ÉVÉNEMENT – Normes, IA, souveraineté et guerre économique : Le temps de l’innocence géopolitique est terminé
Réalisation Le Lab Le Diplo
Par Angélique Bouchard
En 1994 déjà, un rapport du Commissariat général du Plan décrivait cette « guerre économique » dans laquelle les entreprises françaises sont aujourd’hui pleinement engagées, parfois sans encore en mesurer toutes les règles ni la violence. Plus de trente ans après, le constat n’a rien perdu de son actualité ; il est même devenu plus préoccupant à mesure que la mondialisation heureuse et l’illusion du « doux commerce » ont laissé place au retour des rapports de force, à la fragmentation du monde et à une compétition désormais économique, technologique, normative et informationnelle.
C’est précisément autour de cette nouvelle réalité que le jeudi 1er octobre 2026, Maï-Linh Camus, CEO de Prisme Intelligence, cabinet spécialisé dans le renseignement d’affaires, avait réuni, en association avec la revue Diplomatie et son rédacteur en chef Thomas Delage, dans le cadre exceptionnel des Invalides, Claude Revel, spécialiste de l’intelligence économique et de l’influence internationale, Gérald Karsenti, ancien PDG et VP de grands groupes tech, et Roland Lombardi, géopolitologue et directeur du Diplomate média, pour une table ronde animée par Claude Medori et consacrée à une question devenue essentielle : « Face aux nouvelles menaces qui pèsent sur elles, comment les entreprises françaises peuvent-elles gagner la guerre économique ? »
Normes, bouleversement des équilibres géopolitiques, intelligence artificielle, souveraineté et nouvelles vulnérabilités des entreprises ont nourri les échanges, avant que Jean-Michel Karam, ingénieur, inventeur et entrepreneur, pionnier des micro-technologies, ne conclue la soirée par une intervention aussi personnelle qu’inspirante, mêlant expérience, émotion, humour et rappel aux réalités.
Maï-Linh Camus, auteur de Dans l’ombre de la décision. Le renseignement d’affaires comme arme stratégique, paru en avril 2026 aux éditions Eyrolles et préfacé par le général Bruno Le Ray, en avait posé d’emblée l’enjeu : « L’économie est depuis longtemps devenue un terrain de confrontation et nous sommes encore dans une démarche de sensibilisation, d’éducation, alors que d’autres sont déjà en phase offensive. Nous ne jouons pas à armes égales et cela doit changer. Désormais, il est indispensable pour les dirigeants d’entreprises de s’intéresser à la géopolitique, d’autant plus quand il s’agit d’enjeux de souveraineté économique. »
Car le temps de la seule sensibilisation semble effectivement révolu. L’accélération du monde n’attendra pas la France. Dans un espace international en pleine recomposition, où le droit et les institutions coexistent de plus en plus ouvertement avec les rapports de force et les logiques transactionnelles, les entreprises sont devenues, qu’elles le veuillent ou non, des acteurs géopolitiques à part entière. Intelligence artificielle, normes, dépendances technologiques, prédation économique, souveraineté industrielle ou guerre informationnelle constituent désormais autant de paramètres susceptibles d’affecter directement leur compétitivité et parfois leur survie. Qu’elle s’impose aujourd’hui avec fracas ou qu’elle n’ait, en réalité, jamais quitté la scène internationale, la géopolitique n’est donc plus pour elles un luxe académique : savoir en décrypter les ruptures est devenu l’une des conditions de leur pérennité et de la prospérité économique française de demain.
Crédit photos : Léo Dubois
Le rapport Intelligence économique et stratégie des entreprises, remis en 1994 au Commissariat général du Plan sous la présidence d’Henri Martre, a plus de trente ans. Le rapport Carayon l’a prolongé en 2003, et d’autres textes ont suivi, dont l’un a été évoqué ce soir-là par un sénateur présent dans la salle. Tous décrivaient une guerre économique en pleine expansion. Ce que traversent aujourd’hui les entreprises françaises avait donc été identifié de longue date, mais les recommandations sont restées largement lettre morte.
