ANALYSE – Le Vietnam, phénix asiatique

Drapeau Vietnamien
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Pierre Bufacchi, Docteur en histoire, Professeur de français à l’École Internationale des Nations Unies de Hanoï

Plus que jamais, le Vietnam est au centre de l’actualité. Le 30 avril 2025, le pays a fêté les cinquante ans de la Libération du Sud et de la Réunification Nationale. Le président Emmanuel Macron était en visite officielle à Hanoï, les 26 et 27 mai 2025. Retour sur l’histoire et les progrès fulgurants d’une nation millénaire qui a des affinités avec la France, malgré un passé tumultueux. 

La République Socialiste du Vietnam (Cộng hòa Xã hội Chủ nghĩa Việt Nam) est un pays d’Asie du sud-est à la position hautement stratégique, qui borde la mer de Chine – que les Vietnamiens appellent la mer de l’Est – sur plus de 1700 km du nord au sud. Frontalier de la Chine, du Laos et du Cambodge, le Vietnam, pays de 100 millions d’habitants à la population jeune, est une puissance montante dans la région, et un allié de choix pour la France qui devrait tout faire pour renforcer ses liens réciproquement profitables avec le “Petit Dragon asiatique”. 

La gestation du Vietnam moderne se fait à travers deux guerres dont sort victorieux le Parti Communiste Vietnamien (PCV), issu de l’esprit de celui qui est encore de nos jours considéré comme le Père de la Nation vietnamienne : Nguyễn Sinh Cung, fondateur de la République démocratique du Vietnam, mieux connu sous son nom de guerre devenu son avatar politique, Hồ Chí Minh, “celui qui porte la lumière” ou “celui qui éveille la volonté nationale”.

Le Vietnam : La renaissance par le sang versé

La Guerre d’Indochine (1946-1954)

En 1945, celui qu’on appellera par la suite “Bác Hồ” (Oncle Hô) déclare, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’indépendance du Vietnam, alors partie intégrante de l’Union Indochinoise qui comprenait trois régions vietnamiennes aux statuts différents – le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine -, mais aussi le Laos et le Cambodge. La France souhaite en effet récupérer ses colonies asiatiques après le départ des Japonais en 1945. De 1946 à 1954, la guerre d’Indochine – appelée “Guerre de résistance contre les Français” par les Vietnamiens – oppose les indépendantistes menés par Hồ Chí Minh (le Việt Minh), à l’Armée française. Elle culminera dans la “bataille ultime”, l’héroïque défaite française et grande victoire vietnamienne de Điện Biên Phủ. 

Un pays divisé

Le pays est séparé en deux à la suite du retrait français, au niveau du 17e parallèle, à 80 km de Huế, en attendant des élections libres qui doivent engendrer une réunification et lui donner un gouvernement. Au nord, la République démocratique du Vietnam, dirigée par Hồ Chí Minh, prend le nom de République Socialiste du Vietnam, un État dirigé par le Parti Communiste Vietnamien (PCV), soutenu par l’Union Soviétique et la Chine, ayant pour capitale la ville de Hà Nội. Au sud, la République du Vietnam, un État capitaliste ayant pour capitale Sài Gòn, officiellement démocratique bien qu’il vire à la dictature dès 1955 sous la férule de son président, Ngô Đình Diệm, soutenu par les Etats-Unis. Dans ce sud s’agite alors le Front National de Libération du Sud-Vietnam, organisation communiste créée dans les années 1950, mieux connue sous le nom de Việt Cộng, et soutenue par le Nord, qui vise à unifier le pays sous la bannière communiste.

La guerre du Vietnam (1955-1975)

Afin d’empêcher les communistes de prendre le pouvoir au Sud et d’unifier le pays, les Etats-Unis, qui soutenaient déjà les Français et veulent mettre en oeuvre le containment, envoient des instructeurs et du matériel à l’Armée de la République du Vietnam (ARVN), puis engagent massivement des troupes, s’enlisant progressivement dans un conflit asymétrique sur un territoire qu’ils ne maîtrisent pas, parmi une population qu’ils méprisent et ne comprennent pas. Ne parvenant pas à saisir la culture et les mentalités vietnamiennes, les Américains s’étonnent toujours davantage de leurs échecs et ont recours à des méthodes brutales qui relèvent du crime de guerre : bombardements au napalm, dispersion d’agent orange, tapis de bombes, tortures, exécutions sommaires, massacres de civils etc. Au total, l’US Air Force a largué sur le Vietnam trois fois plus de bombes que l’ensemble des Alliés réunis pendant toute la Seconde Guerre mondiale. 

