
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie).
Ces derniers mois, l’alliance de renseignement connue sous le nom de Five Eyes, qui depuis des décennies constitue le cœur de l’échange d’informations entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, traverse une crise sans précédent.
L’élection de Donald Trump pour un second mandat a déclenché une série de décisions et d’orientations qui érodent la confiance entre les membres de ce partenariat historique, soulevant de profondes interrogations sur sa pérennité. Au centre des tensions se trouve la redéfinition des activités de renseignement par les États-Unis, qui, en plus d’impliquer une réorganisation structurelle de leurs agences, pourrait conduire à une réduction du partage d’informations avec leurs alliés. Un changement qui, dans le contexte géopolitique actuel, revêt une importance cruciale.
Ce qui inquiète le plus les partenaires, c’est l’attitude de la nouvelle administration américaine à l’égard de la Russie. Depuis sa réélection, Trump a manifesté sa volonté de normaliser les relations avec Moscou, une rupture nette avec la stratégie adoptée par l’administration Biden. Cette nouvelle ligne, perçue comme un assouplissement des tensions historiques entre Washington et le Kremlin, suscite cependant une méfiance croissante envers la Maison-Blanche. Certains membres des Five Eyes, ainsi que d’autres nations alliées des États-Unis – notamment l’Arabie saoudite et Israël – craignent qu’un rapprochement américain avec la Russie ne se traduise par une diminution de la confidentialité dans le traitement des informations sensibles, avec le risque que des données stratégiques tombent indirectement entre les mains de Moscou.
Un épisode qui a amplifié ces préoccupations a été la décision récente de Trump de suspendre le partage de renseignements militaires avec l’Ukraine. Cette décision soudaine a pris de court plusieurs alliés. Officiellement, l’administration a justifié cette mesure comme un moyen de faire pression sur Volodymyr Zelensky pour qu’il accepte des négociations de paix avec la Russie. Cependant, cette initiative a suscité une vague de réactions négatives, en particulier en Europe. La France, bien que ne faisant pas partie des Five Eyes, a immédiatement déclaré qu’elle continuerait à fournir des renseignements à l’Ukraine de manière autonome, le ministre de la Défense Sébastien Lecornu soulignant que la sécurité de Kiev était une priorité stratégique pour Paris.
La situation est différente pour le Royaume-Uni, historiquement le partenaire le plus proche de Washington en matière de renseignement. Londres se trouve dans une position délicate : d’un côté, sa coopération avec les États-Unis dans le cadre des Five Eyes est essentielle ; de l’autre, la décision de Trump d’interrompre les flux d’informations vers Kiev soulève des questions. Le gouvernement britannique est confronté à un dilemme : si les États-Unis décident de restreindre l’accès aux informations, les autres membres de l’alliance peuvent-ils les partager avec des tiers sans enfreindre les protocoles de sécurité ? L’ancien ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a qualifié la décision de la Maison-Blanche de “geste qui étouffe les espoirs de l’Ukraine”, illustrant ainsi la frustration qui règne parmi les responsables militaires de Londres.
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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