EXCLUSIF – Le Grand Entretien du Diplomate avec Jean-Michel Fauvergue : Ni capitulation ni résignation, osons le courage !

EXCLUSIF – Le Grand Entretien du Diplomate avec Jean-Michel Fauvergue : Ni capitulation ni résignation, osons le courage !

lediplomate.media — imprimé le 26/10/2025
Couverture du livre Ni capitulation ni résignation – Osons le courage ! de Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID et député, publié chez Fayard en 2025. Un appel à la résilience, au courage collectif et à la défense des valeurs françaises, sur fond de Paris et du drapeau tricolore
Réalisation Le Lab Le Diplo

Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID (2013-2017) et député LREM (2017-2022), est une voix de référence sur la sécurité et la résilience nationale. À la tête de l’unité d’élite lors des attentats du Bataclan, il a affronté des crises majeures, avant de contribuer à la loi sur la sécurité globale comme parlementaire. 

Dans son nouveau livre, Ni capitulation ni résignation, Osons le courage !, Fayard, 8 octobre 2025, Fauvergue dresse un diagnostic lucide des fractures françaises – insécurité urbaine, désunion sociale, défis identitaires – tout en proposant une vision audacieuse pour une renaissance par l’action collective. En 2025, alors que la France fait face à des violences croissantes et à un contexte géopolitique tendu, son ouvrage résonne avec les enjeux globaux : terrorisme, migrations, cybermenaces. 

Dans cet entretien pour Le Diplomate Média, Fauvergue explore les crises nationales et internationales, et partage ses solutions pour une France résiliente, capable de rayonner sur la scène mondiale.

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Propos recueillis par Angélique Bouchard 

Le Diplomate : En 2025, la France est confrontée à des violences urbaines, des tensions migratoires et un contexte géopolitique marqué par des rivalités internationales. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire Ni capitulation ni résignation : Osons le courage ! dans ce moment critique ?

Jean-Michel Fauvergue : Les tourments de la France ne sont pas nouveaux et ce livre a été écrit à l’occasion des dix ans de l’attentat du Bataclan. L’idée est tout simplement de s’interroger dix ans après l’horreur : la question est simple où en sommes-nous collectivement de notre courage ? Avons-nous tous ensemble progressé vers plus de résistance de résilience et moins d’individualisme. La réponse est non. Pouvons-nous encore le faire ? La réponse est oui, si nous nous ressaisissons rapidement.

Votre titre oppose la capitulation et la résignation pour prôner un courage collectif. Quel message adressez-vous aux décideurs politiques et diplomatiques face aux défis globaux actuels ?

Le message est limpide : analysez les causes de notre inexorable déclin qui dure depuis des décennies (en ce domaine le problème de la dette est caractéristique), ne vous mentez pas, ne nous mentez plus, travaillez sur des stratégies de temps long et mettez-les en œuvre avec courage et sans les abandonner à la première difficulté. Ces recommandations ne s’adressent pas seulement aux décideurs mais à tous les français, cessons de nous plaindre plus que de raison abandonnons un peu notre individualisme forcené pour (re)faire cause commune.

Vous analysez les fractures françaises, notamment l’insécurité croissante. Comment la montée des violences urbaines et des menaces hybrides, comme la désinformation ou les cyberattaques, affecte-t-elle la position de la France dans un monde multipolaire ?

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La France est effectivement attaquée de toutes parts par les menaces que vous listez. Elle doit aussi faire face au danger du retour de la guerre en Europe, au danger d’une « décivilisation » prôné par un islam radical très présent renforcé d’une forte immigration illégale qui a du mal à intégrer nos valeurs traditionnelles (égalité homme/femme, laïcité etc…), au danger d’une criminalité tentaculaire de réseaux (stupéfiants, trafic de cigarettes) particulièrement violente. Ces menaces contribuent à affaiblir notre puissance à l’intérieur de nos frontières et notre positionnement à l’international. Dans ces domaines aussi il est temps de revenir à plus de lisibilité dans nos politiques et de rigueur d’application.

Les tensions migratoires et le terrorisme restent des défis majeurs pour l’Europe. Comment évaluez-vous leur impact sur la cohésion nationale et sur le rôle de la France dans la sécurité régionale ?

Les tensions migratoires et le terrorisme ne sont pas l’apanage de la seule Europe, mais il faut bien reconnaitre que le système de construction européen ne favorise pas à priori des décisions rapides et fermes dans ce domaine même si on constate que depuis les dernières élections au parlement européen les majorités s’orientent vers des décisions prônant plus d’efficacité. L’impact des flux migratoires débridés se ressent sur l’insécurité (même s’il convient de le rappeler avec force, tout délinquant n’est pas étranger et si tout étranger n’est pas délinquant) et sur un sentiment des populations d’être submergé. La cohésion nationale s’en trouve menacée et les tensions exacerbées. Il est temps collectivement au sein de l’UE, mais aussi au niveau national de lutter contre les phénomènes illégaux. Il faut s’appliquer à renvoyer systématiquement les étrangers (en situation illégale ou non) qui ont commis des délits sévères ou des crimes ou sont impliqués dans la préparation d’actions violentes de toutes sortes (immigration agressive – cf. mon livre), avec l’aide de l’Europe il faut réduire le nombre insensé d’arrivée de migrants et mieux réguler les demandes d’asile (immigration submersive), mais en revanche il faut accueillir  une migration de main d’œuvre et de talent et contribuer à son adaptation et son assimilation (immigration sélective).

En tant qu’ancien chef du RAID, vous avez une expertise unique sur le terrorisme. Comment les dynamiques géopolitiques, comme les conflits au Moyen-Orient ou en Afrique, influencent-elles les menaces sécuritaires en France aujourd’hui ?

