EXCLUSIF – Le Grand Entretien avec Bat Ye’Or

Propos recueillis par Cécile Audebert
Bat Ye’Or, la Fille du Nil, essayiste britannique et suisse, naît en 1933 en Égypte d’où sa famille sera expulsée par Nasser en 1957.
Elle consacrera sa vie à l’étude de la condition des Juifs et des Chrétiens sous l’Islam et théorisera la notion de «dhimmitude ».
Auteur de nombreux livres dont Eurabia – elle y décrit la transformation de l’Europe comme une extension culturelle et politique du monde arabo-musulman – qui seront publiés en plus de 10 langues.
Une femme courageuse et visionnaire, dont la parole rare et incisive allie à la fois explorations historiques, politiques et anthropologiques.
Le Diplomate
Comment analyser l’utilisation par les Palestiniens de marqueurs mémoriels historiquement associés à la mémoire juive — tels que le projet de mémorial inspiré de Yad Vashem, l’usage du terme « génocide », ou le choix de la date de la Nakba le 15 mai en réponse au 14 mai, date de la création d’Israël ?
Bat Ye’Or
Vous parlez du palestinisme qui est une idéologie créée surtout par les mouvements chrétiens antisionistes après la guerre de Six Jours en juin 1967. Cette victoire israélienne gagnée sur l’agression militaire de trois États arabes voisins, permit à l’État hébreu de se réapproprier ses propres territoires : la vieille ville de Jérusalem, la Judée et la Samarie qui avaient été recolonisées par les Arabes après leur agression de 1948.
Le Palestinisme soutenu et financé par les gouvernements de la CEE/ Union européenne consiste à dépouiller le peuple juif de ses droits historiques et religieux et à l’expulser de sa propre histoire. Ce processus s’enchaîne à celui de la Shoah dans le logiciel d’alliance de chrétiens avec le jihadisme, particulièrement performant dans le nazisme et le fascisme. Cette alliance construite dès les années 1920 contre le peuple Juif fut interrompue par la victoire des Alliés en 1945. An plan idéologique le palestinisme transfère toute l’histoire du peuple d’Israël aux tribus arabo-turques musulmanes qui se fixèrent dans la patrie juive suite à l’islamisation du Levant. Le Palestinisme formate ces populations musulmanes originaires d’Arabie en sosie du peuple juif afin de leur attribuer la légitimité historique refusée au peuple juif authentique.
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Quels sont les enjeux de cette volonté de « déposséder » l’autre de sa propre narration historique ?
Il y a deux protagonistes dans le palestinisme et leurs enjeux sont différents. Il faut ici revenir aux sources du christianisme et à son combat contre les Juifs dans les premiers siècles de notre ère. Au IVe siècle, l’Église alliée à l’empire gréco-romain païen, érigea la véracité du christianisme sur le contraste entre sa munificence triomphante et l’asservissement du peuple juif qu’elle condamna à un exil perpétuel et à un lacis de lois avilissantes qu’elle inscrivit dans le Droit. Marcel Simon, l’historien spécialiste de ce domaine, écrit dans Verus Israël (1964) que toute la dialectique chrétienne s’appliquait à démontrer que le rejet d’Israël était définitif jusqu’à la fin des temps et que la destruction du Temple et l’exil en étaient les preuves (p. 204). Ces éléments constituent le fondement de la théologie de la substitution ; ils ont motivé jusqu’au XXe siècle, le combat chrétien acharné pour empêcher la réalisation sioniste.
Cet argument cependant eut des contestataires et mêlé aux conflits religieux et politiques concomitants, généra le mouvement de retour aux sources juives des diverses Églises réformées. Aujourd’hui les chrétiens antisionistes perpétuent la politique antijuive traditionnelle qui fut abolie pour les catholiques par Vatican II (1962-64). Mais par le biais du palestinisme ils contournent cette abolition.
