Édito – Quand Pasqua faisait trembler l’Iran des mollahs

Édito – Quand Pasqua faisait trembler l’Iran des mollahs

lediplomate.media — imprimé le 27/04/2026
Pasqua et l'Iran
Réalisation Le Lab Le Diplo

L’Édito de Roland Lombardi, directeur de la rédaction du Diplomate média

Face à l’Iran des mollahs, Charles Pasqua avait compris ce que Paris semble avoir oublié : au Moyen-Orient, la faiblesse invite au chantage et seule la fermeté ouvre la négociation. Retour sur une parenthèse française où l’État français savait encore montrer les dents. Car, au fond, quand on veut sortir des Français du pétrin et affronter des hyènes, mieux vaut des lions que des caniches dirigés par un paon…

Guerre Israël-Iran : face à Téhéran, la France de Macron ou la diplomatie de la serpillière

Il suffit de regarder l’attitude française dans la guerre actuelle entre les États-Unis, Israël et l’Iran pour mesurer l’abîme. 

D’un côté, un pouvoir macronien qui parle beaucoup, gesticule, suit souvent les positions et les communiqués du Qatar, pèse peu et finit trop souvent dans la posture du commentateur impuissant. Emmanuel Macron a même affirmé que cette guerre « n’était pas la nôtre ». Une formule pour le moins contestable quand on sait que la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a déjà de lourdes conséquences directes sur le prix du carburant et donc sur le quotidien des Français. Sans oublier que le Hezbollah, bras armé de Téhéran, a encore causé ces dernières semaines la mort de deux soldats français et fait des blessés au Liban, que l’Iran est impliqué dans la mort d’un autre militaire français en Irak, et que la France est aujourd’hui engagée aux côtés de son allié émirati – ce qui est légitime et bienvenu ! – pour contrer des attaques de missiles et de drones iraniens, certaines ayant d’ailleurs visé des installations où nos forces sont présentes. Autrement dit, sans même parler d’intervention directe, ce conflit touche bien plus directement nos intérêts stratégiques que la guerre en Ukraine, dans laquelle la France s’implique mais n’a ni intérêt vital ni enjeu économique comparable, sinon celui de mobiliser des ressources à perte et sans contreparties, tout en se mettant durablement à dos la Russie. Ajoutons à cela que la dernière grande conférence organisée à Paris sur le détroit d’Ormuz et la situation dans le Golfe n’a, comme souvent, débouché sur rien de concret : beaucoup de discours, de palabres, peu d’effets. La France a fait de ces grand-messes diplomatiques une spécialité – des réunions où l’on s’écoute parler plus qu’autre chose, et où l’on repart avec des communiqués aussi épais que vides. Ce n’est plus de la diplomatie, c’est du mauvais théâtre subventionné !

De l’autre, si l’on remonte à la fin des années 1980, O tempora! o mores!, un Charles Pasqua qui, lui, maîtrisait une vérité élémentaire de la géopolitique moyen-orientale : avec la République islamique, comme avec les autres acteurs de la zone, on ne fait pas de littérature, on fait du rapport de force. Aujourd’hui, Paris donne l’impression de pratiquer une diplomatie de la serpillière. Or à la décharge du président et du gouvernement actuels, ce n’est pas nouveau et c’est même devenu une autre tradition française qui date au moins des années 1960. À la fin des années 1980, Pasqua, fut donc une parenthèse en assumant une diplomatie de la mâchoire serrée. La différence n’est pas seulement de style ; elle est de nature, donc de résultats. En mars-avril 2026 encore, Emmanuel Macron a rappelé que la France n’avait pas été consultée par Washington et Jérusalem et, on l’a dit, ne participerait pas à leur offensive contre l’Iran, tandis que Jean-Noël Barrot s’en tenait à une ligne de prudence et de désescalade. C’est peut-être juridiquement propre ; géopolitiquement, c’est famélique. En attendant, la France est une nouvelle fois hors-jeu et a même été piteusement exclue des négociations en cours entre l’État libanais et Israël ! Certes, les deux ex-otages français, assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran depuis cinq mois, Cécile Kohler et Jacques Paris, ont été autorisés à quitter le territoire de la République islamique au début du mois d’avril. Mais quelle a été la contrepartie ? Nous ne le saurons peut-être jamais mais ce n’est sûrement pas glorieux…  

En attendant, que voyons-nous depuis des années ? Une France qui condamne, temporise, s’émeut, convoque le multilatéralisme comme un bedeau agite l’encensoir, puis découvre avec retard que la région ne récompense ni la componction ni les postures morales. Le Moyen-Orient respecte la cohérence, la force et la lisibilité. Pas la mousse diplomatique. Et c’est précisément là que Pasqua, avec tous ses défauts, ses rugosités et ses zones grises, était d’une autre trempe que nos petits politiciens ectoplasmiques et nos technocrates déconnectés et poudrés de Paris, tétanisés par les éventuelles réactions (et le vote !) de notre propre rue arabe et musulmane. 