David contre Goliath

L’échec de l’engagement américain, miné par des revendications pacifistes et une agitation politique, voit l’Armée populaire du Nord et le Việt Cộng au Sud accumuler les victoires par des techniques de guérilla. En 1972, le Nord, qui s’est doté d’une défense antiaérienne sophistiquée fournie par l’Union soviétique et la Chine, abat les bombardiers B-52 Stratofortress américains à la chaîne au-dessus de Hà Nội. Érigée en symbole par les communistes, cette victoire à la David contre Goliath de “l’ingéniosité vietnamienne” face à la surpuissance technologique américaine est encore commémorée aujourd’hui par les Vietnamiens dans plusieurs musées de Hà Nội, et notamment le Bảo Tàng Chiến Thắng B.52 (“Musée de la victoire sur les B-52”). 

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La réunification (1975)

En 1973, les Américains se retirent du conflit, laissant derrière eux des champs de ruines, des environnements pollués, des populations massacrées, des millions de bombes et munitions non explosées qui constituent encore aujourd’hui un danger. Suite à une offensive massive du Nord qui envahit le Sud, Sài Gòn est prise en 1975 et renommée Hô-Chi-Minh-Ville. 

C’est ce jour, celui de la conquête de la ville et de l’attaque de l’ancien palais présidentiel (transformé aujourd’hui en musée) qui marque la réunification du pays sous le communisme, que le Vietnam célèbre chaque 30 avril, depuis cinquante ans. 

Jouer dans la cour des grands : le retour du Vietnam sur la scène internationale (1975-2025)
1975-1985 : L’isolement

Le Vietnam, bien que réunifié, sort exsangue de cette longue “triple guerre” : guerre contre le colonialisme, guerre contre l’impérialisme, mais aussi et surtout guerre civile. Le communisme a triomphé, et doit désormais reconstruire le pays. Or, Oncle Hô, le père de la Nation, est mort en 1969. Érigé en symbole national, son culte est renforcé par le régime et se perpétue jusqu’à nos jours. Malgré ses dernières volontés, son corps est embaumé et exposé dans un mausolée au cœur de la capitale, face à l’Assemblée Nationale. Le Vietnam se retrouve isolé sur la scène internationale. L’idéologie d’Hồ Chí Minh relève d’une version vietnamienne de la doctrine communiste. Elle mêle marxisme, nationalisme et tradition, ce qui distance idéologiquement – et volontairement – le Vietnam de Moscou malgré une dépendance économique forte, et la relation passée conflictuelle millénaire du Vietnam avec la Chine n’aide pas à s’en faire une alliée fidèle. Mais le Vietnam, au cours de son histoire, n’a jamais compté sur les autres : il développe alors un communisme qui lui est propre, mâtiné de nationalisme et fortement imprégné de la culture locale, notamment en matière d’adaptation et d’improvisation. 

Le Doi Moi (1986)

Après une décennie d’économie socialiste planifiée suite à la réunification, un grand virage économique permet au Vietnam de sortir de l’isolement et de faire son grand retour sur la scène géopolitique. Baptisé Đổi Mới (“Le Renouveau”), ce bouleversement voit le pays basculer vers une économie de marché plus libérale, mais toujours orientée vers le socialisme. Décollectivisation, ouverture aux investissements étrangers, retour des Việt Kiều et de leurs capitaux, libéralisation du marché, le Đổi Mới engendre une baisse massive de la pauvreté, une modernisation éclair du pays et le maintien au pouvoir du PCV. Le Vietnam est aujourd’hui un pays effervescent à la croissance vertigineuse (plus de 7% en 2024), où des entreprises petites et grandes naissent chaque jour. 