L’autre protagoniste est le bloc musulman. Celui-ci obéit à des injonctions religieuses qui ordonnent l’islamisation de la planète et la destruction de l’infidélité. Son alliance avec les chrétiens dans le palestinisme permet au bloc jihadiste de poursuivre deux objectifs : la destruction d’Israël et la pénétration islamique dans tout l’Occident chrétien pour le détruire à son tour. Les enjeux des deux mouvements visent à se substituer à Israël.
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Comment expliquer ce mécanisme psychologique pour un peuple de construire une identité nationale fondée sur le miroir inversé de celle de son ennemi ?
Ce mécanisme est d’origine chrétienne car les musulmans n’en ont pas besoin pour légitimer le jihad qu’il mène contre Israël avec des motifs identiques à celui mené contre les États chrétiens et asiatiques depuis treize siècles. Les tactiques, prescrites par la charia, sont les mêmes. Le jihad est une guerre religieuse musulmane obligatoire qui doit être exécutée selon les normes légales énoncées dans les livres sacrés musulmans. La guerre islamo-palestiniste contre Israël s’inscrit dans un contexte théologique et juridique islamique que ses alliés chrétiens ignorent bien qu’ils y soient plus diabolisés que les Juifs.
Le mimétisme palestiniste vise uniquement le public occidental qui, en tant que chrétien, a intégré l’histoire biblique d’Israël qu’il a faîte sienne. C’est d’ailleurs sur cette base de légitimité historique que le christianisme sioniste a milité pour le mouvement de libération nationale des Juifs et a obtenu ― malgré l’obstruction du Vatican et du christianisme traditionnel ― la reconnaissance par la Ligue des Nations, du Foyer national juif au Traité de Lausanne (1923). On doit voir dans la perpétration de la Shoah qui a suivi, la volonté d’empêcher ce retour des Juifs dans leur patrie conformément au principe de leur déchéance et de leur remplacement par l’Église. Le mimétisme victimaire palestiniste vise à substituer les Arabes de Palestine à Israël dans la conscience chrétienne afin de maintenir le principe de l’essence maléfique juive et de sa déchéance, malgré son abolition par Vatican II.
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Pourquoi l’antijudaïsme chrétien a-t-il privilégié un mécanisme de remplacement de la mémoire juive par une mémoire chrétienne (« théologie de la substitution »), alors que les discours militants palestiniens semblent opter pour une stratégie d’emprunt et de reproduction de ces mêmes marqueurs symboliques ? Quelles origines attribuer à ces deux types de rapport à l’identité et à l’histoire de l’Autre ?
La théologie de la substitution se fonde sur l’accusation chrétienne de déicide et d’essence maléfique du peuple juif. Elle justifie sa déchéance et son remplacement par l’Église qui devient le Nouvel Israël, héritier de toute l’histoire biblique. Légitimer le sionisme annule la théologie de la substitution. Aujourd’hui l’antisionisme européen avec toute ses formes de diabolisation de l’État d’Israël, maintient et perpétue la guerre théologique contre les Juifs. Mais ne nous leurrons pas. Dissimulée derrière l’écran chrétien, c’est la force armée terroriste islamique qui exige par ses menaces ou la corruption la diffusion de la haine comme je l’ai examiné dans Juifs et Chrétiens sous l’Islam (1994) chap. 9, et dans l’Europe et le Spectre du Califat (2010, pp. 126-135). Il importe donc quand on parle d’antisionisme chrétien de savoir qui en est les instigateurs et les financiers.
Le mouvement chrétien du palestinisme vise à dépouiller le peuple hébreu de son histoire et à l’attribuer à un sosie musulman. C’est le même processus chrétien que celui de la théologie de la substitution. Le palestinisme innocente les nazis européens et leurs mercenaires musulmans en intervertissant les rôles par la nazification des victimes juives. On retrouve ici les discours d’Hitler qui accusaient les Juifs de lui faire la guerre et de le menacer.
Ce contexte qui victimise les persécuteurs façonne l’image victimaire palestiniste. Ayant à tort attribué la reconnaissance de l’État d’Israël en 1948, au « remords » occidental, Edward Saïd, le fondateur chrétien du palestinisme, s’efforça de créer pour les jihadistes une victimologie similaire à celle des juifs pour culpabiliser l’Occident.