Corse, méditerranéen, ancien jeune résistant gaulliste, ex-dirigeant sulfureux du SAC, la garde prétorienne du général de Gaulle, homme d’instinct autant que de réseaux, ministre de l’Intérieur à poigne de la droite française dans le gouvernement Chirac de la première cohabitation – 1986-1988 –, sous la présidence de Mitterrand, Charles Pasqua comprenait ce que beaucoup au Quai d’Orsay n’ont jamais voulu admettre : en Orient, on ne négocie pas comme avec des Scandinaves ou des Suédois ! Les mots comptent moins que la capacité à faire sentir à l’adversaire que la plaisanterie a assez duré. C’est d’ailleurs l’un des fils directeurs que j’avais déjà soulignés dans la publication de ma thèse de doctorat en 2020, Les Trente Honteuses (VA Éditions) : l’ignorance des codes locaux par les élites françaises a souvent pesé plus lourd que leurs bonnes intentions et qui, doublée à une diplomatie commerciale avec les États du Golfe, a fini de ruiner l’influence de la France au Levant…

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Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani et les otages du Liban : la fermeté française face à l’Iran

Replaçons les choses. Entre 1985 et 1986, la France encaisse une série d’attentats meurtriers à Paris, pendant que plusieurs de ses ressortissants sont retenus au Liban. Les réseaux liés au Hezbollah et les relais iraniens sont au cœur de cette mécanique de coercition indirecte. Autrement dit : déjà, Téhéran pratiquait cette guerre hybride qui est sa marque de fabrique, frapper par procuration, nier officiellement, négocier officieusement, user l’adversaire et tester ses nerfs. 

Ce contexte s’inscrit dans la guerre civile libanaise (1975-1990), conflit complexe provoqué en grande partie par les activistes et les terroristes palestiniens de l’OLP mais que les autorités françaises de l’époque ont largement mal appréhendé, oscillant entre incompréhension et prudence excessive. Malgré les appels au secours répétés des chrétiens du Liban, historiquement liés à la France, Paris choisit l’inaction pour ne pas froisser ses partenaires et clients du Golfe. Ironie de l’histoire, la seule intervention notable fut en août 1982, lors de l’opération d’évacuation de Yasser Arafat et de l’OLP de Beyrouth… sous protection française ! Rappelons au passage ici, comme l’écrit dans la préface de mon ouvrage, Alain Chouet, ancien chef du Service de renseignement de sécurité de la DGSE, que l’une des grandes erreurs françaises – et plus largement occidentales – a été de croire que la « cause palestinienne » constituait le centre de gravité émotionnel et politique du monde arabe, et que toute sollicitude affichée à son égard garantirait admiration et respect. C’est en réalité souvent l’inverse qui se produit, discrètement mais sûrement, tant nombre de pays arabes ont eu à subir le chantage politique et financier des organisations palestiniennes. Pour preuve, cette confidence, en privé, que lui fit un attaché militaire d’un pays de la Péninsule à Beyrouth lors de l’évacuation de l’OLP en 1982 : « Pour une fois que les Juifs et les mécréants – il parlait du pouvoir alaouite syrien – allaient nous débarrasser de cette lèpre sans que nous ayons à nous salir les mains, il a fallu que vous veniez y mettre votre grand nez ». Une remarque brutale, mais révélatrice des réalités régionales que nos diplomaties feignent trop souvent d’ignorer…

En 1983, l’attentat du Drakkar à Beyrouth, commandité par les mollahs de Téhéran – il est bon de le rappeler à certains ces temps-ci ! – avait déjà coûté la vie à 58 parachutistes français (en parallèle de l’attaque contre les Marines américains qui fit 241 morts). Les représailles françaises en Syrie furent alors aussi symboliques qu’inefficaces… et pitoyables, sans conséquences réelles, et pire encore, l’opération aurait été éventée par un diplomate français lui-même, informant indirectement nos adversaires. Un désastre stratégique et un signal de faiblesse que l’Iran n’avait évidemment pas oublié. À cela s’ajoute l’assassinat de l’ambassadeur de France au Liban, Louis Delamare, le 4 septembre 1981 à Beyrouth, déjà révélateur de la vulnérabilité française dans la région…

En 1987, l’affaire Gordji fait monter encore la pression : Wahid Gordji, diplomate iranien soupçonné d’être lié aux réseaux terroristes, se retranche dans l’ambassade d’Iran à Paris, déclenchant la fameuse “guerre des ambassades”. À l’époque, Pasqua ne répond ni par des sanglots humanistes ni par des communiqués ventripotents. Il va « terroriser les terroristes » ! Il verrouille, il bloque, il hausse le ton, il met l’appareil d’État sur une ligne de fermeté. 

