ANALYSE – David Lisnard, la tronçonneuse en chemise cintrée : Le pari Milei de la droite française

Par Angélique Bouchard
En quelques semaines, le maire de Cannes s’est taillé une place dans la course à 2027 à coups de vidéos virales, d’autodérision et de références assumées à Javier Milei. Derrière le phénomène numérique se dessine l’offre libérale la plus cohérente de la droite française. Elle bute pourtant sur la question que l’Argentine elle-même n’a pas tranchée : le prix social de la rupture, et sa faisabilité dans un pays qui ne connaît ni l’hyperinflation ni l’effondrement.
« Il se passe quelque chose »
La séquence a surpris jusque dans son propre camp. En quelques semaines, le slogan « Il se passe quelque chose » s’est propagé sur TikTok, Instagram et X, porté par des centaines de contenus souvent parodiques, parfois produits ou retouchés par intelligence artificielle. On y voit David Lisnard en homme providentiel, au second degré la plupart du temps : il « terrasse » des lycéens bloqueurs, surgit en courant sur une scène, chemise cintrée, sur un remix d’Elvis Presley. Le maire de Cannes joue le jeu jusqu’à l’autodérision : « Ne perdez plus de temps à essayer de me convaincre : je vais voter pour moi. » Le résultat se mesure en abonnés, plus de 400 000 sur Instagram et près de 80 000 sur TikTok, et désormais en points. Le dernier baromètre Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio le crédite de 6 % des intentions de vote, devant Bruno Retailleau dans certaines hypothèses, alors que les instituts le testaient à peine il y a quelques mois.
Rien de tout cela ne relève du hasard. La viralité sert une offre idéologique que Lisnard revendique à visage découvert : une rupture libérale inspirée du président argentin. Dans un long entretien publié le 11 mai 2026 par le site argentin Primero Argentina, mené par le politiste Julio Burdman et encore peu exploité dans le débat français, il l’affirme sans détour : « Javier Milei a démontré concrètement que le libéralisme peut fonctionner ». Les deux registres se renforcent. Le numérique donne de la visibilité à une offre de rupture ; la référence argentine lui fournit un récit de résultats, de la décrue de l’inflation au rétablissement des comptes, qui légitime le projet d’« État-performance » porté par son mouvement, Nouvelle Énergie. Reste à savoir ce que vaut ce récit une fois confronté aux chiffres, et ce qu’il deviendrait transposé de Buenos Aires à Paris.
Cannes, laboratoire d’une méthode
Lisnard ouvre l’entretien par Cannes. Réélu dès le premier tour des municipales de mars 2026 avec quelque 81 % des suffrages, face à une liste d’union de la gauche et à celle du Rassemblement national, il attribue ce score à une méthode qu’il résume d’une formule : « travailler, travailler, travailler, concrétiser les engagements en faveur de Cannes et rendre des comptes ». Un programme conçu comme une feuille de route plutôt que comme un catalogue, une présence de terrain jusque dans les réunions d’appartement, l’obligation de savoir dire non et de s’appliquer à soi-même ce que l’on exige des autres : le maire décrit moins une idéologie qu’une discipline.
Le bilan qu’il revendique en découle : baisse de la fiscalité locale, désendettement de plus de 80 millions d’euros, freinage de la dépense. Il récuse au passage l’image d’une ville de festivaliers et de yachts, en rappelant que Cannes présente un taux de pauvreté et une immigration historiquement élevés. L’argument dépasse la monographie municipale. Il fonde la conviction qu’un maire, comptable d’un budget, d’équipes et de résultats immédiats, détient une légitimité que n’ont pas les profils parisiens issus des mêmes écoles et des mêmes cercles. Les collectivités seraient, dans leur immense majorité, mieux gérées qu’un État qui « s’est enfermé dans une spirale infernale de dépenses improductives », au point de ponctionner toujours davantage les communes pour financer son train de vie. Les élus locaux, eux, restent « à portée d’engueulade ».