Les Palestinistes sont les forces d’appoint de la guerre européenne contre Israël bien que les chrétiens soient eux-mêmes visés par les jihadistes qui ne se privent pas de le proclamer dans leurs déclarations puisque Juifs et chrétiens ont le même statut.
Quel parallèle peut-on dresser entre l’usage de la mémoire de la Shoah par certains militants palestiniens et l’usage de la mémoire coloniale par certaines populations maghrébines ?
Les deux processus s’inscrivent dans la même attitude islamique accusatoire envers l’infidèle, d’autant plus que Juifs et chrétiens ont le même statut d’ignominie dans le système théologique et juridique de la dhimmitude. Par ailleurs les deux situations historiques sont totalement différentes.
Le génocide des Juifs fut la conséquence des décisions prises par des États européens chrétiens au milieu du XXe siècle, d’exterminer jusqu’au dernier leurs propres concitoyens juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards et de les dépouiller de tous leurs biens (aryanisation du butin). Cette politique fut menée sur l’ensemble territorial du IIIe Reich.
La colonisation française au Maghreb ressort d’une situation de guerres entre États, celle de la France contre la Régence turque d’Alger, petite ville vivant de la piraterie maritime et du trafic d’esclaves européens saisis sur les navires. On n’y trouve aucune idéologie religieuse génocidaire, mais seulement un système de conquêtes territoriales qui, tout compte fait, sans occulter les massacres et les souffrances, fut moins cruel que la conquête du Maghreb par le jihad et sa campagne d’arabisation et d’islamisation contre les autochtones.
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Pourquoi une majorité de l’institution juive française persiste-t-elle à privilégier le dialogue avec les instances musulmanes après le 7 octobre ? L’expérience historique de la dhimma n’aurait-elle pas dû inciter les Juifs séfarades à endosser un rôle de lanceur d’alerte auprès de la société française sur les enjeux liés à l’islam ?
La majorité de l’institution juive française est d’origine ashkénaze et rescapée de la Shoah. Non seulement elle ignore toute l’histoire de la dhimmitude, mais, traumatisée par la Shoah, elle s’adapte par mesure de sécurité, à la politique pro-islamique de la France. Quant aux Juifs séfarades, très peu connaissent le régime islamique de la dhimma qui fut aboli par la colonisation européenne. De plus, dès les années 1970s, les institutions politiques et culturelles européennes, sous la pression des États arabes, adoptèrent la vision idyllique d’une civilisation musulmane tolérante et pacifique envers les autres religions. Ce leurre, complètement contraire à la réalité, et que j’ai appelé le mythe andalou, est fortement contesté ces dernières années par des historiens. Cette chimère, comme l’appelle Serafim Fanjul, est devenue un dogme sacré inattaquable car il servit de socle à l’Union européenne pour bâtir toute sa politique d’immigration et de fusion avec le monde arabe.
L’UE a financé à hauteur de presque 10 millions d’euros un projet présenté comme scientifique du « Coran européen » – en couverture Napoléon lisant un Coran.
Peut-on parler d’une islamisation de la connaissance et des consciences ? D’une révision de l’histoire qui vise à faire des européens une nation islamique ?
Peut-être…Il se pourrait que ce projet vise à créer un autre Coran expurgé de ses appels guerriers contre les infidèles à l’usage de la nombreuse population musulmane européenne disséminée parmi ces infidèles. Mais je doute de son effet modérateur si l’on pense aux 2 milliards de musulmans à l’extérieur de l’Europe qui gardent le Coran des origines. Je me demande si ce projet s’apparente à celui qui vise à produire une réécriture de la Bible qui remplacerait le mot hébreu par palestinien. Et le palestinisme comporte aussi le remplacement du Jésus hébreu par Issa, le Jésus musulman.
Mais peut-être est-ce aussi ces motivations que vous suggérez qui inspirent ce projet ? Je ne m’avancerai pas plus avant sans avoir vu sur pièce ces productions.
