TRIBUNE – CNRI : Décryptage d’une position souvent méconnue

TRIBUNE – CNRI : Décryptage d’une position souvent méconnue

lediplomate.media — imprimé le 18/04/2026
drapeau iranien planter dans le sol
Capture d’écran

Par Franck Radjai, Directeur de Recherche au CNRS et analyste à la FEMO 

Dès les tout premiers jours des frappes américano-israéliennes contre le régime iranien, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a annoncé la formation d’un gouvernement provisoire « chargé de transférer la souveraineté au peuple iranien et d’instaurer une république démocratique ».

Cette formation d’opposition iranienne qui a toujours mis en garde contre une politique complaisante des pays occidentaux à l’égard du régime clérical en Iran et rejeté également l’option de la guerre, prône un changement de régime par le peuple iranien et sa résistance organisée.  

Le CNRI, fondé en juillet 1981 à Téhéran, est une coalition pluraliste, composée de 456 membres, regroupant des organisations et personnalités, issues de diverses composantes ethniques et religieuses de l’Iran, dont une proportion importante de femmes. Il est doté d’un secrétariat et de 25 commissions qui sont les structures d’un gouvernement provisoire de transition. Tenant des réunions régulières, ainsi que des meetings publics, le CNRI est actuellement dirigé par sa présidente élue, Maryam Radjavi. 

Au cours des deux dernières décennies, elle a pris position à de nombreuses reprises sur les programmes nucléaires et balistiques iraniens. D’ailleurs c’est le CNRI qui a révélé en 2002, l’existence du programme secret nucléaire de Téhéran. Il a notamment mis en garde contre le risque d’un conflit et d’une crise majeure en l’absence d’une position ferme à l’égard du régime, par la communauté internationale. Cette alternative qui est la coalition politique la plus durable en Iran, appelle au démantèlement du programme nucléaire du pouvoir iranien et à un changement démocratique, porté par la « Résistance organisée » sur le terrain, conformément à un « Plan en 10 points » pour le futur de l’Iran que Mme Radjavi a rendu public, présenté comme une feuille de route vers la démocratie.

Le CNRI dispose de réseaux internationaux très actifs et de représentations dans plusieurs pays. Le CNRI entretient des relations étroites avec un nombre important de parlementaires et responsables politiques occidentaux, notamment aux États-Unis au sein des deux principaux partis. Il a obtenu le soutien de plus de 4 000 parlementaires issus d’une cinquantaine pays, ainsi que de 57 lauréats du prix Nobel, selon une déclaration publiée en mars 2026.

OMPI – Une résilience de soixante ans

L’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), ou Modjahedine-e-Khalgh (MEK) en persan, qui signifie combattants du peuple, est l’une des principales composantes du CNRI. L’OMPI est connue comme l’organisation la plus structurée de l’opposition iranienne.

Une brève histoire de l’OMPI

Peu d’études véritablement approfondies ont été consacrées à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). L’essentiel de la production médiatique et analytique repose encore largement sur des représentations héritées, souvent reprises sans examen critique. Ces représentations trouvent en partie leur origine dans les campagnes de délégitimation menées successivement par la Savak – la police politique du régime du Shah – puis par les appareils sécuritaires de la République islamique.

Dans ce cadre, l’OMPI est fréquemment décrite comme une organisation sectaire, d’inspiration islamo-marxiste, marginale et dépourvue d’ancrage social en Iran. À défaut, elle est qualifiée de mouvement « controversé », formulation qui tend à entériner implicitement ces caractérisations sans en interroger les fondements. Ces qualificatifs, bien que largement diffusés, reposent souvent sur des sources partisanes ou sur des lectures datées. 

La désignation de l’OMPI comme « Monafeghine » (« hypocrites ») par les autorités iraniennes s’inscrit dans une stratégie politique de disqualification visant à rompre tout lien entre cette organisation et la société iranienne. L’accusation de terrorisme, régulièrement mobilisée par Téhéran, participe de cette même logique. Si ces éléments ont pu être repris dans certains espaces médiatiques ou académiques, ils appellent néanmoins à être recontextualisés, tant au regard des sources qui les produisent que des objectifs politiques qu’ils servent.

Il convient dès lors de distinguer entre, d’une part, une construction discursive largement façonnée par des acteurs étatiques engagés dans un rapport conflictuel avec l’OMPI, et, d’autre part, la réalité historique et organisationnelle de ce mouvement. Nous proposons ici une approche objective basée sur l’évolution interne de l’OMPI dans le cadre des dynamiques politiques iraniennes contemporaines.

