PORTRAIT – Ferdinand Foch : Quand un maréchal français commandait les armées alliées

Par La Rédaction
Il fut l’un des grands artisans de la victoire de 1918 et, au printemps de cette année décisive, devint le commandant en chef des armées alliées sur le front occidental. Ferdinand Foch incarne aujourd’hui un monde presque englouti : celui d’une France capable de peser sur le destin de l’Europe, d’imposer un chef militaire à une coalition internationale et d’assumer sans complexe les responsabilités de la puissance. Stratège, professeur, combattant, catholique, patriote et homme de caractère, parfois contesté pour certaines conceptions offensives héritées de l’avant-guerre, Foch ne fut ni un génie infaillible ni la statue figée que la mémoire nationale a parfois fabriquée. Mais il fut incontestablement l’un des hommes qui, dans les heures les plus sombres de 1918, contribuèrent à empêcher la victoire allemande. La France donnera plus tard son nom à l’un de ses deux porte-avions, ultime hommage d’une puissance militaire à celui qui avait incarné, au moment décisif, la volonté de vaincre.
Il existe des hommes dont la destinée finit par se confondre avec celle de leur pays. Ferdinand Foch appartient à cette race particulière de chefs que les grandes crises font surgir lorsque les institutions, les états-majors et parfois les nations elles-mêmes commencent à douter. Sa silhouette sévère, son képi, sa moustache blanche et son regard extraordinairement vif appartiennent désormais à l’iconographie de la Grande Guerre. Pourtant, derrière la photographie officielle et le maréchal couvert de décorations se trouvait un homme infiniment plus intéressant que la légende : un officier intellectuel passionné par l’histoire, un professeur devenu chef de guerre, un patriote profondément marqué par la défaite de 1870 et un Français qui allait finalement recevoir l’immense responsabilité de coordonner les forces de plusieurs des plus grandes puissances de son temps.
Né à Tarbes le 2 octobre 1851, Ferdinand Foch appartient à cette génération française qui grandit avec le souvenir du désastre de 1870. Il a dix-neuf ans lorsque la France de Napoléon III est écrasée par la Prusse et ses alliés allemands. Sedan, la chute de l’Empire, le siège de Paris, la perte de l’Alsace-Lorraine puis la proclamation de l’Empire allemand dans la galerie des Glaces de Versailles constituent beaucoup plus qu’une succession d’événements politiques. Pour toute une génération d’officiers français, ils représentent une blessure presque intime. L’armée française qui se reconstruira après 1871 sera profondément façonnée par cette obsession : comprendre pourquoi elle a perdu et faire en sorte qu’un tel désastre ne puisse jamais se reproduire.
Foch sera l’un de ses penseurs.
Le professeur de guerre
Avant d’être le généralissime de 1918, Foch est en effet un intellectuel militaire. Formé à l’École polytechnique puis officier d’artillerie, il rejoint l’École supérieure de guerre, où il enseigne avant d’en prendre la direction. Il étudie Clausewitz, Napoléon, les campagnes allemandes et les mécanismes psychologiques de la bataille. Ses cours donneront notamment naissance à Des principes de la guerre et De la conduite de la guerre. Il appartient pleinement à cette école française qui insiste sur la volonté, l’initiative et l’offensive.
Certaines de ses conceptions seront ultérieurement critiquées, parfois avec raison. La doctrine de l’offensive à outrance qui imprègne une partie de l’armée française avant 1914 contribuera aux terribles pertes des premiers mois de la guerre face aux mitrailleuses, à l’artillerie lourde et aux positions défensives modernes. Il serait néanmoins caricatural de faire de Foch le doctrinaire simpliste d’une guerre menée uniquement à la baïonnette. Sa pensée était plus complexe. Ce qui l’intéressait profondément était la dimension morale du combat : cette idée, très clausewitzienne au fond, qu’une armée n’est pas une mécanique mais une organisation humaine dont la volonté peut se briser avant même sa destruction physique.
