
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie). Membre du comité des conseillers scientifiques internationaux du CF2R.
L’ombre de George Soros et de son réseau d’ONG s’étend une fois de plus sur l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Un partenariat de longue date, consolidé par des décennies de financements et de stratégies communes. Rien de nouveau sous le soleil : dès 2017, la Heritage Foundation, l’un des principaux think tanks conservateurs américains, dénonçait le fait que les Open Society Foundations (OSF) étaient devenues le principal instrument de mise en œuvre des aides de l’USAID depuis au moins 2009. Une accusation lourde, mais qui trouve des confirmations dans les documents officiels.
En 1993, l’USAID signait un accord avec le Programme de Formation en Gestion des fondations Soros pour former trente “professionnels” venant de Bulgarie, Estonie, Pologne, Roumanie et Slovaquie. Puis, au début des années 2000, une série de révolutions de couleur, du Caucase à l’Europe de l’Est, voyait en première ligne les ONG de Soros et les financements massifs de Washington. Sans surprise, en 2003-2004, l’USAID et l’International Renaissance Foundation de Soros travaillaient main dans la main pour soutenir la Révolution orange en Ukraine. Une coopération étroite, qui valait, pour 2003 seulement, 54,7 millions de dollars, auxquels s’ajoutaient 34,11 millions en 2004.
Le même schéma se reproduisait ailleurs, avec des noms différents mais la même orchestration. En 2018, l’organisation juridique conservatrice Judicial Watch révélait que l’USAID avait financé l’agenda mondialiste de Soros au Guatemala. Un investissement colossal : entre 2015 et 2018, 100 millions de dollars avaient été utilisés pour soutenir des mouvements et des organisations de la “société civile” en Amérique latine. Même scénario en Albanie, où, en 2016, l’USAID allouait 9 millions de dollars à un projet supervisé par l’East West Management Institute, une autre organisation affiliée à Soros.
Mais le problème n’est pas seulement dans le passé. Il suffit d’observer le présent pour comprendre que la machine tourne toujours à plein régime. En 2024, le président Joe Biden a demandé pour l’USAID un budget de près de 30 milliards de dollars pour l’exercice 2025. Une somme astronomique, dont une partie substantielle continuera d’alimenter les ONG et les programmes inspirés par l’agenda de Soros.
CHRONIQUE – Scandales de l’USAID et de
Trump contre-attaque : le gel des financements de l’USAID
Tout le monde n’a pas accepté cette alliance USAID-Soros sans broncher. L’administration de Donald Trump, entre 2017 et 2021, avait tenté de mettre un frein à cette machine à financer l’ingérence mondiale. Pas par pure idéologie, mais par une nécessité politique : réduire le rôle des États-Unis en tant que sponsor des révolutions de couleur, des interférences dans les États souverains et des opérations de déstabilisation camouflées en aide humanitaire.
Un premier signal fort arrive en 2017, lorsque des sénateurs républicains, dont Mike Lee et Ted Cruz, demandent officiellement au Département d’État d’expliquer le rôle de l’USAID dans le financement des mouvements politiques liés à Soros dans des pays comme la Macédoine, l’Albanie et le Guatemala. Le soupçon ? L’agence fédérale, sous prétexte de “promotion de la démocratie”, utiliserait des fonds publics pour financer des forces politiques de gauche et des groupes radicaux, dans le but d’influencer les équilibres locaux.
En 2018, sous la direction de Mike Pompeo, le Département d’État lance une révision interne des financements de l’USAID et de ses partenaires. Dans le collimateur : les financements vers les ONG d’Amérique latine et des Balkans, notamment celles liées à Soros. Judicial Watch, grâce à des documents obtenus via le Freedom of Information Act, révèle que l’USAID a dépensé des millions de dollars pour soutenir des activistes de gauche au Guatemala, avec pour objectif de pousser des politiques progressistes et de miner le gouvernement conservateur en place.
En 2019, nouvelle offensive : Trump réduit drastiquement les financements des programmes de “promotion de la démocratie” en Europe de l’Est. En clair, moins d’argent pour les projets qui, sous couvert de démocratisation, servaient en réalité d’instruments d’ingérence politique. La logique est simple : les États-Unis ne doivent plus utiliser l’argent des contribuables pour alimenter des mouvements politiques étrangers, surtout lorsque ceux-ci s’opposent à des gouvernements élus démocratiquement.
Le coup de massue arrive en 2020, lorsque Trump prend directement Soros pour cible. Après des années de tensions, son administration tente de bloquer l’accès des Open Society Foundations aux fonds fédéraux. Une bataille difficile, tant les liens entre l’USAID, le Département d’État et l’OSF sont profondément ancrés. Mais le message est clair : l’ère où Soros et ses alliés pouvaient compter sur des financements publics sans obstacles touche à sa fin.
Ces ONG américaines qui ont préparé l’Ukraine à la guerre
2025 : Trump revient et frappe fort
Le problème ? L’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche en 2021 inverse complètement la tendance. Dès son entrée en fonction, le nouveau président rétablit de nombreux financements coupés par Trump et relance les programmes de “promotion de la démocratie”. En 2024, Biden demande un budget de près de 30 milliards de dollars pour l’USAID, dont une partie significative continue d’affluer vers les ONG affiliées à Soros.
Mais le retour de Trump en 2025 change à nouveau la donne (Voir l’article d’Angélique Bouchard). Dès les premières semaines de son mandat, il signe un décret gelant les financements de l’USAID pour une période de 90 jours, mettant ainsi un frein immédiat aux subventions destinées aux ONG internationales. Le secrétaire d’État Marco Rubio prend en charge l’administration intérimaire de l’agence, supervisant un plan de réduction drastique des opérations de l’USAID.
L’objectif est clair : réduire le rôle de l’USAID dans l’ingérence politique mondiale et recentrer les fonds publics sur les intérêts directs des États-Unis. Dans cette optique, l’administration Trump explore même la possibilité d’intégrer l’USAID au Département d’État, une initiative qui provoquerait une restructuration majeure de l’aide américaine à l’étranger.
Si ce projet aboutit, ce serait un tournant historique : l’USAID, après des décennies de financement massif d’ONG et d’opérations de soft power, cesserait d’être un acteur clé du réseau mondialiste.
L’Europe diversitaire et multiculturelle à l’épreuve de ses
Un modèle en crise
Le démantèlement progressif de l’USAID sous Trump représente une rupture majeure avec la politique étrangère américaine traditionnelle. Finis les grands programmes de soft power sponsorisés par Washington et pilotés par des ONG mondialistes. L’Amérique sous Trump ne veut plus être le “banquier” de la démocratie mondiale, mais un acteur pragmatique qui négocie directement avec les gouvernements souverains.
Dans cette nouvelle logique, les ONG comme celles de Soros voient leur influence diminuer, tandis que les États-Unis recentrent leur stratégie sur des accords bilatéraux et des priorités économiques directes.
Mais une question demeure : ce changement de cap sera-t-il durable ? Ou bien un futur retournement politique ramènera-t-il Washington à son ancien rôle de financier des révolutions globales ? Seule la suite du mandat de Trump le dira.
Ces ONG américaines qui ont préparé l’Ukraine à la guerre
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Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d’études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d’étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l’accent sur la dimension de l’intelligence et de la géopolitique, en s’inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l’École de Guerre Économique (EGE)
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
avec l’Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l’Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
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