La France a été touchée par le terrorisme islamique depuis la fin de la guerre d’Algérie, avec des périodes plus denses que d’autres. Le mouvement n’est donc pas nouveau et les dangers en ce domaine proviennent de toutes les régions soumises à une influence de ce type (Pays du Maghreb, Algérie en particulier, Asie centrale, Afghanistan etc…). Récemment en dehors de deux alertes en Allemagne et aux Pays-Bas, les pays membres de l’UE et la France en particulier n’ont pas été touchés pas un terrorisme se revendiquant du Hamas. Pour autant le conflit dans cette région du monde intensifie sur notre territoire national les tensions entre communautés se revendiquant de l’une ou l’autre des parties. Il en résulte une montée exponentielle d’actes antisémites qui pourraient se traduire dans l’avenir par des actions violentes. Face à cette dégénérescence il est urgent de réagir avec vigueur et courage et de solliciter des réponses judiciaires intransigeantes ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui. 

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Vous appelez à une renaissance nationale par l’action collective. Quelles mesures concrètes proposez-vous pour contrer l’insécurité intérieure tout en renforçant la crédibilité de la France comme acteur géopolitique ?

Dans mon livre, je pointe une problématique qui s’est généralisée, celle d’abandonner l’intérêt collectif pour se recentrer exclusivement sur le droit des individus. Les évolutions de ces dernières décennies nous ont poussé dans cette impasse : Une individualisation forcenée due a un consumérisme débridé doublé de facilités de communication personnalisées à travers l’usage des réseaux sociaux ; Les tribunaux et cours de justices tranchant souvent les litiges en faveur des droits individuels au détriment des droits collectifs ; un État de plus en plus mis en cause et condamné ce qui met irrémédiablement en péril les règles communes du vivre ensemble. 

Je propose de revenir à une interprétation et une vision plus forte des intérêts communs pour renforcer notre État, donc notre nation à l’intérieur de nos frontières ce qui donnera à la France plus de crédibilité comme acteur géopolitique majeur.

Face aux menaces globales comme le terrorisme ou la cybercriminalité, comment la France peut-elle consolider ses partenariats sécuritaires, notamment via des cadres comme Interpol ou l’Union européenne ?

La France et ses services de justice et de police travaillent déjà avec les services internationaux de manière régulière et fluide, non seulement avec Interpol au niveau mondial, mais aussi avec les agences européennes comme Europol ou Eurojust. Dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine les membres de L’UE viennent récemment dans le cadre du dernier pacte sur l’asile et l’immigration de renforcer les pouvoir de Frontex tant dans le domaine du renseignement opérationnel que des reconduites dans leurs pays d’origine des migrants clandestins, mais pour l’instant les résultats de terrain se font attendre, il faut sans doute accélérer ce processus. 

La désinformation, souvent pilotée par des acteurs étrangers, fragilise les démocraties. Quelles stratégies proposez-vous pour que la France renforce sa résilience face à ces campagnes, et quel rôle l’Europe peut-elle jouer ?

Dans le domaine particulier de la désinformation, comme dans beaucoup d’autres (cyber attaques – lutte contre le terrorisme – blanchiment d’argent – lutte contre les réseaux internationaux de trafiquants divers et variés) la France doit augmenter ses ressources capacitaires en propre mais aussi approfondir les échanges et les stratégies communes avec les pays de l’UE.

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Votre expérience au RAID, notamment lors des attentats de 2015, a façonné votre vision du courage. Quel moment clé de cette période illustre le mieux l’état d’esprit que vous défendez dans votre livre ?

En réalité le courage ne me semble pas être une qualité innée, c’est un mode de vie, une orientation qui se travaille tout au long d’une existence.  Ainsi j’ai pris le commandement du RAID en 2013 après trente-cinq années passées au sein de la police il me semble qu’humainement, professionnellement, psychologiquement j’étais à maturité pour tenir mon rôle, affronter les dangers qui se sont présentés à la tête d’hommes et de femmes exceptionnels.  

Je n’ai aucun mérite, car au cours de ces années, mes expériences diverses m’ont appris, que paradoxalement, il est plus facile d’affronter rapidement les problèmes et donc faire preuve d’un minimum de courage que de les repousser et de les subir à nouveau, à nouveau et à nouveau et rendre les situations inextricables.

Vous insistez sur une mobilisation collective pour surmonter les crises. Comment les citoyens, les élus locaux et les diplomates peuvent-ils, à leur échelle, incarner ce courage pour renforcer la France face aux défis intérieurs et mondiaux ?

Tous ensemble quels que soient nos positionnements et nos fonctions nous aurons plus de facilité de renforcer la France si nous nous persuadons que notre pays possède des atouts exceptionnels. Nous devons être fiers de notre pays, nous le devons à ceux qui ont sacrifié leurs vies pour la France. 

Pour les lecteurs du Diplomate Média – étudiants, diplomates, militaires, décideurs, analystes –, quel message clé retenez-vous pour que la France incarne ce courage en 2025, tant sur le plan national qu’international ?

Je pense que le moment est venu de cesser de nous plaindre sempiternellement, la France est un des pays ou la richesse est la plus redistribuée, ou la solidarité organisée fonctionne le mieux, nous avons des diversités extraordinaires sur notre territoire national, dans nos régions, dans nos outre-mer, un territoire marin riche et étendu, nous avons certes, encore beaucoup de progrès à réaliser mais reconnaissons ces avantages là et il y en a beaucoup d’autres. 

Ayons le courage de cette lucidité et alors de l’avant.

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