DÉCRYPTAGE – « Il faut accepter de perdre nos enfants » : La phrase du général Mandon qui choque tout un pays !

Officier supérieur français en uniforme prononçant un discours officiel devant un micro, avec le drapeau de la France en arrière-plan.
Capture d’écran

Par Angélique Bouchard

Paris, 19 novembre 2025 – Le général d’armée Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, a tenu hier un discours d’une rare brutalité lors de l’ouverture du 107e Congrès des maires à la Porte de Versailles. Devant plus de 10 000 élus locaux, il a affirmé que la France devait se préparer à une guerre de haute intensité « dans trois à quatre ans » et appelé la Nation à « accepter de perdre nos enfants » et à « souffrir économiquement » pour défendre ses intérêts.

« Nous avons tout pour dissuader Moscou. Ce qui nous manque, c’est la force d’âme », a lancé le CEMA, évoquant une Russie prête à affronter l’OTAN d’ici 2030 et une possible invasion chinoise de Taïwan dès 2027. Selon lui, la dissuasion nucléaire ne suffira pas sans une « résilience collective » : volonté politique, sacrifice humain et effort budgétaire.

Le général a également sollicité directement les maires : faciliter l’installation des militaires dans les communes (logements, crèches, écoles) et libérer des terrains pour les grands entraînements de l’armée de Terre dans les années à venir. « Nous avons besoin d’espaces. Ayez un regard positif », a-t-il plaidé, promettant un accompagnement dédié.

Dans la salle, la stupeur était palpable. Plusieurs élus ont jugé le ton « courageux mais anxiogène », d’autres « irresponsable ».

Sur les réseaux sociaux, la phrase choc « perdre nos enfants » a immédiatement enflammé X : #GuerreMandon et #CongresDesMaires ont dépassé les 300 000 mentions en 24 heures. Des appels à manifester pour la paix, notamment le 13 décembre, circulent déjà.

Ce discours s’inscrit dans la droite ligne des alertes répétées du CEMA devant les parlementaires ces dernières semaines et de la hausse continue du budget de la Défense (413 milliards d’euros prévus sur 2024-2030). Reste à savoir si ce ton martial convaincra ou, au contraire, alimentera le rejet d’une partie de l’opinion publique.

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Le général Mandon n’a pas fait peur aux maires : Il leur a lu le rapport de renseignement qu’ils n’avaient jamais voulu ouvrir

Oubliez le choc émotionnel et les larmes de crocodile sur X. Ce qui s’est passé hier au Congrès des maires n’est pas un dérapage : c’est la première fois depuis 1940 qu’un chef d’état-major des armées françaises parle à la Nation comme à un allié adulte, pas comme à un enfant qu’on doit protéger de la vérité.

Et la vérité, la voici, en trois points froids que les experts militaires répètent en privé depuis deux ans :

1) Le calendrier russe est bouclé

    Les services de renseignement français (DGSE + DRM) et alliés (CIA, MI6, BND) convergent : la Russie aura reconstitué, d’ici 2028-2029, une capacité d’offensive conventionnelle massive contre un ou plusieurs pays de l’OTAN (Pays baltes, Pologne, Roumanie). Les usines tournent 24/7, les pertes ukrainiennes sont remplacées par 40 000 hommes/mois, et le complexe militaro-industriel russe produit désormais plus d’obus par an que tout l’Occident réuni. Mandon n’invente rien : il lit le même brief que le secrétaire général de l’OTAN, qui parle publiquement de « 5 à 8 ans », mais en privé de « 3 à 5 ans ».

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    2) La dissuasion nucléaire ne dissuadera pas tout


    La doctrine française repose sur le « seuil ultime » : si la survie de la Nation est en jeu, on tire.  Mais un conflit limité en Europe de l’Est (genre prise de SuwaÅ‚ki ou Narva) ne déclenchera jamais l’arme nucléaire. Résultat : la France devra se battre conventionnellement… avec une armée de 120 000 hommes projetables, 50 chars Leclerc opérationnels en première ligne, et des stocks de munitions qui tiennent 8 à 10 jours de haute intensité. C’est exactement ce que dit Mandon entre les lignes : « On a la bombe, mais on n’a plus l’armée pour tenir le terrain avant d’en arriver là. »

    3) Le vrai goulot d’étranglement : La société


    L’état-major sait qu’il peut remonter à 220 chars lourds, 18 Rafale supplémentaires par an, et tripler les stocks d’artillerie d’ici 2030 (c’est dans la LPM). Ce qu’il ne peut pas fabriquer, c’est 300 000 réservistes motivés, des maires qui acceptent des manœuvres de division sur leurs terres agricoles, et une population prête à accepter 5 000 à 10 000 morts en quelques mois sans que le pays s’effondre politiquement. C’est ça, la « force d’âme » dont parle Mandon. Et c’est exactement ce qui a fait résister l’Ukraine en 2022 : une société prête à tout. Nous, nous ne sommes même pas prêts à 48 heures de coupure d’électricité.