Juifs et chrétiens peuvent-ils s’entendre face à l’islamisation de l’Europe ? Et qu’entendons-nous par « entente » – dialogue, concessions – renoncement – pardon ?
Ils le devraient. Mais trop de forces puissantes s’y opposent. En premier lieu un mouvement postchrétien, héritier du nazisme qui promeut l’islamisation de l’Europe par haine du christianisme enjuivé. C’est ce mouvement chrétien traditionaliste allié au jihadisme qui planifie l’extermination du peuple juif et son remplacement par le palestinisme.
Quand nous parlons d’élimination du peuple d’Israël, nous nous situons immédiatement dans un contexte de combats de valeurs et de civilisations. Le peuple d’Israël est celui qui a apporté la Bible, une vision religieuse et philosophique du destin de l’homme dans l’univers, fondée sur des valeurs d’amour et de liberté, de paix, de justice et de rédemption. Ce sont des Juifs qui ont voulu apporter ces valeurs au monde païen par l’entremise de Jésus et l’ont christianisé. S’acharner à supprimer les juifs de l’humanité, c’est supprimer la Bible, judaïsme et christianisme. Malheureusement de nombreuses Églises et des ecclésiastiques islamophiles se sont enrôlés dans ce militantisme.
Quant aux mots que vous mentionnez : entente – dialogue, concessions – renoncement – pardon – c’est un verbiage confus qui se situe dans le contexte des 13 siècles de guerre entre la chrétienté et l’islam. C’est la parade d’une Europe qui refuse de voir la réalité d’un jihad qui ne doit se terminer que par la disparition de l’infidélité. Pour s’en prémunir elle s’islamise. Ces mots conciliants ne concernent pas les Juifs. L’islam n’est pas l’équivalent du judaïsme. Aucune armée juive n’a jamais attaqué un Etat chrétien.
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L’UE a abandonné les chrétiens du Liban, d’Arménie, du Nigeria…Quelles sont ses motivations – idéologiques – détruire les racines chrétiennes de l’Europe – énergétiques, financières, peur du terrorisme ?
L’UE a abandonné les chrétiens attaqués par les forces jihadistes parce qu’elle s’est alliée avec ces dernières contre Israël en 1973. Le jihad ne fait pas de différences entre chrétiens et juifs. Jusqu’au 7 octobre l’UE versait des millions au régime d’Arafat qui a massacré les Chrétiens au Liban, au Hamas, à l’UNRWA, au Hezbollah qui a détruit le christianisme libanais. L’UE perpétue la politique euro-nazie jihadiste du IIIe Reich contre le peuple d’Israël. Mêmes alliances, mêmes ennemis. L’ennemi c’est Israël, la Russie, l’Amérique. Les alliés sont l’Ukraine, les pays islamiques, la Turquie, la Ligue arabe, l’OCI. Même configuration guerrière qu’en 1939. Un seul homme a sauvé l’Europe de la nazification, Churchill. Aujourd’hui il n’y a pas de Churchill. S’il y en avait eu un, il aurait été tué.
L’Église encourage-t-elle le « palestinisme » ?
Elle en est la racine. Mais il n’y a pas qu’une seule Église. Il y a des Églises réformées et évangéliques qui sont sionistes. De même que tous les musulmans n’adhèrent pas au jihadisme. Beaucoup en sont victimes. Nous parlons ici de politiques, d’institutions et non de personnes. Les opinions divergent et peu maîtrisent les informations pour comprendre les enjeux. Les Églises dans les pays arabes, surtout celles de Jérusalem, sont à l’avant-garde du palestinisme. Si elles ne le faisaient pas, les chrétiens de ce pays auraient disparus.
Le pape François avait prié devant une crèche – Noël 2024 – où Jésus était installé sur un keffieh palestinien. Le patriarche latin de Jérusalem – Monseigneur Pizzaballa – avait arboré un keffieh pour accuser Israël de génocide en décembre 2023.
