ÉNERGIE – Pétrole français : Pendant que Paris s’interdit de chercher, nos voisins forent à nos portes

ÉNERGIE – Pétrole français : Pendant que Paris s’interdit de chercher, nos voisins forent à nos portes

lediplomate.media — imprimé le 28/09/2026
Réalisation Le Lab Le Diplo
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Par la rédaction du Diplomate

La France importe toujours l’essentiel du pétrole et du gaz qu’elle consomme, mais elle a choisi depuis la loi du 30 décembre 2017 de mettre progressivement fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures sur son territoire et dans ses espaces maritimes. En ce 22 septembre 2026, le paradoxe prend une résonance toute particulière : les automobilistes français subissent de nouveau une flambée spectaculaire des carburants, tandis que les difficultés d’approvisionnement se multiplient dans les stations-service. Le gazole a atteint 2,39 euros le litre en moyenne et dépasse 2,80 euros dans certaines stations, frôlant même 2,90 euros localement ; le SP98 a dépassé 2,20 euros. Au 20 septembre, 15 % des stations françaises étaient en rupture d’au moins un carburant, contre 11 % deux jours auparavant. Le gouvernement récuse pour l’heure le terme de pénurie nationale et évoque notamment des difficultés logistiques, aggravées par l’afflux des automobilistes vers les stations TotalEnergies où les prix sont plafonnés. Mais l’épisode rappelle brutalement une réalité que l’on avait peut-être trop rapidement oubliée : le pétrole demeure une matière première stratégique et sa disponibilité comme son prix restent tributaires des crises internationales et des capacités d’approvisionnement.

Le paradoxe mérite donc aujourd’hui d’être rouvert. Au large de la Guyane, du pétrole a réellement été découvert en 2011, même si les forages suivants n’ont pas démontré l’existence d’un gisement commercialement exploitable. À Saint-Pierre-et-Miquelon, la ZEE française appartient à un bassin sédimentaire où les études publiques ont identifié un potentiel pétrolier et surtout gazier, sans qu’il soit possible, faute d’exploration suffisante, de transformer ce potentiel géologique en réserves prouvées. Quant au sous-sol métropolitain, les anciennes estimations américaines de gaz de schiste plaçaient la France parmi les pays européens les mieux dotés en ressources techniquement récupérables, alors même que la fracturation hydraulique y demeure interdite. Il faut donc commencer par écarter le slogan facile : personne ne peut sérieusement affirmer aujourd’hui que « la France regorge de pétrole ». Mais personne ne peut davantage prétendre savoir exactement ce qu’elle possède puisqu’elle a politiquement décidé de ne plus le rechercher. Dans un monde redevenu brutal, où l’énergie est revenue au cœur des rapports de puissance, où l’Europe a découvert avec la guerre en Ukraine le prix stratégique de ses dépendances et où la facture énergétique française représentait encore 45,8 milliards d’euros en 2025, cette ignorance volontaire constitue-t-elle toujours une politique raisonnable ? D’autant que nos voisins, eux, n’éprouvent manifestement pas les mêmes scrupules : le Guyana produit désormais plus de 900 000 barils par jour, le Suriname prépare son entrée dans le club des producteurs offshore et le Brésil explore sa marge équatoriale jusque dans les eaux situées au large de l’Amazonie. Autrement dit, pendant que la France s’interdit d’explorer son sous-sol marin, les États qui l’entourent recherchent, découvrent et exploiteront les hydrocarbures de la même grande façade géologique sud-américaine.

Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon : le pétrole français que nous ne connaîtrons peut-être jamais

Le cas guyanais est le plus spectaculaire parce qu’il oblige à distinguer le fantasme de la réalité géologique. Le 9 septembre 2011, le forage Zaedyus-1, réalisé à environ 150 kilomètres au nord-est de Cayenne, rencontre effectivement des hydrocarbures. Le puits traverse une zone pétrolifère de 72 mètres et fait alors naître des espoirs considérables. Shell, Total, Tullow Oil et leurs partenaires pensent avoir découvert l’équivalent sud-américain de certains grands systèmes pétroliers du golfe de Guinée. Les premières estimations sont impressionnantes : le Sénat évoquera quelques années plus tard une évaluation de l’ordre de 300 millions de barils pour Zaedyus, tandis que les estimations prospectives précédant le forage étaient montées jusqu’à 700 millions.