    Pourquoi les maires ? Parce qu’ils sont les derniers relais de l’État sur le terrain. Sans eux, pas de terrains d’entraînement, pas de logements pour les régiments qui doublent d’effectifs, pas de soutien logistique local en cas de mobilisation. Mandon ne demande pas des crèches par bonté d’âme : il prépare la remontée en puissance de l’armée de Terre à 2-3 brigades interarmes supplémentaires d’ici 2030 – ce qui veut dire 15 à 20 000 militaires et familles à recaser dans des communes déjà saturées.

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    Ce discours du général Mandon n’est pas un dérapage. C’est la facture que l’on nous présente après huit ans de politique atlantiste, et elle est salée.

    Faisons les comptes, calmement.

    Depuis 2022, la France a déjà livré plus de 5 milliards d’euros d’armements à l’Ukraine (Caesar, SCALP, radars, missiles sol-air) pris directement sur les stocks de l’armée française. 21 milliards au total aides civiles et militaires confondues.

    La loi de programmation militaire 2024-2030 a été révisée à la hausse de 120 milliards d’euros supplémentaires : 413 milliards au total, un record absolu en temps de paix.

    Le budget 2026 dépassera les 60 milliards annuels, soit plus de 3 % du PIB.

    Pendant ce temps, le pouvoir d’achat s’effondre, les urgences ferment, les retraites sont rognées, l’électricité atteint des prix stratosphériques et la délinquance et le narcotrafic explosent !

    Autrement dit : on nous fait payer la guerre par procuration aujourd’hui, et on nous prépare à la payer demain avec le sang de nos enfants.

    Car c’est bien cela le message froid de Mandon :

    L’Ukraine va perdre militairement d’ici 18 à 24 mois maximum, les États-Unis vont se désengager (ils l’ont déjà annoncé), et il restera alors l’OTAN « européenne », c’est-à-dire la France et la Pologne en première ligne.

    Pour tenir le choc, il faudra des dizaines de milliers de soldats français sur le front de l’Est, des centaines de milliards supplémentaires et des milliers de morts.

    C’est exactement ce que le général est venu expliquer aux maires : préparez les crèches, les logements, les terrains d’entraînement.

    Traduction : préparez la mobilisation générale.

    Or ce conflit n’a jamais été le nôtre. Il n’a jamais été vital pour la France.

    Il n’a servi que les intérêts américains, les contrats d’armement, et l’extension de l’OTAN jusqu’aux portes de la Russie.

    Pour Roland Lombardi, géopolitologue et directeur du Diplomate : « Si ce n’était pas si grave, je dirais que Macron et son chef des armées, c’est un peu la troupe du Splendid qui jouerait Dr Folamour en version hexagonale. Nous sommes en pleine tragi-comédie.

    Qu’ils y croient vraiment ou qu’ils cherchent seulement à tenir sous contrôle un peuple à cran par la peur, leur course à la guerre contre la Russie relève soit de l’inconscience, soit du cynisme. 

    Car enfin, la Russie est l’ennemi de l’Ukraine, pas de la France ! Veut-on une guerre entre deux puissances nucléaires ? La France est le dernier souci de la Russie. Imaginer la Russie foncer sur la France, c’est confondre la géopolitique avec un sketch. Donc une guerre avec la Russie est un dangereux fantasme et il vaut mieux qu’il le reste ! Sauf à être assez fou pour tirer les premiers… 

    Et puis, on nous rabâche depuis quatre ans que Moscou est exsangue, que son armée est en carton-pâte… et soudain elle serait une terrible menace pour l’Europe et Paris ? Faudrait savoir…et surtout arrêter les amphétamines !

    Oui, la France doit se réarmer, militairement et moralement. Mais sans se tromper d’ennemi. Si un jour un conflit de haute intensité doit nous toucher, il se jouera plutôt dans le Pacifique face à la Chine pour défendre notre ZEE et nos ressources, ou en Méditerranée peut-être face à la Turquie d’Erdogan, ou contre un État de notre arc de crise sud devenu brutalement hostile. 

    Pas contre une Russie croquemitaine pour certains et qui, même si elle ne s’est pas écroulée comme les « experts Â» de plateaux TV nous l’annoncent depuis plus de 3 ans et qu’elle se réarme tous azimuts, il faut vraiment être d’une incompétence géopolitique confondante ou d’une stupidité cosmique pour imaginer qu’après une telle saignée en Ukraine (militaire, économique mais surtout humaine), les Russes auraient la moindre envie de « remettre le couvert » en Europe, et encore moins contre une OTAN qui leur a déjà fait tant de mal via les forces ukrainiennes. 

    Alors, soit nos dirigeants vivent dans un monde parallèle, et là c’est suicidaire. Soit, ils préparent autre chose : non pas une guerre extérieure, mais un choc intérieur, un conflit fratricide, une rupture sociale majeure… et ça, pour le coup, c’est bien plus crédible. Et beaucoup plus inquiétant… Â»

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