Fondée en 1965 par trois intellectuels – Mohammad Hanifnejad, Saïd Mohsen et Ali-Asghar Badizadegan – issus du Mouvement de libération inspirés par le combat du Premier ministre Mohammad Mossadegh avant le coup d’État de 1953, l’OMPI s’inscrit dans une trajectoire de contestation à la fois nationale et sociale. Face à la brutalité d’un pouvoir autoritaire monarchique, elle développe une lecture de l’islam pleinement compatible avec certains principes politiques modernes, notamment en matière de justice sociale et de participation politique.

L’évolution idéologique et organisationnelle de l’OMPI, en particulier à partir des années 1970, a fait l’objet de nombreuses interprétations, parfois contradictoires. Toutefois, ces débats ne sauraient occulter le fait que le mouvement s’est constitué dans un contexte de répression politique intense, marqué par l’arrestation et l’exécution de ses fondateurs par le régime monarchique. C’est dans ce cadre que Massoud Radjavi, alors prisonnier dans les geôles de Shah, en prend la direction en 1972, contribuant à sa restructuration et à sa continuité. L’OMPI est souvent décrit comme un allié de Khomeiny lors de « la révolution islamique » surtout par les milieux monarchistes qui veulent réécrire l’histoire à leur façon. La réalité est bien différente. L’OMPI a contribué largement à affaiblir la dictature du Shah par ses actions de résistance, mais le mouvement a été décapité par la Savak. Massoud Radjavi et les principaux dirigeants et membres survivant de l’OMPI se trouvaient en prison, à Evin ou ailleurs, pendant que la révolution éclata. Khomeiny a su profiter du vide créé par le Shah sur le terrain politique d’opposition. Par conséquent les Moudjahidine du peuple n’étaient plus un élément pouvant peser sur le cours de la révolution qu’ils ont d’ailleurs jamais accepté de qualifier d’« Islamique ». 

Le travail intellectuel et le combat de l’OMPI constituent un ensemble aux dimensions idéologique, politique et militaire. Musulmans pratiquants mais laïcs, les fondateurs des Moudjahidine du peuple ont contribué un travail remarquable de réforme de l’Islam déformé pas le clergé obscurantiste. C’est un mouvement qui s’est opposé à la mainmise du clergé. Des intellectuels iraniens non marxistes ont été largement influencé par ces travaux. Contrairement à ce qui est répandu dans les milieux universitaires en France, ce n’est pas l’intellectuel Ali Chariati qui a influencé les fondateurs de l’OMPI. Ce sociologue et islamologue formé en France fut lui aussi impressionné par les travaux ainsi que le courage de ce mouvement qui défia la dictature du Shah à une époque où il n’existait aucune perspective de renversement de l’autocrate. Mais le mérite de l’OMPI n’est pas seulement son opposition au Shah, mais sa résilience face à l’intégrisme religieux. L’OMPI s’est farouchement opposé au principe du guide suprême (Velayat-e Faqih, la suprématie du clergé religieux sur le pays, que défendait Khomeiny. 

Après la révolution de 1979, l’OMPI a joué un rôle clé dans la défense des libertés civiles et des droits humains. Elle s’est opposée fermement à l’instauration de la nouvelle dictature de Khomeiny, notamment en refusant de soutenir la nouvelle Constitution fondée sur le principe du Velayat-e Faqih. Elle a d’ailleurs refusé de participer aux gouvernements nommés par Khomeiny, et s’est placé immédiatement après la révolution comme une opposition au nouveau pouvoir. Interdite peu après, traité d’apostat par Khomeiny, elle a été la cible d’une répression massive : depuis 1981, plus de 120000 membres et sympathisants auraient été exécutés, dont environ 30000 prisonniers politiques lors du massacre de l’été 1988, qualifié internationalement de crime contre l’humanité. Cette reconnaissance a été confirmée en juillet 2024 par Javaid Rehman, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran. Dans son rapport « Atrocity Crimes », il conclut que les exécutions de 1988 constituent des crimes contre l’humanité et comportent des éléments de génocide à l’encontre des membres de l’OMPI.

Les positions politiques actuelles de l’OMPI d’après une littérature abondante et accessible se définissent dans la continuité de ses principes de base. En particulier, ce mouvement affirme rejeter toute forme de gouvernement autoritaire, qu’il s’agisse du système théocratique actuel ou de l’ancienne monarchie des Pahlavi. Cette position s’appuie notamment sur des slogans rapportés lors de mouvements de protestation en Iran, tels que « A bas le tyran, qu’il soit Shah ou guide suprême » ou « Ni Shah, ni mollah ». L’organisation met en garde contre ce qu’elle présente comme des tentatives de détournement de la révolution démocratique en faveur d’un retour à la monarchie et réaffirme son attachement au principe de souveraineté populaire.

