DÉFENSE – La guerre transparente qui voit tout et ne parvient plus à gagner

Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Le grand mirage de la supériorité technologique
Depuis au moins trente ans, les grandes puissances ont entretenu une conviction rassurante : la technologie devait rendre la guerre plus brève, plus précise, plus contrôlable. Satellites, radars, capteurs, drones, munitions guidées, systèmes informatiques, intelligence artificielle et réseaux de commandement devaient réduire l’incertitude, raccourcir le délai entre l’identification d’une cible et sa destruction, transformer le champ de bataille en une surface lisible.
L’Ukraine, l’Iran, le Moyen-Orient, la mer Rouge et les nouvelles tensions dans l’Indo-Pacifique montrent exactement l’inverse. La technologie n’a pas aboli le frottement de la guerre. Elle l’a multiplié. Elle n’a pas dissipé le brouillard de la guerre. Elle l’a remplacé par une tempête de données, d’images, de signaux, de coordonnées et d’informations souvent partielles, redondantes ou incompatibles.
Le résultat est paradoxal : les armées voient davantage, mais ne comprennent pas toujours mieux ; elles frappent plus vite, mais ne gagnent pas nécessairement ; elles détruisent davantage de cibles, mais ne transforment pas automatiquement la destruction en solution politique.
La zone de mort ukrainienne
La guerre en Ukraine est le laboratoire le plus évident de cette transformation. Dans les zones créées par les drones des deux camps, l’infanterie vit une condition psychologique et matérielle terrible. Les soldats savent que chaque mouvement peut être observé depuis le ciel, transmis à un opérateur dissimulé, transformé en coordonnées, puis en mort.
Autour de villes comme Myrnohrad, dans l’oblast de Donetsk, avancer de quelques kilomètres peut devenir une entreprise presque impossible. Les soldats ne redoutent pas seulement l’artillerie ou le tir direct. Ils redoutent le léger bourdonnement au-dessus de leur tête, le drone à vision embarquée, l’appareil bon marché qui poursuit un homme isolé, une ambulance, un véhicule logistique, une position d’artillerie.
Le front s’est transformé en une bande létale profonde d’au moins cinq kilomètres et, dans certains secteurs, bien davantage. Là, il n’est pas seulement risqué de combattre. Il est risqué d’apporter de la nourriture, de l’eau, des munitions, d’évacuer les blessés, de déplacer des véhicules, de réparer des lignes, d’installer des antennes, de transférer un commandant d’une position à l’autre.
La guerre moderne promettait la vitesse. En Ukraine, elle a produit l’immobilité.
Le drone : arme pauvre, effet stratégique
Le symbole de cette nouvelle phase est le drone. Non seulement les grands appareils stratégiques, mais surtout les petits engins économiques, adaptables, souvent issus de technologies civiles. Leur production repose en partie sur des composants proches de ceux de l’électronique grand public : batteries, caméras, logiciels, antennes, circuits, systèmes de transmission.
C’est précisément cette simplicité qui accélère leur évolution. Les logiciels doivent être mis à jour en permanence ; en quelques semaines, un système peut devenir dépassé ; en quelques mois, même les composants matériels peuvent changer. De nouvelles générations d’appareils apparaissent et disparaissent avant même que la ligne de front se soit déplacée de quelques mètres.
Au début du conflit ukrainien, les Bayraktar turcs furent célébrés comme des instruments décisifs contre les colonnes russes marchant vers Kiev. Ils le furent en partie, mais pour peu de temps. Leur effet militaire fut réel mais limité ; leur valeur de propagande fut immense. Puis la guerre s’est adaptée. Les Russes ont amélioré leurs défenses, leurs camouflages, leurs brouillages électroniques, leurs protections et leurs procédures. Les Ukrainiens, à leur tour, ont multiplié les drones plus petits, plus discrets, plus économiques, souvent utilisés en essaims.
