ANALYSE – Nigeria : Trump alerte sur la persécution des chrétiens et menace…

Par Olivier d’Auzon
Donald Trump a annoncé le 31 octobre 2025 sur son réseau Truth Social que le Nigeria avait été replacé sur la liste américaine des pays « particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse. L’ancien président américain a estimé que « le christianisme est confronté à une menace existentielle » dans ce pays d’Afrique de l’Ouest et a accusé « les islamistes radicaux » d’être « responsables de ce massacre de masse ».
Cette décision intervient après le retrait du Nigeria de cette liste par l’administration Joe Biden en 2021, alors que Donald Trump l’avait initialement inscrit en 2020. Dans son message, Trump souligne que « lorsque des chrétiens, ou tout autre groupe, sont massacrés comme c’est le cas au Nigeria, il faut agir », citant 3 100 victimes chrétiennes dans le pays, sans préciser la source de ce chiffre. Il affirme par ailleurs que « les États-Unis ne peuvent rester les bras croisés face à de telles atrocités au Nigeria et dans de nombreux autres pays ».
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Un pays fracturé entre religion et violence
Le Nigeria, pays de plus de 220 millions d’habitants, est divisé presque équitablement entre un nord à majorité musulmane et un sud majoritairement chrétien. Depuis plus de quinze ans, le nord-est est le théâtre d’une insurrection jihadiste menée par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest, qui ciblent civils et forces de sécurité.
Parallèlement, dans le nord-ouest et le centre du pays, des groupes armés surnommés « bandits » multiplient les enlèvements, vols de bétail et attaques de villages. Ces violences ne se limitent pas aux populations chrétiennes : elles touchent également les communautés musulmanes et exacerbent les conflits fonciers et ethniques.
La situation sécuritaire est aggravée par la faiblesse de l’État et l’incapacité des forces de sécurité à contrôler toutes les zones rurales, où des dizaines de milliers de civils vivent sous la menace constante d’attaques et de déplacements forcés.
Une question de liberté religieuse mais aussi de sécurité
La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, organisme indépendant mandaté par le Congrès, avait déjà, dans son rapport 2024, signalé « des restrictions systématiques et continues à la liberté de religion ou de croyance » au Nigeria et recommandé son maintien sur la liste des pays préoccupants.
Les associations chrétiennes et évangéliques, ainsi que certains membres du Congrès américain, ont dénoncé une « persécution ciblée » des chrétiens dans le pays, un discours qui, selon plusieurs experts, simplifie une réalité plus complexe où la violence est à la fois religieuse, criminelle et territoriale.
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Une alerte diplomatique et politique
Le retour du Nigeria sur la liste noire américaine est d’abord un signal diplomatique : il rappelle à Abuja que les violences religieuses et communautaires sont surveillées par Washington et qu’elles peuvent influencer les relations bilatérales et l’aide internationale.
Pour Trump, cette annonce a également une portée politique interne, notamment auprès des communautés évangéliques américaines, sensibles à la situation des chrétiens dans le monde. Mais elle pose aussi la question de l’efficacité de telles listes, qui symbolisent l’inquiétude internationale sans résoudre les crises locales sur le terrain.
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Vers une situation de plus en plus préoccupante
Alors que les violences au Nigeria se poursuivent et que les tensions communautaires restent vives, les experts appellent à une réponse globale : renforcement des capacités de sécurité, dialogue interreligieux et soutien aux populations civiles. Le pays, riche en ressources mais fragilisé par des décennies de conflits internes, illustre le lien complexe entre religion, sécurité et gouvernance dans de nombreuses régions d’Afrique.
Le retour du Nigeria sur la liste américaine des pays « préoccupants » n’est donc pas seulement un avertissement moral : c’est un rappel brutal que, dans ce géant africain, la liberté de croire reste étroitement liée à la survie quotidienne.
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Olivier d’Auzon est consultant juriste auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Il a notamment publié : Piraterie maritime d’aujourd’hui (VA Éditions), Et si l’Eurasie représentait « la nouvelle frontière » ? (VA Éditions), L’Inde face à son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).