La fondation du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI)

En juillet 1981, Massoud Radjavi a fondé en Iran, avec l’ancien président Abolhassan Bani Sadr, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Peu après, il a quitté clandestinement l’Iran à bord d’un avion de l’armée de l’air iranienne, piloté par le colonel Behzad Moezi, ancien pilote en chef du Shah et membre de l’OMPI. Ce vol avait été présenté comme une mission d’entraînement afin de déjouer la surveillance des autorités. Le Conseil national de la Résistance iranienne a rapidement rassemblé diverses personnalités et forces politiques iraniennes, parmi lesquelles le Dr Abdolrahman Ghassemlou, secrétaire général du Parti démocrate du Kurdistan d’Iran (PDKI), Mohammad Hossein Naghdi, diplomate ayant quitté ses fonctions de chargé d’affaires à Rome en 1982 pour rejoindre la Résistance et devenu représentant officiel du CNRI en Italie, ainsi que des représentants des guérilleros Fedayin du peuple et plusieurs autres formations  démocratiques.

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La fondation de l’Armée de libération nationale d’Iran

En 1986, dans le contexte d’une vague d’attentats en France attribués à des réseaux soutenus par le régime iranien, le gouvernement français, alors engagé dans des négociations avec Téhéran, a contraint les dirigeants de l’OMPI à quitter le territoire. Massoud Radjavi et les principaux responsables de l’organisation ont alors trouvé refuge en Irak. En 1987, l’OMPI y a fondé l’Armée de libération nationale d’Iran (ALN), une force militaire indépendante visant à combattre le régime des mollahs le long des frontières iraniennes. L’ALN a par la suite mené plusieurs opérations militaires d’envergure contre les forces du régime.

A la suite de l’invasion de l’Irak par les forces américaines en 2003, l’ALN a été volontairement désarmée conformément à des accords conclus avec le commandement militaire américain. Selon des documents officiels publiés, l’organisation détient les reçus attestant de la remise de 19 761 armes légères et lourdes aux forces américaines, dont 820 véhicules blindés, 1 123 mitrailleuses lourdes, 510 pièces d’artillerie, 308 systèmes de défense, 17 000 armes d’infanterie et 17 318 tonnes de munitions. Ces équipements auraient été confisqués sans compensation financière ou matérielle pour la Résistance iranienne.

La désignation terroriste : une politique d’apaisement envers le régime des mollahs

L’OMPI a été inscrite sur la liste des organisations terroristes des États-Unis en 1997, puis sur celle de l’Union européenne en 2002. Cette désignation a été présentée par certains responsables de l’administration Clinton comme un « geste de bonne volonté » à l’égard du président Mohammad Khatami, alors perçu comme un réformiste. Selon le Wall Street Journal (7 mai 2008), les autorités iraniennes avaient fait de l’inscription de l’OMPI sur ces listes une condition préalable dans leurs négociations avec les gouvernements occidentaux.

En France, le juge antiterroriste Marc Trévidic, à l’issue d’une enquête approfondie de plusieurs années, a abandonné les poursuites pour terrorisme dès 2011, avant de prononcer un non-lieu général en 2014, concluant à l’absence de preuves d’activités terroristes imputables à l’OMPI et reconnaissant le caractère légitime de sa résistance contre la tyrannie. A la suite d’une longue bataille judiciaire devant les tribunaux européens et américains, l’OMPI a finalement été retirée de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne en janvier 2009, puis de celle des États-Unis en septembre 2012, les décisions ayant conclu à l’absence de toute preuves justifiant son maintien sur ces listes. Suite aux persécutions qu’ils ont subi en Irak, près de 3000 membres de l’OMPI ont été relocalisés en Albanie à partir de 2014 dans le cadre d’un accord international sous l’égide de l’ONU et du HCR

Présence et activités en Europe et aux États-Unis

Le CNRI et l’OMPI ont développé une présence politique active et influente en Europe et aux États-Unis. Ils se sont notamment distingués par leur rôle dans la mise en lumière des violations des droits de l’homme et des crimes commis par le régime iranien. A ce titre, ils ont publié les premières listes détaillées de militants exécutés dans les années 1980, avant de révéler l’ampleur du massacre de près de 30 000 prisonniers politiques perpétré durant l’été 1988, avec plus de 90% étant affiliés à l’OMPI. 