C’est l’une des leçons essentielles : aucune innovation ne reste invincible. Toute arme nouvelle suscite une contre-mesure. Tout avantage technique provoque une adaptation de l’adversaire.
L’impasse technologique
La technologie ne produit pas toujours la supériorité. Souvent, elle produit l’équilibre. Si deux armées disposent toutes deux de capteurs, de drones, d’artillerie guidée, de systèmes de brouillage, de communications satellitaires et d’opérateurs entraînés, le résultat n’est pas nécessairement la victoire rapide de l’une d’elles. Il peut être une impasse plus cruelle.
L’artillerie reste centrale, mais elle doit tirer et se déplacer aussitôt. Les chars ne disparaissent pas, mais ils deviennent des cibles vulnérables. L’infanterie demeure indispensable, mais elle doit se disperser, creuser, se camoufler, bouger peu et avec une extrême prudence. Les arrières ne sont plus vraiment des arrières : dépôts, postes de commandement, hôpitaux de campagne, ponts, convois, antennes et générateurs sont tous exposés.
Même les armes de précision peuvent voir leur efficacité se dégrader rapidement lorsque l’adversaire apprend à brouiller les signaux ou à tromper les systèmes. C’est arrivé avec certains obus guidés, dont l’efficacité a fortement diminué après l’introduction de contre-mesures électroniques. C’est arrivé aussi avec l’emploi de drones contrôlés par fibre optique, une solution presque ancienne, mais utile car moins vulnérable aux brouillages radio.
La guerre de demain ne sera donc pas seulement numérique. Elle sera aussi un retour aux solutions robustes, simples, redondantes, capables de fonctionner lorsque le réseau se brise.
La défense est redevenue plus forte que l’attaque
Sur le plan stratégique et militaire, la conclusion est sévère : aujourd’hui, la défense est souvent plus forte que l’attaque. Non pas parce qu’attaquer serait impossible, mais parce que l’attaque est plus visible, plus lente, plus coûteuse.
Pour avancer, il faut des hommes, des véhicules, du génie militaire, de l’artillerie, de la défense antiaérienne, de la guerre électronique, des réserves, de la logistique, une protection des communications, une capacité à réparer et à remplacer rapidement ce qui est détruit. Posséder l’arme la plus moderne ne suffit pas. Il faut un système complet.
Même la supériorité aérienne, pilier de la puissance occidentale, n’est plus absolue. Face à des adversaires dotés de missiles, de radars mobiles, de défenses antiaériennes, de drones et de systèmes de brouillage, conquérir le ciel est difficile ; le conserver l’est encore davantage. À certaines altitudes, l’espace aérien est de plus en plus dominé par des instruments économiques produits en série.
La supériorité ne sera plus permanente. Elle sera locale, temporaire, construite dans des fenêtres étroites : un secteur du front, quelques heures, un couloir opérationnel. Celui qui saura créer ces poches pourra avancer. Celui qui n’y parviendra pas restera cloué sur place.
L’Iran et le piège de la cible
Le cas iranien montre une autre limite de la guerre technologique. Des opérations conduites avec des avions avancés, des radars, des satellites, des drones et des munitions de précision peuvent frapper durement un arsenal, mais pas nécessairement le détruire.
L’Iran dispose d’un territoire vaste, montagneux, adapté à la dispersion. Il peut déplacer des lanceurs, cacher des missiles, protéger des dépôts, utiliser des structures souterraines, des redondances et des leurres. Même lorsqu’une campagne élimine une part significative des capacités balistiques, le problème demeure : si le reste de l’arsenal survit, la capacité de représailles survit aussi.
C’est ici que s’effondre le mythe du coup décisif. Si quatre cents cibles ne suffisent pas, on rêve d’en frapper quatre mille. Si quatre mille ne suffisent pas, on en demande encore davantage. Mais multiplier les cibles ne signifie pas avoir une stratégie. Cela signifie souvent remplacer la politique par la comptabilité.