C’est de ce constat que partait la table ronde réunissant Claude Revel, ancienne déléguée interministérielle à l’intelligence économique, Roland Lombardi, historien spécialiste du Moyen-Orient et fondateur du Diplomate, et Gérald Karsenti, ancien dirigeant de groupes technologiques et professeur à HEC. Longtemps, l’économie a été pensée en termes de concurrence et de conquête de parts de marché. Ce cadre n’a pas disparu, mais un autre s’y est superposé, dans lequel les entreprises sont devenues des acteurs géopolitiques à part entière, ciblées pour leurs technologies, leurs données, leur savoir-faire ou leur réputation.
La menace a changé de forme à mesure qu’elle se diffusait. Cyberattaques, prédation technologique, extraterritorialité du droit, opérations d’influence : il s’agit de moins en moins de s’emparer d’un actif et de plus en plus d’entraver l’adversaire, de priver une direction de sa liberté de décision pour la contraindre à des choix qui ne sont pas les siens.
L’intelligence artificielle élargit encore ce champ et fait apparaître un paradoxe, résumé dès l’ouverture des débats : « Nous sommes probablement la génération de dirigeants qui dispose de la plus grande quantité d’informations de toute l’Histoire. Et pourtant, nous n’avons jamais eu autant de difficultés à comprendre ce qui se passe réellement. » L’information est devenue un instrument de pouvoir, mais c’est la compréhension de son environnement qui permet de décider.
Crédit photos : Léo Dubois
La norme, arme de conquête
Pour Claude Revel, la norme n’a rien d’un détail technique : c’est un instrument d’influence que les concurrents manient avec méthode. Les Assises de la sécurité économique ont d’ailleurs classé le défaut d’anticipation parmi les risques majeurs pesant sur les entreprises, et peu d’outils façonnent l’avenir d’un marché aussi sûrement qu’une norme. Celle-ci déborde largement les référentiels ISO. Elle recouvre les réglementations, les standards privés, les recommandations et jusqu’à l’interprétation qu’en font les autorités ; elle détermine, en somme, quels savoir-faire sont jugés légitimes. Tout l’enjeu consiste à faire en sorte que la norme qui organise un marché corresponde à son propre savoir-faire plutôt qu’à celui du concurrent, car celui qui l’a écrite construit le marché quand les autres doivent s’y plier.
L’ancienne déléguée interministérielle illustre ce mécanisme par quatre cas tirés de son expérience. Le premier est celui des normes comptables internationales, d’inspiration anglo-saxonne, adoptées par l’Union européenne au début des années 2000. Les États-Unis ont conservé leurs propres standards, tandis que Bruxelles reprenait ce référentiel au lieu d’imposer le sien. Toutes les entreprises du continent ont dû basculer, ouvrant un marché considérable à ceux qui maîtrisaient ces règles, d’autant que leurs révisions se succèdent tous les trois ou quatre ans.
Le deuxième cas concerne une entreprise rachetée dont l’activité reposait sur une norme vivement combattue par des concurrents allemands. Sa dirigeante a fini par l’emporter, mais tardivement, faute d’avoir pu intervenir en amont d’un dossier dont elle venait d’hériter. Le troisième est celui d’une dirigeante européenne du secteur cosmétique, contrainte de reconstruire sa chaîne de production après l’interdiction des tests sur les animaux. Le dernier, que Claude Revel a vécu de l’intérieur, est plus encourageant : une société spécialisée dans les systèmes numériques complexes a porté une norme devant le Comité européen de normalisation, puis a remporté des marchés, parce qu’une norme rassure les acheteurs.
Aucun de ces cas ne relève de la technique pure. C’est bien pourquoi la Chine consacre des moyens considérables à sa présence dans les comités techniques de l’ISO, où elle siège désormais, selon Claude Revel, dans plus de la moitié d’entre eux. L’influence normative procure un avantage à la fois économique, commercial et stratégique.