Ces indices témoignent de l’islamisation théologique de ces prélats. Car le symbole palestiniste est lié à la version coranique de la Bible qui en islamise tous les personnages, remplace Jésus par Issa et élimine les deux Testaments jugés des copies falsifiées de l’islam. De plus ce symbole indique clairement l’origine de ce Jésus : l’Arabie. La keffieh est un attribut vestimentaire typique des bédoins nomades d’Arabie. Elle n’était pas portée par les populations autochtones du Levant. Par haine du judaïsme, l’Église rejette le Jésus juif, abandonne la Bible et tourne sa dévotion vers Issa.
Les appels à la prière se sont multipliés lors du dernier Aïd El Kebir – 27 mai 2026 – dans des villes en France. Après l’occupation du champ visuel – multiplication des tenues islamiques – occupation du champ sonore. Peut-on parler de djihâd pacifique ?
Le jihad est pacifique durant les périodes de la trêve qui suspend les actes de guerre. Mais la trêve doit être mise à profit pour permettre à l’islamisation de progresser de façon pacifique : immigration, construction de mosquées, manifestations publiques des mœurs islamiques. Ceci sur le plan théorique du jihad, mais au plan pratique, il est normal qu’une population immigrée de plusieurs millions et quelle que soit sa religion, multipliera ses lieux de culte et conservera ses mœurs.
La communauté juive est-elle divisée – séfarade, ashkénaze – ou au contraire unie sur la nécessité de revenir aux racines chrétiennes de la France ?
Je crois que sur ce point si évident, l’unanimité est générale. Cependant ce retour aux origines devrait éviter les bondieuseries, les superstitions et préjugés d’autrefois qui sont inacceptables pour les personnes du 21e siècle car leurs critères sur la foi et le savoir ont évolué depuis le Moyen Age. D’autre part, pour ménager les susceptibilités musulmanes, il y a une tendance à occulter le support juif biblique du patrimoine chrétien qui n’existerait pas sans lui. Cette occultation conduit aux dérives mentionnées plus haut, vers Issa.
Quelle est la part de responsabilité des chrétiens, majoritairement catholiques et des juifs dans l’effondrement civilisationnel de la France ?
Je crois que la responsabilité majeure de cet effondrement incombe aux gouvernements et à l’Union européenne. Toute la politique eurabienne, c’est-à-dire de fusion culturelle et démographique euro-arabe fut conçue, organisée, planifiée et exécutée à Bruxelles par le Conseil européen, les chefs d’État et les ministres des Affaires étrangères. Les impôts des contribuables européens financèrent cette politique. Il y eut de nombreux lanceurs d’alertes mais ils furent impitoyablement bâillonnés.
Pour terminer, quelles sont vos préconisations à court et moyen terme pour freiner l’islamisation de l’Europe et de la France ?
Sur le plan européen il importe de déterminer si la majorité désire freiner cette évolution. Car une transformation aussi profonde dénote une collaboration favorable à l’islamisation. Pour le court terme je préconiserai l’arrêt de l’immigration et la rémigration sélective. Cela s’opposerait au Pacte de Marrakech signé par la France. Il faut savoir aussi que ces deux mesures provoqueront des représailles par des agents intérieurs et extérieurs. En effet, l’arrêt de l’immigration implique l’arrêt de la trêve et la reprise du jihad militaire car la terre où une mosquée et des habitations de musulmans existent, est islamique. L’Europe se trouvera confrontée à une situation à l’israélienne : la solution à deux États, c’est-à-dire la reconnaissance d’États musulmans répartis sur sol européen comme le souhaitait Jacques Berque. Cette situation s’est déjà présentée dans l’histoire, elle a conduit à l’islamisation de l’empire byzantin et des Balkans européens qui ne récupérèrent leur liberté qu’aux XIXe et XXe siècles aux termes de guerres génocidaires. On ne peut non plus écarter l’hypothèse que ces États musulmans s’organisent en ribats (forteresses militaires islamiques) comme Gaza et le sud-Liban avec un appareil de tunnels militaires souterrains pour reconquérir les terres européennes perdues. Bref il est temps d’abandonner les leurres et les chimères des bisounours pour voir les réalités.
Note éditoriale
Les analyses et opinions exprimées dans cet entretien n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale du Diplomate Média.