L’intelligence artificielle et l’usine à objectifs
La nouvelle frontière est l’accélération du cycle entre le capteur et l’arme. L’objectif est de réduire le temps qui s’écoule entre l’identification d’une cible et sa frappe. Certains systèmes cherchent à intégrer des dizaines ou des centaines de sources différentes : satellites, reconnaissance, interceptions, banques de données, capteurs terrestres, observateurs, images, réseaux informatiques.
Au Royaume-Uni et aux États-Unis, on travaille sur des modèles capables de produire des listes de cibles toujours plus rapidement. L’idée est d’arriver à des milliers d’objectifs élaborés chaque jour. Mais c’est précisément là que naît le danger le plus grave. Lorsque l’appareil militaire devient capable de produire industriellement des objectifs, la question stratégique peut disparaître : frapper pourquoi ? Pour obtenir quel effet politique ? Avec quelle limite ? Avec quelle sortie ?
Au Vietnam, les États-Unis s’étaient fiés au décompte des morts comme mesure du succès. En Afghanistan, les talibans furent plusieurs fois déclarés frappés, épuisés, presque vaincus. À la fin, ils ont gagné politiquement. Le même piège peut réapparaître aujourd’hui sous une forme technologiquement plus sophistiquée : non plus seulement le nombre des morts, mais le nombre des cibles frappées.
Le syndrome de la mitrailleuse
Il existe une vieille illusion impériale : posséder l’arme la plus moderne signifie posséder la victoire. La mitrailleuse donna aux Européens un avantage terrible durant l’expansion coloniale, mais elle n’effaça pas la résistance des peuples soumis. Aujourd’hui, la même illusion revient sous une autre forme : la conviction que la puissance technologique, dans sa version la plus précise et la plus moderne, serait décisive à elle seule.
Mais la guerre n’est pas un concours d’instruments. C’est un affrontement de volontés. On peut frapper des dépôts, des ponts, des centrales, des radars, des lanceurs, des navires, des bases, des commandants. Mais si l’on ne brise pas la volonté politique de l’adversaire, si l’on ne construit pas un ordre après le bombardement, si l’on ne transforme pas la force en résultat politique, la guerre continue.
Israël peut frapper avec une grande précision. Les États-Unis peuvent coordonner des campagnes immenses. La Russie peut mobiliser la masse. L’Iran peut survivre et répondre de manière asymétrique. La Chine peut observer et se préparer. Mais personne ne peut échapper à la règle fondamentale : la destruction n’est pas encore la victoire.
Les exercices de l’Otan et le problème des armées non éprouvées
Les exercices de l’Otan en Estonie, comme Hedgehog, puis d’autres manœuvres européennes, ont mis en lumière un point inquiétant : de nombreuses forces armées occidentales n’ont pas encore réellement expérimenté les nouvelles formes de guerre. Des observateurs ukrainiens et des opérateurs de drones ont contribué à tester les plans de défense, mais les résultats n’ont pas toujours été rassurants.
L’entraînement ordonné, chorégraphié, protégé, ne prépare pas nécessairement à une guerre où les postes de commandement, la logistique, l’artillerie, les véhicules, les ponts, les dépôts et les soldats isolés sont constamment observables et attaquables. Les armées qui n’ont pas fait l’expérience directe de cette réalité tendent à sous-estimer la vitesse du changement.
Le risque occidental est d’investir des sommes énormes dans la technologie d’hier en croyant qu’elle est encore celle de demain. Des moyens lourds, coûteux, difficiles à produire et à réparer peuvent rester indispensables, mais ils deviennent vulnérables s’ils ne sont pas intégrés à des systèmes économiques, nombreux, sacrifiables et rapidement remplaçables.