De là naît une réforme territoriale radicale : remplacer régions et départements, jugés illisibles et redondants, par quarante à cinquante provinces adossées aux réalités historiques et culturelles, dans une architecture à trois niveaux (État, province, bloc communal) que validerait un référendum constitutionnel. L’idée a une généalogie. Michel Debré plaidait dès la Libération pour une refonte de la carte administrative, le comité Balladur proposait en 2009 de réduire le nombre de régions, et Manuel Valls annonçait en 2014 la disparition des conseils départementaux à l’horizon 2021, avant que le projet ne s’enlise. La carte à treize régions issue de la loi de 2015 n’a jamais vraiment convaincu. Lisnard y ajoute une charge contre la « consanguinité » des élites et un « spoil system » destiné à oxygéner les grands corps et la magistrature, projet qui se heurterait au statut général de la fonction publique et, pour les magistrats, à l’indépendance que leur garantit la Constitution.
La fin de trois cycles et l’« État-performance »
Le diagnostic se construit en trois temps. La France vivrait la fin simultanée de trois cycles de durées inégales : l’européanisation du monde, qui voit reculer la puissance du continent et, avec elle, celle de la France ; l’État-providence, « modèle de redistribution périmé qui ruine le pays et appauvrit ses habitants » ; enfin le macronisme, parenthèse qui aurait accompagné, voire aggravé, le déclin dans tous les domaines. Les chantiers du prochain quinquennat s’en déduisent : redresser les finances publiques pour rendre à l’État son autorité dans ses fonctions régaliennes, restaurer la compétitivité en libérant le travail et l’initiative, et surtout donner aux jeunes générations l’envie de construire leur vie en France plutôt que de la quitter.
Lisnard fait de « la débureaucratisation et la dérégulation » la grande cause du prochain quinquennat et ramasse son ambition en une formule : « en finir avec cette fiction de l’État-providence pour bâtir un État-performance ». L’État serait recentré sur la sécurité, la justice, la défense et une école exigeante, et desserrerait son emprise économique et administrative. Nouvelle Énergie chiffre l’effort : quelque 80 milliards d’euros d’économies dès la première année, puis « a minima 200 milliards par an à la fin du quinquennat », dont 60 % reviendraient aux actifs sous forme de salaire net. S’y ajoutent un âge légal de départ porté à 65 ans, un socle de pension par répartition complété par un minimum vieillesse de 1 000 euros par mois, une bascule progressive vers la capitalisation, un contrat de travail unique fusionnant CDI et CDD avec des indemnités de licenciement progressives, et des charges patronales négatives pour l’embauche de personnes au RSA depuis plus de deux ans.
L’ordre de grandeur mérite d’être pris au sérieux. Deux cents milliards d’euros représentent environ 12 % de la dépense publique totale et près de sept points de PIB, davantage que les budgets annuels de l’Éducation nationale et de la Défense réunis. Aucun gouvernement de la Ve République n’a approché un tel resserrement. C’est ce qui fait la singularité de l’offre, et sa fragilité.
Milei, un modèle lu de près
C’est dans ce cadre que Javier Milei entre en scène. Lisnard voit d’abord chez le président argentin « une vision claire des principes de respect de la liberté, de responsabilité et de la vie », et salue le courage d’avoir attaqué, dans un pays « corrompu, dans les deux sens du terme, par le collectivisme », l’excès de dépense, la bureaucratie et le capitalisme de connivence. Il en retient des effets concrets : des millions d’Argentins sortis de la pauvreté, et la baisse des loyers après la suppression d’un encadrement des prix qu’il juge « inepte et inefficace », et dont il constate qu’il obsède encore une bonne partie de la classe politique française.