Ce que le Golfe a compris
Roland Lombardi élargit la perspective. En France, observe-t-il, on parle encore de la révolution technologique en cours comme on parlait d’Internet au milieu des années 1990, sans mesurer l’ampleur d’un basculement que certains historiens comparent moins à l’invention de la machine qu’à la maîtrise du feu. Cette mutation s’est doublée d’une révolution de l’information, que plusieurs États du Golfe ont prise au sérieux dès les années 1990.
Le Qatar en a fait un levier d’influence, à travers Al-Jazeera, le sport et ses investissements à l’étranger, et a pris sur ce terrain une nette avance sur ses voisins. L’Arabie saoudite, longtemps en retrait, tente de combler son retard depuis l’ascension de Mohammed ben Salmane à partir de 2015, en cherchant à diversifier une économie encore très dépendante du pétrole. Les Émirats arabes unis s’étaient engagés plus tôt dans cette voie, en misant sur la finance, les plateformes logistiques et la haute technologie, et les accords d’Abraham ont accéléré le mouvement.
Abou Dhabi et Dubaï font aujourd’hui figure de pionniers régionaux dans l’intelligence artificielle, la robotique et le spatial.
La leçon vaut au-delà du Golfe. Une guerre économique, comme une guerre conventionnelle, se perd lorsqu’on en cloisonne les domaines ; les militaires présents dans la salle savent que renseignement, industrie, récit, influence et technologie forment un même champ de bataille. L’Europe, estime Roland Lombardi, ne l’a pas encore intégré.
Déléguer l’analyse, pas la décision
Gérald Karsenti se garde de tout catastrophisme. Il a dirigé de grands groupes en France et aux États-Unis et traversé plusieurs vagues technologiques : la troisième révolution industrielle, l’essor d’Internet au milieu des années 1990, la bulle des start-up et son éclatement, puis, autour de 2008, ce qu’il appelle la quatrième, celle des objets connectés, des chaînes de blocs et des données. Chacune a suscité des prédictions de déclin et de chômage de masse. Chacune a fait disparaître des métiers, créé des pénuries de compétences et laissé des salariés sur le bord du chemin, mais toutes ont aussi fait naître des activités nouvelles.
L’intelligence artificielle se distingue pourtant des vagues précédentes : elle touche pour la première fois à ce que l’on croyait réservé à l’homme, la pensée. Gérald Karsenti, qui enseigne l’alignement entre ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait, considère que l’IA bouleverse précisément cette articulation, en modifiant nos manières de penser comme d’agir. L’action resterait le dernier domaine où l’humain garde la main. Il ne croit pas que la machine se substituera à l’homme, mais il prévoit davantage de dégâts que lors des transitions passées. Il juge aussi que certaines entreprises du secteur, qu’il connaît de près, dramatisent le risque d’une IA hors de contrôle, un discours qui sert également des intérêts politiques.
Il formule quatre observations. L’IA, d’abord, sait simuler l’écoute et l’empathie, au point qu’un échange avec un assistant vocal peut passer pour une conversation humaine. Elle aide ensuite à analyser, à vérifier et à préparer une décision, sans jamais en assumer les conséquences : si un dirigeant licencie sur la foi d’une recommandation algorithmique qui se révèle erronée, la machine pourra tout au plus présenter des excuses. La décision et la responsabilité ne se délèguent pas.
La troisième observation tient au sens. Le cortex rationnel répond à la question du « comment », le système limbique, siège des émotions, à celle du « pourquoi ». Un dirigeant entraîne ses équipes parce qu’il leur donne une direction et une raison d’agir, alors que l’IA répond au « quoi » et au « comment » dans le cadre qu’on lui fixe. Gérald Karsenti espère que le « pourquoi » demeurera l’apanage de l’homme ; le jour où la gestion des émotions et des symboles lui échappera, prévient-il, le problème changera de nature.
