Le Grand Entretien avec Amélie Chelly : Iran – Le pouvoir des mollahs face à l’épreuve du soulèvement populaire et des recompositions régionales

Le Grand Entretien avec Amélie Chelly : Iran – Le pouvoir des mollahs face à l’épreuve du soulèvement populaire et des recompositions régionales

Amélie Chelly Iran
Réalisation Le Lab Le Diplo

L’Iran traverse une nouvelle phase de turbulences internes, marquée par un mouvement de contestation populaire qui, par son ampleur, sa durée et la nature de ses revendications, semble s’inscrire dans une dynamique plus profonde de remise en cause du régime islamique. Cette crise intérieure intervient dans un contexte régional explosif, où Téhéran demeure un acteur central des équilibres stratégiques du Moyen-Orient, du Levant au Golfe, et un pôle structurant pour les différentes formes d’islam politique.

Dans ce cadre, les interrogations dépassent largement la seule scène iranienne : stabilité régionale, avenir des réseaux pro-iraniens, réactions d’Israël et des États-Unis, mais aussi conséquences idéologiques pour l’islam politique, sunnite comme chiite. Le Diplomate média a interrogé Amélie Chelly, l’une des plus grandes spécialistes de l’Iran.

Amélie Chelly est par ailleurs chercheuse associée au CADIS (EHESS-CNRS). Sociologue, iranologue, elle est spécialiste des transformations du terrorisme islamiste et des dynamiques moyen-orientales, et contributrice au Diplomate média. Elle est notamment l’auteure aux Éditions du Cerf d’ouvrages de référence tels que Iran, autopsie du chiisme politique ou Dictionnaire des islamismes et d’un nouveau roman d’anticipation, Paris, 13 novembre 2045 (2025).

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Propos recueillis par Roland Lombardi

Le Diplomate : Comment qualifieriez-vous la nature du mouvement de contestation actuellement à l’œuvre en Iran ? En quoi diffère-t-il, selon vous, des précédentes vagues protestataires que le régime a su contenir ou réprimer par le passé ?

Amélie Chelly : Les grands mouvements protestataires pouvant confiner à l’aspiration révolutionnaire ont régulièrement ponctué l’histoire de la République islamique d’Iran, surtout après la guerre Iran-Irak (1980-1988), pour d’évidentes raisons dont fait partie celle de la désillusion idéologique, notamment causée par l’institutionnalisation du martyre. Depuis lors, trois motifs ont toujours amorcé les vagues de manifestations : le point de départ est soit politique, soit économique, soit en lien avec les mœurs, que la population voudrait plus libres. Chacune de ces causes est très rapidement – généralement dans les deux à trois jours qui suivent – rejointe par les deux autres. Le mouvement vert de 2009 s’était développé du fait d’un mécontentement politique (la réélection perçue frauduleuse du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad), puis les slogans en lien avec l’économie et la rigueur religieuse ont émergé. Le mouvement Femme, vie, liberté, né dans la foulée du décès de la jeune Mahsa Amini, en septembre 2022 (le motif est donc lié au manque de liberté dans les mœurs), a ensuite rapidement pris des dimensions revendicatives concernant le système politique et la mauvaise gestion des budgets par la République islamique. Enfin, les foudres qui nous intéressent ici ont commencé autour du 28 décembre 2025, pour des questions liées à l’inflation et à la dévaluation de la monnaie. La suite, nous la connaissons : mollahs pris à partie dans la rue, slogans montrant un rejet en bloc du système, etc. Quelles seraient, dès lors, les différences qui justifieraient, cette fois-ci, que la classe médiatique ait tant parlé de chute, ait été si peu prudente quant à l’issue de ses élans protestataires, en allant même jusqu’à imaginer le lieu où le guide suprême Ali Khamenei pourrait trouver refuge (la Russie) en cas de renversement ? Il me semble que trois raisons sont à évoquer. Premièrement, et cela vaut plus dans l’esprit des Occidentaux que dans celui des Iraniens, Donald Trump a kidnappé un chef d’État tout en menaçant la République islamique. La possibilité que les États-Unis interviennent aussi radicalement et aussi directement dans les affaires de Téhéran ne semble donc plus relever de la fiction, sauf à se résoudre à un peu de clairvoyance quant aux différences évidentes entre les situations vénézuélienne et iranienne. La deuxième raison consiste en ce que ces élans protestataires sont les premiers à se dérouler après un événement qui, lui, est inédit : la Guerre des douze jours (juin 2025) où, pour la première fois, États-Unis, Israël et Iran ne se sont pas fait la guerre par proxies. La troisième différence par rapport aux manifestations précédentes réside dans la progression, dans l’esprit de la population iranienne, de l’option Pahlavi, option brillamment relayée (peut-être amplifiée) par d’excellents canaux de communication. Si, il y a quinze ans, des monarchistes pahlavistes existaient bel et bien en Iran, la possibilité d’un retour du fils du Shah était majoritairement considérée comme peu sérieuse. Aujourd’hui, l’option fait moins sourire, même si une large partie de la population n’est pas encore particulièrement séduite. Voilà pour les différences, même s’il me semble qu’il faut malheureusement rester plus que prudents en considérant la perspective d’une révolution au sens propre du terme.