Les chiffres donnent raison à une partie du tableau. L’inflation, qui avait atteint 211,4 % en 2023, son plus haut niveau depuis 1990, est retombée à 31,5 % en 2025, et les hausses mensuelles tournent désormais autour de 2 %. L’État a dégagé dès 2024 un excédent primaire de 1,8 % du PIB et son premier excédent global depuis quatorze ans, puis l’a maintenu en 2025, à 1,4 %. Le taux de pauvreté, qui avait culminé à 52,9 % au premier semestre 2024 sous l’effet de la dévaluation et de la fin des subventions tarifaires, est redescendu à 28,2 % au second semestre 2025, son plus bas niveau depuis 2018.
Le récit laisse pourtant une partie de la facture dans l’ombre. La pauvreté est remontée à 32,3 % au premier semestre 2026, et l’inflation sur un an, à 33,4 % en septembre, dépasse de nouveau celle de 2025 : la décrue n’est pas acquise. L’économie s’est contractée en 2024, de 1,3 à 1,7 % selon les estimations, avant de rebondir de 4,4 % en 2025. Selon le CEPA, centre d’études critique du gouvernement, la pension minimale a perdu près d’un cinquième de son pouvoir d’achat, et les salaires du secteur public national plus d’un tiers. Sur les loyers, l’offre a bondi et les prix affichés ont reculé, mais les loyers effectivement payés ont progressé bien plus vite que l’inflation. La stabilisation du peso a enfin exigé un nouveau programme du FMI de 20 milliards de dollars en avril 2025, puis, en octobre, une ligne d’échange de même montant consentie par le Trésor américain à la veille des législatives de mi-mandat, que le parti de Milei a remportées avec quelque 40 % des voix. Le redressement argentin doit autant à la thérapie de choc qu’au soutien extérieur. Lisnard, du reste, ne fait pas de Milei un modèle à décalquer mais une leçon de méthode, la preuve qu’une sobriété budgétaire assumée et la simplification produisent davantage que la suradministration et l’assistanat.
Cette lecture lui sert surtout à instruire le procès de sa propre famille politique. La droite française serait « engluée » dans le social-étatisme, condamnée à imiter la gauche pour être fréquentable, jusque sur le terrain économique. Contre ce conformisme, il invoque Ronald Reagan et Margaret Thatcher, mais aussi Jean Chrétien au Canada et Gerhard Schröder en Allemagne, pour rappeler que des réformes libérales ont été portées par des majorités de droite comme sociales-démocrates. La rupture consisterait à faire confiance aux Français pour créer de la richesse. En somme, à « les laisser vivre en paix ».
Française, européenne, occidentale
Sur la scène internationale, Lisnard se reconnaît dans la doctrine de Milei : ancrage occidental, atlantisme assumé, soutien sans réserve à l’existence de l’État d’Israël. Il prend en revanche ses distances avec Viktor Orbán, que les électeurs hongrois venaient de congédier, et dont il juge les ambiguïtés envers Moscou problématiques. Vladimir Poutine est à ses yeux un adversaire déclaré de l’Occident, et Milei a eu raison de soutenir résolument l’Ukraine face à l’agression russe. La France devrait rompre avec la « pantalonnade » de sa politique étrangère récente et regarder en face le retour des vieux empires : la Russie, adversaire déclaré, la Chine et la Turquie, défis « dans une certaine mesure », l’Iran enfin, dont il espère qu’il basculera un jour du côté de la liberté.
Sa ligne tient en trois mots : française, européenne, occidentale. Française, parce qu’un pays doit d’abord répondre de lui-même ; européenne, parce que la puissance passe par des coopérations renforcées ; occidentale, parce qu’il existe un socle de valeurs et d’intérêts qu’il serait irresponsable de nier. Ni alignement automatique, ni équidistance. Dans une droite tiraillée entre un souverainisme tenté par le repli et l’ancrage occidental, Lisnard choisit le second, tout en réclamant une souveraineté industrielle et technologique face aux plateformes américaines et aux réussites chinoises. Il défend un universalisme qui refuse d’assigner les individus à leur origine, à leur couleur de peau ou à leur communauté, et rappelle que la puissance tient aussi à l’attractivité d’un modèle.