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Chars, avions et navires : pas morts, mais plus exposés
Le char n’est pas mort, mais il est devenu plus difficile à employer. Un véhicule blindé reste une force puissante lorsqu’il peut évoluer dans une fenêtre de supériorité locale. Mais s’il est observé, poursuivi et frappé par des appareils économiques, son utilité change. Il en va de même pour l’aviation et pour les flottes.
En mer Noire, en mer Rouge et le long des littoraux contestés, les navires doivent compter avec les missiles, les mines, les petites embarcations, les drones navals et aériens, les batteries côtières. La mer n’est plus un espace de liberté absolue pour les grandes plateformes. Comme sur terre, sur l’eau aussi, la masse coûteuse doit cohabiter avec des instruments économiques capables d’infliger des dommages disproportionnés.
La guerre future sera donc hybride non pas au sens journalistique du terme, mais au sens industriel et opérationnel : quelques systèmes avancés, beaucoup de systèmes économiques, des hommes, des machines, des réseaux, des leurres, des redondances.
La guerre comme épreuve industrielle
Le scénario économique est gigantesque. La guerre technologique ne coûte pas moins cher. Elle coûte autrement. Un petit drone peut être économique, mais le système qui le rend utile exige des composants électroniques, des batteries, des fibres optiques, des antennes, des logiciels, des capteurs, des réseaux de communication, des ateliers mobiles, de la formation, des opérateurs, des pièces de rechange, des stocks.
Le conflit de haute intensité consume tout : munitions, hommes, carburant, véhicules, pièces de rechange, systèmes électroniques, temps industriel. C’est pourquoi la puissance militaire coïncide de nouveau avec la puissance productive. Gagne celui qui produit, répare, met à jour et remplace plus vite.
Pour l’Europe, la leçon est brutale. Il n’existe pas d’autonomie stratégique sans usines, munitions, chantiers, stocks, techniciens, hommes entraînés et chaînes d’approvisionnement sûres. Les déclarations politiques n’arrêtent pas les missiles. Les conférences ne remplacent pas les dépôts. Les promesses de réarmement ne valent que si elles deviennent des capacités réelles.
Géoéconomie de la guerre longue
La nouvelle guerre est une guerre de chaînes d’approvisionnement. Celui qui contrôle les semi-conducteurs, les terres rares, les batteries, l’énergie, les câbles, les satellites, les logiciels, les ports et les réseaux contrôle une partie de la capacité militaire. La distinction entre économie civile et appareil militaire devient de plus en plus mince.
Un composant conçu pour le marché civil peut devenir une partie d’un système d’arme. Une dépendance commerciale peut se transformer en vulnérabilité stratégique.
Les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Iran et l’Europe ne rivalisent pas seulement par leurs arsenaux. Ils rivalisent par leur profondeur économique : qui peut soutenir une guerre longue ? Qui peut produire en masse ? Qui peut absorber les pertes ? Qui peut s’adapter le plus vite ?
La guerre future récompensera le mélange : armes avancées et instruments économiques, qualité et quantité, intelligence artificielle et ateliers, satellites et infanterie, précision et masse industrielle.
Ukraine, Taïwan et risque nucléaire
La leçon ukrainienne pèse aussi sur l’Indo-Pacifique. La Chine observe attentivement. Une éventuelle opération contre Taïwan ne serait pas une simple répétition du scénario ukrainien, mais certains problèmes y seraient encore plus durs : lignes de ravitaillement exposées, île technologiquement avancée, mer à traverser, plateformes vulnérables, sous-marins, missiles, surveillance, défense stratifiée.
Dans un tel scénario, les États-Unis pourraient ne pas se limiter à frapper des navires ou des avions isolés. Ils pourraient chercher à paralyser le tissu conjonctif de la machine militaire chinoise : communications, commandement, contrôle, réseaux décisionnels. Mais ici apparaît un risque extrême. Beaucoup de ces systèmes sont également liés à la gestion des forces nucléaires. Frapper rapidement les réseaux permettant à la Chine de contrôler son appareil militaire pourrait provoquer des erreurs d’évaluation catastrophiques.