Cette conviction explique en partie l’homme de 1918. Foch sait que les batailles se gagnent avec des canons, des hommes, des chemins de fer et des munitions, mais il sait également qu’elles se perdent lorsque le commandement commence à croire qu’elles sont perdues.
Lorsque la guerre éclate en août 1914, il commande le XXᵉ corps d’armée avant de prendre la tête de la IXᵉ armée. Lors de la première bataille de la Marne, son rôle participe à l’arrêt de l’offensive allemande qui menace Paris. La légende lui attribuera une formule devenue célèbre : « Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j’attaque. » Elle résume merveilleusement le personnage mais son authenticité est douteuse. Peu importe presque : comme beaucoup de mots historiques, elle est probablement apocryphe précisément parce qu’elle ressemble trop bien à celui auquel on l’attribue.
Foch traverse ensuite les grandes épreuves du conflit, notamment en Artois et sur la Somme. Il connaît les succès, mais aussi les échecs et les disgrâces temporaires. La guerre industrielle se révèle infiniment plus meurtrière que les théoriciens d’avant 1914 ne l’avaient imaginé. Les offensives coûtent des dizaines de milliers d’hommes pour quelques kilomètres de terrain. Foch n’échappe ni aux responsabilités collectives du haut commandement ni aux critiques. Le reconnaître n’enlève rien à sa grandeur ultérieure ; cela permet au contraire de comprendre qu’elle ne fut pas celle d’un chef miraculeusement infaillible, mais d’un militaire capable d’apprendre au milieu d’une catastrophe historique.
1918 : lorsque tout menace de s’effondrer
C’est finalement dans l’une des heures les plus dangereuses de la guerre que Foch entre véritablement dans l’Histoire.
Au début de 1918, la situation des Alliés est loin d’être aussi favorable que la victoire de novembre pourrait rétrospectivement le laisser croire. La Russie bolchevique s’est retirée du conflit. Le traité de Brest-Litovsk permet à l’Allemagne de transférer vers l’Ouest des dizaines de divisions jusque-là immobilisées sur le front oriental. Les États-Unis sont entrés en guerre depuis avril 1917, mais la montée en puissance de leur armée est encore progressive. Berlin comprend qu’une fenêtre d’opportunité existe : il faut vaincre Français et Britanniques avant que le poids humain, industriel et financier américain ne rende le rapport de force définitivement défavorable.
Le 21 mars 1918 commence l’opération Michael. L’offensive allemande est d’une violence extraordinaire. Les nouvelles tactiques d’infiltration permettent de percer profondément le dispositif allié. Les Britanniques reculent. La liaison entre les armées britannique et française menace de se rompre. Paris est de nouveau menacé et les canons allemands à longue portée bombardent la capitale.
Mais le problème allié n’est pas seulement militaire. Il est politique.
Les Français ont leur commandement. Les Britanniques ont le leur. Les Américains, sous l’autorité du général John Pershing, tiennent à préserver l’autonomie de leur armée. Chaque nation défend légitimement ses hommes, ses intérêts et ses priorités. Or une coalition militaire peut posséder davantage de soldats que son adversaire et néanmoins perdre si personne ne dispose de l’autorité nécessaire pour décider où concentrer l’effort.
C’est ici que Foch devient indispensable.
Lors de la conférence de Doullens, le 26 mars 1918, il reçoit la mission de coordonner l’action des armées alliées sur le front occidental. Son autorité est ensuite progressivement renforcée : à Beauvais, puis au mois d’avril, il devient véritablement le commandant en chef des armées alliées en France, généralement désigné comme le généralissime. Français, Britanniques, Américains et forces alliées conservent leurs structures nationales, mais la conduite stratégique dispose enfin d’un centre de gravité.
La nuance historique est importante : Foch ne devient pas le supérieur administratif absolu de tous les soldats alliés et Pershing conservera notamment une forte autonomie américaine. Mais pour la conduite générale de la guerre sur le front occidental, c’est bien autour du Français que s’organise désormais la stratégie commune.