La remise en cause explicite de la République islamique et de ses fondements idéologiques semble aujourd’hui assumée par une partie croissante de la population. Peut-on parler d’un effondrement progressif de la légitimité du régime, y compris dans ses bases sociales traditionnelles ?

Il y a plusieurs décennies à présent que la marge populaire défendant la République islamique est extrêmement ténue. Elle ne diminue pas. En revanche, et par contraste, ce qui change, c’est la radicalisation de ceux qui résistent au régime, car l’opposition capable de quitter l’Iran pour vivre ailleurs l’a déjà fait. Depuis une huitaine d’années, on voit grossir les rangs de manifestants entendant continuer de faire leur vie en Iran. En effet, il est une chose que les Iraniens voient comme l’apanage de la vie réussie sans plus parvenir à la faire, du fait de l’économie exsangue : des foyers. En Iran, contrairement à d’autres pays du monde musulman, s’il n’y a pas d’argent, on ne fait pas d’enfants. D’où un taux de natalité plus faible qu’en France. Autre nouveauté, on observe un affaiblissement de la coïncidence entre religiosité et famille nombreuse. En d’autres termes, même si c’est encore dans les familles religieuses qu’on fait le plus d’enfants, on voit de plus en plus de familles religieuses en faire de moins en moins.

La légitimité du régime n’est donc pas atteinte par plus de personnes, elle est plus virulemment atteinte par un même nombre d’individus. Des personnes qui se contentaient de contester le régime en silence il y a quelques années sortent maintenant dans la rue et se joignent aux militants plus habitués. 

La récente rencontre entre Reza Pahlavi et Donald Trump a ravivé le débat sur le rôle de l’opposition en exil et sur l’attitude des puissances occidentales. Quel sens stratégique donnez-vous à cet échange, tant pour les acteurs internationaux que pour la scène politique iranienne ?

Y’a-t-il un sens stratégique ? La rencontre semblait mettre en images un lien plutôt évident entre États-Unis et héritier de l’ancien régime à la tête d’un gouvernement en exil. Néanmoins, le soutien en demi-teinte du locataire de la Maison Blanche, ses errements sur son appréciation de la situation en Iran, de la cruauté du système et des épaules du fils du Shah, ne permettent peut-être pas de parler de stratégie. Rappelons que récemment, Donald Trump a formulé, auprès d’une agence de presse, un soutien tiédi à Reza Pahlavi. Quand on connaît le goût du chef d’État américain pour la simplification discursive radicale et l’absence de nuance, l’annonce : « Je ne sais pas si son pays accepterait ou non son leadership. Si c’était le cas, je m’en réjouirais », n’apparaît pas comme un efficace et indéfectible soutien. 

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Reza Pahlavi est souvent perçu comme une figure centrale de la diaspora. Dispose-t-il, selon vous, de relais crédibles et opérationnels à l’intérieur de l’Iran, capables de structurer une alternative politique ou de peser dans un éventuel scénario de transition ?

Les relais de communication de Reza Pahlavi et de son entourage sont très efficaces. La figure est centrale par contraste. En effet, peu de visages émergent vraiment dans le paysage de l’opposition à la République islamique. Sa crédibilité repose aussi sur la culture politique : dans un système monarchiste, les membres d’une famille régnante reçoivent une éducation les prédisposant à la compétence politique et stratégique. Reza Pahlavi parle aujourd’hui de devenir l’outil de la transition vers un modèle que les Iraniens choisiraient de façon démocratique, mais il a longtemps expliqué affectionner l’exemple de la monarchie à l’espagnole, donc constitutionnelle. 

De nombreuses décennies durant, l’opposition pro-pahlavi n’était qu’issue de la diaspora, ou presque. Depuis quelques années, on observe que la population favorable à l’option monarchiste pahlaviste, en remplacement de la République islamique, grandit, sans véritablement couvrir une majorité. N’oublions pas que l’actuel régime a passé plus de quarante-cinq ans à ne mettre en relief que les mauvais aspects de la dernière dynastie régnante en s’évertuant à les accentuer. 