La suite impose cependant la prudence. Quatre forages conduits entre 2012 et 2013 ne confirment pas l’extension espérée du gisement. Total revient en 2018-2019 avec Nasua-1 et engage environ 100 millions d’euros dans cette ultime campagne ; le puits ne rencontre pas d’hydrocarbures commercialement exploitables et le groupe abandonne. Affirmer aujourd’hui qu’un immense gisement guyanais connu attend simplement qu’un gouvernement français vienne ouvrir le robinet serait donc faux.

Mais l’histoire devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on élargit la carte. À l’ouest de la Guyane française, le Guyana est devenu en quelques années l’une des nouvelles frontières pétrolières les plus spectaculaires de la planète. Le bloc Stabroek exploité par le consortium emmené par ExxonMobil produit désormais plus de 900 000 barils par jour. Plus à l’est, le Suriname suit exactement la même direction. TotalEnergies, Staatsolie et APA développent le projet GranMorgu, représentant environ 12 milliards de dollars d’investissement, avec une première production prévue pour 2028. Depuis 2019, les découvertes réalisées dans les eaux surinamaises sont estimées à plus de 2,4 milliards de barils de pétrole et liquides et 12,5 trillions de pieds cubes de gaz. TotalEnergies prévoit encore de nouveaux forages exploratoires.

Et le mouvement ne s’arrête pas là. Plus au sud, le Brésil poursuit lui aussi l’exploration de sa marge équatoriale. Petrobras considère cette région comme l’une de ses principales nouvelles frontières pétrolières. Une découverte réalisée en 2026 au large de l’Amapá, près de l’embouchure de l’Amazone, doit encore être évaluée par plusieurs forages avant que sa rentabilité puisse être établie ; le président Lula l’a néanmoins qualifiée de « passeport pour l’avenir » du pays. Le débat environnemental y est extrêmement vif, preuve que le Brésil n’ignore nullement les risques. Mais sa réponse consiste à arbitrer entre environnement et souveraineté énergétique, non à renoncer par principe à savoir ce que contient son sous-sol.

Voilà toute l’étrangeté de la situation française. Le Guyana exploite. Le Suriname explore et prépare sa production. Le Brésil explore. La France, elle, a décidé de ne plus chercher. Or la géologie ignore les frontières administratives. Que des découvertes majeures aient été réalisées de part et d’autre de la Guyane française ne démontre évidemment pas qu’un gigantesque champ pétrolier existe dans nos eaux. Mais cela rend pour le moins singulier le choix consistant à décider juridiquement que nous ne voulons plus le savoir.

La loi du 30 décembre 2017, dite loi Hulot, du nom du célèbre journaliste écolo – « en hélico » ! – devenu ministre – durant 1 année – de la Transition écologique et de la Biodiversité, a précisément verrouillé cette possibilité. Elle prévoit l’arrêt progressif de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures et interdit l’attribution de nouveaux permis de recherche, y compris dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental français. L’objectif politique était clair : parvenir à la fin de la production d’hydrocarbures et envoyer un signal international compatible avec les engagements climatiques français.

Le paradoxe devient alors presque cruel. Le pétrole éventuellement présent dans les bassins géologiques voisins ne disparaîtra pas parce que Paris a décidé de ne plus l’extraire. D’autres États et d’autres compagnies l’exploiteront à quelques centaines de kilomètres de nos côtes, le vendront sur le marché mondial et la France pourra parfaitement finir par acheter, directement ou indirectement, des hydrocarbures produits dans cette même région qu’elle aura choisi de ne pas explorer chez elle. Ce serait une étrange conception de la vertu écologique : externaliser l’extraction, les emplois, les recettes fiscales et la puissance stratégique, tout en conservant une partie de la consommation.

