ÉVÈNEMENT – À Paris, une mobilisation de 100 000 participants pour dénoncer les exécutions en Iran et affirmer une alternative démocratique

Par Kaveh Farzan
Le samedi 16 mai 2026, des milliers d’Iraniens et des personnalités américaines notamment, l’ambassadrice Carla Sands, le général Wesley K. Clark, qui avait commandé les forces alliées de l’OTAN en Europe ou l’ancien membre du Congrès américain, Patrick J. Kennedy, se sont réunis dans la capitale américaine pour le grand rassemblement « Washington Free Iran », envoyant un message fort contre les exécutions en Iran et de solidarité avec le Conseil national de la résistance iranienne. Cette manifestation était le prélude d’une autre beaucoup plus importante.
Les intervenants ont annoncé qu’alors qu’une nouvelle vague d’exécutions politiques frappe l’Iran, une mobilisation d’une ampleur exceptionnelle – à hauteur de près de 100 000 participants – se prépare à Paris. Plus de 300 associations de la diaspora iranienne se mobilisent pour cette future manifestation le 20 juin prochain, date anniversaire de la résistance en Iran. Son premier objectif est clair : dénoncer sans ambiguïté la multiplication des condamnations à mort et la politique de terreur menée par le pouvoir iranien contre celles et ceux qui continuent de réclamer liberté, justice et dignité.
Mais réduire cette initiative à une simple manifestation de protestation serait en manquer la portée politique.
Cette mobilisation entend également porter un message structurant : l’existence d’une alternative démocratique en Iran, capable de rassembler au-delà des clivages politiques traditionnels.
Depuis plusieurs mois, les autorités iraniennes ont intensifié les arrestations arbitraires, les procès expéditifs et les exécutions. Dans ce contexte, la peine capitale n’apparaît plus seulement comme un outil judiciaire, mais comme un instrument central de gouvernance par la peur. Pourtant, l’histoire récente de l’Iran montre que la répression la plus dure ne parvient pas à étouffer durablement une société traversée par des aspirations profondes au changement.

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C’est dans ce cadre que s’inscrit la mobilisation de Paris.
Elle réunira des femmes et des hommes issus de sensibilités politiques diverses, unis par un refus commun : celui de toutes les formes de dictature, qu’elles soient monarchiques ou théocratiques. Cette convergence politique est essentielle. Elle signifie que le débat sur l’avenir de l’Iran ne se réduit pas à un face-à-face entre le régime actuel et une nostalgie du passé, mais ouvre un horizon alternatif fondé sur des principes démocratiques.
Ce socle commun repose sur des engagements clairs : pluralisme politique, séparation de la religion et de l’État, égalité entre les femmes et les hommes, abolition de la peine de mort, respect des libertés fondamentales et souveraineté populaire. Cela fait partie d’un plan en 10 point proposé par Maryam Radjavi, présidente-élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).
La question de la diaspora iranienne et de son rôle politique donne également à cette mobilisation une profondeur particulière.
L’expérience des dernières décennies montre que les mobilisations iraniennes à l’étranger ne sont jamais isolées du contexte intérieur. À la fin des années 1970, les protestations contre le régime du Shah lors de ses déplacements en Europe et aux États-Unis ont contribué à internationaliser la crise politique iranienne et à amplifier la visibilité de l’opposition. Plus largement, ces mobilisations ont illustré un fait durable : la diaspora iranienne constitue un espace politique transnational, dont les prises de position résonnent avec les dynamiques internes du pays.
Dans cette continuité historique, la mobilisation de Paris se veut à la fois un acte de solidarité et une prise de position politique.
Elle intervient à un moment où le pouvoir iranien cherche à consolider son autorité par l’intimidation et la multiplication des exécutions. Face à cette stratégie, les organisateurs entendent affirmer que la réponse ne peut être ni le silence ni la résignation, mais la reconnaissance d’une alternative politique crédible, structurée et porteuse d’un projet démocratique.
Au-delà des chiffres et de l’ampleur annoncée, cette mobilisation vise donc à poser une question centrale à l’opinion internationale : quelle issue politique pour l’Iran ?
À Paris, la réponse avancée est double. D’une part, une condamnation sans équivoque de la répression et des exécutions politiques. D’autre part, l’affirmation qu’un avenir démocratique pour l’Iran n’est pas une abstraction, mais une perspective politique portée par une partie organisée de la société iranienne et de sa diaspora.
Dans un contexte international souvent dominé par l’hésitation et les calculs géopolitiques, cette mobilisation entend rappeler une évidence politique fondamentale : aucune stabilité durable ne peut se construire sur la peur et la répression. Elle ne peut naître que d’un processus dans lequel le peuple iranien retrouve la maîtrise de son destin.

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