Un officier français se retrouve ainsi chargé de coordonner la plus puissante coalition militaire de son temps.
Autres temps, assurément.
À lire aussi : HISTOIRE – Mémoires d’avant-guerre froide – La voix d’un officier français dans l’Armée rouge
Le généralissime
Foch comprend que la priorité immédiate consiste à empêcher les Allemands de séparer Français et Britanniques. Il faut tenir, absorber le choc et attendre que l’offensive allemande s’épuise. Car l’armée impériale allemande souffre elle aussi. Ses meilleurs soldats ont été engagés dans les offensives du printemps ; ses pertes sont immenses ; le blocus maritime britannique épuise l’économie du Reich et l’arrivée continue des Américains transforme progressivement l’équation stratégique.
Ludendorff poursuit pourtant ses offensives. Les Allemands avancent encore. Ils atteignent la Marne. Pendant quelques semaines, le souvenir de 1914 plane de nouveau sur Paris.
Foch refuse néanmoins de céder à la panique.
Son grand mérite stratégique apparaît alors : comprendre que le moment où l’adversaire semble le plus menaçant peut également être celui où il commence à s’épuiser. L’offensive allemande a gagné du terrain, mais elle n’a pas obtenu la rupture stratégique recherchée. Les lignes logistiques s’allongent. Les réserves diminuent. L’armée allemande est fatiguée.
Le 18 juillet 1918, les Alliés contre-attaquent lors de la seconde bataille de la Marne. L’initiative commence à changer de camp.
Puis vient Amiens, le 8 août. Britanniques, Canadiens, Australiens et Français, appuyés par les chars et l’aviation, infligent une défaite sévère aux forces allemandes. Ludendorff qualifiera cette journée de « jour de deuil de l’armée allemande ».
Commencent alors les Cent-Jours.
Foch ne recherche plus la grande bataille napoléonienne unique qui anéantirait l’ennemi en quelques heures. La guerre lui a appris autre chose. Il faut maintenir une pression constante, attaquer successivement différents secteurs et empêcher l’adversaire de reconstituer ses réserves. Britanniques, Français, Américains, Belges et forces de l’Empire britannique avancent. La supériorité matérielle alliée devient écrasante. Le moral allemand s’effondre tandis que l’intérieur du Reich entre progressivement en crise.
Le professeur de guerre est devenu praticien de la guerre industrielle. Et il gagne.
11 novembre 1918 : la victoire
Le 11 novembre, dans la clairière de Rethondes, l’armistice est signé. Foch est désormais l’un des visages de la victoire.
Il avait été élevé à la dignité de maréchal de France quelques mois auparavant. Il deviendra également Field Marshal britannique et maréchal de Pologne, honneurs rarissimes qui témoignent du prestige international acquis par celui qui avait coordonné les armées alliées.
Mais Foch n’est pas seulement un militaire victorieux. Comme beaucoup d’hommes de sa génération, il demeure hanté par la puissance allemande et par la possibilité d’une nouvelle guerre. Lors des discussions de paix, il considère les garanties imposées à l’Allemagne insuffisantes pour assurer durablement la sécurité française. On lui attribue cette phrase célèbre à propos du traité de Versailles : « Ce n’est pas une paix. C’est un armistice de vingt ans. »
Là encore, la formule exacte et les conditions précises dans lesquelles elle fut prononcée ont été discutées par les historiens. Mais sa postérité est vertigineuse : vingt ans et quelques semaines après Versailles, l’Europe entrait de nouveau en guerre.
Il serait pourtant simpliste d’en faire un prophète réclamant seulement davantage d’humiliation pour l’Allemagne. La préoccupation centrale de Foch était stratégique. La France comptait environ quarante millions d’habitants face à une Allemagne beaucoup plus peuplée et dotée d’un potentiel industriel considérable. Pour lui, la sécurité française exigeait donc une frontière stratégique suffisamment solide et des garanties alliées durables. Il savait que la victoire de 1918 ne supprimait pas la géographie.