L’ami de tous et la diplomatie du bambou (1991-2025)

Afin de sortir de son isolement diplomatique et de sa dépendance économique et technologique à l’Union Soviétique, le Vietnam décide à la fin des années 1980, conformément au Đổi Mới, de se rapprocher d’un maximum de nouveaux partenaires afin d’ouvrir son commerce et de bénéficier de nouveaux transferts de technologie. Le pays normalise d’abord ses relations avec la Chine en 1991, puis rejoint l’ASEAN en 1995, ce qui marque la première phase de sa renaissance géopolitique, en devenant “l’ami de tous”. Cette même année a lieu le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis et des accords de coopération sont signés avec les pays européens et le Japon. Cette période se clôt par l’adhésion du Vietnam à l’ONU en 2007. Depuis 2008, la diplomatie vietnamienne est passée dans une nouvelle phase, qualifiée de “diplomatie du bambou”, à l’image du bambou souple, qui plie mais ne se brise pas. Il s’agit donc d’une doctrine diplomatique flexible, qui met en avant l’indépendance et le pragmatisme d’alliances qui peuvent changer selon les besoins du pays. Le Vietnam recherche un équilibre régional et notamment la sécurité en mer de l’Est, le renforcement de sa souveraineté nationale, ainsi que le multilatéralisme. C’est pourquoi on a vu défiler ces deux dernières années à Hanoï de nombreux chefs d’Etats ou de gouvernements aux visions parfois antagonistes, parmi lesquels Xi Jinping, Vladimir Poutine, le roi Philippe et la reine Mathilde de Belgique, et désormais Emmanuel Macron. Avec le décès, en 2024, du Secrétaire général du Parti Communiste du Vietnam, Nguyễn Phú Trọng, homme fort du pays depuis 2011, et l’arrivée au pouvoir de Tô Lâm, une nouvelle ère s’ouvre pour le Vietnam. 

La visite d’Emmanuel Macron (26-27 mai 2025)

Nous ne nous attarderons pas sur le désormais fameux épisode de la gifle de Mme Macron, qui vient seulement s’ajouter à la longue liste de frasques du président et de son épouse, mais aussi à celle des spéculations sauvages d’internautes poussés à bout par la politique macronienne, et qui voient désormais le pire dans les détails les plus insignifiants. L’hommage du président français à Hô Chi Minh a quant à lui soulevé un vent de protestation au sein de la droite française et de ceux qui ont hurlé au sacrilège vis-à-vis des morts et prisonniers de Dien Bien Phu, auquel il convient de répondre. D’une part, c’est ignorer que l’armée française commémore déjà cette bataille conjointement avec les Vietnamiens – nous pouvons en témoigner personnellement-, afin non pas d’honorer les morts français mais tous les morts. D’autre part, se scandaliser d’un hommage à Hô Chi Minh de la part d’un président en visite d’État, c’est tout ignorer du Vietnam, de ses usages, et ne pas comprendre qu’on ne peut en aucun cas entretenir de relation diplomatique saine avec ce pays si l’on insulte celui qui est considéré comme le Père de la Nation. La force des relations franco-vietnamienne est justement de pouvoir laisser l’histoire aux historiens, et d’avancer ensemble sur un chemin qui profitera à tous. Il nous semble de manière générale que la volonté d’Emmanuel Macron d’entretenir des relations étroites avec le Vietnam est judicieuse. La France a en effet, par sa relation historique privilégiée avec le Vietnam, la possibilité d’ouvrir une troisième voie entre Asie du Sud-Est et d’être la puissance de l’équilibre entre la Chine et les Etats-Unis, ce que recherche précisément le Vietnam qui a tout à y gagner. 

L’économie vietnamienne, une économie numérique moderne au service de la Nation.
Un pays moderne qui ne renie pas ses traditions

