ?

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Entre fierté nationale et calcul diplomatique
Après des années de tensions et de guerres commerciales, le sommet de Busan entre Donald Trump et Xi Jinping marque, selon la propagande chinoise, la première fois que les États-Unis ont dû reculer face à une autre puissance. À Pékin, les médias décrivent Xi comme le dirigeant qui a “dompté” Trump et restauré la dignité du Dragon. Le Parti communiste présente ce succès comme la preuve que l’ère de la domination américaine touche à sa fin et que la Chine, enfin, impose sa voix dans l’ordre mondial.
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Le calcul politique de Xi Jinping
Mais derrière la rhétorique triomphante se cache un besoin urgent : celui de renforcer la cohésion intérieure. Xi Jinping, confronté à une économie en ralentissement et à une société épuisée par les restrictions, transforme la diplomatie en outil de légitimation. Le succès de Busan devient un symbole de puissance retrouvée, au moment même où les jeunes peinent à trouver un emploi et où la consommation s’essouffle. Dans cette stratégie, chaque victoire extérieure compense les fragilités internes d’un régime qui redoute les signes de faiblesse.
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Washington sur la défensive
Du côté américain, le sommet illustre un recul tactique. Trump, soucieux d’éviter une nouvelle tempête boursière avant les élections, a préféré concéder à Pékin un compromis commercial. Le président américain, autrefois va-t-en-guerre, apparaît désormais comme un négociateur contraint par la réalité économique. Pour la Chine, c’est une victoire psychologique : celle d’avoir forcé la première puissance mondiale à transiger.
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La propagande contre la réalité
Le récit officiel chinois glorifie la puissance retrouvée du pays, mais le contraste entre la grandeur proclamée et la morosité sociale est frappant. Les lieux de mémoire, tels le pont Marco Polo à Pékin, deviennent les temples d’un patriotisme destiné à détourner l’attention des difficultés quotidiennes. Le pouvoir chinois joue la carte du nationalisme pour masquer la fragilité de son modèle économique, menacé par la crise immobilière et la fuite des capitaux.
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Un monde en recomposition
Busan n’a pas scellé la victoire de la Chine ni la défaite des États-Unis. Il a révélé l’équilibre instable d’un monde où les rapports de force se renégocient en permanence. La Chine a remporté une bataille d’image, mais la guerre de l’influence continue. Trump a reculé sans abdiquer, Xi a gagné du prestige sans résoudre ses faiblesses internes. Le Dragon s’est redressé, certes, mais il reste prisonnier de ses propres contradictions.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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