Et la géographie, contrairement aux régimes politiques, change rarement.
Foch, ou une certaine idée de la France
C’est probablement ici que le personnage prend aujourd’hui une dimension presque romantique.
Foch appartient à une France qui pouvait encore concevoir la puissance comme une responsabilité naturelle. Une France démographiquement éprouvée, économiquement saignée par quatre années de guerre et dont une partie du territoire avait été ravagée, mais qui restait néanmoins capable de produire un chef auquel Britanniques, Américains et autres Alliés acceptaient de confier la coordination stratégique de leurs armées dans la bataille décisive.
Il ne s’agit évidemment pas d’idéaliser cette époque. La France de 1918 sort de la guerre avec près d’1,4 million de militaires morts, des millions de blessés et mutilés, des régions entières dévastées et une société profondément traumatisée. Derrière les photographies des maréchaux et les défilés de la victoire se cachent les cimetières militaires qui couvrent encore le nord et l’est du pays. La grandeur militaire possède toujours un prix, et celui payé par cette génération fut effroyable.
Mais il demeure quelque chose de saisissant lorsque l’on compare cette France à celle du XXIᵉ siècle. En 1918, la question n’était pas de savoir si Paris pouvait prendre une initiative sans attendre l’autorisation d’une structure supranationale ou l’assentiment préalable de son principal allié. La France était une puissance qui pensait spontanément en termes d’intérêts nationaux, d’alliances, de rapports de force et de responsabilités historiques. Elle savait naturellement qu’une alliance n’abolit jamais les nations qui la composent.
Foch lui-même était d’ailleurs l’incarnation parfaite de cette conception réaliste des coalitions. Commander les Alliés ne signifiait nullement dissoudre leurs souverainetés. Britanniques, Français et Américains demeuraient maîtres de leurs forces et défendaient leurs intérêts propres. Mais lorsque la situation militaire exigea un commandement stratégique commun, ils furent capables de désigner un chef et de lui confier l’autorité nécessaire.
Voilà peut-être une leçon que les structures politico-militaires contemporaines gagneraient encore à méditer : l’unité d’action n’exige pas nécessairement l’effacement des souverainetés.
Du maréchal Foch au porte-avions Foch
La France n’oublia pas complètement cet homme.
Ferdinand Foch meurt à Paris le 20 mars 1929. Ses funérailles nationales témoignent de l’immense prestige qu’il conserve. Il repose aujourd’hui sous le dôme des Invalides, auprès de quelques-uns des plus grands chefs militaires français.
Son nom continuera cependant de naviguer bien après sa disparition.
Lorsque la France de l’après-guerre reconstruit sa puissance navale et décide de se doter de porte-avions modernes, le second bâtiment de la classe Clemenceau reçoit le nom de Foch. Mis en service en 1963, le porte-avions servira la Marine nationale pendant près de quatre décennies. Il participera à de nombreuses opérations et constituera, avec le Clemenceau, l’un des principaux instruments de projection de puissance de la France durant la guerre froide et les premières années de l’après-guerre froide.
Le symbole était particulièrement juste. Donner le nom de Foch à un porte-avions, c’était associer la mémoire du généralissime de 1918 à l’un des attributs les plus visibles de la souveraineté militaire moderne : la capacité de projeter une force aérienne depuis la mer, indépendamment des bases étrangères.
En 2000, le bâtiment est vendu au Brésil, où il poursuivra sa carrière sous le nom de São Paulo. Entre-temps, le Charles de Gaulle avait pris le relais de l’aéronavale française.
Il reste néanmoins quelque chose d’élégant dans cette filiation : le nom de l’homme qui avait commandé les armées alliées avait fini par être porté sur les océans par l’un des symboles de la puissance française.
Le dernier des grands maréchaux ?