La synthèse a sa fragilité. Le modèle argentin dont il se réclame s’est construit dans une proximité étroite avec l’administration Trump, au point de dépendre de son soutien financier, quand Lisnard prône une autonomie européenne face aux géants américains. Entre l’atlantisme de Milei et la souveraineté technologique de Lisnard, l’articulation reste à démontrer, dans une année où Washington tranche ses arbitrages, sur l’Ukraine comme ailleurs, au gré de ses priorités intérieures.
Une droite en quête d’offre
Lisnard tient la droite française pour une majorité sociologique représentée par des minorités politiques. Le problème serait d’offre, non de demande : les Français qui aspirent à une remise en ordre par la liberté et la responsabilité seraient très largement majoritaires, mais ils trouveraient en face d’eux une droite souvent « de gauche, conformiste et parfois paresseuse sur le plan intellectuel », abîmée par les jeux de notables. Sa propre ligne se veut simple : moins d’État, plus de liberté, plus d’autorité là où elle est nécessaire. Il y ajoute l’intelligence artificielle, le quantique et le spatial, qu’il présente comme les ressorts d’une révolution anthropologique dont la France ne doit pas rester spectatrice.
D’où son plaidoyer pour une grande primaire ouverte de la droite et du centre, sur le modèle de 2016, qui avait mobilisé plus de quatre millions d’électeurs à chaque tour et désigné François Fillon contre le pronostic des appareils. Sans elle, le risque d’une élimination dès le premier tour lui paraît élevé face au Rassemblement national et à La France insoumise. Avec ou sans primaire, assure-t-il, il portera son projet libéral, sécuritaire et éducatif. Le précédent invoqué a pourtant son revers : le vainqueur de 2016 a terminé troisième de la présidentielle suivante, avec 20 % des voix. Une primaire départage des candidats ; elle ne garantit pas leur résistance à une campagne.
Face à Bruno Retailleau, les convergences sont réelles sur la nécessité de réduire la dépense : le président des Républicains a présenté le 12 octobre un plan de 197 milliards d’euros d’économies cumulées d’ici à 2032, dont l’essentiel irait à la réduction du déficit. Lisnard se distingue par une ambition annuelle plus élevée, une insistance plus marquée sur le périmètre de l’État et l’avantage de n’avoir siégé dans aucun gouvernement récent, quand Retailleau a occupé la place Beauvau. Avec Édouard Philippe, l’écart tient moins à la direction qu’au rythme. Le fondateur d’Horizons veut lui aussi porter l’âge de départ à 65 ans et ne remplacer que deux départs de fonctionnaires sur trois, mais selon une trajectoire plus graduelle, là où Lisnard assume une rupture avec l’État-providence et une ligne plus dure sur l’immigration et l’autorité.
Avec le Rassemblement national, la ligne de partage est économique. Le RN conjugue restriction migratoire, protectionnisme et recours à l’outil étatique pour le pouvoir d’achat et l’industrie ; Lisnard mise sur la libération de l’économie et le recentrage de l’État. Les convergences existent sur le régalien, maîtrise des flux et fermeté pénale, mais la géopolitique les sépare, une partie du RN conservant ses nuances à l’égard de Moscou. Avec Éric Zemmour, les recoupements portent sur l’immigration, la critique de l’État-providence et une partie des enjeux culturels ; Lisnard s’en distingue par l’accent mis sur la liberté économique et la décentralisation, sans fermer la porte à une primaire qui inclurait Reconquête.