Le même paradoxe apparaît à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais sous une autre forme. L’archipel se trouve dans le bassin sous-laurentien, à proximité de zones canadiennes historiquement productrices d’hydrocarbures. Les documents officiels français soulignent depuis longtemps l’intérêt géologique du secteur. Une étude publique de 2018 rappelait une estimation de l’IFP situant à 1 à 1,5 trillion de pieds cubes de gaz le potentiel attribuable à la partie française du système, tout en soulignant qu’il s’agissait d’un potentiel et non de réserves prouvées commercialement exploitables. Le forage Bandol-1 réalisé en 2001 n’avait pas débouché sur une découverte commerciale mais avait conduit les experts à considérer que les zones potentiellement les plus intéressantes pouvaient se situer plus au large.

Là encore, la question stratégique n’est pas : « Pourquoi ne produisons-nous pas immédiatement ? » Elle est plus fondamentale : pourquoi avons-nous décidé que nous ne voulions même plus savoir ?

Gaz de schiste : le grand interdit français

Le débat devient encore plus sensible avec le gaz de schiste.

La fracturation hydraulique est interdite en France depuis 2011 et le droit actuel interdit la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures par fracturation hydraulique ainsi que certaines autres méthodes non conventionnelles. La loi de 2017 a renforcé cette orientation en l’intégrant dans une stratégie générale de sortie des hydrocarbures.

Pourtant, les chiffres qui avaient autrefois circulé étaient considérables. L’étude internationale de l’Energy Information Administration américaine estimait les ressources françaises techniquement récupérables à environ 137 trillions de pieds cubes de gaz de schiste et 4,7 milliards de barils de pétrole de schiste. Ces données sont anciennes, reposent largement sur des modélisations géologiques et ne doivent surtout pas être confondues avec des réserves prouvées ou économiquement exploitables. C’est précisément le point : sans exploration, on ne peut transformer une estimation théorique en connaissance géologique fiable.

La France se trouve ainsi dans une situation singulière. Elle importe du gaz naturel, notamment sous forme de GNL, tout en interdisant une technique qui permettrait de déterminer si certaines de ses propres ressources peuvent être produites économiquement. En 2025 encore, les importations françaises de gaz restaient élevées, notamment depuis les États-Unis et la Russie.

Or une partie du GNL américain provient précisément d’une révolution énergétique rendue possible par le gaz de schiste.

Le paradoxe environnemental mérite donc d’être posé sans caricature : refuser d’extraire chez soi ne supprime pas nécessairement la consommation ; cela peut simplement déplacer l’extraction à plusieurs milliers de kilomètres. Il faut naturellement intégrer à l’équation les risques associés à la fracturation hydraulique, la consommation d’eau, les fuites de méthane, les nuisances locales, la rentabilité des gisements et l’acceptabilité sociale. La France n’est ni le Texas ni la Pennsylvanie et la densité de population de certaines régions rendrait probablement toute exploitation beaucoup plus difficile.

Mais entre l’exploitation frénétique et l’interdiction de connaître son sous-sol existe une troisième voie : rechercher, cartographier, expérimenter sous contrôle public et décider ensuite.

Une grande puissance devrait au minimum connaître les ressources stratégiques dont elle dispose.

Et si la France changeait de doctrine énergétique ?

Imaginons donc non pas que la France découvre demain miraculeusement une nouvelle Arabie saoudite sous Cayenne ou Saint-Pierre, mais qu’elle décide simplement d’abroger ou de réviser la doctrine de 2017 afin de permettre une exploration moderne, extrêmement réglementée et scientifiquement transparente de ses ressources.

Le premier bénéfice serait géopolitique.