Si les chapeaux coniques sont toujours légion au Vietnam, on y trouve aussi de nos jours d’immenses gratte-ciel – La tour Bitexco à HCMV n’a rien à envier à la Stark Tower du film Avengers-, une société entièrement numérisée via des applications polyvalentes comme Zalo, le “plus-que-Whatsapp” vietnamien, qui regroupent de nombreux services, jusqu’à la possibilité de faire livrer des fleurs via votre application bancaire, et quasiment aucune zone blanche. Viettel couvre tout le pays et déploie rapidement la 5G, sous le contrôle de l’Armée populaire, avec une obligation de service universel. Le Vietnam fabrique ses propres véhicules (voitures et bien évidemment motos), dont certains modèles sont électriques (la marque VinFast jouit d’une grande popularité en Asie malgré des difficultés ces derniers temps). La maison mère de VinFast, le conglomérat VinGroup, est un mastodonte économique pesant 25 milliards de dollars et employant 70,000 personnes dans les domaines de la santé (VinMec), du commerce et des services (VinMart devenu WinMart car racheté en 2019 par Masan Group), de l’immobilier (VinHomes), de l’éducation (VinSchool), des transports (VinSpeed) et de la haute-technologie (VinAI). Parfois surnommé le “Samsung vietnamien”, VinGroup projette la construction d’une ligne de train à grande vitesse de 1600 km de long afin de relier Hanoï au nord à Hô-Chi-Minh-Ville au sud. Cette LGV baptisée VinSpeed sera un partenariat public-privé, financé par le groupe et l’État vietnamien via un prêt à taux zéro. Elle permettra de réduire la durée du trajet en train entre le nord et le sud de 30 heures à 5 heures. D’autres grandes entreprises, comme Sun Group, sont à l’origine de projets résolument modernes, souvent tournés vers le tourisme, tel le téléphérique de Fansipan, qui permet de visiter le toit de l’Indochine en épargnant une marche harassante aux touristes. 

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Les investissements français au Vietnam

Dans ce bouillonnement d’innovation et de développement, la France peut y trouver son compte. 600 entreprises et agences publiques françaises sont implantées au Vietnam, dans les domaines des transports (Alstom), de l’éducation (Lycées français et écoles privées), de l’environnement, de l’énergie ou assimilé (Air Liquide), de l’agroalimentaire et bien évidemment du luxe (LVMH, Chanel, Hermès, Cartier…). La coopération économique entre les deux pays passe par plusieurs agences telles que l’Agence Française de Développement ou Business France, et bien entendu l’Ambassade de France à Hanoï. Le métro de Hanoï a été construit en partie avec le soutien technique de la France, notamment à travers l’AFD, Alstom, Vinci ou Systra. Ainsi, il est de l’intérêt de la France de se positionner comme partenaire honnête et fiable vis-à-vis du peuple vietnamien et de son gouvernement, ouvrant une troisième voie entre les Etats-Unis et la Chine. L’histoire militaire compliquée entre la France et le Vietnam semble, sans surprise, limiter la coopération en matière d’armement entre les deux pays, bien qu’ils aient des intérêts communs en Asie du Sud-Est, en particulier en matière de sécurité maritime en mer de l’Est. Il semblerait néanmoins que les choses commencent à se débloquer quelque peu, d’après les dernières déclarations de Jean-Noël Barrot.

Le Vietnam, entre héros, mémoires et ouverture culturelle au monde
Les héros vietnamiens

La mémoire vietnamienne fonctionne à travers les grands hommes et femmes de son histoire, souvent résistants, qu’il conviendrait de séparer en deux : les pré-communistes et ceux de l’ère communiste. Parmi les premiers, citons les Hai Bà Trưng, “les deux soeurs Trưng”, héroïnes de la résistance contre l’influence chinoise, Trần Hưng Đạo, général ayant repoussé les invasions mongoles, Gia Long, fondateur de la dernière dynastie Nguyễn qui unifie le Vietnam en 1802 et de nombreux autres. Les femmes ont une place à part dans la mémoire et dans l’histoire du Vietnam. Le Musée des Femmes du Vietnam à Hanoï en est un parfait exemple. Il met à l’honneur les différentes cultures ethniques du pays, et a pour objectif de préserver le patrimoine culturel féminin de toutes les femmes vietnamiennes, tout en permettant de le faire connaître aux touristes du monde entier – c’est un incontournable si vous visitez Hanoï. Le musée met à l’honneur les femmes combattantes et résistantes, héroïnes communistes, qui ont permis la victoire contre Français et Américains. Parmi les grands hommes communistes, le personnage central reste évidemment Hồ Chí Minh, considéré comme le père de la Nation, dont le mausolée fait face à l’Assemblée nationale sur la place Ba Đình, coeur politique du pays, où l’on trouve aussi le Musée Hô Chi Minh, le Palais présidentiel et divers ministères. Il faut y ajouter un personnage respecté non seulement des Vietnamiens mais aussi des militaires du monde entier : le général Võ Nguyên Giáp, vainqueur de Điện Biên Phủ et architecte des grandes offensives de la Guerre du Vietnam, en particulier de l’offensive du Tết, défaite militaire mais succès symbolique dévastateur pour le moral américain. 