Cependant, le scénario de la transition ne convainc pas. La population n’est pas dupe de l’éternité que peut durer une transition. Et par ailleurs, Reza Pahlavi incarne, à tort ou à raison, un possible avenir qui reposerait sur l’intervention de puissances étrangères pour mettre un terme à la République islamique et lui ouvrir les portes du pouvoir. L’option ne séduit pas tout le monde, même si les plus lucides savent que le jusqu’au-boutisme du régime rendrait peu probable la perspective d’un renversement par les seules forces vives populaires.

Les hypothèses d’une intervention israélienne ou américaine — directe ou indirecte — refont régulièrement surface dans les analyses. Dans le contexte actuel, une telle option vous paraît-elle réaliste, souhaitable ou au contraire de nature à renforcer le régime et ses narratifs sécuritaires ?

Une telle option n’est à envisager qu’à travers le prisme de l’esprit businessman de Trump. Si demain – et les Iraniens en sont tristement conscients – le Président américain pouvait faire affaire avec des membres de l’actuel appareil d’État, alors des milliers de manifestants seraient morts pour rien, dans l’attente de cette fameuse « aide en route » qui n’est jamais venue et dont on ignorait la nature. 

À la question de savoir si l’option est réaliste et/ou souhaitable, je répondrais qu’il n’est pas envisageable de transposer la manœuvre vénézuélienne à l’Iran. Si l’intervention consistait en un enlèvement ou en une mise à mort du Guide suprême Ali Khamenei, le système résisterait. Contrairement à ce qu’on peut penser, il n’est pyramidal que sur le papier. Dans les faits, l’architecture institutionnelle décentralisée confère au régime une grande capacité de résilience. Supprimer le Guide ne paralyserait pas tout le système. La mécanique des rouages institutionnels ne s’en trouverait pas grippée au point de la rendre dysfonctionnelle. Ce qui pourrait éventuellement défaire le régime de l’intérieur, ce seraient des conflits de couloir, des défections massives et organisées. 

Par ailleurs, l’hypothèse d’une intervention américaine ou israélienne (ou conjointe) renforcerait forcément le narratif sécuritaire, mais le narratif émanant de la classe politique iranienne n’a plus vraiment d’écho auprès de la population. Il en a en revanche pour les sympathisants de la République islamique à l’extérieur du pays, ceux sur lesquels les grands softpowers de Téhéran ont une influence (le non-alignement, l’antisionisme, l’esprit BRICS, etc.) Cela ne veut pas dire par ailleurs que l’ingérence serait bien accueillie par le peuple iranien. Ceux-là sont pris dans un paradoxe : ils savent qu’ils n’ont aucune chance de renverser le régime seuls (ils se sentent d’ailleurs abandonnés parce qu’ils avaient nourri beaucoup d’espoir dans la promesse d’aide de Trump) et, en même temps, détesteraient l’idée de devenir débiteurs de puissances étrangères intervenantes. Mais, en politique, rien n’est gratuit. Encore moins pour les pays riches en pétrole. 

En cas de chute du régime des mollahs, quelles seraient les principales conséquences géopolitiques pour la région ? Comment évoluerait l’architecture de sécurité du Moyen-Orient, notamment pour le Levant, le Golfe et les alliances actuelles construites autour de Téhéran ?

Pour que la République islamique continue de jouir d’un certain prestige dans les sphères hostiles à Israël et dans l’esprit de non-alignement, elle a plus intérêt à « tomber en martyr » qu’à se maintenir car, dans l’état actuel des choses, on peine à voir d’autres raisons à sa pérennité que celle d’une survie par la répression, d’une part, et celle d’un accord avec Trump pour des questions de gros sous, d’autre part. La République islamique a toujours tiré, auprès de ses soutiens, sa respectabilité de sa constance idéologique et de son refus du compromis. Se maintenir alors qu’Israéliens et États-Uniens ont déjà montré leur capacité à frapper de front en juin 2025, reviendrait à penser que la classe politique iranienne a cédé à des accords économiques avec « le Grand Satan ». 

Si le régime tombait, les conséquences seraient évidemment dévastatrices, surtout au Levant, qui durcit de plus en plus le trait islamiste de sa gouvernance, aux dépens de la sécurité des minorités religieuses (et Kurdes). On peut reprocher mille choses à la République islamique, mais on ne peut pas nier son implication dans la défense des minorités issues des gens du Livre (religions abrahamiques et zoroastrisme). L’équilibre irakien s’en verrait aussi grandement perturbé (60% de chiites pourraient craindre de faire les frais d’une résurgence des violences djihadistes sunnites)

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Plus largement, quel impact aurait la disparition de la République islamique sur l’avenir de l’islam politique ? Le régime iranien, bien que chiite, a longtemps constitué un modèle de prise de pouvoir et de gouvernance pour de nombreux mouvements islamistes. Sa chute fragiliserait-elle durablement l’islam politique sunnite ou ouvrirait-elle, au contraire, la voie à de nouvelles formes de radicalité ?