La dernière porte sur l’intuition. Une IA produit des idées à l’intérieur du cadre qu’elle a compris et à partir des données dont elle dispose. Poser la question que ce cadre n’avait pas prévue reste à ses yeux une spécificité humaine, y compris dans les programmes qu’il a pu observer chez les grandes plateformes ou chez SAP, où l’IA est déjà au cœur des outils.
Contenus, infrastructures, droit
Claude Revel ramène ensuite le débat sur le terrain de la guerre économique. Elle distingue trois domaines, porteurs à la fois de risques et d’opportunités, qu’il faut selon elle anticiper comme on anticipe les normes : les contenus, les infrastructures et le droit, auxquels s’ajoute la question de l’asymétrie des pouvoirs.
S’agissant des contenus, les règlements européens sur les services numériques et sur l’intelligence artificielle imposent des obligations de transparence et une gradation des risques. Les normes techniques qui en découlent sont en cours d’élaboration, notamment au Comité européen de normalisation, où entreprises américaines, japonaises et françaises siègent déjà dans les groupes de travail. Les modèles, eux, portent les biais de leurs concepteurs et de leurs corpus d’entraînement. Chinois, Émiriens et Saoudiens le revendiquent à leur manière, en affirmant qu’il est possible d’entraîner ces systèmes sur d’autres valeurs : l’apparente neutralité de la génération automatique n’efface pas l’influence qui s’exerce en profondeur.
Les infrastructures relèvent autant de la défense que de l’économie civile. Exposer trop finement ses processus de décision crée une vulnérabilité, et la dissuasion elle-même change de nature : nul besoin d’ériger des barrières dès lors que l’adversaire est convaincu que l’on peut atteindre ses réseaux. Sur le terrain juridique, le droit d’auteur fournit un exemple parlant. Des dispositifs permettent déjà de repérer l’utilisation d’œuvres protégées et d’en tirer une rémunération, mais leur application à l’échelle internationale suppose entre États un accord qui reste à trouver.
La souveraineté se joue enfin sur les infrastructures sensibles, y compris lorsqu’elles sont exploitées sous des législations étrangères, mais aussi, insiste Claude Revel, sur les cerveaux, point qu’elle juge le plus important. Nourrie de milliards de données, la machine peut se tromper et induire en erreur ceux qui s’en servent. Le partage entre ce que les pouvoirs collectent et ce que la société préserve ne s’établira pas de lui-même.
Une Europe sans stratégie
La dernière partie du débat portait sur l’Europe : les Européens sont-ils entre alliés, et comment peuvent-ils tenir face à la Chine et aux États-Unis ?
Roland Lombardi replace la question dans le temps long. Le centre de gravité politique du monde se déplace de l’Occident vers l’Orient, ce qui marque peut-être moins la fin du siècle américain que celle d’une domination européenne vieille de cinq siècles. Donald Trump, quoi qu’on en pense, incarne selon lui une réaction américaine à ce sentiment de déclin. La Chine, elle, parle peu et agit beaucoup, avec un pragmatisme dépourvu d’idéologie : elle négocie avec les Émirats, achète le pétrole et le gaz russes et se garde de choisir un camp, préférant arbitrer au gré de ses intérêts du moment.
Dans ce basculement, l’Union européenne manque à ses yeux de vision comme de stratégie, et se trompe d’adversaire en s’épuisant dans une guerre en Ukraine dont le vainqueur stratégique ne se trouve pas sur le front européen. « Ce ne seront pas les Russes les gagnants de cette guerre, ce seront les Chinois, affirme-t-il. Et les grands perdants, non pas les Ukrainiens, mais bien les Européens ! » Les sommes consacrées à ce conflit auraient pu, selon lui, financer ce que Pékin finance déjà : la puissance, les normes, la technologie. Quand Pékin et Washington parlent puissance, l’Europe répond normes, réglementation et « invente les bouchons attachés » !