Surtout, il prend la main : il marginalise les hâbleurs, les prudents et les frileux du Quai d’Orsay, contourne les circuits classiques, impose son tempo avec l’appui de Jacques Chirac, et finit même par obtenir celui d’un François Mitterrand qui, malgré les rivalités de la cohabitation et en raison de leur passé commun dans la Résistance, respecte, en fin connaisseur qu’il est, l’homme des réseaux et des coups tordus, et surtout son efficacité. Le Florentin (peut-être en espérant aussi cyniquement son échec, qui sait ?) lui laisse alors une large marge de manœuvre. La gestion du dossier bascule alors clairement des diplomates vers les hommes d’action du ministre de l’Intérieur. Dans le même esprit, sur les conseils de ce dernier, Paris envoie à l’été 1987 le porte-avions Clemenceau et son groupe aéronaval au large des côtes iraniennes (opération Prométhée), afin de protéger les intérêts français dans le Golfe mais surtout mettre un coup de pression supplémentaire et adresser un signal stratégique clair à Téhéran : cette fois, la France est prête à aller au bout du rapport de force.

Et soudain, miracle : les mollahs, qui nous croyaient mous, se découvrent des envies de parler. 

Détail succulent : durant cette fameuse “guerre des ambassades”, les services secrets britanniques avaient intercepté des écoutes entre Téhéran et l’ambassade iranienne à Paris et voici quel avait été le message des autorités iraniennes à leurs diplomates : « Faites très attention, Pasqua n’est pas un Français, c’est un Corse et un bandit ! S’il donne l’assaut sur votre ambassade, donnez-vous la mort ! »

C’est là qu’intervient les réseaux corses de Pasqua et Jean-Charles Marchiani, autre homme d’une époque où l’État savait encore employer des serviteurs qui n’avaient pas été calibrés uniquement pour rédiger des notes en corps 12. Ancien du renseignement, opérateur des marges, Marchiani fut l’instrument de cette diplomatie parallèle que les âmes pures réprouvent toujours après coup, mais dont elles sont bien contentes quand elle ramène les otages à la maison. Avec Pasqua, il ouvre des canaux, prend des risques, parle aux bons intermédiaires, agit là où les voies officielles patinaient. Et il agit avec une idée simple : il faut à la fois négocier et impressionner. En géopolitique, les bons sentiments sans levier sont des chèques sans provision. Les archives, les témoignages et les travaux récents convergent sur ce point : Pasqua centralise, Marchiani exécute, ils échangent en corse pour éviter les fuites et les écoutes. Le tandem parvient ainsi à retourner le rapport de force au moins partiellement. Pierre Manenti rappelle lui aussi combien Pasqua fut alors un acteur majeur des affaires internationales et de cette diplomatie de l’ombre qui manque tant à la France d’aujourd’hui.

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Affaire Eurodif et affaire Gordji : comment Pasqua a fait plier l’Iran sans capituler

Le point décisif, c’est que Pasqua ne s’est pas contenté « de montrer les dents », comme me le confia Jean-Charles Marchiani. Il a compris qu’il fallait solder ce qui devait l’être sans jamais donner le sentiment de capituler. C’est tout le dossier Eurodif. Là encore, il faut sortir des fables. Oui, la France devait de l’argent à l’Iran au titre d’un contentieux ancien. Et oui, régler un contentieux légitime n’est pas se coucher ; c’est rétablir un rapport clair entre ce qui relève du dû et ce qui relève du chantage. 

Il faut aussi rappeler que les tensions franco-iraniennes de l’époque ne sortaient pas de nulle part : la France soutenait activement l’Irak de Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak (1980-1988), notamment par des ventes d’armes et un appui politique (et militaire), ce que Téhéran considérait comme une hostilité directe – un point largement documenté par Pierre Razoux dans son ouvrage de référence La guerre Iran-Irak 1980-1988 (Perrin, 2013), qui montre combien attentats en France, prises d’otages et rivalités régionales étaient étroitement imbriqués dans ce conflit global.