En effet, la République islamique d’Iran a été pionnière en matière d’application, à échelle étatique, d’une idéologique reposant sur une lecture de l’islam. D’ailleurs, à sa naissance en 1979, la République islamique, qui se fonde sur l’idéologie khomeyniste du velayat-e faqih (« tutelle du juriste théologien »), entendait non pas redessiner la carte du monde musulman en fonction d’une lecture opposant sunnisme et chiisme, mais souhaitait plutôt flatter l’une des caractéristiques originelles de l’islam : l’effacement des frontières reconnues en relations internationales. En 1979, Khomeyni aspirait à reconstituer l’umma (« communauté transnationale, idéale, des musulmans ») sans distinguer sunnites et chiites. C’est une réalité historique qui a poussé le Guide de l’époque à théoriser en urgence une sacralité de la nation iranienne chiite face au reste du monde : la Guerre contre l’Irak a précipité la construction de discours (ceux de la defa-e moghaddas, « défense sacrée ») contre le méchant séculariste favorable aux sunnites, Saddam Hussein. Néanmoins, même après l’abandon de cette aspiration à la reconstitution de l’umma, la théocratie est devenue un modèle de gouvernance islamique telle que d’autres pôles, dans le monde musulman, se sont sentis contraints à une surenchère politique pour maintenir un rayonnement religieux (on pense par exemple à l’Arabie saoudite ou à la Turquie). Alors oui, la fin de la République islamique d’Iran incarnerait une occurrence patente d’échec de l’islam politique, mais il ne faut pas s’imaginer que les esprits radicalisés présents dans le monde entier se surprendraient à remettre en question leur grille de lecture – et d’ailleurs, n’oublions pas que la propagation des discours les plus radicaux et les plus haineux viennent surtout de la littérature salafiste et donc, des pays arabes du Golfe (l’Arabie saoudite au premier chef). Par ailleurs, la guerre civile syrienne (n’oublions pas que Daech est né de la volonté d’éradiquer les chiites) nous rappelle combien les sunnites sont en mesure de se radicaliser à la fois contre les chiites et contre le monde occidental. Ça n’est que depuis le 7 octobre qu’on voit massivement la République islamique d’Iran redorer son blason dans le monde idéologique islamiste, y compris sunnite. Je serais bien peu étonnée d’entendre de la bouche de jeunes radicalisés en France et ailleurs que si les mollahs tombent, ils l’auront mérité, parce qu’ils ne sont pas de vrais musulmans et n’ont existé que pour semer la discorde parmi les vrais, et ainsi affaiblir l’islam face à l’Occident diabolique.

Enfin, la fragmentation de l’opposition iranienne demeure un enjeu central. Entre divergences idéologiques, rivalités personnelles et fractures générationnelles, voyez-vous émerger les conditions d’une convergence minimale, ou ces divisions risquent-elles de peser lourdement sur l’après-mollahs ?

Elles pèsent de moins en moins. Il y a quelques années, le traumatisme de 1979 où la protestation populaire s’était exprimée sans anticiper de solution pour l’après, a pu, en toute cohérence, réfréner les ardeurs révolutionnaires. Cependant, si le jusqu’auboutisme des forces de l’ordre est perceptible, celui de la population l’est aussi, ce qui indique que, par-delà les désaccords politiques sur le meilleur des régimes à mettre en place, prévaut l’insatisfaction populaire. Pour l’heure, ce que redoutent les Iraniens, c’est un scénario tel qu’on avait pu l’observer en 2009. Les manifestations battaient leur plein, la population allait avec courage au-devant de sa mort, la répression avait été terrible. Puis Michael Jackson est mort et les caméras du monde entier ont tourné leurs objectifs ailleurs. Les Iraniens savent bien la cruelle hypocrisie des intérêts médiatiques. Ils savent, par exemple, que des manifestations qui ne s’en tiennent qu’à une dimension économique, sans intégrer la question des femmes ou des homosexuels, ne font pas recette, en Occident. L’abandon qu’ils perçoivent s’incarne concrètement dans l’incompréhension de la promesse de Trump mais aussi dans la perspective d’un essoufflement médiatique. À ce moment-là, on verrait refroidir les fièvres du refus de ce régime pour retourner aux diverses spéculations sur l’après.

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