En 2002, l’OMPI a révélé l’existence de sites nucléaires secrets à Natanz et Arak, déclenchant une crise internationale autour du programme nucléaire iranien. Cette révélation a été publiquement reconnue par de hauts responsables américains de l’époque. Le président George W. Bush a ainsi déclaré en mars 2005 que le programme nucléaire clandestin de l’Iran avait été découvert « non pas grâce aux inspections internationales, mais parce qu’un groupe dissident l’avait révélé au monde ». De son côté, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a affirmé : « C’est un groupe dissident qui a exposé Natanz » (Los Angeles Times, 25 mars 2005). Selon les experts, sans cette divulgation, l’ampleur du programme nucléaire iranien n’aurait pas été connue à ce stade. 

Par la suite, l’OMPI a exposé d’autres installations nucléaires dissimulées, ainsi que des éléments relatifs aux programmes de cyber-armée, de drones militaires et de missiles balistiques du régime. Elle a également rendu publiques, à plusieurs reprises, des informations sur la structure de commandement et les activités terroristes du Corps des Gardiens de la Révolution d’Iran (CGRI), en Iran et dans la région du Moyen-Orient.

Aujourd’hui, le CNRI bénéficie d’un large soutien parlementaire dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux États-Unis. Il poursuit activement ses actions en vue du renversement du régime théocratique et de l’instauration d’une république démocratique en Iran. Ces actions se traduisent notamment par des prises de position et des analyses en lien avec les événements en Iran, diffusées à travers des sites internet, des réseaux sociaux dédiés, une chaîne de télévision indépendante mais proche des positions de la résistance (Simaye Azadi). Depuis 2014, le CNRI et l’OMPI ont publié plus de trente ouvrages en anglais et en français portant sur la structure du régime, ses projets militaires et nucléaires, la répression interne, les soulèvements populaires en Iran, ainsi que les orientations stratégiques de la résistance organisée.

Le CNRI organise régulièrement des manifestations et des rassemblements publics, tandis que ses représentants interviennent auprès des parlements et des organisations internationales. En 2018, un grand rassemblement du CNRI à Paris a été la cible d’un complot terroriste orchestré par le diplomate iranien Assadollah Assadi, alors en poste à l’ambassade d’Iran en Autriche. Celui-ci a été arrêté puis condamné à une longue peine de prison, avec trois complices. Cet événement avait réuni plusieurs dizaines de milliers d’Iraniens ainsi que de nombreuses personnalités politiques internationalement connues. L’attentat à la bombe a été déjoué de justesse grâce à une opération coordonnée des services de sécurité allemands, belges et français. 

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Objectifs déclarés du CNRI : le Plan en 10 points et le transfert du pouvoir au peuple

Le CNRI rejette toute forme d’autocratie, qu’elle soit cléricale ou monarchique. Il affirme que le peuple iranien a déjà rejeté la monarchie et rejette aujourd’hui la théocratie. Dans tous ses textes fondateurs, le CNRI a affirmé que sa seule mission est de transférer la souveraineté au peuple iranien à travers des élections libres et démocratiques pour une assemblée constituante organisées au plus tard six mois après le renversement du régime des mollahs. 

Le 28 février 2026, le CNRI a officiellement annoncé la formation d’un gouvernement provisoire basé sur le Plan en 10 points de Maryam Radjavi. Ce plan prévoit :

  • Une république démocratique laïque et pluraliste ; 
  • Liberté d’expression, liberté de partis, liberté de rassemblements, liberté de la presse et du cyberespace
  • Garantie des libertés et des droits individuels et sociaux selon la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
  • Séparation de la religion et de l’État, liberté de culte et de religion.
  • Égalité complète des femmes et des hommes dans les droits politiques, sociaux, culturels et économiques ;
  • Une justice et un appareil judiciaire indépendants selon les normes internationales ; L’abolition de la peine de mort ;
  • Autonomie des minorités ethniques iraniennes ;
  • Protection de l’environnement ; 
  • Une économie de marché moderne
  • Un Iran non nucléaire, sans armes de destruction massive, la paix, la coexistence pacifique et la coopération régionale et internationale.

Ce plan constitue le socle des principes fondateurs du CNRI, ainsi que de plusieurs programmes détaillés adoptés depuis sa création. Parmi les plus marquants figurent notamment le plan pour l’autonomie du Kurdistan d’Iran, adopté en novembre 1983, celui relatif à la séparation de la religion et de l’État, adopté en novembre 1985, ainsi que le plan en faveur des libertés et des droits des femmes iraniennes, adopté en avril 1987.

