PORTRAIT – Bachir Gemayel, de la résistance à l’État : Une présidence interrompue

PORTRAIT – Bachir Gemayel, de la résistance à l’État : Une présidence interrompue

lediplomate.media — imprimé le 11/08/2026
Bachir Gemayel
Réalisation Le Lab Le Diplo

Par Pierre Sassine

Chef militaire façonné par la guerre civile, allié d’Israël sans vouloir se laisser dicter sa politique, Bachir Gemayel est élu président de la République le 23 août 1982. Vingt-deux jours plus tard, il est assassiné avant d’avoir prêté serment. Sa mort laisse inachevée la transformation d’un chef de résistance chrétienne qui entendait désormais rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du Liban.

Le 14 septembre 1982, une explosion détruit la permanence des Kataëb à Achrafieh. Bachir Gemayel, président élu de la République, est tué avant d’avoir rejoint le palais de Baabda. Il avait trente-quatre ans.

Le Liban ne connaîtra donc jamais son mandat. Il ne lui restera que son parcours, ses discours, les orientations formulées durant les semaines séparant son élection de son assassinat et les premières démarches d’un homme qui se préparait à exercer le pouvoir.

Bachir Gemayel n’ayant jamais gouverné, son projet ne peut être confondu avec un bilan. Sa mort empêche d’en mesurer l’application dans la durée, mais elle n’interdit pas d’en étudier la cohérence, les objectifs et l’évolution. Un portrait historique doit donc résister aux certitudes rétrospectives : celle de ses partisans, convaincus qu’il aurait restauré l’État, comme celle de ses adversaires, persuadés qu’il aurait imposé le pouvoir autoritaire d’un camp sous la protection d’Israël.

Il faut repartir de l’homme, de la guerre qui l’a formé, des instruments qu’il a construits et de la pensée politique qui s’est progressivement dégagée de son expérience.

Un héritier happé par la guerre

Né en 1947, fils de Pierre Gemayel, fondateur du parti Kataëb, Bachir grandit dans une famille déjà centrale dans la vie politique maronite. Il étudie le droit et les sciences politiques, mais son itinéraire est rapidement absorbé par la militarisation du Liban et par la montée des affrontements autour de la présence armée palestinienne.

Lorsque la guerre éclate en 1975, l’autorité centrale recule, l’armée se fracture et des portions entières du territoire passent sous le contrôle de partis, de milices ou de forces étrangères. L’Organisation de libération de la Palestine dispose déjà, depuis les accords du Caire de 1969, d’une autonomie militaire importante sur le sol libanais. Elle s’engage ensuite dans le conflit aux côtés du Mouvement national libanais, tandis que l’armée syrienne intervient à partir de 1976.

Dans cet environnement, celui qui protège un quartier ou une région, organise ses combattants, assure les approvisionnements et maintient un minimum d’ordre exerce bientôt une autorité que l’État n’est plus capable d’assumer seul.

Bachir comprend que la dispersion des appareils militaires chrétiens condamne ceux-ci à l’impuissance et à la dépendance. Les Forces libanaises prennent alors la forme d’un commandement militaire commun aux différentes formations du Front libanais. Les partis conservent leurs dirigeants, leurs structures et leur identité politique ; leurs combattants doivent en revanche relever d’une même stratégie et d’une même chaîne de commandement.

L’unité recherchée est donc d’abord militaire, non politique.

Cette centralisation ne s’effectue ni sans résistances ni sans violences. L’attaque d’Ehden en 1978, au cours de laquelle Tony Frangié et une partie de sa famille sont tués, puis l’offensive de Safra contre les Tigres de Dany Chamoun en 1980 appartiennent pleinement à l’ascension de Bachir. Elles imposent progressivement sa prééminence militaire, tout en laissant des blessures profondes au sein même du camp chrétien.

Les passer sous silence reviendrait à fabriquer un personnage étranger à la brutalité de la guerre qui l’a produit. Mais réduire son ascension à une simple volonté personnelle de domination empêcherait également d’en comprendre la logique : Bachir considérait que plusieurs appareils armés dépendant de chefs rivaux ne pouvaient ni défendre efficacement les régions chrétiennes ni porter une stratégie nationale.