Le monde n’a plus la stabilité de la guerre froide. Les traités de maîtrise des armements se sont affaiblis ou ont disparu. Les puissances nucléaires sont plus nombreuses et plus nerveuses. Les leçons tirées de la Corée du Nord, de l’Irak et de l’Iran sont inquiétantes : celui qui renonce totalement à l’ambition nucléaire peut devenir vulnérable ; celui qui résiste peut mieux survivre.
Les inquiétudes sur l’usage tactique du nucléaire en Ukraine ont montré que les lignes rouges ne sont plus très claires. Et un monde sans lignes rouges lisibles est un monde plus dangereux.
La fausse pacification des statistiques
Pendant des années, certains chercheurs ont soutenu que la guerre était en déclin. Les données semblaient en partie leur donner raison : moins de guerres entre grandes puissances, moins de morts que dans certaines tragédies du XXe siècle, davantage de dissuasion. Mais les dernières années ont fissuré cette lecture.
Le nombre de conflits armés impliquant des États a augmenté. Les guerres sont revenues au centre de la politique mondiale. Il est vrai que, dans de nombreux cas, les morts au combat ont diminué par rapport au passé, mais cela dépend aussi de l’amélioration des protections, de la médecine de campagne et des procédures d’évacuation. Beaucoup de soldats qui autrefois seraient morts survivent aujourd’hui blessés.
C’est un progrès humain, non la preuve d’une pacification mondiale. La guerre n’est pas terminée. Elle a changé.
L’érosion du droit
Il existe enfin une conséquence morale et juridique. La guerre hypertechnologique est montrée par des vidéos, des réseaux sociaux, des canaux officiels, des images de destruction, d’explosions et de cibles atteintes. La violence devient séquence visuelle, preuve d’efficacité, matériau de propagande. Le risque est l’accoutumance.
La transparence ne produit pas nécessairement la vérité. Elle peut produire le spectacle. Dans les conflits contemporains se diffusent des images de soldats poursuivis par des drones, d’hommes blessés frappés une seconde fois, d’explosions montées avec une musique agressive, d’images transformées en propagande émotionnelle. La guerre à distance risque de devenir une exécution télécommandée.
Le droit de la guerre, déjà fragile, est érodé par un langage vindicatif. On parle de représailles, de punitions collectives, de catégories entières d’objectifs : ponts, centrales, infrastructures, réseaux. Mais un pont utilisé aussi par des civils n’est pas automatiquement illégal à frapper s’il sert à des fins militaires ; de même, le fait qu’une cible ait une valeur militaire n’autorise pas n’importe quelle forme de destruction. La distinction est difficile, mais précisément pour cette raison essentielle.
Lorsque la politique abandonne ces distinctions et se réfugie dans la vengeance, la technologie devient un multiplicateur de déshumanisation.
La vraie leçon
La technologie peut trouver une cible. Elle peut guider un missile. Elle peut réduire le temps entre l’observation et la frappe. Elle peut créer une immense supériorité tactique. Mais elle ne peut pas remplacer la stratégie. Elle ne peut pas créer la légitimité. Elle ne peut pas imposer la paix. Elle ne peut pas effacer la volonté de l’adversaire.
La guerre reste ce qu’elle a toujours été : un affrontement de peuples, d’États, d’industries, d’économies, de peurs, de volontés politiques et de capacités de résistance. La modernité y a ajouté antennes, capteurs, logiciels, satellites et drones. Elle n’a pas aboli Clausewitz.
Celui qui voit tout ne contrôle pas tout. Celui qui frappe tout ne gagne pas toujours. Celui qui confond supériorité technique et victoire politique prépare souvent la prochaine défaite.
La guerre intelligente, au fond, risque d’être la plus stupide des illusions : celle de croire que la machine peut résoudre ce que l’homme politique ne sait plus décider.
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