Les Unités de Résistance : le réseau clandestin de l’OMPI à l’intérieur de l’Iran

Les Unités de Résistance constituent un réseau clandestin composé de citoyens ordinaires – étudiants, ouvriers, enseignants et professionnels –, mis en place, depuis douze ans, par l’OMPI à l’intérieur de l’Iran, opérant dans un contexte d’extrême répression. Selon l’OMPI, ces unités ont mené, au cours de l’année écoulée, 4 092 opérations visant des centres de répression, ainsi que 13 133 actions dites « anti-oppression » dans 31 provinces du pays. Par ailleurs, depuis 2022, elles ont maintenu une mobilisation continue à Zahedan (capitale de la province du Sistan-et-Baloutchistan) avec 172 vendredis consécutifs d’actions anti-oppression. Enfin, le 23 février 2026, l’OMPI affirme avoir mené une opération d’envergure au cours de laquelle 250 combattants ont ciblé le quartier général de Ali Khamenei à Téhéran, le même complexe qui a été bombardé une semaine plus tard, lors du premier jour de la guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Les actions dites « anti-oppression » couvrent un large éventail d’initiatives visant à diffuser les messages de l’OMPI au sein de la population. Elles comprennent notamment l’installation de banderoles de grande taille, la réalisation de graffitis à caractère révolutionnaire ainsi que la distribution massive de tracts. Malgré une répression particulièrement sévère — le régime continuant de qualifier l’OMPI d’« ennemi intérieur » et appliquant des sanctions extrêmes à toute personne soupçonnée d’y être affiliée — les actions des Unités de Résistance se multiplient et, selon leurs soutiens, bénéficient d’un appui croissant tant à l’intérieur de l’Iran qu’au sein de la diaspora. 

A la suite de l’annonce d’un gouvernement provisoire par le CNRI le 28 février 2026, les Unités de Résistance ont poursuivi leurs opérations à travers le pays, malgré un contexte particulièrement difficile, marqué à la fois par une guerre extérieure et par une intensification de la répression. Entre le 30 mars et le 4 avril, le régime a exécuté six membres d’une Unité de Résistance. Cet événement met en lumière la crainte qu’inspirent ces structures aux autorités, en raison du rôle potentiel qu’elles pourraient jouer dans un futur soulèvement populaire.

La résistance iranienne et la guerre 

L’OMPI et le CNRI estiment que la racine du conflit actuel réside dans les politiques agressives, nucléaires et terroristes du régime des mollahs et une attitude souple et complaisante de l’Europe et des Etats-Unis vis-à-vis de ce régime malgré les nombreuses alertes lancées par le CNRI.  

Dans un message audio le 23 mars 2026, Massoud Radjavi, le leader historique de l’OMPI, souligne qu’à l’opposé du régime théocratique et des partisans d’un retour à la monarchie, le CNRI ainsi que le gouvernement provisoire défendent « la paix et la liberté ». Cette formule constitue aujourd’hui le slogan central du CNRI et de l’OMPI face à la crise actuelle.

Il insiste sur le fait que « les bombardements et la guerre ne créent pas d’opportunité pour le soulèvement ; au contraire, le régime les utilise comme un bouclier pour masquer ses crises internes ».

Enfin, il rejette fermement l’hypothèse d’un « effondrement aérien » ou « spontané » du régime, insistant sur le fait que son renversement ne peut résulter que de l’action d’une « force combattante organisée sur le terrain » — en l’occurrence les Unités de Résistance de l’OMPI, fortes de douze années de travail clandestin et de l’expérience acquise au sein de l’Armée de libération nationale. 

Dans le même message public, Massoud Radjavi a salué l’opération qu’il qualifie d’« historique » menée par les Unités de Résistance à Téhéran le 23 février 2026, visant le quartier général du guide suprême. Il appelle le peuple iranien ainsi que la Résistance organisée à se préparer à une « transition victorieuse », évoquant la perspective d’une « guerre des guerres » (entre le peuple d’Iran et le régime des mollahs) au cours de ce qu’il désigne comme « l’année du destin ».

L’OMPI et le CNRI réaffirment que tout changement de régime doit aboutir au transfert de la souveraineté au peuple. Selon eux, cette transformation doit être menée par les Iraniens eux-mêmes, sans intervention militaire étrangère ni retour à l’ancienne dictature monarchique.

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