La France n’est pas l’Argentine
Reste l’essentiel : la France n’est pas l’Argentine. Milei a été élu par un pays en hyperinflation, au bord de la cessation de paiements, qui lui a confié un mandat de choc. La France souffre d’un mal plus lent : une dépense publique parmi les plus élevées de l’OCDE, 57,3 % du PIB en 2025, une dette qui atteignait 119 % du PIB à la fin du deuxième trimestre 2026, une croissance potentielle faible. L’attachement à l’État-providence y est profond, et les contre-pouvoirs, du Conseil constitutionnel aux juridictions européennes en passant par les syndicats, ralentissent toute rupture. Une thérapie de choc se vend mal en l’absence de choc.
Plusieurs mesures du programme relèvent du droit plus que de la gestion. Affirmer par référendum la primauté du droit national sur certaines normes européennes et internationales supposerait une révision constitutionnelle, que l’article 89 soumet d’abord au vote des deux assemblées et que la voie de l’article 11 n’autorise pas sans contestation majeure ; elle placerait de surcroît la France en conflit ouvert avec les traités. L’allongement de la rétention administrative à vingt-quatre mois dépasse le plafond de dix-huit mois fixé par la directive européenne « retour » de 2008, que Bruxelles propose certes de relever. La suppression de l’aide médicale d’État et la fin de l’automaticité du droit du sol passeraient sous le contrôle du Conseil constitutionnel et de la Cour européenne des droits de l’homme. La remise en cause de l’accord franco-algérien de 1968 exige une renégociation ou une dénonciation, avec un coût diplomatique certain. Quant à la division par huit des titres de séjour, elle buterait sur le poids des étudiants, du regroupement familial et des titres économiques.
Lisnard oppose trois réponses à ces contraintes : la pédagogie sur l’inefficacité de la dépense, la promesse de restituer une partie des économies au pouvoir d’achat, et la réforme des institutions, de la décentralisation au spoil system. Son expérience cannoise et son rôle à la tête de l’Association des maires de France l’autorisent à parler de gestion plutôt que de théorie. Ils ne disent pas encore comment une majorité parlementaire, introuvable depuis 2022, voterait la plus forte contraction de l’État de l’histoire de la Ve République.
Une cohérence à l’épreuve des urnes
L’entretien du 11 mai dessine un Lisnard cohérent : un bilan local revendiqué, un diagnostic tranché, une lecture de Milei qui en retient la méthode plutôt que le folklore, une géopolitique occidentale assumée. Peu d’offres, à droite, articulent aussi nettement l’économique, l’institutionnel et le régalien. La campagne numérique, virale et autodérisoire, a fait le reste en lui offrant une visibilité qu’aucun appareil ne lui aurait donnée.
La cohérence n’est pas encore une majorité. L’exemple argentin montre qu’une rupture libérale peut casser l’inflation et rétablir les comptes ; il montre aussi qu’elle se paie en récession, en pauvreté transitoire et en dépendance financière, et qu’elle suppose un pays prêt à consentir le choc. Pour transformer six points de sondage en dynamique, David Lisnard devra convaincre que la France en est là, et rassembler bien au-delà de ceux que ses vidéos font sourire. « Il se passe quelque chose » : le slogan a fonctionné. Il lui reste à dire jusqu’où les Français sont prêts à le suivre.
#PolitiqueFrançaise, #DavidLisnard, #JavierMilei, #NouvelleÉnergie, #France, #ÉtatPerformance, #Libéralisme, #Économie, #RéformeTerritoriale, #ÉtatProvidence, #Décentralisation, #DépensePublique, #Fiscalité, #RuptureLibérale, #Cannes, #MaireDeCannes, #Viralité, #TikTok, #Instagram, #Autodérision, #IntelligenceArtificielle, #ÉtatRégalien, #Souveraineté, #Attractivité, #ModèleArgentin, #RéformesLibérales, #RonaldReagan, #MargaretThatcher, #JeanChrétien, #GerhardSchröder, #RassemblementNational, #ÉricZemmour, #BrunoRetailleau, #ÉdouardPhilippe, #PrimaireDroite, #SouverainetéTechnologique, #Atlantisme