Ferdinand Foch n’était pas infaillible. Certaines de ses conceptions d’avant-guerre appartenaient à un univers militaire que l’artillerie lourde, la mitrailleuse et la guerre industrielle allaient brutalement bouleverser. Comme tous les grands chefs de 1914-1918, il participa à une guerre dont les décisions coûtèrent un nombre de vies aujourd’hui difficilement imaginable. L’historien doit conserver cette distance, précisément parce que l’admiration n’interdit jamais la lucidité.
Mais juger Foch uniquement avec les catégories morales et stratégiques de notre époque serait commettre l’erreur inverse. Il faut le replacer dans son siècle, dans cette génération traumatisée par 1870, convaincue que l’indépendance nationale ne survivait que si elle était défendue et confrontée, en 1914, à une guerre dont la violence dépassa toutes les prévisions.
Et lorsqu’arriva l’heure décisive, en 1918, Foch fut là.
Il avait alors soixante-six ans.
Au moment où les armées allemandes menaçaient de briser le front occidental, où Français et Britanniques risquaient d’être séparés et où l’issue de quatre années de sacrifices semblait de nouveau incertaine, les Alliés confièrent leur destin militaire à cet officier français né sous la Deuxième République, adolescent sous Napoléon III et marqué à jamais par la défaite de 1870.
Quelques mois plus tard, l’Allemagne demandait l’armistice.
Il serait naturellement absurde d’attribuer la victoire de 1918 à un seul homme. Elle fut celle de millions de combattants français, britanniques, américains, belges, canadiens, australiens, néo-zélandais et des soldats venus des empires coloniaux ; celle des ouvriers, des ingénieurs et des populations de l’arrière ; celle aussi d’une supériorité économique et matérielle alliée devenue progressivement décisive. Foch lui-même n’aurait pu gagner sans Haig, Pershing, Pétain, Fayolle et les nombreux chefs qui conduisirent effectivement les armées sur le terrain.
Mais les coalitions ont besoin d’une direction, les crises d’un décideur et les nations, parfois, d’un homme capable de transformer plusieurs volontés en une stratégie.
En 1918, cet homme fut Ferdinand Foch.
Notre époque se méfie volontiers des grands hommes, de l’autorité, du patriotisme et parfois même de la notion de puissance. Celle de Foch savait au contraire que la paix ne repose durablement ni sur les bonnes intentions ni sur les proclamations morales, mais sur un équilibre des forces suffisamment crédible pour dissuader celui qui voudrait le rompre. Cette conception n’était ni douce ni confortable. Elle était simplement celle d’un homme qui avait vu son pays vaincu en 1870 avant de le voir victorieux en 1918.
Foch appartient désormais à l’Histoire. Mais sa grande leçon demeure singulièrement contemporaine : les alliances sont indispensables lorsque les périls l’exigent, à condition que les nations qui les composent restent fortes, souveraines et capables d’assumer leurs responsabilités.
Et il demeure enfin cette image presque inconcevable aujourd’hui : un maréchal français placé à la tête de la stratégie militaire des Alliés au moment où se décidait le sort de l’Europe.
Autres temps, sans doute.
Mais peut-être aussi autre idée de la France.
À lire aussi : LIBYE – La stratégie de conquête de la Tripolitaine : le génie tactique du maréchal Haftar ?
#FerdinandFoch, #MarechalFoch, #GeneralFoch, #Foch, #PremiereGuerreMondiale, #GrandeGuerre, #Guerre1418, #19141918, #HistoireDeFrance, #HistoireMilitaire, #ArmeeFrancaise, #France, #France1918, #Victoire1918, #Armistice1918, #11Novembre1918, #BatailleDeLaMarne, #SecondeBatailleDeLaMarne, #BatailleDAmiens, #CentJours, #FrontOccidental, #Generalissime, #ArmeesAlliees, #CommandementAllie, #StrategieMilitaire, #Strategie, #Geopolitique, #PuissanceFrancaise, #Souverainete, #Patriotisme, #MemoireNationale, #Histoire, #HistoireEuropeenne, #Europe1918, #ArmeeAllemande, #Ludendorff, #Clemenceau, #Invalides, #PorteAvionsFoch, #MarineNationale