La béquille d’un État affaibli

Dans la lecture de Bachir et de son camp, les régions chrétiennes ne constituaient pas l’embryon d’un État séparé. Elles formaient le noyau demeuré autour de la légalité libanaise et des institutions établies à Baabda, tandis que de vastes parties du pays se trouvaient sous la présence armée palestinienne, sous l’autorité de l’armée syrienne ou sous le contrôle de leurs alliés libanais.

Les Forces libanaises ne se concevaient donc pas comme un pouvoir destiné à remplacer définitivement l’État. Elles devaient en être la force d’appui, presque la béquille : soutenir l’armée, protéger certaines institutions et représentations diplomatiques, préserver l’espace dans lequel subsistait une capacité libanaise de décision, puis contribuer à étendre de nouveau cette autorité aux régions qui lui échappaient.

Dans cette conception, le territoire contrôlé par les forces chrétiennes n’était pas une fin, mais un point de départ.

Bachir ne prétendait pas construire un réduit prospère en abandonnant le reste du pays. Il parlait de libérer les autres régions, de replacer l’ensemble du territoire sous l’autorité de Baabda et, une fois cette mission accomplie, de restituer à l’armée nationale l’exclusivité de la force.

Ses adversaires voyaient naturellement une autre réalité : celle d’une zone chrétienne militarisée, gouvernée par les Forces libanaises et de plus en plus dépendante du soutien israélien. Les deux perceptions appartiennent à l’histoire du conflit. Mais le projet de Bachir doit être restitué dans sa propre logique : protéger le noyau de légalité, recouvrer le territoire, réunifier l’État, puis dissoudre les formations armées au profit de l’armée libanaise.

Une fois élu, il affirme d’ailleurs clairement que toutes les milices devront disparaître et que l’armée nationale devra redevenir la seule force armée légitime.

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Construire le Libanais

Le langage du jeune Bachir est celui d’un chef de résistance. Il parle de survie, de territoire, de refus de l’assujettissement et du risque de voir les chrétiens chassés de leur pays. Son vocabulaire est souvent dur, parfois brutal, notamment envers les organisations palestiniennes et la Syrie.

Pourtant, au cœur même de ce discours de guerre apparaît une critique beaucoup plus large. Bachir ne rend pas uniquement les forces étrangères responsables de la catastrophe. Il accuse les Libanais d’avoir eux-mêmes préparé leur faiblesse.

« En quarante années d’indépendance, nous avons construit une ferme, nous n’avons pas construit une patrie. »

La formule vise un système entier : les chefs politiques, les parlementaires, les ministres, les présidents, mais aussi les autorités religieuses auraient entretenu le clientélisme, le mensonge, les arrangements et la fuite devant les responsabilités. Le Liban n’aurait pas seulement été envahi parce que ses voisins étaient puissants, mais parce que son État était faible et que ses citoyens avaient appris à chercher un protecteur plutôt qu’à assumer une responsabilité collective.

Cette réflexion conduit Bachir à l’une des idées les plus constantes de sa pensée : avant de reconstruire l’État, il faut reconstruire le Libanais.

Devant de jeunes recrues, il explique qu’avant de leur apprendre à manier les armes ou de leur confier des chars et des canons, il faut former un citoyen honnête, discipliné et capable de répondre de ses actes. Une armée ne peut pas être meilleure que les hommes qui la composent ; un gouvernement ne peut être responsable si chacun continue à se considérer comme supérieur à la loi.

« Un plus un doivent faire deux, pas onze. »

Tant que l’esbroufe, les clientèles et les arrangements permettront de transformer un plus un en onze, aucune architecture institutionnelle ne tiendra. Derrière le chef militaire apparaît ainsi une conception exigeante, parfois autoritaire, de la citoyenneté : pas d’État souverain sans des individus capables de discipline, de vérité et de responsabilité.

Bachir ne réduit donc pas la reconstruction du pays au retour de l’armée ou à l’élection d’un président fort. Il veut un gouvernement aux orientations claires, composé de responsables intègres et capable de rendre des comptes. L’autorité ne doit pas seulement contraindre ; elle doit restaurer une responsabilité publique disparue.