Depuis les chocs pétroliers de 1973, la France a construit une partie de son indépendance énergétique sur le nucléaire. Ce choix constitue aujourd’hui l’un de ses principaux avantages stratégiques. Mais le nucléaire produit de l’électricité ; il ne remplace pas à lui seul le pétrole utilisé par les transports, la pétrochimie, l’aviation, certaines industries et une partie des besoins militaires. La transition énergétique réduira progressivement cette consommation, mais elle ne la fera pas disparaître demain matin.

Or tant qu’un pays consomme des hydrocarbures qu’il ne produit pas, quelqu’un d’autre les produit pour lui. Et c’est précisément ce que montre aujourd’hui la façade atlantique sud-américaine. Le Guyana transforme ses découvertes en production et en recettes publiques ; le Suriname prépare le même basculement économique avec GranMorgu ; le Brésil cherche de nouvelles réserves afin de prolonger sa puissance pétrolière. Petrobras présente d’ailleurs la marge équatoriale comme l’une de ses zones d’exploration les plus prometteuses et recherche parallèlement de nouveaux bassins jusqu’en Afrique pour renouveler ses réserves.

La comparaison est d’autant plus frappante que ces pays ne sont nullement étrangers aux préoccupations climatiques. Le Brésil de Lula entend simultanément défendre l’Amazonie et rechercher du pétrole offshore ; le Suriname veut développer ses hydrocarbures tout en préparant son avenir économique. Leur doctrine n’est pas de nier la transition énergétique, mais de considérer que la transition n’interdit pas l’exploitation stratégique des ressources dont ils disposent pendant qu’une demande mondiale existe encore.

Produire une fraction du pétrole ou du gaz consommé en France réduirait mécaniquement, toutes choses égales par ailleurs, une partie des importations. La facture énergétique française est revenue à 45,8 milliards d’euros en 2025 après les sommets provoqués par la crise énergétique, ce qui donne une idée des ordres de grandeur économiques associés à notre dépendance. Même une production nationale modeste ne transformerait pas la France en puissance exportatrice, mais quelques milliards d’euros d’importations évitées chaque année auraient un effet cumulé significatif sur la balance commerciale.

Le deuxième bénéfice concernerait directement les outre-mer.

Une découverte commercialement viable au large de Saint-Pierre-et-Miquelon ou de la Guyane ne devrait surtout pas reproduire les vieux modèles extractifs où une ressource quitte le territoire sans transformer son économie. Les rapports parlementaires français l’avaient d’ailleurs compris depuis longtemps : emplois portuaires, maintenance, ingénierie, formation, infrastructures et services associés pourraient constituer une part essentielle des retombées locales. À Saint-Pierre-et-Miquelon, territoire ayant subi l’effondrement de la grande pêche à la morue, les documents publics évoquaient déjà ce potentiel de diversification économique.

Il faudrait donc imaginer un modèle français dans lequel une part substantielle des redevances et de la valeur créée reviendrait aux territoires concernés, tandis qu’une autre alimenterait un fonds souverain énergétique français consacré au nucléaire de nouvelle génération, aux réseaux électriques, à la recherche, aux batteries, à l’hydrogène lorsque celui-ci est pertinent et à la décarbonation industrielle.

Ce serait d’ailleurs le paradoxe le plus intéressant : utiliser une ressource fossile temporaire pour financer la sortie progressive des énergies fossiles.

La Norvège a bâti une partie de sa puissance financière contemporaine sur ses hydrocarbures tout en développant une économie fortement électrifiée et un gigantesque fonds souverain. La France ne possède probablement ni les réserves norvégiennes ni les mêmes conditions géologiques. Mais la philosophie mérite réflexion : une ressource nationale peut être transformée en capital stratégique plutôt qu’en simple consommation.

Enfin, il y a la dimension militaire. Une puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité, disposant de territoires sur plusieurs océans et d’une des plus grandes ZEE du monde ne peut considérer l’énergie comme une simple marchandise. Les guerres rappellent brutalement que les armées fonctionnent encore largement aux hydrocarbures. Avions de combat, navires, véhicules terrestres et chaînes logistiques dépendent toujours massivement de carburants liquides. Dans une crise majeure, disposer d’une production nationale, même partielle, constitue une assurance stratégique.