Dès lors, Pasqua l’a compris : on peut rendre l’argent que l’on doit et, dans le même mouvement, montrer la force, tenir la ligne rouge, refuser l’humiliation et exiger des contreparties concrètes. C’est exactement l’inverse de notre diplomatie contemporaine, qui a souvent le chic pour accumuler les concessions symboliques sans jamais récolter le moindre dividende stratégique. Autrement dit, Pasqua ne faisait pas des courbettes ; il faisait des comptes. Ce qui, face à Téhéran, est déjà une forme supérieure d’intelligence. 

Bien sûr, les belles âmes objecteront qu’il y eut marchandages, zones d’ombre, intermédiaires troubles et transactions inavouables. Sans doute. Mais en histoire réelle, pas dans les dissertations de Sciences Po ou sur les bancs de l’ENA, les crises de ce type se règlent rarement avec de la porcelaine. La question sérieuse n’est pas de savoir si l’opération fut chimiquement pure. La question est : la France a-t-elle fait reculer un État commanditaire qui utilisait le terrorisme comme levier ? La réponse est oui, au moins à ce moment-là. Elle a fait cesser une dynamique d’attentats, elle a récupéré ses otages, elle a forcé Téhéran à traiter. Le reste relève surtout de l’hypocrisie rétrospective des impuissants. Quand on veut sortir des Français du pétrin et affronter des hyènes, mieux vaut des lions que des caniches dirigés par un paon ! 

La leçon Pasqua pour la France au Moyen-Orient

Cette séquence dit également autre chose, plus large, plus dérangeante. La France n’est jamais aussi ridicule qu’au moment où elle confond morale d’apparat et politique étrangère. Pasqua, lui, ne comprenait pas le Moyen-Orient comme un sujet de séminaire ou un colloque sur la résilience normative, mais comme un théâtre de puissances, de clientèles, de fidélités et de menaces. Il savait que la crédibilité y repose moins sur les discours que sur la mémoire qu’on laisse chez l’autre. Si vous cédez sans frapper, vous invitez au prochain chantage. Si vous frappez sans parler, vous préparez l’escalade. Si vous parlez en tenant le bâton bien visible, alors vous avez une chance. C’est rude, oui. Mais c’est le réel.

Dans Les Trente Honteuses, j’avais montré combien la France avait perdu au Moyen-Orient par arrogance technocratique, ignorance culturelle, souvent par idéologie, et renoncements emballés dans le papier cadeau du “réalisme”. Sans parler de sa politique commerciale dans la région et qui a toujours poussé ses dirigeants à accepter toutes les humiliations pour quelques litres de pétrole et des promesses de signatures au bas d’un contrat, tout cela en trahissant nos anciens alliés israéliens et en abandonnant lâchement les chrétiens du Levant…

Dans cette partie du monde plus qu’ailleurs, on a que mépris pour ceux qui se renient, comme le rappela Michel Rocard le 28 février 1986 à propos de l’attitude française pendant la guerre civile du Liban : « Dans le monde arabe, c’est la parole qui engage l’honneur ; on y est respecté en fonction du respect de ses amitiés. L’autorité de la présence et de la parole française au Proche-Orient passait par les relations préférentielles que nous avions avec les Maronites du Liban. Quand devant un Arabe on laisse tomber ses propres amis, fussent-ils des ennemis de l’Arabe en question, on se déconsidère. Notre pays a perdu un peu de son droit de parler au Proche-Orient ».

L’épisode Pasqua-Marchiani fait donc figure d’exception : un moment où Paris a su sortir du bavardage pour redevenir crainte et intelligible. 

Il faut d’ailleurs rappeler que Pasqua démontrera une nouvelle fois cette efficacité lors de son second passage à la Place Beauvau (1993-1995), face au terrorisme islamiste du GIA algérien, notamment lors de la prise d’otages de l’Airbus A300 d’Air France à Marignane en décembre 1994, où la fermeté de l’État et l’intervention du GIGN mirent fin à la crise. 

Pierre Manenti, dans son remarquable Charles Pasqua (Éditions Passés Composés, 2025), rappelle également cette dimension d’homme de l’ombre, de réseaux et d’autorité, qui faisait de lui davantage qu’un simple ministre de l’Intérieur mais peut-être bien l’un des derniers véritables hommes d’État français !

Le fond de l’affaire tient en une phrase : Pasqua avait compris que l’Iran des mollahs ne respecte que deux choses, la force et la clarté. Nos dirigeants actuels, eux, confondent encore fermeté et agitation, diplomatie et communication, présence et influence, action et gesticulation. Résultat : hier, la France faisait encore peur ; aujourd’hui, elle demande presque pardon d’exister. Et dans cette région, quand on ne vous craint plus, on ne vous écoute déjà plus.

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