Des régions libres aux 10 452 kilomètres carrés

La pensée de Bachir ne se transforme pas brusquement au moment de son élection. Elle s’élargit progressivement.

Dans ses premiers discours, il parle avant tout au nom d’une communauté qui se croit menacée. Mais la finalité qu’il formule dépasse peu à peu la protection des régions chrétiennes. Il affirme vouloir que Nabatiyé et Chiyah relèvent de la même autorité que Jounieh, Antélias et Achrafieh.

Le Sud, ajoute-t-il, n’est pas le problème d’une communauté particulière : demander ce que l’État fait pour le Sud revient à demander ce qu’il fait pour le Liban.

L’armée nationale doit être responsable de la totalité des 10 452 kilomètres carrés, et l’ensemble du pays doit être gouverné depuis Baabda. Le projet énoncé n’est donc pas celui de plusieurs Libans juxtaposés, chacun administré par sa communauté et protégé par sa propre force armée. Il est celui d’un territoire réunifié, soumis à une même autorité et défendu par une seule armée.

Cette vision territoriale accompagne une réflexion plus vaste sur le développement du pays. Bachir évoque l’aménagement des régions selon leurs vocations agricoles, industrielles, résidentielles ou touristiques. Maintenir les populations sur leurs terres ne relève pas seulement, à ses yeux, de l’économie : l’abandon du territoire affaiblit l’appartenance nationale et ouvre la voie aux occupations et aux influences étrangères.

La souveraineté ne se limite donc pas au drapeau ou aux armes. Elle suppose que l’État gouverne, développe et protège l’ensemble de son territoire.

Les musulmans, non comme vaincus mais comme partenaires

Le rapport de Bachir Gemayel aux musulmans libanais doit être abordé avec précision.

Il serait faux de prétendre qu’ils lui faisaient confiance ou qu’ils auraient accepté son autorité sans résistance. Beaucoup le considéraient toujours comme le chef militaire d’un camp chrétien, l’allié d’Israël ou l’homme des violences de la guerre. De nombreux députés musulmans boycottent d’ailleurs la séance parlementaire au cours de laquelle il est élu. Des chrétiens eux-mêmes demeurent profondément hostiles à sa personne et à son projet.

Mais la confiance que les musulmans pouvaient lui accorder et la manière dont Bachir entendait les traiter une fois président sont deux questions distinctes.

Interrogé sur l’attitude qu’il adopterait envers la communauté musulmane après sa victoire, il refuse le principe même de la question. Une fois président de la République, répond-il, il n’y aura pas une politique envers les musulmans et une autre envers les chrétiens, les Arméniens ou les chiites : ils seront tous des Libanais auxquels devront être garanties la liberté, la sécurité et l’équité.

Cette déclaration n’est pas le bilan d’un mandat qui n’a jamais commencé. Elle fixe néanmoins clairement la doctrine qu’il revendique : la présidence doit marquer le passage de la représentation d’un camp à l’autorité exercée sur l’ensemble du pays.

Dans une autre intervention, il formule cette interdépendance dans un langage plus direct : le musulman ne peut jeter le chrétien à la mer, et le chrétien ne peut envisager de vivre sans le musulman.

Il ne prétend pas que les deux s’aimeront, le soutiendront ou voteront de la même manière. Il affirme qu’aucun Liban ne peut être construit par l’élimination ou l’exclusion de l’autre. Les musulmans ne doivent pas être considérés comme les vaincus d’une guerre chrétienne, mais comme des partenaires indispensables dans l’État.

Israël : un recours venu après les refus

Aucun portrait de Bachir Gemayel ne peut contourner sa relation avec Israël.

Les Forces libanaises reçoivent une aide israélienne en armes, en formation et en soutien politique. Mais, dans le récit qu’en faisait Bachir, Israël n’avait pas été le premier recours. Les responsables chrétiens avaient auparavant sollicité plusieurs pays considérés comme amis, sans obtenir l’assistance militaire nécessaire. Le rapprochement avec Israël était ainsi présenté non comme un choix idéologique initial, mais comme une solution recherchée après le refus ou l’inaction d’autres partenaires.