La véritable question n’oppose donc pas pétrole et transition énergétique.

Elle oppose dépendance et souveraineté.

La France a parfaitement raison de vouloir réduire sa consommation d’hydrocarbures. Elle aurait également raison de protéger les écosystèmes exceptionnels de Guyane et de ses espaces maritimes, et aucune exploitation offshore ne devrait être envisagée sans exigences environnementales parmi les plus sévères du monde. Mais réduire notre consommation n’implique pas nécessairement de nous interdire de connaître et, le cas échéant, d’utiliser temporairement nos propres ressources pendant la transition.

La loi de 2017 reposait sur une vision du monde dans laquelle la sortie des hydrocarbures paraissait devoir être rapide, collective et presque linéaire. Moins de dix ans plus tard, la Russie demeure une puissance énergétique majeure, les États-Unis sont devenus un géant du pétrole et du gaz, le Guyana connaît une transformation économique spectaculaire grâce à l’offshore et TotalEnergies investit 12 milliards de dollars dans le pétrole du Suriname voisin de notre Guyane. Le Brésil, lui, pousse désormais l’exploration vers sa marge équatoriale, considérée par Petrobras comme une frontière stratégique pour renouveler les réserves du pays. En 2026, une nouvelle découverte au large de l’Amapá a encore renforcé cette ambition, même si sa viabilité commerciale reste à démontrer.

Pendant ce temps, la France importe.

Voilà le paradoxe.

Et peut-être demain achètera-t-elle, au prix du marché mondial, le pétrole extrait par le Guyana, le Suriname ou le Brésil à proximité immédiate de territoires français où elle se sera elle-même interdit de poursuivre l’exploration. Ce serait alors moins une politique de sortie des hydrocarbures qu’une politique d’externalisation : les autres assumeraient l’extraction et en conserveraient les emplois, les investissements, les recettes fiscales et les bénéfices géopolitiques ; nous conserverions la consommation, la facture et la dépendance.

L’actualité de septembre 2026 donne à cette contradiction une dimension presque pédagogique. Lorsque le gazole atteint des niveaux historiques, que certains automobilistes découvrent des prix approchant 3 euros le litre et que près d’une station sur six rencontre des difficultés sur au moins un carburant, la souveraineté énergétique cesse brusquement d’être une abstraction de rapport administratif. Elle redevient ce qu’elle a toujours été : une question de pouvoir d’achat, de fonctionnement de l’économie et, derrière elle, de sécurité nationale. Les tensions actuelles ne seraient évidemment pas supprimées par quelques puits français — développer un champ offshore prend des années — et les ruptures observées en septembre sont en partie liées à la distribution plutôt qu’à une absence physique de pétrole brut. Mais la crise illustre exactement pourquoi la diversification des approvisionnements et l’existence de capacités nationales conservent une valeur stratégique.

Peut-être les fonds marins guyanais ne recèlent-ils finalement aucun nouveau gisement rentable. Peut-être Saint-Pierre-et-Miquelon ne possédera-t-il jamais suffisamment de gaz pour justifier une exploitation. Peut-être le gaz de schiste français se révélerait-il trop coûteux, trop complexe ou environnementalement inacceptable.

Mais pour pouvoir décider rationnellement de ne pas exploiter une richesse, encore faut-il savoir si elle existe.

La souveraineté énergétique ne consiste pas nécessairement à extraire tout ce que l’on possède. Elle commence par quelque chose de beaucoup plus élémentaire : savoir ce que l’on possède, puis conserver la liberté de décider soi-même ce que l’on en fait. Car une chose est certaine : si des hydrocarbures commercialement exploitables existent dans les bassins qui entourent nos territoires, le Guyana, le Suriname et le Brésil, eux, ne se sont pas interdit de les chercher.


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