Une coopération culturelle renforcée avec la France

Les liens entre la France et le Vietnam sont sans doute les plus forts dans le domaine culturel. Les échanges d’étudiants universitaires sont nombreux et facilités par des partenariats entre les universités françaises et vietnamiennes, ce qui permet notamment à 7000 étudiants vietnamiens de venir étudier en France chaque année via le dispositif Campus France. Nous-même avons pu rencontrer de nombreux étudiants français en stage au Vietnam, dans les domaines scientifiques, économiques voire militaires. Le fer de lance de cette coopération universitaire est l’Université des Sciences et Technologies de Hanoï (USTH) fondée avec l’aide de la France, qui fonctionne sur le modèle universitaire français. La coopération culturelle est pilotée par l’Institut Français du Vietnam (IFV), qui relève de la représentation diplomatique de la France (donc du Ministère des Affaires Étrangères) et assure la promotion linguistique du français par l’enseignement de la langue. Le Vietnam est membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie. L’IFV propose aussi des événements culturels afin de promouvoir la culture française au Vietnam, à travers des manifestations artistiques et des rencontres universitaires. Il est clair que la France bénéficie du partage de sa culture au Vietnam mais devrait aussi s’imprégner de la culture vietnamienne, car il s’agit là de deux civilisations qui ont des facilités pour se comprendre. Les Vietnamiens sont des résistants tranquilles, sûrs de leur force, qui n’ont pas la rancune tenace contrairement à d’autres cultures. Ils ont mérité leur indépendance et en ont fait quelque chose de grand. Les Français ont tout à gagner à s’inspirer de l’esprit de résistance des Vietnamiens en des temps où tout instinct de survie semble avoir disparu chez nous. 

Mémoires

Depuis la guerre d’Indochine et la guerre du Vietnam, que les Vietnamiens appellent la “Guerre française” et la “Guerre américaine”, la mémoire est entretenue à travers une large politique culturelle, qu’il faut parfois apprendre à décrypter. A Hà Nội, de nombreux musées ont pour fonction de rappeler ces périodes. L’ancienne maison centrale construite par les Français est aujourd’hui visitable : on y explique avec force détails les conditions de détention des héros vietnamiens emprisonnés par les colonialistes français, et l’on y loue les conditions de détention des prisonniers américains pendant la guerre du Vietnam. Y trône une guillotine, symbole de l’oppression colonialiste. Les musées à la gloire de l’Armée populaire sont légion : “musée d’histoire militaire”, “musée de la victoire B-52”, “musée de l’armée de l’air et de la défense aérienne”, “musée des forces blindées”, ainsi qu’un musée de la police et un musée des services de renseignement. Mention spéciale au musée de la Citadelle, qui abrite le bunker de commandement D67 du général Võ Nguyên Giáp. 

Nous sommes convaincus que le Vietnam jouera dans les années à venir un rôle absolument clé en Asie du Sud-Est, et peut-être même dans le maintien d’un équilibre mondial. Avec une population nombreuse et extrêmement jeune, il faut bien comprendre que le Vietnam a fermé le livre des pleurnicheries avant même de l’avoir ouvert : cela ne permet pas d’avancer, l’immense majorité de la population n’a pas connu les guerres, et les jeunes Vietnamiens sont résolument tournés vers l’avenir. Ainsi, le Vietnam est un pays qui revient toujours de loin et qui sans cesse renaît. Sa position stratégique, sa volonté d’équilibre international à travers un monde multipolaire, les affinités naturelles entre nos deux civilisations et notre histoire commune, qui bien que parfois douloureuse crée toujours des liens, sont autant d’arguments qui vont dans le sens d’une coopération étroite, durable et fructueuse avec un pays à la richesse culturelle peu commune. 

Vive la France ! Việt Nam Ơi ! 

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