Bachir ne nie pas les contacts israéliens. Il refuse toutefois qu’ils soient présentés comme l’origine de la crise libanaise.

Il rappelle que ce qu’il désigne comme l’occupation militaire palestinienne, l’installation d’un « État dans l’État » et l’affaiblissement de la souveraineté libanaise avaient précédé les relations avec Israël. Celles-ci étaient donc, dans son raisonnement, une conséquence de l’abandon et de l’incapacité de l’État à défendre son propre territoire, non la cause initiale du conflit.

Exiger la rupture immédiate avec Israël sans mettre fin aux structures armées et aux occupations qui avaient conduit à ce rapprochement revenait, selon lui, à traiter l’effet en laissant subsister les causes. « Laissez-nous tranquilles, et le lien avec Israël se défera nécessairement », affirmait-il en substance.

Cette justification ne supprime pas la contradiction. Pour recouvrer sa souveraineté face à la Syrie et à l’OLP, Bachir s’appuie sur une puissance étrangère poursuivant ses propres objectifs au Liban. Or il affirme simultanément qu’aucune armée ne viendra libérer les Libanais sans qu’ils risquent, le lendemain, de devoir se libérer d’elle.

À Zahlé, il refuse déjà que l’action de ses hommes soit réduite à une opération israélienne : « Celui qui est présent à Zahlé, c’est moi, pas Israël. » L’aide extérieure pouvait fournir un rapport de force ; elle ne devait pas, dans sa conception, abolir l’autonomie de la décision libanaise.

La paix ne pouvait être celle d’un camp

Cette tension éclate après son élection.

Le 1er septembre 1982, neuf jours après le scrutin présidentiel, Bachir rencontre Menahem Begin à Nahariya. Israël attend alors le bénéfice politique de plusieurs années d’alliance : la signature rapide d’un traité de paix.

Begin presse le président élu de s’engager. Bachir demande au contraire du temps. Il veut former son gouvernement, commencer à exercer le pouvoir et associer ses partenaires musulmans à une décision engageant l’ensemble du pays.

La relation nouée entre Israël et une force chrétienne pendant la guerre ne pouvait devenir automatiquement la politique étrangère de l’État libanais.

Il ne s’agit pas nécessairement d’un renoncement à la paix. Bachir défend plutôt une méthode graduelle : restaurer les institutions, rechercher une adhésion nationale et éviter qu’un accord conclu dans l’urgence ne devienne la paix d’un camp imposée aux autres.

Cette attitude montre concrètement ce qu’il entendait par le passage du commandement militaire à la présidence. Israël attendait la fidélité d’un allié ; Bachir commençait à raisonner comme le représentant d’un pays dont il ne pouvait engager seul une composante contre les autres.

Le vote et la souveraineté

Bachir est élu le 23 août 1982 dans un Liban fragmenté et soumis à plusieurs présences militaires étrangères. Il est le seul candidat déclaré ; le quorum est difficilement réuni et de nombreux députés boycottent la séance. Son élection respecte la procédure constitutionnelle, mais sa tenue sous la présence militaire israélienne alimente immédiatement la contestation de sa légitimité nationale.

Cette tension renvoie à l’une de ses idées les plus fortes : un vote parlementaire perd sa portée politique lorsque la souveraineté est absente.

Une décision peut respecter formellement la Constitution tout en étant vidée de son sens si les députés votent sous la pression d’une armée étrangère, d’un veto régional ou de la peur de déplaire à telle capitale. Bachir ne rejette donc pas le Parlement ; il affirme qu’une institution ne retrouve sa légitimité que lorsque ceux qui la font vivre sont réellement libres de décider.

Une procédure constitutionnelle privée de souveraineté peut autrement devenir le masque juridique d’une décision prise ailleurs.

La contradiction concerne évidemment sa propre élection, facilitée par l’invasion israélienne. Mais Bachir cherche précisément à utiliser cette accession contestée au pouvoir pour restituer aux institutions leur indépendance et soustraire la présidence aux vetos étrangers.