Roland Lombardi ne verse pas pour autant dans le fatalisme. L’Europe dispose de champions et peut rattraper son retard, à condition de revenir à l’essentiel : se doter d’une stratégie, mettre les idéologies de côté et renouer avec une part de souveraineté, car une souveraineté que l’on n’exerce pas finit par être occupée par d’autres. En temps de crise, rappelle-t-il, les nations redeviennent égoïstes. L’Allemagne a fait le choix de ses intérêts, et n’a peut-être pas eu tort. La France, elle, a érigé certaines fidélités en principe cardinal de sa politique étrangère, comme le « couple franco-allemand »… On voit bien, selon lui, ce qu’en pense aujourd’hui Berlin… Dans l’histoire, la France a souvent été en retard dans de nombreux domaines, mais elle a toujours fini par se rattraper, et c’est la seule raison d’espérer qu’il retienne.
Crédit photos : Léo Dubois
Faire respecter la norme
La fin des échanges a convoqué Montesquieu, la « mondialisation heureuse » et une formule attribuée tantôt à de Gaulle, tantôt à Churchill, selon laquelle une nation se juge à ce qu’elle sait faire respecter. Une norme, ont rappelé les intervenants, reste lettre morte sans une volonté commune pour l’établir et sans les moyens de l’imposer. Sur ce second point, Roland Lombardi se montre moins confiant que ses voisins de table.
Claude Revel invoque le précédent de la non-prolifération nucléaire, dont les accords ont tenu dans la durée, fût-ce imparfaitement. L’IA appellerait selon elle un cadre comparable, ses usages civils et militaires étant trop puissants pour être abandonnés à la seule course technologique. Un tel cadre supposerait toutefois un accord entre États et la capacité d’en tenir à l’écart les acteurs réfractaires à toute règle, des États récalcitrants aux organisations criminelles ; la dissuasion pourrait ensuite jouer son rôle.
L’objection n’a pas tardé. Le nucléaire impliquait de nombreux acteurs et reposait sur une logique de neutralisation mutuelle, alors que l’IA ne compte que deux pôles, la Chine et les États-Unis, les autres restant marginaux. Comment les contraindre ? Claude Revel ajoute un troisième acteur, les grandes plateformes, dont les investissements se chiffrent en dizaines de milliards et qui se suffisent à elles-mêmes, quand l’Europe ne se suffit pas.
Une dernière question a porté sur les normes. La France élabore et défend des textes, mais si la Chine siège déjà dans plus de la moitié des instances, Pékin ne finira-t-il pas par imposer les siennes, au-delà même de l’IA, jusque dans le quantique ? La réponse de Claude Revel se veut opérationnelle. Il s’agit d’identifier les normes stratégiques et de s’y engager avant leur mise en discussion, avant qu’une organisation, un cabinet ou un concurrent ne se soit approprié l’idée. La France ne manque ni de scientifiques, ni d’entreprises, ni d’experts ; il lui faut concentrer ses efforts et investir en amont.
Les États-Unis, rappelle-t-elle, financent méthodiquement leur présence dans les instances de normalisation dès qu’une innovation leur paraît utile, et leurs entreprises y consacrent bien davantage de moyens que les nôtres. D’où la nécessité d’une veille systématique des projets de normes, américains comme européens, faute de quoi, prévient-elle, le moment où il était encore possible d’agir sera passé.
La table ronde s’est achevée sur ce constat, faute de temps. Trente ans après le rapport Martre, le diagnostic reste juste et sa traduction en politique publique fait toujours défaut. La guerre économique est devenue le cadre dans lequel une norme comptable, une chaîne de télévision, un comité de l’ISO ou un modèle d’intelligence artificielle contribuent à déterminer qui façonne un marché et qui le subit. L’information abonde, la compréhension beaucoup moins. Une norme que l’on ne sait ni écrire en amont ni faire respecter ne protège personne : elle consacre l’avantage de celui qui l’a rédigée.
Crédit photos : Léo Dubois
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