Vingt-deux jours au seuil de l’État

Entre son élection et son assassinat, Bachir ne dispose pas encore des prérogatives présidentielles. Élias Sarkis demeure chef de l’État. Le président élu prépare néanmoins son gouvernement, poursuit ses consultations et cherche à définir les conditions du départ des forces étrangères.

Il sait que la puissance militaire ne suffira pas à gouverner le Liban. Il lui faudra négocier avec ses adversaires, rassurer ceux qui le redoutent et transformer une autorité personnelle en autorité institutionnelle.

La mémoire de ces semaines a retenu l’image d’administrations retrouvant une certaine discipline avant même son investiture. Ce récit, principalement transmis par ses proches et ses partisans, doit être confronté aux archives. Mais sa permanence est révélatrice : Bachir n’avait encore pris aucune grande décision présidentielle et, pourtant, son élection avait déjà créé l’attente d’un État qui recommencerait à demander des comptes.

Le 14 septembre, la bombe d’Achrafieh interrompt cette transformation. Bachir ne fut pas attendu à Baabda pour y être combattu ; il fut éliminé avant d’y entrer.

Un homme laissé sur le seuil

Sa mort transforme aussitôt l’homme en hypothèse. Ses partisans peuvent lui attribuer l’État qu’il aurait construit ; ses adversaires, le régime qu’il aurait imposé. Le président qui ne gouverna pas devient disponible pour toutes les projections.

Bachir Gemayel était un homme de la guerre, avec ce qu’elle avait placé en lui de violence, d’intransigeance et de certitudes. Son ascension passa par les armes, l’élimination de rivaux et une alliance controversée avec Israël. Mais son projet déclaré ne se réduisait plus, à l’été 1982, à la victoire militaire d’un camp.

Il voulait partir du noyau de légalité encore existant pour rétablir l’autorité de Baabda sur l’ensemble du territoire, dissoudre les milices, restituer à l’armée le monopole de la force et construire un gouvernement capable de rendre des comptes.

Il affirmait que le Sud, Nabatiyé ou Chiyah devaient relever de la même autorité que Jounieh, Antélias et Achrafieh, et que les musulmans ne seraient pas gouvernés comme les vaincus d’une guerre chrétienne.

Surtout, il estimait qu’aucune réforme institutionnelle ne sauverait le Liban sans une transformation de ses citoyens. Tant que chacun se croirait supérieur à la loi, chercherait un protecteur étranger ou considérerait qu’un plus un puisse faire onze, l’État resterait une façade.

Certains aspects de son langage appartiennent irrémédiablement à la violence de la guerre civile. Ses diagnostics sur la souveraineté, la responsabilité, l’armée, la primauté de la loi et la liberté réelle des institutions ont, en revanche, remarquablement peu vieilli.

Bachir Gemayel resta ainsi sur un seuil : trop tard pour n’être encore que le commandant d’une résistance chrétienne, trop tôt pour avoir véritablement été le président de tous les Libanais.

La mort a soustrait son projet à l’épreuve du pouvoir. Elle n’a pas effacé la trajectoire qui l’avait conduit de la défense d’une région considérée comme libre à l’ambition de rendre l’État à l’ensemble des 10 452 kilomètres carrés du Liban.

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Pierre Sassine

Pierre Sassine

Pierre Sassine, né en 1967 au Liban, est un chrétien patriote engagé au sein de la diaspora libanaise.
Témoin des profondes mutations politiques de son pays, il développe très tôt un attachement aux valeurs de liberté et de souveraineté.
Installé en France, il s’implique activement dans la défense des causes libanaises et dans la promotion d’une vision démocratique et pluraliste du Liban.
Son engagement se manifeste à travers sa participation à divers débats publics, ses échanges avec les institutions et son implication dans les initiatives citoyennes.
Son parcours reflète la détermination d’un patriote résolument attaché à l’héritage spirituel et culturel du Liban.
Il occupe aujourd’hui le poste de Représentant du « Forum des Cèdres » en France et auprès de l’Union européenne.

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